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VIII. — MAGNESIUM, Mg

Le magnésium est d'un blanc d'argent, souvent cristallisé en feuilles d'une assez grande dimension; il est brillant, dur et extensible, souvent au point de se laisser aplatir sous le marteau. Il a la densité de 1,75; il se volatilise à la même température que le zinc ;L»eville , et fond même à une température rouge peu intense. A la température ordinaire, il ne se modifie pas à l'air quand il est sec; à l'air humide, il perd son éclat inctal-

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liquc et se recouvre d'un dépôt d'hydrate de magnésie. Le magnésium n est pas oxydé ou est oxydé très lentement par l'eau pure à la température ordinaire. Il brûle avec un éclat très vif dans l'air atmosphérique ou dans l'oxygène, lorsqu'il est soumis à la température à laquelle le verre devient mou : il se transforme alors en magnésie. Le magnésium est dissous à froid par les acides étendus avec dégagement d'hydrogène : si l'on jette du magnésium sur une dissolution aqueuse d'acide ehlorhydrique, l'hydrogène qui se dégage s'enflamme. L'acide nitrique le dissout avec; dégagement de bioxyde de nitrogène; l'acide sulfurique concentré le dissout difficilement avec dégagement d'acide sulfureux. Il n'est pas attaqué à froid par un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique fumant.

Magnésie. MgO.

A l'état pur, la magnésie est une poudre blanche peu soluble dans l'eau et infusible. Si on l'étend sur du papier rouge de tournesol, et si Ton humecte ce papier, il devient bleu. Si la magnésie n'a été obtenue ni à la température rouge, ni à la température rouge obscur, mais bien à une température de 300 degrés, elle s'échauffe fortement lorsqu'on la met en contact avec l'eau : mais la magnésie obtenue par calcination au rouge, fût-ce au rouge faible, ne s'échauffe pas lorsqu'on la met en contact avec l'eau. Kllese dissout bien dans les acides, même dans l'acide sulfurique étendu ; cependant la réaction est un peu lente lorsqu'elle a été fortement calcinée. Lorsque la magnésie a été exposée à la chaleur très forte des fours à porcelaine, elle se dissout très lentement dans les acides.

L'acide sulfurique étendu ne produit pas de précipité dans les dissolutions des sels de magnésie.

L acide hydrofluosiiieique et Y acide ijercftlorique n'en produisent pas non plus.

Une dissolution hydrate de potasse produit, dans les dissolutions des sels neutres de magnésie, un précipité volumineux et floconneux d'hydrate de magnésie, qui ne disparait pas lorsqu'on l'étend d'eau. Si l'on a préalablement mêlé la dissolution de magnésie avec une dissolution de chlorure d'ammonium ou d'un autre sel ammoniacal, et si l'on ajoute ensuite de la potasse, le précipité est tout à fait insignifiant ; et si l'on a ajouté une forte proportion des sels indiqués, il n'y a même pas de précipité à froid. Il disparaît même tout à fait si l'on ajoute à une dissolution de magnésie de l 'hydrate de potasse, puis ensuite du chlorure d'ammonium. Mais si l'on fait bouillir le tout, le précipité d'hydrate de magnésie se forme toujours lorsque l'hydrate de potasse* est en excès.

L'ammoniaque produit dans les dissolutions neutres de magnésie un précipité d'hydrate de magnésie. La précipitation n'est qu'incomplète, et le précipité disparaît complètement lorsqu'on ajoute une dissolution de chlorure d'ammonium ou d'un autre sel ammoniacal. Si l'on ajoute à une dissolution de sulfate neutre de magnésie une dissolution de chlorure d'ani-

monium et ensuite de 1 ammoniaque, il ne se forme pas do précipité, pourvu que la proportion de chlorure d'ammonium ajouté ne soit pas trop faible. Hi la dissolution de magnésie n'est pas neutre, mais si elle contient unacide libre, il ne s'y forme pas de précipité lorsqu'on lui ajoute de l'ammoniaque en excès,» moins que la proportion de l'acide libre ne soit trop faible.

Une dissolution de carbonate neutre de potasse ou de soude produit dans les dissolutions neutres de magnésie un précipité volumineux, formé par une combinaison de carbonate de magnésie avec l'hydrate de magnésie, qui disparait complètement lorsqu'on ajoute du chlorure d'ammonium. Le précipité ne se forme pas si, avant d'ajouter le carbonate de potasse, on a mêlé la dissolution de magnésie avec une dissolution de chlorure d'ammonium. Si cependant, dans les deux cas, on fait bouillir la dissolution, il se forme un précipité volumineux, pourvu que la proportion de carbonate alcalin ne soit pas trop faible. Si la dissolution d'un sel de magnésie contient une forte proportion d'acide libre, et si elle n'est pas très concentrée, le carbonate de potasse n'y forme pas de précipité; cependant, par l'ébullition, on obtient un précipité de carbonate de magnésie basique. — Si l'on ajoute une très faible proportion d'une dissolution de magnésie à une très forte proportion d'une dissolution de carbonate de potasse, ln dissolution reste claire, mais elle se trouble lorsqu'on la fait bouillir, et redevient claire par le refroidissement. L'expérience peut souvent être répétée et réussir également, bien que parfois la dissolution ne redevienne pas complètement claire par le refroidissement, par suite d'une légère concentration de la dissolution magnésienne. Une dissolution de carbonate de soude se comporte à cet égard comme une dissolution de carbonate de potasse; mais, si l'on emploie l'hydrate de potasse, le même phénomène ne peut pas être observé.

Une dissolution de bicarbonate de potasse ou de soude ne donne p;is de précipité même dans les dissolutions neutres concentrées de sels de magnésie; mais si l'on porte le tout à l'ébullition, ou même si l'on chauffe faiblement, il se dégage de l'acide .carbonique et il se forme un précipité (le carbonate basique de magnésie.

Une dissolution de cyanure de potassium produit un précipité dans les dissolutions de magnésie. Lorsque la magnésie est en petite quantité, elle n'est pas précipitée à froid par le cyanure de potassium, mais le précipite a lieu par l'ébullition : il peut se redissoudre par le refroidissement.

Une dissolution de carbonate d'ammoniaque ne produit pas de précipité dans les dissolutions de magnésie. Mais si l'on chauffe le tout, il se forme un précipité de carbonate de magnésie basique, qui disparait lorsqu'on ajoute une dissolution de chlorure d'ammonium.

Une dissolution de phosphate de soude produit dans les dissolutions neutres concentrées des sels de magnésie un précipité de phosphate de magnésie, qui n'est pas soluble dans un excès de phosphate de soude, mais qui est soluble dans un excès de la dissolution du sel neutre de magnésie. Si l'on porte le tout à l'ébullition , il se forme un abondant pré-

MAGNESIUM. M

cipité. et la liqueur qui surnage rougit le papier de tournesol: lorsque la liqueur est complètement refroidie, le précipité disparait, mais une nouvelle ébullition peut le faire reparaître. — Dans les dissolutions étendues des sels de magnésie, il ne se forme pas de précipité à la température ordinaire; mais, si Ton fait bouillir le tout, il se forme un précipité qui ne disparait pas par le refroidissement. Si Ton a mélangé une dissolution de phosphate de soude avec une dissolution neutre de magnésie, et si le mélange est assez étendu pour qu'il ne se forme pas de précipité à froid, on obtient immédiatement un précipite de phosphate ammoniaco-magné» sien, lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque ou du carbonate d'ammoniaque. La présence de proportions même considérables de chlorure d'ammonium ou d'autres sels ammoniacaux est sans influence sur ce précipité. Si la dissolution de magnésie est très acide et très étendue, le phosphate animoniaco-magnésien n'est pas précipité immédiatement après la sursaturation par l'ammoniaque et l'addition du phosphate de soude. On accélère la précipitation si l'on agite fortement la liqueur avec une baguette de verre : le sel insoluble se dépose d'abord à l'état de poudre cristalline aux endroits où la baguette de verre a frotté les parois du vase. — Si l'on mélange du phosphate de soude avec un excès d'une dissolution de magnésie, et si l'on ajoute de l'ammoniaque à la dissolution claire, on obtient un abondant précipité dont une partie formée d'hydrate de magnésie est soluble dans le chlorure d'ammonium, tandis que l'autre, qui est formée de phosphate ammoniaco-magnésien, n'y est pas soluble.

Les dissolutions d'acide oxalique et de bioxalate de potasse ne produisent pas de précipité dans les dissolutions des sels neutres de magnésie. Si la proportion de la dissolution d'acide oxalique ou d'oxalate ajouté n'est pas très considérable, un excès d'ammoniaque produit un précipité d'oxalate de magnésie, même alors que la dissolution était préalablement étendue de beaucoup d'eau. Mais si l'on a ajouté à la dissolution de magnésie une forte proportion d'une dissolution d'acide oxalique ou de bioxalate de potasse, ou bien si la dissolution de magnésie n'était pas neutre, mais contenait un acide libre, l'ammoniaque, ajoutée en excès, ne trouble pas les dissolutions même très concentrées, parce qu'il s'est formé une proportion de sel ammoniacal suffisante pour que sa présence empêche la précipitation de la magnésie. — Une dissolution d'oxalate neutre de potasse ne produit pas immédiatement, mais seulement au bout de quelque temps, un précipité d'oxalate de magnésie dans les dissolutions neutres de magnésie.

Veau de baryte précipite la magnésie tle ses dissolutions salines sous la forme d'un précipité volumineux d'hydrate de magnésie.

Le carbonate de baryte précipite complètement la magnésie des dissolutions de sulfate de magnésie par une ébullition prolongée ; mais si, au lieu d'être en présence du sulfate, le carbonate de baryte se trouve en présence du chlorure ou du nitrate de magnésie, la magnésie n'est précipitée qu'incomplètement, même par une ébullition prolongée.

Le sulfure d'ammonium ne produit pas de précipité dans les dissolutions

de magnésie, si elles ne sont pas excessivement concentrées. S'il se forme un précipité à l'aide de ce réactif dans les dissolutions neutres de magnésie, c'est que le sulfure d'ammonium contient ordinairement une très grande quantité d'ammoniaque libre qui détermine un précipité d'hydrate de magnésie.

Une dissolution de ferrocyanure de potassium produit au bout de quelque temps dans les dissolutions des sels de magnésie un précipité blanc abondant, formé par une combinaison double de ferrocyanure de potassium et de ferrocyanure de magnésium. Il ne se forme pas de précipité dans une dissolution étendue, mais il s'en forme un si l'on ajoute de l'ammoniaque.

Une dissolution de ferrocyanide de potassium ne produit pas de précipité? avec les sels de magnésie.

Parmi les sels de magnésie solubles dans l'eau, il n'y a que le sulfate de magnésie qui puisse être calciné au contact de l'air, sans supporter de décomposition; et encore, à une haute température, perd-il un peu de son acide sulfurique. Le carbonate de magnésie neutre hydraté artificiel ne perd à 100 degrés que les deux tiers de son eau : le sel desséché à 100 degrés perd encore à 200 degrés le tiers de son eau; mais il ne perd pas encore d'acide carbonique : ce n'est qu'à 300 degrés qu'il perd presque entièrement, mais non entièrement, son acide carbonique et son eau. Les combinaisons de carbonate de magnésie avec l'hydrate de magnésie' ne perdent pas d'acide carbonique à 100 degrés, mais perdent de l'eau. Les .combinaisons dans lesquelles le rapport du carbonate de magnésie à l'hydrate de magnésie est moindre que u atomes du premier pour 1 atonie du dernier, chauffées à 100 degrés, retiennent d'autant plus l'acide carbonique que leur composition se rapproche de cette proportion. Si l'on pousse la température jusqu'à 150 degrés, 200 degrés, et finalement jusqu'à 300 degrés, elles ne perdent qu'une partie de leur acide carbonique et de leur eau; et ce n'est qu'au rouge vif qu'elles en perdent la totalité. Le carbonate neutre de magnésie naturel (magnésite) est dans un tel état d'agrégation, qu'il ne perd pas d'acide carbonique même à 300 degrés.

Les dissolutions des sels neutres de magnésie, même lorsque l'acide est énergique, ne modifient pas le papier de tournesol.

La magnésie forme des sels insolubles ou peu solubles dans l'eau avec un très grand nombre d'acides, comme l'acide phosphorique, l'acide arsénique, l'acide carbonique et l'acide borique. Ces sels sont tous solubles dans l'acide sulfurique ou l'acide chlorhydrique. Quelques sels acides, après avoir été calcinés, ne se dissolvent que si on les a fait chauffer préalablement avec l'acide sulfurique concentré : de ce nombre est , par exemple, le phosphate acide de magnésie. Pour retrouver la présence de la magnésie dans les dissolutions acides des sels de magnésie, on doit les faire bouillir souvent assez longtemps avec une dissolution d'hydrate de potasse : la magnésie est alors précipitée à l'état d'hydrate souvent impur; et l'acide qui était Combiné avec elle, aussi bi<'" que celui qui avait, nié

MAKNESU'M. il employé à opérer lu dissolution, se combine avec la polasse et reste dans la liqueur. On lave le précipité de magnésie, et on l'essaye au chalumeau, ou bien on le dissout dans un acide, par exemple l'acide ehlorhydrique •m l'acide sulfurique étendu, pour reconnaître dans la dissolution la magnésie à ses caractères particuliers.

On peut encore reconnaître les sels de magnésie en ce qu'une petite quantité du sel calcinée sur le charbon à la flamme du chalumeau, humectée ensuite avec- une dissolution de nitrate de cobalt et calcinée de nouveau fortement à la flamme du chalumeau, prend, à l'endroit où elle a été humectée avec le nitrate de cobalt, une couleur rouge pale, ce qui ne se présente pas pour les combinaisons qui ne contiennent pas de magnésie. La magnésie pure ou le carbonate de magnésie mélangés à une pâte demisolide, étendus sur un charbon et calcinés au chalumeau, donnent aussi une coloration rouge avec la dissolution de cobalt.— La présence des oxydes métalliques, alcalins et alcalino-terreux, empêche la réaction de l'oxyde de cobalt de se produire; l'acide silicique au contraire ne l'empêche pas.

Les sels de magnésie, lorsqu'ils sont purs, ne donnent aucune coloration à la flamme extérieure du chalumeau , pourvu que les acides avec lesquels la magnésie est combinée n'en donnent pas.

Les dissolutions des sels neutres de magnésie se distinguent de celles des sels alcalins en ce que l'ammoniaque et une dissolution de carbonate île potasse* y forment un précipité blanc ; elles se distinguent des dissolutions des sels de baryte, de strontiane et de chaux, eu ce que ces derniers ne sont pas précipités par l'ammoniaque.

Les dissolutions acides de magnésie se distinguent des dissolutions acides des sels de potasse, de soude et d'ammoniaque, en ce que, après la sursaturât ion par l'ammoniaque, une dissolution de phosphate de soude y produit un précipité blanc : elles se distinguent des dissolutions des sels de lithine, en ce qu'un excès de potasse y produit un précipité, surtout lorsqu'on a porté le tout à 1 ebullition ; elles se distinguent des dissolutions des sels de baryte et de strontiane en ce que l'acide sulfurique étendu n'y produit pas de précipité ; elles se distinguent des dissolutions des sels île chaux par leur manière de se comporter avec une dissolution d'acide oxalique.

La précipitation de la magnésie au moyen du phosphate de soude après l'addition d'ammoniaque peut très bien servir à faire reconnaître la magnésie, mais ne peut pas être employée à distinguer la magnésie de la baryte, delà strontiane et de la chaux, parce que ces bases sont aussi précipitées par ce réactif.

La présence de substances organiques non volatiles peut souvent empêcher, au moins partiellement, la précipitation de lu magnésie de ses dissolutions par l'action des alcalis; mais même lorsqu'on opère sur de petites quantités de magnésie en présence d'une forte proportion de sub- >îances organiques, la magnésie est précipitée par le phosphate de soude

de ses dissolutions auxquelles on a ajouté de l'ammoniaque. — Si, à la dissolution d'un spI neutre, de magnésie, du sulfate de magnésie par exemple, on ajoute de l'acide tartrique et ensuite de l'ammoniaque, la dissolution reste d'abord claire: au bout d'un instant , le tartratp dp magnésie commence à se précipiter; mais bien qu'il se forme un précipité, la magnésie n'est pas complètement séparée. Si l'on ajoute à la dissolution d'un sel de magnésie du chlorure d'ammonium, et ensuite de l'acide tartrique et de l'ammoniaque, la dissolution reste complètement claire, même au bout de quelque temps, et il ne se dépose pas de tartrate de magnésie même au bout de plusieurs jours : si l'on porte la liqueur à 1 ebullition, il se forme un précipité. Dans la dissolution dont nous venons de parler, une dissolution de phosphate de soude précipite toute la magnésie à l'état de pbosphate ammoniaco-magnésien. — Si l'on ajoute à la dissolution d'un sel neutre de magnésie de l'acide tartrique, et ensuite une dissolution de carbonate alcalin ou de carbonate d'ammoniaque, il ne se produit pas de précipité, et même au bout de quelque temps la dissolution reste claire ; si l'on ajoute une dissolution de phosphate de soude, il se produit immédiatement un précipité, et la magnésie est précipitée entièrement, surtout dans les dissolutions qui contiennent du carlwnate d'ammoniaque. Si, au lieu de phosphate de soude, on ajoute de l'ammoniaque à la dissolution claire, il se produit au bout de quelque temps un fort précipité.

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