CHAPITRE III
Le Contrepoint inégal.
Les diverses parties mélodiques d'un ensemble musical ne sont que très rarement égales entre-elles, sous le rapport rhythmique, comme elles le sont dans le contrepoint égal. Les anciennes méthodes d'enseignement ont basé leur système d'études sur ce fait et elles ont voulu que les diverses formes ou combinaisons rhythmiques possibles soient étudiées isolément en obligeant l'élève à faire des contrepoints renfermant d'abord une note contre une note du Cantus firnzus, puis deux notes, puis quatre, etc. Quoique la persistance de l'une ou de l'autre de ces formes se présente fort peu dans la musique d'imagination, la nécessité de soumettre sa plume à cette uniformité, à ce maintien d'un même mouvement mélodique, constitue un exercise intellectuel d'une utilité incontestable, d'abord parce que l'attention se concentre sur un seul point et, ensuite, parce que les difficultés qui se présentent, parfois, ne peuvent être vaincues sans qu'il n'en résulte une certaine habileté technique.
Nous suivons ici l'ancienne méthode mais, comme nous l'avons dit plus haut, avec quelques restrictions, car nous ne conservons que les exercices par blanches et par noires, ainsi que ceux qui se font par triolets et sextolets, pour arriver plus tard au mélange des différentes formes rhythmiques.
Le Contrepoint de deux notes contre une.
(Deux blanches pour une ronde)
Nous réunissons en une seule deux espèces distinctes (la 2e et la 4e) de la vieille méthode en admettant le mélange des blanches continues et des blanches syncopées.
Les moyens dont on dispose pour faire un contrepoint de ce genre sont les suivants:
1. Le mouvement (la marche) d'une note faisant partie d'un accord à une autre note du même accord on d'un accord différent.
2. La syncope du temps faible d'une mesure au temps fort de la mesure suivante.