MANIFESTE
DE 8* M. l'empereur DE BUSSIS- ( Guerre de Tur^ie. )
Noas, par la grâce de Diea , NIcobs I, etc.
La paix de Bucharest, conclue en 1812 ayec la Porte ottomane , après avoir été pendant seize ans Tobjet de contestations frëquemment renourelëes , n'existe plus aujourd'hui , malgré tous les efforts que nous avons faits pour maintenir ce traité et le garantir de toute espèce d'attaque. La Porte , non contente d'avoir détruit les bases de l'état de paix , insotte maintenant la Russie , et se prépare contre elle pour onelutteà la vie et à la mort. Elle appelle aux armes ses peuples en masse , accuse la Russie d'être son ennemi irréconciliable, foule aux pieds la convention d^Akerman, et , par conséquent 9 tous les traités antérieurs. Enfin la Porte ne balance pas à déclarer qu'elle n'a consenti aux stipulations de cette paix , que pour pouvoir mieux cacher ses plans et ses préparatifs pour une nouvelle guerre.
A peine a-t-elle prononcé ce mémorable aveu , que déjà les droits du pavillon russe sont méprisés , les bâtimen» qu'il protège arrêtés , et leurs cargaisons deviennent la proie ^nn gouvernement avide et arbitraire. Nos sajets se voient forces de violer leur serment, ou de quitter un pays ennemi sans pouvoir trouver d'asile. Le Bosphore est fermé , notre commerce anéanti. Nos provinces méridionales, privées du seul débouché de leurs produits , sont menacées de pertes incalculables. Bien plus ^ dans un moment où les négocia-
tions ealre la Perse et la ^.ussie touchent à leur terme , un changement subit de la part du gouyernement persan vient en arrêter le cours. Bientôt il se confirme que c'est la Porte ottomane qui s'eflTorce d'ébranler la résolution de la Perse en lui promettant un prompt secourli , et qui , faisant armer en toute hâte les troupes des pachas voisins , se prépare à soutenir de fait , par une attaque menaçante y un langage aussi artificieux et aussi hostile. Telle est la série d'attentats dont la Porte s'est rendue coupable depuis la conclusion du traité de Bucharest jusqu'à ce^ jour ; et tel a été malheureusement le fruit que la Russie a retiré des tocrifices et des efforts généreux qu^elle s'est imposés pour maintenir la paix avec une puissance voisine.
Mais toute longanimité a des bornes ; l'honneur du nom russe y la dignité de l'empire , l'inviolabilité de ses droits et celle de notre gloire nationale , en ont marqué le terme. Ce n'est qu'après avoir pesé dans toute leur étendue nos devoirs fondés sur une impérieuse nécessité 9 et nous être pénétré de la plus intime conviction de la justice de notre cause , que nous avons ordonné à nos armées de mardier avec l'aide de Dieu contre un ennemi qui viole le droit des gens etlesengagemensles plus sacrés*
Nous sommes convaincus que nos fidèles sujets joignent à nos prières leurs voeux les plus ardens pour le succès de notre entreprise , et qu'ils invoqueront le Tout-Puissant pour qii'il investisse de sa force nos soldats, et répande ses bénédictions célestes sur nos armes , qui sont deatinéea à dé^ fendre notre Sainte et chère patrie.
Donné à Pétersbourg , le i4 avril 1828 ».
Signé NICOLAS.
Le vice "Chancelier , comte Nësselrode.
\ Vieux «tyle.
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PROCLAMATION et RAISONS JUSTIFICATIVES