‹ Traité complet de chimie analytiqueChapitre 35 sur 102 · XXI. — ZINC, Zn · texte numérisé non relu

XXI. — ZINC, Zn

La couleur du zinc est blanche avec une pointe de bleuâtre : il a l'éclat fortement métallique. Le zinc se présente sous la forme de grenailles, lorsqu'on le chauffe graduellement jusqu'à la température où il fond sans la dépasser et lorsqu'on le verse ensuite ; si le métal a été chauffé presque jusqu'au rouge avant d'être versé, il prend la forme de grandes feuilles. Il importe peu ici que le métal ait été refroidi lentement ou le plus rapidement possible. Il est un peu flexible et peut même s'étendre en tables, surtout lorsqu'il est très pur ; le zinc impur qui se trouve ordinairement dans le commerce , ne peut se ployer et s'étendre qu'à une plus haute température, qui cependant ne dépasse que peu le point d'ébullition de l'eau. En général, le zinc chauffé très fortement est plus cassant lorsqu'il a été versé que le zinc qui n'a été chauffe graduellement que jusqu'à sa température de fusion. A une température encore plus élevée et aussi à froid, le zinc est cassant. Le zinc fond à une température de 365 degrés : au rouge blanc, il entre en ébullition et peut alors être distillé. A l'air sec, le zinc ne se modifie pas. En contact avec l'eau et l'air atmosphérique qui contient de l'acide carbonique , le zinc produit d'abord de l'hydrate d'oxyde de zinc : ce dernier absorbe l'acide carbonique et forme une combinaison d'hydrate d'oxyde de zinc et de carbonate de zinc. En contact avec l'eau qui ne contient pas d'air, le zinc se conserve très longtemps avec son aspect métallique. Lorsqu'on porte le zinc fondu à une haute température en contact avec l'air, il brûle avec une flamme bleu-verdàtre très vive, s'oxyde fortement à la surface et développe, surtout lorsqu'on l'agite, un nuage d'oxyde de zinc provenant de l'oxydation à l'air des vapeurs du zinc métallique. Si l'on chauffe au chalumeau sur le charbon du zinc métallique, il s'enflamme à une haute température et brûle avec une flamme vert clair et un nuage intense : en même temps il se dépose de l'oxyde de zinc sur le charbon. Le poids spécifique du zinc, porté graduellement jusqu'à son point de fusion et refroidi rapidement ou lentement, est de 7,1 2 et 7,145; celui qui a été chauffé jusqu'au rouge et solidifié rapidement ou lentement est de 7,11 et de 7,12. Bolley.)

Le zinc qui se trouve dans le commerce, se dissout dans l'acide chlorbvdrique même à la température ordinaire, avec un abondant dégagement d'hydrogène. Il se dissout aussi très bien dans l'acide nitrique, lorsqu'il est

ZINC. 101 très ('tendu, avec dégagement do protoxydede nitrogène, et lorsqu'il est plus concentré , avec dégagement de bioxyde de nitrogène. Le zinc se dissout bien à froid dans l'acide sulfurique étendu avec dégagement de gaz hydrogène. Il en est de même de presque tous les autres acides, même organiques, solubles dans l'eau, lorsqu'ils ne sont pas très étendus. Les dissolutions contiennent de Foxyde de zinc combiné avec Facide employé à la dissolution. Il n'y a qu'une dissolution d'acide sulfureux dans l'eau qui dissolve le zinc sans déterminer de dégagement de gaz ; il se forme de l'hyposulfite et du sulfite de zinc.

Les dissolutions d'hydrate de potasse et d'ammoniaque dissolvent le zinc lentement et avec dégagement d'hydrogène; les dissolutions contiennent de l'oxyde de zinc.

Le zinc distillé est dissous par tous les dissolvants plus difficilement que le zinc impur qui se trouve dans le commerce. Le zinc qui n'a été porté graduellement que jusqu'à sa température de fusion, et qui a été refroidi rapidement, se dissout plus lentement dans l'acide sulfurique que le zinc élevé à la même température et refroidi plus lentement. Mais si l'on porte le zinc jusqu'au rouge, et si l'on refroidit rapidement, il se dissout bien plus vite; mais le zinc est le plus soluble lorsqu'on le chauffe à la même température et lorsqu'on le refroidit lentement. (Holley.)

La dissolution du zinc dans les acides est fortement accélérée, lorsqu'on ajoute une quantité même extraordinairement faible de certains sels métalliques. |Le meilleur moyen d'accélérer la dissolution est d'ajouter à l'acide destiné à dissoudre le zinc quelques gouttes d'une dissolution de chlorure de platine. Quelques gouttes d'une dissolution d'acide arsénieux, de sulfate de cuivre, ou même d'émétique, accélèrent beaucoup la dissolution du zinc : il en est de même des dissolutions d'oxyde d'argent, de cobalt, de nickel, d'étain , de plomb, de cadmium et de bismuth. Quelques gouttes d'une dissolution de bichlorure de mercure ajouté a l'acide sulfurique étendu retardent beaucoup la dissolution du zinc; mais si on l'ajoute ii l'acide acétique, il n'a aucune action retardatrice.

Dans une atmosphère de chlore gazeux , le zinc se transforme à chaud en bichlorure de zinc qui est volatil à une température assez élevée.

Au rouge, le zinc décompose très bien l'eau avec dégagement d'hydrogène et il se forme de l'oxyde de zinc cristallisé très brillant.

Le zinc précipite la plupart des métaux à l'état métallique de leurs dissolutions : quelques-uns aussi à l'état d'oxyde.

Oxyde m zlnc , ZnO.

A l'état pur, l'oxyde de zinc est blanc : à chaud, il se colore en jauneeitron , et redevient blanc par le refroidissement. Cependant l'oxyde de zinc pur a souvent même, après le refroidissement, une couleur jaune pâle, surtout lorsqu'il a été fortement calciné; mais , dans beaucoup de ras, la couleur jaunâtre provient de la présence d'une certaine quantité

de sesquioxydo do for ou d'autres oxydes élrangcrs. — Il n'est pas volatil à chaud otso dissout bien dans los acides, mémo après une forte ealcination. Le gaz hydrogène ne réduit pas l'oxyde de zinc à une température h laquelle le verre ne fond pas; mais si on le chauffe dans un tube de porcelaine blanche, pendant qu'on y fait passer un courant très rapide de gaz, la réduction de l'oxyde a lieu. (Deville.) Les sels de zinc sont complètement incolores : il en est de mémo de leurs dissolutions.

Une dissolution d'hydrate de potasse produit dans les dissolutions dos sols do zinc un précipité blanc gélatineux d'hydrate d'oxyde de zinc, qui se dissout à la température ordinaire dans un excès du précipitant. Si on fait bouillir la dissolution pendant longtemps, l'oxyde de zinc en est presque complètement précipité, surtout lorsqu'on a étendu d'eau. Si l'on verse à froid une dissolution do potasse sur l'oxyde do zinc précipité, il so redissout peu à peu. — Une dissolution do chlorure d'ammonium no produit pas de précipité dans la dissolution de l'oxyde de zinc dans la potasse. — Dans une dissolution acide, l'oxyde de zinc est aussi précipité par la dissolution do potasse; mais il se redissout dans un excès do dissolution de potasse.

L'ammoniaque produit aussi dans les dissolutions de zinc un volumineux précipité d'hydrate d'oxyde do zinc qui se dissout très bien dans un excès d'ammoniaque. Si on fait bouillir pendant longtemps cette dissolution , surtout si elle est étendue d'eau , l'oxyde de zinc en est complètement précipité. Si l'on verse à froid de l'ammoniaque sur l'oxyde précipité?, il se redissout peu à peu complètement. — Si la dissolution de zinc est très acide, l'ammoniaque n'y produit pas de précipité.

Une dissolution de carbonate neutre de potasse ou de soude produit dans les dissolutions de zinc un précipité blanc de carbonate et d'hydrate do zinc qui ne disparait pas dans un excès du réactif employé à opérer la précipitation, mais qui se dissout dans une dissolution d'hydrate de potasse ou dans l'ammoniaque; si la dissolution contient une très grande quantité de chlorure d'ammonium, la dissolution de carbonate alcalin ne forme pas de précipité, mémo à froid ; mais il se forme un précipité par une longue ébullition.

Une dissolution de bicarbonate de potasse détermine un dégagement d'acide carbonique et produit un précipité blanc de carbonate neutre de zinc hydraté. — Mais, avec le bicarbonate de soude, le précipité n'est formé que par des combinaisons do carbonate de zinc avec l'hydrate d'oxyde de zinc.

Une dissolution do cyanure de potassium forme dans los dissolutions de zinc un précipité blanc do cyanure de zinc qui se dissout complètement dans un excès de cyanure de potassium. Cette dissolution laisse déposer avec le temps dos cristaux de cyanure double do zinc et de potassium. Ni l'hydrogène sulfuré, ni le sulfure d'ammonium n'y produisent de précipité do sulfure do zinc; mais au bout do quelque temps, la formation du précipité commence peu à peu, et, au bout de vingt-quatre heures, tout le

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