PROTESTATION
DE S. M. LE ROI DE SAXE, Da 4 norembre i8i4*
Frédérîc-AugQste ^ par la grâce de Dieu , roi de Saxe , duc de Varsovie , etc.
Nons Tenons d'apprendre arec une yire douleur que notre royaume de Saxe va être occupé provisoirement par les troupes de S* M. prussienne.
Constamment décides à ne point séparer notre sort de celui de nos peuples 3 remplis de confiance en la justice et la magnanimité des monarques alliés , et intentionnés d'accéder à leur alliance aussitôt que nous en aurions les moyens, DOQs résolûmes^ après la bataille de Leipzig, d'y attendre les rainqueurs ; mais les souverains refusèrent de nous écouter. On nous obligea de sortir de nos États et de nous rendre à Berlin. S. M. l'em^perenr cte. Russie nous fi^ néanmoins counaiU*e que notre éloignement de la Saxe n'était com^ mande que .par les . intérêts miliV^ires; S. M« nous invita e^ même t^mps à lui vouer Un0 confiance enlière. Nous reçu*mes aussi de LL^ MMi l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse , des preuves touchantes d'intérêt et. de sensibilité. Il nous était permis , en conséquence ^ de nous abandonner à l'espoir qu'auçsitot que les considérations n^ilitaires auraient cessé y noua serions réintégrés dans nos droits et renflas i nos sujets chéris. Nous étions d'autant plus autorisés^
à attendre un prompt et heureux changement clans notre situation, que nous avions fait connaître aux souverain» allies notre désir sincère de coopérer au rétablissement du repos et de la liberté , et que nous avions manifesté de toates les manières, dont on nous avait laissé le pouvoir, noire dérouement véritable pour leurs personnes et poarla cause qui fut l'objet de leurs efforts.
La paix conclue avec la France , il nous fut infiniment douloureux d'apprendre que nos instances réitérées pour notre prompte réintégration n'avaient point été accueillies , que nos justes espérances se trouvaient encore déçues , et que la décision de nos plus chers intérêts et de ceux de nos peuples avait été ajournée au congrès de Vienne* Loin cependant d'ajouter foi aux bruits répandus sur le sortdenos Etats depuis l'époque delà paix de Paris, nous mettons ane confiance entière dans la justice des monarques alliés , quoiqu'il nous soit impossible de pénétrer les motifb des procédés qu'on a observés envers nous.
Conserver et consolider les dynasties légitimes , tel a i\t le grand but d'une guerre qui vient d'être terminée si heureusement : les puissances réunies pour cet effet ont proclamé, à différentes reprises , de la manière la plus solennelle , qu'éloignées de tout projet de conquête ou' d'agrandissement, elles n'avaient en vue que le rétablissement da droit et de la liberté de l'Europe. Li Saxe , en particulier , a reçu l'assurance la plus positive que son intégrité sera maintenue. Cette intégrité comprend essentiellement la conservation de la dynastie pour laquelle la nation a manifesté publiquement son constant attachement , et le voea unanime d'être réunie à son souverain.
Nous avons communiqué aux principales cours de l'Ëtt-* rope un exposé franc et complet des motifs qui avaient dirigé notre marche politique pendant ces derniers temps ; et fidèles à la confiance inébranlable que nous mettons dans
leurs lumières et leur justice, nous nous persunt^oos qu'elles auront reconnu non -seulement la pureté de nos intentions , mais aussi que la position particulière de nos États et l'empire des circonstances nous ont seuls empêches de prendre part à la lutte entreprise pour l'Allemagne*
L'inviolabilité de nos droits et de ceux de notre maison sur l'héritage de nos ancêtres , bien et justement acquis, est reconnue. Notre prompte réintégration doit en être la suite.
Nous manquerions à des devoirs sacrés envers notre maison royale et envers notre peuple , en gardant le silence sur les mesures nouvelles projetées contre nos Etats an moment où nous sommes en droit d'en attendre la restitution. L'intention manifestée par la cour royale de Prusse, d'occuper provisoirement nos États de Saxe , nous oblige de prémunir , contre une démarche pareille , nos droits bieu fondés y et de protester solennellemeiit contre les conséquences qui pourraient être tirées de cette mesure.
C'est auprès du congrès de Vienne , et en face de tonte l'Europe , que nous nous acquittons de ce devoir , en signant de notre main les présentes , et en même temps en réitérant publiquement la déclaration communiquée il y a quelque temps aux cours alliées, que nous ne consentirons jamais à la cession des États hérités de nos ancêtres, et que nous n'accepterons aucun dédommagement ou équivalant qni nous serait offert.
Donné à Friederîchsfeld , le 4 noyembre 181 4*
Frédéric-Auguste.