partie de l'accord
2°. Exceptionnellement, comme variété, on peut employer un retard bien préparé ou une broderie amenée adroitement. Plus loin, nous parlerons de la manière de traiter ce dernier cas.
3°. Les notes de passage sont toujours d'un bon emploi quand elles procèdent par degrés diatoniques. Nous indiquerons, plus tard, quelques exceptions résultant de cas particuliers.
Observation. Il y a encore des professeurs qui donnent comme règle que la troisième note de chaque mesure doit être note réelle, c'est à dire faisant partie de l'accord. C'est là une restriction qui nous paraît bien inutile puisque ces mêmes professeurs déclarent ensuite (comme on peut le voir dans un Traité tout moderne) que la troisième note peut être une note de passage. En vertu de cette règle on devrait exclure maintes formes mélodiques d'un excellent effet. Ainsi, par exemple, le contrepoint du No. 69 n'est si gauche et si peu intéressant que parce que ce précepte a été strictement observé. L'effet produit, à la troisième partie de la mesure, par une note étrangère à l'accord rend le contrepoint plus riche et plus varié qu'on ne pourrait jamais l'obtenir en se soumettant à une entrave comme celle dont nous parlons et qui, d'ailleurs, n'a pas de raison d'être. Que l'on compare a et b dans l'exemple ci-dessous.
A côté de cette sévérité exagérée il faut admirer la facilité avec laquelle les anciens se permettaient toutes sortes de licences dans l'emploi des notes de passage. Beaucoup d'auteurs (sans doute par reconnaissance) ont nommé ces notes «Notes de passage de Fux»! Fux n'en est pas l'inventeur, mais il est probablement le premier théoricien qui en ait traité d'une manière détaillée.
Ajoutons encore quelques remarques sur l'emploi des notes de passage. Comme nous l'avons dit plus haut, ces notes se présentent presque toujours diatoniquement; mais on peut aussi en employer, par exception, quelques-unes sous la forme chromatique si il en résulte une bonne harmonie. Seulement ces notes de passage chromatiques ne sont bonnes que dans la seconde moitié de la mesure et appuyées sur une progression harmonique claire et naturelle. (Voyez, plus loin, exemple 83.) Pour leur emploi il faut toujours tenir compte de la tonalité et du mode. Ainsi les deux notes de passage [la et si) de Texemple suivant seront modifiées de cette manière:
iMü^i
Ut M. I
Fa" M. V
I Fa m. V
On doit toujours se garder de placer une note de passage auprès d'une note de l'accord lorsqu'il y a mouvement vers cette note. Le choc, à distance de seconde, entre la note réelle et la note de passage est sans inconvénient quand cette dernière s'éloigne de la 'première. Ex. :
a. mauvais
b. bon
c. très mauvais d. bon
.ßJSL
Les broderies supérieures se font avec les intervalles diatoniques (secondes majeures ou mineures) immédiatement placés au-dessus des notes réelles. Ex.:
-<sr