SECONDE INSTRUCTION
Envoyée de Laybach par M* le comte de Nesselrode, ministre des affaires e'trangères de S» M» l'empereur de toutes les Russies ,à M*le comte de Stackelbseg , envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de la cour de FéterAourg près la cour de Naples»
MoiïSIBUR LE COMTE ,
Âax instructions qae je transmets à V. Exe. dans ma principale dépêche de ce jour , se trouve jointe la traduction de la lettre que S. M. sicilienne adresse à son auguste fils, yj joins l'explication sur la nature de la garantie à la-< quelle S» M. sicilienne s'est vue dans l'oLligatîon de consentir, parce qu'elle en a ^té requise par ses allies, dansPîntérêt général de la péninsule italienne. Ce gage indispensable de la tranquillité de Pitalie serait la présence temporaire cPnne armée d'occupation , laquelle n'entrerait dans les États de S. M. qu'au nom des puissances décidées à ne pas laisser subsister plus long-temps à Naples un régime imposé par la rébellion, et attentatoire à la sûreté de tous les États Toîsins. Cette armée se trouverait sous les ordres du roi ; l'occupation ne serait autre cbose qu'une mesure transitoire, et ne pourrait en aucun cas porter la moindre atteinte à l'indépendance politique du royaume des Deux-Siciles.
Vous pourrez avertir le prince duc de Calabre que vous êtes informé de la détermination prise sous ce rapport par les puissances alliées. Si S. A. &. vous engage à la rendre publique , vous vous conformerez à ses intentions , et vous pourrez, en ce cas, expliquer Êicilement la marcbe immédiate des troupes , et rassurer les esprits à Naples , en fai-
sant connaître ayec franchise le véritable but et le caractère de Poccupation. Cependant , si le prince duc de Calabre jugeait plus prudent de garder le silence sur cette garantie , y. Exe* suivrait fidèlement l'exemple de S. A. K.
Il me reste à vous prévenir que ^ d'après les explication» qui ont eu lieu entre les cabinets alliés , aucune contribution de guerre ne sera imposée au royaume des Deux-Siciles , dans le cas où une improbation spontanée des événemens des a et 6 juillet permettrait aux puissances alliées de ne pas recourir à la force des armes.
Dans rbjpothèse contraire , si la guerre éclatait, alors il serait impossible d'empêcber que le royaume n'en supportât point toutes les conséquences.
Les dispositions susdites des alliés ajoutent encore à la responsabilité dont se chargerait les hommes qui feraient peser sur leur patrie les conséquences d'une obstination aveugle* Vous êtes autorisé à informer le prince duc de Calabre de ce qui a été résolu à Laybacb, relativement à la dis* pense ou à la nécessité d'une contribution de guerre. La connaissance de ces résolutions sera sans doute utile à S. A. K. 9 pour présenter dans toute leur étendue les avantages qu'offre aux Napolitains la preuve de confiance que le roi leur demande. Il dépendra du prince de donner aux résolutions des puissances alliées sur cette proposition une entière publicité , ou de les laisser ignorer , suivant que S.A. le trouvera plus conforme aux intérêts du roi et de ses peuples*
Cependant 9 comme il y a une grande différence entre rendre une mesure publique,-^ ou en convenir, si quelque Napolitain vous interroge , soit sur la question d'une occupation transitoire , soit sur les moyens d'épargner au pays une contribution de guerre, il serait indigne d'une politique loyale de dissimuler, sous l'un ou sous l'autre rapport,
ks dëterminations des puissances 5 et, dans cette supposition , V. Exe n'hësiterait pas on instant à feire connaître la ▼érilé.
Les dépêches expédiées à M. le baron de Ramdhor , en- Yoyë de Pmsse, à M «le chevalier de Mens , charge d'a&ires cPAutriche , sont conformes à la présente.