INSTRUCTION OSTENSIBLE
Adressée pur le ministre d'État et des affaires étrangères
d'Espagne (i8a3).
A l'Ambassadeur de S. M. C.9 à Paris ^ et à ses ministres plénipotentiaires à Pétersbourg et à Vienne.
Le roi , notre souverain , étant rétabli sur le trône de ses ancêtres , et dans la jouissance de ses droits héréditaires , a sérieusement dirigé ses pensées sur les destinées de ses possessions américaines, déchirées par la guerre civile, et poussées sur le bord du plus dangereux précipice. Gomme , pendant les trois dernières années , la rébellion qui a prévalu en Espagne a &it manquer les efforts constans qui furent feits pour maintenir la tranquillité dans la Terre-Ferme , pour reprendre les provinces de la Plata et pour conserver le Pérou et la Nouvelle-Espagne , S. M. fut obligée de regarder avec douleur les progrès de l'incendie insurrectioniiel. Mais en même temps le roi a la consolation d'avoir eu des preuves nombreuses et irréfragables qu'il existe un immense nombre d'Espagnols restés fidèles à leurs sermens ^obéissance au trône, et que la saine majorité des Améri- ^^ reconnaît que cet hémisphère ne saurait rester heufenx \i moins qu'il ne yive dans une connexion fraternelle avec ceux qui l'ont civilisé.
Ces réflexions animent S* M. de l'espoir que la justice de sa cause trouyera an ferme appui dans Finflaenee que peuvent exercer les puissances de l'Europe. En conséquence , le roi a résolu d'inviter les cabinets de ses chers et intimes alliés à établir une conférence à Paris, afin que les plénipotentiaires , réunis à ceux de S« M* G* , puissent aider l'Espagne à arranger les affaires des provinces révoltées d'Amérique.
En examinant cette importante question , S. M. , de concert avec ses puissans alliés , prendra en considération les chaogemens que les événemens ont produits dans ses provinces américaines , ainsi que les relations qui ont été formées avec d'autres nations commerçantes pendant les troa* blés , dans le but d'adopter avec bonne foi les mesures les plus propres à concilier les droits et les justes intérêts delà couronne d'Espagne et de sa souveraineté , avec ceux que les circonstances ont pu créer en faveur des autres nations.
S* M. , se fiant aux sentimens de ses alliés , espère qu'ils l'assisteront à accomplir son important objet, de maintenir les principes de l'ordre et de la légitimité , dont la subversion , une fois commencée en Amérique, se coramuniqaeraitpromptement à l'Europe , et qu'ils l'aideront en même temps à rétablir la paix entre l'Espagne et ses colonies.
Il est donc de la volonté de S. M. que , pénétré de ces raisons et vous prévalant de vos talens bien connus, vous tAchiez de disposer le gouvernement auprès duquel vous résidez, à accédera cette coopération désirée et dont les événemens de la péninsule ont frayé le chemin. Vous êtes autorisé à communiquer une copie de cette note au ministre des affaires étrangères.
Signé, le comte d'OFALiA.
( Copie de cette lettre a été remise le a6 décembre à sir W. Â^Court , ministre britamiique à Madrid , qui Ta transmise à M. Ganning. )
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