II. — SODIUM, Na
Le sodium a une couleur d'un blanc d'argent et un éclat fortement métallique. A une température au-dessous du point de congélation de l'eau, il est solide, friable ; à une température un peu au-dessus, il est ductile ; à la température ordinaire, il a la consistance de la cire et se laisse aplatir. Jusqu'à 97°, 6 il est solide; un peu au-dessous du point d'ébullition de l'eau, il devient liquide; à la température rouge, il se volatilise. Le sodium est plus léger que l'eau. A l'air sec, le sodium ne s'oxyde pas; mais, à l'air humide, il s'oxyde, plus lentement cependant que le potassium, en se recouvrant d'une couche d'hydrate de soude. Ce métal peut être fondu même en présence de l'air ; il ne s'enflamme que lorsqu'on le chauffe jusqu'à une température très voisine de la température rouge. Le sodium, mis en contact avec l'eau pure , s'oxyde en produisant un vif dégagement d'hydrogène, mais sans produire d'inflammation. Si l'on dissout un peu de gomme dans l'eau, les morceaux de sodium qu'on y jette restent plus longtemps au même endroit, et la chaleur devient assez forte pour que les morceaux s'enflamment et prennent un mouvement gyratoire à la surface du liquide : si, au lieu d'employer de l'eau pure froide, on emploie de l'eau chaude , le sodium s'enflamme également. La couleur de la flamme de l'hydrogène qui brûle avec le sodium est jaune, et diffère essentiellement de celle qui se produit avec le potassium dans les mêmes circonstances. Si l'on ne met le sodium en contact qu'avec une très petite quantité d'eau, il s'enflamme également. Agité avec du mercure, dans un petit verre, il se combine avec ce métal avec production de lumière et de chaleur, et forme un amalgame solide.
SOIUIM.
Snri.E, Na20.
A li'Ut pur. la soude n'est pas connue; à l'état d'hydrate, elle a, lors- •Tu ^l^ r>t s-filitlt» , une grande ressemblance avec l'hydrate de potasse. Sa k-^ lutiou aqueuse se comporte, avec les papiers de tournesol et de currunw. comme lu dissolution d'hydrate de potasse. Klle se distingue rendant de cette dernière en ce qu'elle ne produit de précipité ni avec U >ii»olution de chlorure de platine, ni avec lVzr*V/e perchloriquc , ni même *ifi une dissolution concentrée d'aciV/e tartrique en excès. Four employer • .Jt-rnier réactif, il no faut pas cependant que la dissolution de soude -'it trop concentrée, car, dans les dissolutions concentrées, un excès d'une -i-olution concentrée d'acide tartrique produit précisément, au bout de ^Ique temps, un précipité volumineux de tartrate acide de soude si rpm>, que toute la liqueur parait souvent prise en masse; mais le préciy-.W est tout à fait différent du précipité de tartrate aerde de potasse, qui v présente sous la forme de grains cristallins et se dépose si facilement h m rapidement de la liqueur où il s'est formé. Une dissolution dewlfate lalxmine ne produit pas de cristaux d'alun dans une dissolution «le soude qui a ete saturée par un acide. V acide hydrojluosilicique produit cependant, idiLs une dissolution de soude , un précipité gélatineux de fluosilicate de «oude, lorsque la dissolution de soude n'est pas trop étendue.
1 ne dissolution d'antimoniate de potasse avec excès de potas>e (dont tH'ii> indiquerons la préparation plus loin donne , dans une «Hssolution ■l'-xjude, ou dans les dissolutions neutres des sels de soude, un précité peu soluble d'antimoniate de soude i Fremy . Ce précipité se forme oei vite, lorsque la dissolution de soude est concentrée. Dans les dissocions étendues, les cristaux d'antimoniate de soude ne se forment qu'au [»>ut de quelques heures, et ils se déposent alors en grande partie sur les parois du vase. Il ne doit pas y avoir d'acide libre dans la dissolution du sel •if soude, parce que l'acide libre décompose le réactif et en précipite de l'hydrate d'acide antinomique. — Ce réactif sert à distinguer la soude des autres alcalis, potasse, ammoniaque et lithinc, dont les dissolutions ne sont pus modifiées sous l'influence de l'antimoniate de potasse. Les dissolutions 4<> oxydes terreux ut métalliques sont précipitées par la dissolution d'antimoniate de potasse, en partie parce que ce réactif contient de la potasse *'\ du carbonate de potasse libres. Lorsqu'on veut séparer le précipité Irès peu soluble d'antimoniate de soude, il ne faut pas employer une quantité trop faible de réactif.
Pour reconnaître au chalumeau l'hydrate de soude , il faut en faire fondre une petite quantité à l'extrémité d'un til de platine, que l'on a préalablement recourbé en anneau, et diriger dessus l'extrémité de la flamme intérieure. La flamme extérieure se colore alors fortement en jaune, comme la flamme d'une chandelle qui brûle tranquillement. Cette coloration se montre même lorsque la soude est mêlée avec beaucoup de
potasse. On peut, par conséquent, distinguer ainsi d'une manière complète la soude de la potasse. La coloration jaune produite par la soude dans la flamme extérieure est bien plus forte que la coloration violette produite par la potasse.
Si l'on traite par l'alcool étendu les sels de soude pulvérisés de la môme manière qu'il a été indiqué pour les sels de potasse page 6), la flamme de l'alcool qui bride est fortement colorée en jaune, même lorsqu'on n'a employé qu'une faible quantité de soude. Si, l'on ajoute au sel de soude une quantité considérable d'un sel de potasse, malgré cela la flamme reste jaune. On ne peut cependant reconnaître, de cette manière, que les sels de soude qui sont un peu solubles dans l'alcool.
Dans les sels de soude qui sont solubles dans l'eau, la soude se distinprue de la potasse de la même manière que si elle était pure. 11 faut observer que, dans une dissolution concentrée de carbonate de soude, une dissolution concentrée d'acide tartrique en excès produit un précipité volumineux de tartrate acide de soude , comme dans les dissolutions d'hvdrate de soude. Cependant les dissolutions des autres sels de soude ne donnent pas de précipité avec une dissolution d'acide tartrique. — La meilleure manière de reconnaître les sels de soude lorsqu'ils sont solides, est l'emploi du chalumeau. La coloration fortement jaune de la flamme extérieure est, comme pour l'hydrate de. soude, le caractère le plus distinetif. On ne peut , du reste, reconnaître la coloration jaune; de là flamme qu'après la fusion du sel. Même si le sel de soude est mêlé avec un sel de potasse, la coloration jaune de la flamme extérieure se montre seule ; néanmoins, en présence d'une quantité considérable d'un sel de potasse, la coloration est d'un jaune moins intense ; et même lorsque le chlorure de sodium est mêlé avec une forte proportion de chlorure de potassium dans la proportion de 1 de chlorure de sodium pour 20 de chlorure de potassium , la réaction de la potasse est masquée, et lorsque la matière est fondue, on ne peut distinguer, après la fusion, que la réaction de la soude. Les minéraux peu fusibles qui contiennent de la soude, traités comme ceux de potasse entre les extrémités de platine d'une petite pince, laissent apparaître immédiatement la coloration jaune de la flamme extérieure qui caractérise si bien la soude. Si le minéral contient aussi de la potasse en même temps que la soude, la coloration jaune de la flamme extérieure n'en paraît pas moins.
Un sel de soude dont l'acide n'est pas métallique, fondu avec de la soude sur une lame de platine, se comporte comme le sel de potasse (page 6 1, et peut ainsi être distingué, comme la potasse, des sels formés par la plupart des oxydes terreux et métalliques.
Soumis à la calcination, les sels de soude se comportent comme les sel> de potasse. Seulement le chlorure de sodium est moins volatil que le chlorure de potassium, et l'iodure de sodium perd, parla calcination, une portion de son iode. — Le sulfate de soude, calciné avec du chlorure d'ammonium, est transformé en chlorure de sodium.
Les sels neutres de soude qui sont cristallisés s Vttleu rissent pour la
SODIUM. H flaparf à l'air, lorsqu'ils contiennent de l'eau de cristallisation, ce qui est li* <**à le plus général. Cela s'applique particulièrement au sulfate, au phrKphate. à l'arséniate et au carbonate de soude, et aussi, mais beaucoup nuins. au borate . Le nitrate de soude, aussi bien que le chlorure et le ihKTuiv de sodium, ne s'effleurissent pas à l'air, parce qu'ils ne eontienjrut pas d'eau de cristallisation.
« m arrive souvent à distinguer les sels de soude en fa'tite quantité des «•S» tir potasse au moyen de la forme cristalline. Le nitrate de soude cris- •.kllise en rhomboèdres qui ne s'effleurissent pas, conune nous l'avons indijpr antérieurement. Le sulfate de soude se présente sous la forme de nsteux prismatiques qui s'effleurissent à l'air. Les cristaux de carbonate lit» soude sont lamelliformes et s'effleurissent, tandis que le carbonate de pousse est déliquescent. Le chlorure «le sodium ne peut pas être diitinjut- facilement du chlorure de potassium au moyen de la forme cristalline, ^arce que tous deux prennent la forme cubique. Cependant, lorsque ces deux chlorures sont mêlés ensemble dans une dissolution, chacun d'eux nsUllise séparément, et lorsque l'on a une certaine habitude, on parvient * distinguer les cristaux de chlorure de potassium de ceux de chlorure de
Parmi les dissolutions des sels neutres de soude, celles du sulfate et du nitrate de soude, aussi bien que celles de chlorure, de bromure et d'ioiure de sodium, ne modifient pas la couleur du papier de tournesol. Les dissolutions de phosphate, d'arséniate, de borate et de carbonate de soude, aussi bien que celles de fluorure et de sulfure de sodium, bleuissent le papier rouge de tournesol. — Avec le papier de. curcuma, les solutions des h-U de soude se comportent comme les solutions des sels de potasse.
U soude forme, avec un très petit nombre d'acides, des sels qui sont iiN»lubles ou peu solubles dans l'eau. Dans ces sels, la présence de la *mde est ordinairement aussi difficile à découvrir que la présence «le U notasse dans les sels de potasse insolubles ou peu solubles. Les acides i\\-c lesquels la soude forme des sels insolubles ou peu solubles sont presque les mêmes avec lesquels la potasse donne des sels de la même n;Uure : ils ont été indiqués page 7.
Lorsqu'on veut reconnaître la soude dans les sels de soude en dissolution, il faut d'abord s'assurer de la présence d'un alcali. Si l'on fait réagir ensuite les dissolutions de chlorure de platine et d'acide tartrique. la liqueur n'est pas troublée ; mais le caractère le plus sûr pour découvrir la >*jude, si on l'a sous la forme solide, est la couleur jaune de la flamme du chalumeau. Si l'on suppose qu'il y a en même temps dans une dissolution il.' la soude et de la potasse, on en essaye d'abord une portion au moyen du chlorure de platine. Lorsqu'on s'est convaincu de la présence ou de labsenee de la potasse, on en évapore à siecité une autre portion, et l'on soumet le résidu à l'action du chalumeau. Si l'on a reconnu, au moyen du chlorure de platine, la présence de la potasse dans la solution, et si lu
flamme extérieure du chalumeau est colorée eu violet par le résidu, c'est qu'il n'y a que de la potasse. Si, au contraire, la flamme du chalumeau est colorée en jaune par le résidu, c'est qu'à coté de la potasse il y a aussi de la soude. Dans ces recherches, il est bon de s'assurer que le fil de platine seul ne donne pas à la flamme une faible coloration jaune, qui, du reste, ne peut pas être confondue avec celle que produisent les sels de soude. Cette faible coloration jaune de la flamme, produite par le fil de platine, vient souvent de ce qu'il a été légèrement mouillé par la sueur de la main ou par la salive ; le chlorure de sodium parait alors être la cause de la coloration de la flamme. Si dans quelques cas on pouvait douter que la coloration jaunâtre de la flamme du chalumeau fût déterminée par la présence de la soude ou par une autre cause, on pourrait facilement le décider au moyen du petit essai suivant : On chauffe à la flamme du chalumeau, au bout d'un fil de platine, un sel de soude, préférablement du chlorure de sodium , et l'on compare la coloration ainsi produite à la flamme du chalumeau avec celle produite par le fd de platine ou par toute autre cause.
Pour découvrir la soude ou ses sels dans les dissolutions qui contiennent des matières organiques, on opère de la manière suivante :
On évapore la dissolution à siccité, on calcine le résidu de la dessiccation à une température qui ne soit pas trop élevée, dans un creuset de Hesse, si la quantité est trop considérable, et mieux dans un creuset de platine, si la quantité de matière est faible; on traite la masse calcinée par l'eau ou l'acide chlorhydrique, on filtre la dissolution , et l'on y reconnaît la présence de la soude de la manière indiquée plus haut; ou bien encore on évapore à siccité, et c'est dans le résidu de la dessiccation qu'on recherche la soude. Si la substance organique a la consistance d'une bouillie, ou bien encore est solide, on la calcine de la même manière, et l'on traite de même la masse calcinée.
Peroxyde de sodium, Na^R
Le peroxyde de sodium est d'un jaune verdatre sale, ne fond pas facilement à la température rouge. Mis en contact avec l'eau, il dégage de l'oxygène et se transforme en hydrate de soude.