‹ Traité complet de contrepointChapitre 59 sur 99 · APA · texte numérisé non relu

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Cette réalisation, assez riche d'harmonie, donne lieu à quelques observations utiles.

En a, l'absence de la tierce est compensée par l'accord qui suit. Du reste, dans ce passage la marche de l'alto pourrait être: ut, sol, la, ou mieux, au descendant: ut, si?, la, mi?.

En b, la cadence en sol mineur serait déjà un peu éloignée comme fin de premier verset d'un choral en fa majeur; ce défaut est plus sensible encore avec la cadence rompue. Nous renvoyons sur ce sujet à l'observation pour le N? 147.

En e, la cadence dans la tonalité du troisième degré, cadence qui est bonne, ordinairement, est défectueuse, ici, parce qu'elle succède immédiatement à la cadence sur la tonalité du second degré.

En d, au moment de la demi-cadence, les quintes entre soprano et basse, séparées seulement par le si§ sont fautives. La marche de la basse: si?, sol, la, si% serait à préférer quoique qu'elle produise des octaves avec le soprano.

En e, après le point d'orgue, la reprise du mouvement sur une note de passage est mauvaise. Ce cas devra toujours être évité.

En f, le saut ascendant de la basse sur le miv n'est pas mauvais en lui-même; mais le contrepoint, depuis cette note jusqu'à la fin, franchit un intervalle beaucoup trop considérable- (presque deux octaves) ce qui rend l'ensemble du passage très défectueux.

Pour g, nous rappelons l'observation faite plus haut, à propos de b de l'exemple 223. Une marche aussi tourmentée de l'alto pour arriver à avoir la tierce de l'accord final n'est pas admissible.

Pour le choral à deux parties il n'est pas besoin d'un enseignement spécial, les principes de la réalisation d'harmonie à deux parties pouvant suffisamment servir de guide. Cependant il ne faudrait pas perdre de vue que les études techniques que l'on a pu faire en ce genre diffèrent quelque peu des chorals en ce que ceux-ci, écrits dans un but pratique, destinés à être exécutés d'une manière populaire, exigent un arrangement facile s'éloignant, surtout dans les cadences finales, de notre procédé.

Le contrepoint égal, à deux parties, est assez monotone; mais par le mouvement en noires on peut arriver à des marches de voix très intéressantes.

Ce genre de contrepoint est rarement appliqué d'un bout à l'autre d'un morceau de musique vocale. (Dans les Duos pour deux instruments, deux violons, par exemple, les ressources étendues de ces instruments cachent plus ou moins la pauvreté des moyens harmoniques.) Il est surtout employé par moments, comme variété, dans des ouvrages à trois, quatre et plus de quatre parties.

Nous allons parler de ces derniers.

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