STRABISME CONGÉNITAL
sa section s'opère, au ras de l'os, soit avec des ciseaux, soit avec le bistouri. Il suffit ensuite d'un point de suture pour refermer l'incision cutanée.
Ou peut ranger à la suite des déviations paralytiques des yeux le strabisme CONGÉNITAL, qui résulte probablement toujours de quelque lésion des centres ou des nerfs moteurs oculaires, remontant à la vie intra-utérine. Les muscles correspondants sont alors rudimentaires, ou présentent des insertions anomales, comme dans un cas de M. Heuck (548), qui a eu l'occasion de faire l'autopsie d'un enfant atteint de cette affection.
FiG. 170. — Origine et direction de l'oblique inférieur de l'œil droit (Landolt, Arch. d'opht., p. 402, 1885).
Le défaut de molilité est généralement très considérable et atteint le plus souvent la plus grande partie des muscles des deux yeux. Il existe généralement en même temps un certain degré de ptôse congénitale. Chose remarquable, non seulement l'acuité visuelle, mais aussi la faculté accommo datrice, ont été trouvées normales dans la plupart des cas, de même que les contractions pupillaires, en sorte que l'on aurait affaire à une sorte de paralysie bulbaire congénitale des nerfs oculo-moteurs. Le strabisme congénital affecte parfois plusieurs membres d'une même famille (cas de M. Heuck) (548).
Un fait intéressant, à notre avis, c'est qu'il n'existe pas de diplopie chez ces malades : on la provoque, au contraire, lorsqu'on redresse les yeux par des moyens chirurgicaux, mais elle disparaît ensuite assez promptement (Uhthoff).
Le strabisme congénital peut consister seulement en une association fautive des mouvements binoculaires. Ainsi nous avons observé un cas de
paralysie congénitale, avec strabisme divergent et supérieur, sur un œil dont les excursions étaient libres dans tous les sens, mais où l'association des mouvements était tout à fait rompue. L'enfant fixait bien avec chaque œil pendant que l'autre était caché; mais, dès que les deux yeux étaient découverts, l'œil droit se dirigeait en dehors et en haut. Une ténotomie du droit externe, combinée à celle du droit supérieur, rendit à cet œil une direction normale.
Lorsque, comme dans ce dernier cas, le champ de fixation ne révèle pas une incapacité motrice trop grande, on peut essayer de corriger la déviation existante, au moins pour le regard en face. Les moyens d'y parvenir sont les mêmes que ceux dont nous avons parlé à propos du strabisme paralytique acquis.
Nous mentionnerons enfin ici le strabisme secondaire, ou déviai ion en sens inverse consécutive à une opération mal réussie. Les insuccès chirurgicaux de ce genre étaient surtout fréquents autrefois à la suite de la myolomie, telle qu'on la pratiquait sur les indications de Dieffenbach. Bien que les nouvelles méthodes de ténotomie aient rendu cette forme de strabisme beaucoup plus rare, on l'observe encore quelquefois, surtout après des ténotomies très étendues dans le strabisme convergent des enfants, ou à la suite d'opérations (avancement) mal dosées ou prématurées, dirigées contre le strabisme paralytique.
Le mode de traitement de cette affection ne dilfère pas de celui du strabisme paralytique. Il consiste dans la ténotomie du muscle trop avancé ou dans l'avancement du muscle trop reculé. Cette dernière opération, il est vrai, ^st souvent rendue difficile par le retrait considérable du muscle sectionné.