‹ Traité complet de contrepointChapitre 52 sur 99 · BC · texte numérisé non relu

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Les deux premières versions se maintiennent dans le mode phrygien en effleurant la tonalité moderne de mi mineur, la seule qui puisse convenir dans ce cas; cependant la première est évidemment meilleure que la seconde parce qu'elle conserve mieux à la mélodie son caractère sombre. La troisième version (en ut majeur) est, considérée en soi, parfaitement correcte et d'une agréable sonorité; mais nous n'avons plus à démontrer, après nos explications antérieures, qu'elle détruit entièrement le caractère du mode. La quatrième, qui s'en éloigne moins, est pourtant quelque peu défectueuse à cause de la monotonie qui résulte de l'emploi trop souvent répété de la cadence en la mineur.

Le choral dans le mode Ionien.

Ici, encore, nous pourrons donner brièvement les explications et instructions nécessaires. Le mode ionien correspondant exactement, sous le rapport diatonique, à notre mode majeur, il serait inutile de parler longuement de l'harmonisation qui lui est applicable.

Ce qui distingue les mélodies conçues dans le mode ionien des mélodies modernes en mode majeur c'est l'absence de toute tendance vers la tonalité de la sus-dominante, ce qui s'explique par le fait que les premières furent créées à une époque où l'harmonie n'existait pas. Or la tendance, V attraction vers le ton de la sus-dominante résulte entièrement du sentiment harmonique qui s'est développé en nous à tel point qu'il nous est, pour ainsi dire, impossible de concevoir une mélodie en dehors de certaines bases harmoniques fixes.

Donc nous ne trouverons, dans les mélodies en mode ionien, aucune occasion de moduler à la sus-dominante ou, en tout cas, si semblable occasion se présentait, ce ne serait pas à la place où se trouvent ordinairement les cadences, c'est à dire à la fin d'un verset ou d'une période.

Par contre on peut remarquer, dans ces mélodies, une tendance assez prononcée vers la tonalité de la sous-dominante, ce qui amène parfois des modulations qui sont peu en rapport avec notre sentiment harmonique.

Comme exemple nous nous bornerons à donner une harmonisation du célèbre choral de Luther: «Un bon rempart est notre Dieu».

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