‹ Traité complet de chimie analytiqueChapitre 14 sur 102 · III. —LITHIUM, Li · texte numérisé non relu

III. —LITHIUM, Li

Le lithium a l'éclat de l'argent. A la température ordinaire, il est bien moins mou que le potassium et le sodium; il fond à 120°. 11 n'est pas attaqué par l'air sec, même à la température de fusion. A une plus haute température, il s'enflamme et brûle tranquillement avec une flamme blanche.

LITHIUM. |;< A m.*- friu/n-rature plus élevée, il est un |ru volatil. 11 est plus léger que uu: li Nurna^cii la surface de l'huile de pétrole, le plus léger des corps !fjiirdf> rt volatils. Il décompose aussi l'eau, à la température ordinaire. îuj* lentement, et l'action n'est pas aussi vive que pour le potassium el Je *xiiuni. Pour que l'hydrogène s'entlammc, il faut jeter le métal sur initie sulfurique concentré Troost,.

Lithine, Li^O.

A 1 état anhydres m lithine est blanche et eristalline ; l'hydrate de lithine •st rristallisé. 11 attire l'humidité de l'air, mais moins vite que l'hydrate *• fiasse ou l'hydrate de soude, et se dissout plus lentement dans l'eau. Il fudau rouge, et lorsqu'on opère la fusion dans un creuset de platine, il it^que le platine.

Lp- dissolutions des sels de lithine solubles dans l'eau se comportent, n-c les réactifs, de la manière suivante :

l ue dissolution concentrée de carbonate de potasse ou de soude n'y forme w> immédiatement de précipité , même lorsqu'elle est très concentrée, vulement, au bout de quelque temps, il se forme un précipité grenu de urtvmate de lithine peu soluble. La présence des sels ammoniacaux peut -mpècher la production du précipité. Le carbonate d'ammoniaque donne un faible précipité , et si les dissolutions sont étendues , il n'en produit

I De dissolution de phosphate de soude ne produit pas, au premier moa».fit. de précipité dans les dissolutions concentrées des sels neutres i- lithine; mais la liqueur ne possède pas la propriété de rougir le [tîpifT de tournesol. Au bout de quelque temps, il se forme un précipité .j^nu. cristallin; et alors la dissolution rougit le papier de tournesol. On obtient ce précipité immédiatement, si, après avoir mêlé les liqueurs, ou ■ hauffe le tout; le papier de tournesol est alors rougi immédiatement. Si, à la liqueur acide décantée, on ajoute de l'hydrate de potasse en excès, il ** forme de nouveau un précipité qui se produit très lentement, à la température ordinaire, et immédiatement par l'action de la chaleur. I^e précipité formé dans tous les cas, est 3 Li^O -f- P'MJ*. Il est presque insoluble dans l'eau qui tient de l'ammoniaque en dissolution ; mais il n'est pas insoluble dans les dissolutions des sels ammoniacaux. ! Mayer.

I ne dissolution d'acide tartrique, mise en excès dans les dissolutions des *U de lithine. ne produit aucun précipité, même dans les dissolutions «oncentrées des sels de lithine.

I ne dissolution d'acide oxalique n'y produit pas non plus de précipite.

I acide /lydro/Iuosiiiciquc produit, dans les dissolutions des sels de lithine, un précipité blanc de fluosilicate de lithine.

La dissolution de chlorure de platine produit, dans les dissolutions alcooliques concentrées des sels de lithine, un précipité insignifiant. Si la dissolution est seulement un peu étendue, il n'y a pas de précipité apparent.

L'ne dissolution de sulfate d'alumine ne forme pas de précipité dans les dissolutions concentrées des sels de lithme. même lorsqu'on a observé les précautions qui ont été indiquées dans les mêmes circonstances pour la potasse ( page h .

Une dissolution d'acide perchlorique trouble les dissolutions des sels de lithine, quand elles sont très concentrées ; mais le précipité disparaît lorsqu'on étend d'eau la liqueur.

.4m chalumeau, la litbine peut très bien être reconnue dans les sels de lithine : si l'on met un peu du sel à examiner à l'extrémité d'un til de platine recourbé en anneau, et si l'on dirige la flamme de manière que l'extrémité de la flamme intérieure- vienne affleurer la masse fondue, la flamme extérieure se colore alors en un beau rouge très vif. C'est pour le chlorure de lithium que la coloration est la plus manifeste. Si le sel de lithine est mêlé avec un sel de potasse, on n'aperçoit, au chalumeau, que la coloration rouge, et la présence de la potasse ne peut pas alors être reconnue au chalumeau, même quand la potasse est en plus grande quantité que la lithine. — Mais si le sel de lithine est mêlé avec un sel de soude, la réaction de la soude se montre seule, et la flamme extérieure est colorée en jaune. Seulement, lorsque la proportion de la lithine est plus grande que celle de la soude, la réaction de la lithine se produit dans le voisinage de la perle d'essai, et plus loin celle de la soude. Lorsque le sel de lithine est mêlé avec un sel de potasse et un sel de soude, la réaction de la soude se montre presque seule. — Si l'on doit essayer des minéraux qui contiennent de la lithine, on en prend un éclat entre les extrémités de platine d une petite pince, on l'expose à l'extrémité de la flamme intérieure ; la flamme extérieure est alors colorée en un beau rouge-carmin assez vif. Ceux qui ne contiennent que très peu de lithine ne colorent pas la flamme en rouge, ou ne la colorent que d'une manière insignifiante Plattner . Quelques espèces de lépidolithes assez fusibles, lorsqu'on en expose un éclat a la flamme d'une bougie ordinaire, colorent le bord extérieur de la flamme en rouge-carmin. — Pour les minéraux qui contiennent une faible proportion de lithine, ou pour ceux qui contiennent une certaine quantité de lithine, mais qui sont très peu fusibles, il faut réduire le minéral en poudre très fine, le mélanger avec 1 partie de spath-fluor et 1 partie 1/2, ou mieux 2 parties de bisulfate de potasse, et ajouter une très petite quantité d'eau, de manière à former une pâte, que l'on place dans le petit anneau du fil de platine, et que l'on fond ensuite à l'extrémité de la flamme intérieure. La flamme extérieure se colore alors, en un beau rouge-carmin très vif (Turner . Lorsque la combinaison de lithine contient une grande quantité de soude, la coloration de la flamme extérieure est alors presque uniquement jaune.

Soumis à la calcination, les sels de lithine se comportent de la même manière que les sels de potasse. Le chlorure de lithium est un peu plus volatil que le chlorure de sodium, mais un peu moins que le chlorure de potassium. 8i Ton calcine pendant longtemps le chlorure de lithium, même

LITHIIM. 15

f, (r-iilp quan/ité. en présence de l'air, il se décom|>ose : il se produit un V'.-^mtnt d'acide chlorhydrique, et il se forme une petite quantité dp rhinf. — Le carbonate de lithine perd, par une forte chaleur, une partie ■1-*rm aride carbonique, et attaque tant soit peu le creuset de platine dans k«p I s'opère la fusion. Le platine se colore en brun à l'endroit où le car- *"Mi<»n> lithine en fusion a été en contact avec le platine. Si on lave la place de l'eau et si l'on calcine, la coloration brune du platine disparait; te métal a perdu son poli et est devenu mat. {*< sels de lithine fondent à une bien plus basse température que les correspondants de potasse et de soude , plusieurs même avant la ternir rtiuiv rouge.

Le sulfate de lithine, calcine avec du chlorure d'ammonium, n'est 'rcQsformë qu'eu partie, et non complètement, en chlorure de lithium, fv aucoup de sels de lithine sont très déliquescents, peuvent être reconi> a rvtte propriété , <*t se distinguent ainsi des sels de potasse et de -"Av. Le plus déliquescent est le chlorure de lithium. Le nitrate de lîhme même est déliquescent à l'air, mais le sulfate ne Test pas. Les dissolutions des sels de lithine se comportent, avec les papiers de ^ornesol ou de curcuma, comme les dissolutions des sels correspondants i potasse ou de soude. Lorsque le chlorure de lithium a été calcine peniant longtemps, sa dissolution présente une réaction alcaline.

Les dissolutions alcooliques des sels de lithine brûlent avec une belle coui-ur rouge-car min. Les sels de lithine insolubles dans l'alcool ne donnent à là flamme de l'esprit-de-vin cette coloration (pic lorsqu'on l a versé sur le sel l'fralablemetit mis en poudre, et lorsqu'on agite le tout avec une baguette t verre, ou bien aussi lorsque l'alcool est presque entièrement brûlé. La lithine donne des sels insolubles ou peu solubles dans l'eau avec les Vmes acides avec lesquels la potasse et la soude en donnent , et la pré- >nre de la lithine peut y être reconnue de la même manière que la pré- *nce de la potasse dans les combinaisons analogues de la potasse. La itthine forme cependant encore des combinaisons insolubles ou peu soluhte* dans l'eau, avec d'autres acides avec lesquels la potasse et la soude donnent des sels solubles, comme l'acide carbonique, et surtout l'acide phosphorique. Dans le phosphate de lithine, la présence de la lithine n'est f«a> facile à découvrir. Ce sel fond au chalumeau, lorsqu'on le place sur une lame de platine ou à l'extrémité d'un fil de platine recourbé en anneau. La fusion s'opère plus facilement lorsque le sel est mélangé avec de la soude. La masse fondue est transparente. Elle perd sa transparence par le refroidissement, et devient cristalline. — Les phosphates terreux qui peuvent t-lfv confondus avec le sel de lithine, comme le phosphate de chaux, ne fondent pas avec la soude sur le fd ou sur la lame de platine. Si l'on ii employé un très grand excès de soude, le tout parait bien fondre, mais <»n aperçoit clairement, dans la masse fondue, le phosphate de chaux qui n'est pas dissous. Fondus sur le charbon avec la soude, ils restent sur le charbon, tandis que la soude pénètre à l'intérieur.

It> ANALYSE yl ALITA l'IYL.

Si, dans uni* dissolution (jui n'est pas trop concentrée, on s'est convaincu de la présence d'un alcali, et si pour cela, après en avoir pris une portion et y avoir versé une dissolution de carbonate de potasse ou de soude, on n'a pas obtenu de précipité, on peut y distinguer la lithine de la potasse, surtout en ce que la dissolution n'est pas troublée par l'addition de l'acide tartrique ou du chlorure de platine ; niais elle peut être distinguée de la soude, et en inènie temps de la potasse, en ce que la dissolution forme, au bout de quelque temps, un abondant précipité, par l'action d'une dissolution de phosphate de soude à laquelle on a ajouté de l'hydrate de soude. La réaction qu'elle présente au chalumeau distingue souvent très bien la lithine des deux autres alcalis.

Page 1