IV. — AMMOMIM, .Vil
L'ammonium, métal hypothétique et composé, n'appartient pas précisément à la série des métaux simples; mai:? comme ses combinaisons se présentent très fréquemment dans les recherches chimiques, il nous parait utile de nous en occuper en même temps que des autres combinaisons alcalines.
Ammoniaque, N*Hb, et Oxyi>e d'ammonium, N2H*0.
A l'état pur et dissoute dans l'eau, l'ammoniaque a une odeur forte, particulière, qui peut la faire reconnaître facilement. Si la proportion d'ammoniaque libre qui est dissoute dans l'eau est assez faible pour que la présence de l'ammoniaque ne puisse plus être reconnue à l'odeur, on peut la découvrir facilement en exposant à la surface du liquide., ou du papier de tournesol rouge humide, ou mieux une baguette de verre qui a été plongée dans de l'acide chlorhydrique concentré, mais qui ne soit pas fumant. Dans le premier cas, le papier de tournesol est bleui; dans le second, il se forme au-dessus de la liqueur des vapeurs blanches, qui se montrent même quand il n'y a qu'une très faible proportion d'ammoniaque. Si la proportion d'ammoniaque est plus forte, et assez pour qu'on puisse se convaincre de la présence de l'ammoniaque même au moyen de l'odeur, les vapeurs blanches sont beaucoup plus remarquables. On peut humecter aussi la baguette de verre avec de l'acide nitrique ou de l'acide acétique ; mais l'acide chlorhydrique est bien meilleur pour rechercher des traces très faibles d'ammoniaque. — I n moyen, bien meilleur que le précédent, de retrouver l'ammoniaque libre, est l'emploi d'une dissolution de nitrate de protoxyde de mercure. Si l'on ajoute une petite quantité d'une dissolution de ce sel à de l'eau qui contient des traces d'ammoniaque si faibles qu'on ne peut pas la découvrir par les moyens
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j>Jj(juês précédemment, il se produit une coloration d'un brun sale par- '.viiieiit nette. On doit avoir soin qu'il n'y ait pas dans la liqueur de inatir?vs étrangères qui puissent empêcher cette réaction. Four des traces de p!d«e contenues dans la liqueur, la dissolution de nitrate de protoxyde mercure agit bien d'une manière analogue, mais la réaction est loin •fr'rr aussi caractéristique. On peut voir plus loin la manière dont le
.:!-:'».• de protoxyde de mercure se comporte avec les réactifs.)
h dissolution d'ammoniaque a une saveur très caustique. Lorsqu'elle ■s! concentrée, elle attaque vivement la peau de la langue. Elle colore i Ornent en bleu le papier de tournesol rouge, et en brun le papier de uruma. La couleur brune disparait entièrement par la dessiccation, et le lij.i.-r redevient jaune. Si l'on conserve l'ammoniaque dans des flacons où -ii ne soit pas entièrement à l'abri du contact de l'air, ce n'est qu'au bout •iun temps très long qu'il s'en transforme une faible proportion en car- >*at#; d'ammoniaque.
Une dissolution de chlorure de platine se comporte, avec une dissolution iimmoniaque, comme le ferait une dissolution dépotasse page 3 . Le [irnipité qui se produit, et qui est formé de chlorure de platine et d'ammonium, a des propriétés analogues à celles du précipité de chlorure de (•Utîne et de potassium. Cependant il en diffère en ce que, par la calcina- »n. il donne du platine pur, tandis que le dernier laisse pour résidu un mrUure de platine et de chlorure de potassium.
lue dissolution concentrée lYacide tartrique produit dans la dissolution <i ammoniaque, lorsqu'elle est concentrée, un précipité cristallin de bitartrate d'ammoniaque. Si la dissolution est très étendue, il ne se forme pas te précipité. — Le précipité est plus soluble dans l'eau que le tu rt rate, f ide de potasse. 11 en a, du reste, toutes les propriétés, et notamment la solubilité dans l'ammoniaque, dans l'hydrate de potasse, dans l'hydrate te soude et dans les carbonates alcalins, et aussi dans les acides forts. Il r sépare de la liqueur aussi facilement que le tartrate acide de potasse, rt ne possède pas la propriété du bitartrate de soude, de former un précipité volumineux.
Ine dissolution de sulfate d'alumine se comporte, avec les dissolutions Ammoniaque et avec les dissolutions de potasse, d'une manière analogue. Les cristaux de l'alun ammoniacal qui se forme alors ont tout à fait la même forme que ceux de l'alun potassique.
Une dissolution, dans l'acide ehlorhydrique, (Vacide molybdique contenant de Yacide phnsphorique , donne un précipité jaune dans les dissolutions des sels ammoniacaux , même lorsqu'il n'y en a qu'une très faible proportion. Ce précipité est dissous par l'hydrate de potasse (Sonnensrheinj.
L'acide hydrofluosilicique produit dans la dissolution d'ammoniaque un précipité abondant de silice, qui se sépare, si l'on n'ajoute qu'une quantité d'acide hydrofluosilicique suffisante pour que l'ammoniaque reste prédominante. Dans le cas opposé, il ne se forme pas de précipité.
L'ne dissolution d'acide percldoriquc ne produit (h1 précipité que dans la dissolution concentrée d'ammoniaque.
Dans les sels ammoniacaux solubles dans l'eau, dont la plupart sont inodores, et dont quelques-uns, comme par exemple les combinaisons de l'ammoniaque avec l'acide carbonique, ont la même odeur que l'ammoniaque.libre, on peut reconnaître la présence de l'ammoniaque au moyen des dissolutions de chlorure de platine et de sulfate d'alumine de la même manière que la potasse dans les combinaisons correspondantes de potasse (page 4). L'acide tar tri que, ajouté en excès aux dissolutions des sels ammoniacaux, produit un précipité qui est alors plus faible que dans les dissolutions des sels de potasse correspondants; ou, si les dissolutions sont plus étendues, il ne se produit pas de précipité. — V acide hydro/Junsilici/jue, aussi bien que Y acide perchlorique , ne produit pas de précipité dans les dissolutions des sels ammoniacaux qui ne sont pas trop concentrées.
Les dissolutions des sels ammoniacaux contenant un acide fort ne font subir aucune modification au papier de tournesol ni au papier de curcuma: celles qui contiennent un acide faible, bleuissent le papier de tournesol et brunissent le papier de curcuma; la couleur brune du papier de curcuma ' disparaît complètement par la dessiccation, et le papier redevient jaune.
Si Ton traite les sels ammoniacaux par l'alcool étendu, comme il a été indiqué pour les sels de potasse (page 6 , ils communiquent à la flamme de l'alcool une couleur bleue ou violette, comme le font les sels de potasse. Si l'on ajoute une quantité même faible de sel de soude, la flamme devient jaune.
Les sels ammoniacaux se volatilisent presque tous complètement par l'action de la chaleur. Les combinaisons de l'ammoniaque avec l'acide sulfurique, l'acide nitrique, l'acide arsénique, l'acide carbonique, aussi bien que les chlorures, bromures, indurés, fluorures et sulfures d'ammonium, se volatilisent sans résidu. Le phosphate et le borate d'ammoniaque, calcinés dans des vases de verre, y laissent un résidu d'acide phosphorique et d'acide borique. Le fluorure d'ammonium,' lorsqu'on le chauffe dans des vases de verre, attaque fortement le verre; il ne se volatilise complètement que dans dés vases de platine.
8i l'on broie lés sels ammoniacaux avec des oxydes alcalins ou aleallno-terreux, l'odeur particulière et bien connue de l'ammoniaque se fait sentir: les carbonates alcalins et alcalino-terreux déterminent la production de la même odeur; seulement elle est alors plus faible. Les oxydes alcalins ou alcalino-terreux purs, leurs carbonates, ou même leurs dissolutions ou celles de leurs carbonates, versés dans les dissolutions des sels ammoniacaux, en dégagent l'odeur d'ammoniaque. Si la proportion de l'ammoniaque qui s'est développée est trop faible pour être reconnue à l'odeur, on humecte un tube de verre avec de l'acide chlorhydrique assez fort, mais non fumant, et on le porte à la surface de la liqueur mêlée avec l'oxyde alcalin ou alcalino-terreux, ou mieux au-dessus du mélange même, lorsqu'il n'existe qu'une très petite trace d'ammoniaque; il se forme alors