DÉCLARATION
DK LAYBACH , PUBLIEE AU NOM DE8 COURS d'AUTRICHB, D1 PRUSSE ET DE RUSSIE y LORS DE LA CLÔTURE DU CONGES*
L'Europe connaît les motifs de la résohitioD prise par les souverains alliés d'ëtouffer les complots et de.Êiire cesser les troubles qui menaçaient l'existence de cette paix générale dont le rétablissement a coûté tant d'efforta et tant de sacriGces.
Au moment même oîi leur généreuse déterminatios s'accomplissait dans le royaume de Naples, une rebellioD d'un genre plus odieux encore, s'il était possible, échb dans le Piémont*
Ni les liens qui depuis tant de siècles unissent la maison régnante de Sayoie à son peuple , ni les bienfaits d'une administration éclairée sous un prince sage et sous des lois paternelles , ni la triste perspeçtiye des maux auxquels la patrie allait être exposée, n'ont pu contenir les desseuts des pervers. ,
Le plan d'une subversion générale était tracé. Dans
cette combinaison contre le repos des nations , les conspirateurs du Piémont avaient leur rôle assigné. Ils se sont hâtés de le remplir.
Le trône et l'État ont été trahis, les sermens violes» l'honneur militaire méconnu, et Toubli de tous les deroifs a bientôt amené le fléau de tous les désordres*
Partout le mal a présenté le même caractère , partout un même esprit dirigeait ces funestes révolutions.
Ne pouvant trouver de motif plausible pour les justifier,
ni d'appui national pour les soutenir , c'est dans de fausses
doGtriHes que les aateurs de ces bouIcYersemcns cherchent DDe apologie ; c'est sur de criminelles associations qu'ils fondent un plu^ criminel espoir. Pour eux , l'empire salu-* taire àes lois est un joug qu'il faut briser. Ils renoncent aux sentîmens qu'injspire Iç véritable amour de la patrie ; et , mettant à la place des deybirs connus les prétextes arbitraires et indéfinis d'un changement universel dans les prin» dpes constitutifs de la société , ils préparent au Monde des csdamités sans fin*
Les souverains alliés avaient reconnu les dangers de cette conspiration dans toute leur étendue , mais ils avaient pénétré en même temps la faiblesse réelle des conspirateurs , à travers le yoile des apparences et des déclamations. L'ex* périence a confirmé leurs pressentimens. La résistance que l'autorité légitime a rencontrée a été nulle , et le crime a disparu devant le glaive de la justice.
Ce n'est point à des causes accidentelles , ce n'est pas même aux hommes qui se sont' si mal montrés le ymr du comltat, qu'on doit attribuer la facilité d'un tel succès. Il tie&t à un priiicipe plus consolant et plus digne de considération.
La Providence a frappé de terreur des consciences aussi coupables-; et l'improbation des peuples j dont les artisans de troubles avaient compromis le sort , leur a feit tomber ks armes des mains*
Uniquement destinées ^i combattre et à réprimer la ré'» belllon, les forces alliées, loin de soutenir aucun intérêt exclusif, sont venues au ^^.cours des peuples subjugués^ et Ie$ peuples en ont considéré l'emploi comme un appui en &veur de leur liberté , et non comme nue attaque contre leur indépendance. Dès lors la guerre a cessé.; dès. lors les États que la révolte avait atteints, n'ont plus été que des États amis poar les puissances qui n'avaient jamais désiré que leur tnmquillité et leur bien^^être.
Aq milieu de ces graves conjonctures , et dans une position aussi délicate, les souverains alliés, d'accord avec LL» MM* le roi des Deux*Siciles et le roi de Sardaigne, ont jugé indispensable de prendre les mesures temporaires de précautions indiquées par la prudence et prescrites par le salut commun. Les troupes alliées , dont la présence était nécessaire au rétablissement de l'ordre, ont été placées snr les points convenables , dans l'unique vue de protéger le libre exercice de l'autorité légitime, et de l'aider à préparer, sous cette égide , les bienfaits qui doivent effacer la trace de si grands malheurs*
La justice et le désintéressement qui ont présidé aux délibérations des monarques alliés régleront toujours leor politique* A l'avenir , comme par le passé , elle aura toujours pour but la copservation de l'indépendance et des droits de chaque État , tels qu'ils sont reconnus et définis par les traités existans* Le résultat même d'un aussi dangereux mouvement sera encore , sous les auspices de la Providence , le raffermissement de la paix que les ennemis des peuples s'efforcent de détruire y et la consolidation d'un ordre de choses qui assurera aux nations leur repos et leur prospérité.
Pénétrés de ces sentimens, les souverains alliés, ca fixant un terme aux conférences de Laybach, ont vooln annoncer au Monde les principes qui les ont guidés* Ils sont décidés- à ne jamais s'en écarter, et tous les amis du bien verront et trouveront constamment dans leur union une garantie assurée contre les tentatives des perturbateurs.
C'est dans ce but que LL. MM. II* et RR. ont ordonné à leurs plénipotentiaires de signer et de publier la présente déclaration.
Laybach , le 12 mai i8ai*
Autriche, Metternigh , le baron de Vincb»t.
Prusse. Krusebiarck.
Russie. Nesselrode , Capo d'Istria , Pozzo ni Bo»eo.