LETTRE
Du prince de Talleyrand , au prince de Metternich ,
du i^décenibre i8i4*
MoH Pbincb,
Je me suis empressé de remplir les intentions de S. M. L et R. A. exprimées dans la lettre que V. A. m'a fait l'honneur de m' écrire , et j'ai porté à la connaissance de S. M. T« G. la note confidentielle que vous avez adressée , le la ce mois , à M* le chancelier JËtat , prince de Hardenberg y et que vous m'avez officiellement communiquée «
— 5ia -^
Il me suffit, pour répondre dé la satisfaction que tak^ fcërônt au roi les déterminations annoncées par cette note , de les comparer aux ordres que S. M. a donnés à ses am- Ibassadeurs au congrès.
Lu France n'avait à y porter aucune vue d'ambition 6U d'intérêt personnel. Replacée dans ses antiques limites , elle ne songeait plus à les étendre ; semblable à la mer qui ne franchit ses rivages que quand elle a été souletéè pai* les tempêtes.
Ses armées, chargées de gloire , n'aspirent plus à de noayelles conquêtes. DëliVrée de cette oppression ddiit eDè avait été moins l'instrument que la victime, heureuse d'avoir recouvré ses princes légitimes , et avec eux le repos qu'elle pouvait craindre d'avoir per<Jù pour toujours , elle n'avait point de réclatnatioiis à faire , point de prétentions qu'elle voulût former.
Elle n'en a élevé, elle n'en élèVera aucune. Mais il lui restait à désirer que l'œuvre de la restauration s'accomplit pour toute l'Eurbpe comme pour elle , que partout et pour jamaid l'esprit de révolution cessât, que tout droit légir time fût rendu sacré, et que toute ainbition et entreprise injuste trouvât èsl condamnation et un perpétuel obstacle dans une reconiiaissance explicité^ et dans tine garantie formelle de ces mêmes principes dont la révdlutioa n'a été qu'un long et fuiîeste oubli. Ce désir de la France doit être celui de tout État européen qui ne s'aveugle pas lui-même. Sans un tel ordre de choses» nul ne peut se croire un seul mbment certain de son avenir.
jamais l)ut jplus noble né Ait offert àùx gônvërhemenâ de l'Eurbpe; Jamais résultat ne fui si nécessaire , et jamais bn ne put tant espérer de l^bbtenii^, qu'à l'époque où là iciirétienté tout entière était pour la première fois appelée h former un congrès.
Peut-être , rauràit-bh déjl complètement obtenu , si j
tôiniiie le roi Payait espëré, le congrès d'abord réani èû( ^ en posant les principes , fixé le but et trace la seale route ^ai pût y conduire* JSans doute alors on n'aurait pàs jû des puissances se faire un prétexte pour détruire ce qui né peut avoir que là conservation pour (în. Certes , quand le traite du 3o mai a voulu que le dernier résultat des opérations du congrès f&t un équilibi'e réel et durable , il n'a pas entendu confondre dans une seule et même masse tons les territoires et tous les peuples , j^otir les divisier ensuite selon de certaines proportions.
il a voulu que toute dynastie légitime fut ôiu conservée oa rétablie , que tout droit légitime fût respecté , et tpé les teriritoires vacans , c^eSt-a-dire , sans souverains, lussent distribués conformément aux principes de l'équilibre politique y ou , ce qui est la même chose , aux principes conservateurs des droits de chacun et du repos de tous. Ce serait d'aîlleùrA une erreur bien étrange , que de considéreir comme élément unique de l'équilibre les quantités quie les arithméticiens politiques déiiombreni.
« Athènes , dit Montesquieu , eût duns son sein les ihéihe^ « forcés, et pendant qu'elle dotnina avec taiit de gloire, et « pendant qti'elle servit avec tant de honte. Elle avait « 20^060 citoyens lorsqu'elle défendit les Grecs contre leë c Perses , qu'elle disputa l'empire à Lacédémône , et qu'elle c attaqua la Sicile ; et elle eh avait 2io,ooo Iors(|ue Démék trius de Phalèire les dénonibra, cotnine dans un mai^ché « Ton compte les esclaves ».
L'équilibre ne sera donc qu'un vain mot , si l'cm fait abstraction, non de cette force éphémère et trompeusis que les passions produisent, mats de la véritable forcé morale qui consiste dans la vertu. Or, dazls les rapporta de peuple à peuple , la vertu première est la justice.
Pénétré de ces principes , le roi a prescrit, comme règle Uvarlable à ses ambassadeurs , de chercher , avant tout |
ce qui est juste, de ne s^en écarter dans aacun cas y.et^ par gnelqiie considération que ce puisse être , de ne souscrire y de n'acquiescer à rien de ce qui y serait contraire , et , dans l'ordre des combinaisons le'gitimes , de s'attadier à celles qui peuvent le plus efficacement concourir à l'établissement et nu maintien d'un véritable équilibre.
De toutes les questions qui doivent être traitées au congrès , le roi aurait considéré comme la première , la plas grande , la plus éminemment européenne , comme hors de comparaison avec toute autre , celle de Pologne , s'il lai eût été possible d'espérer , autant qu'il le désirait y qu'un peuple si digne de l'intérêt de tous les autres par son ancienneté, sa valeur y les services qu'il rendit autrefois à l'Europe, et par son infortune , pût être rendu à son antique et complète indépendance.
Le partage qui le raya du nombre des nations , fut le prélude > en partie la cause peut-être, jusqu'à un certain point l'excuse des bouleversemens auxquels l'Europe a été en proie ; mais lorsque la force des circonstances j l'emportant même sur les plus nobles et les plus généreuses dispositions des souverains auxquels les provinces autrefois polonaioes sont soumises , eut réduit la question de Pologne à n'être qu'une simple affaire de partage et de limites, que les trois puissances intéressées discuteraient entre elles, et à laquelle Iqurs traités antérieurs avaient rendu la France étrangère , il ne restait à celle-ci , après avoir offert ainsi qu'elle l'a fait , d'appuyer les prétentions les phiséquitables , qu'à désirer que tous fussent satisfaits , et à l'être elle-même si tous l'étaient. La question de Pologne n'a^u avoir ^alors , non-seulement pour la France , mais pour l'£)ufope elle r même, cette prééminence qu'elle aurait eue dans la supposition ci-dessus ; et la question de la. Saxe e.s]t devenue la plus importante et la première de toutes , parce ^'il n'y en a aucune autre aujourd'hui où
deux principes de lalégîtimitë et de P^ailibre soient compromis à la fois , et à un au^si hai|t degré qu'ils le sont ^ par la disposition ^'on a {irét^uda faire de ce royaume.
Pour reconnaître cette dispositiou comme légitime^ il faudrait tenir pour y-rai qti^f^ les roi& peutent être juges; qu'ils peuvent l'être par celui qui veut et peut ^'emparer de leurs possessions; qu'ils peuvent être condaïUDës sanssToir été entendus^ sans avoii; pu se défendre ; que dans leur condamnation SiOnt nécessairement enveloppées leurs fa-« milles et leors peuples; que la confiscation, que les nafîoas 4plairées ont banuîe de leur code, doit être consacrée, au ig» siècle, par le droit général de l'Europe, la confiscation d'un royaume étant saos doute moins odieuse que c^Ue d'une simple chaumière ; que le^ peuples n'ont aacans droits distincts de ceux de leurs souverain? , et peu* Tent être assimilés au bétail d'une métairie ; que la souveraineté se perd et s'acquiert par le seul fait de la conquête ; qpe les nations de l'Europe ne sont point unies entre elles par d'autres liens moraux que ceui^ qui les unissent aux insulaires de l'Océan austral; qu'elles ne vivent entre ellçs que sous la loi de pure nature , et que ce qu'on nonune le droit public de l'Europe n'existe pas; attendu q^e, quoique les sociétés civiles , par toute la terre, soient entièremiQpt ou en partie gouvernée^ par des coutumes^ qui softt ^our elles de$ lois , les coutumes qi^i se sont établies entre, les nation^ de l'Europe, et qu'elles put universellement, constamoient et, réciproquement observées ^ppis trojs siècles , ne sont point une Iqi pour elles; en ^ uiot, que tout est l^sgitime à celui qui est le plus fort. ^Ul'Eiirope, à qui ces do4?trin^s pnt causé tant de maux , ''qui elles 0n% çqûté tant. 4e laro^^es et de sang, n'a que t'op acheté Je droii. 4e le*.dét<H|ter. et.de les mau^irç» £Ue8 inspirifnt nae égeile horreur h Vienne > k Pétersbour^i ^I^odres , à Paris , à Madrid et h Lisbonne.
La disposition que Von. a prétendu feii'cf du roryai^me d^ Saxe , pernicieuse comme exemple , le serait efncore par sonl influence sur Pëquilibre gënëral de l'Europe, équilibre qui èonststé dans un rapport entre les forces d'agresàîou et lès forces de résistance réciproques des divers corps politiques ; tUés les blesserait de deux manières , Fune et l'antre très grayes*
l^' En créant contre la BoMme une force d'agressioa très grande , et en menaçant ainsi \û sâreté de PAutricbe entière ; car la force particulière de résistance de la Bohême devrait être proportionnellement accrue , et ne pourrait l'être qu'aux dépens de la force générale de résistance de la monarchie autrichienne. Or, la sûreté de l'Antriche im^ porte trop à PEurope pour ne pas e±ciler la sollicitude particulière du roi ;
22^ En cHant au sein (]n corps germanique , et pour un de ses membres , tine force d'agression hors de proportion avec la force de résistance de tous les autres , ce qui , mettant ceux -ci dans un péril toujours iiiiminènt, et les forçant à cherchei^ de l^appui au dehors , rendrait nulle la forcé de résistance que , dans le système générai d'éqUiIibi*e européen , le corps entier doit offrir , et qu'il ile peut avoir que par l'union intime de ses membi*es. La France peut dire , avec vérité , comme l'Autriche , qu'elle ne nourrit contre la Prusse aucun sentiment de jalousie oa d'animosité, et que c'est précisément parce qu'elle lui porte îin véritable intérêt, qu'elle ne peut souhaiter de la voir obtenir des avantages apparens qui , acquis par l'injustice^ et dangereux pour l'Europe , lui deviendraient à elle-même ifti oti tard fonestes. Que la Prusse acquière tout ce qu'elle peut légitiinement obtenir , non^seulement la France ne s'y opposera pas » mais elle sera la première à y applaudir. Qu'il ne soit plus question de ce que le roi de Prusse cédera de la Saxe au roi de Saxe , ce qui est un renversement de
toute idée de justice e4 de raison. Mais si Pou demande ce que le roi de Saxe cédera de la Saxe au roi de Prnsse ^ d si , pour rendre pins complètement à la Prnsse nne existence ëgale à ceHe qu'elle avait en i8o5 , des cessions de h part du roi de Saxe sont nécessaires , le roi de France fera le premier à engager. ce prince à faire celles qne peu^ Teat permettre Hntërét.de rAntriche et l'intérêt de TAlIe* nagQe, lesquels forment ea ce point l'intërét gàiëral de FEurope* V. A* me semble en avoir indique la juste me«> Mre daos les tableaux qui étaient joint» à sa note.
S. M. T. G. , invariablement décidée à. ne pas sanctionner, tttme par son silence., l'exécution des. projets formés contre le roi et le royaume de Saxe ; mais aimant à croire qne ces projets sont les ! fruits de quelque erreur ou illu* «on, qu'un examen plus attentif fera dis|>araitre ; pleine de QQnfiance dans la droiture personnelle et les sentimens de S. M. le roi de Prusse , qui a aussi connu le malheur ; 6a«cfaant tout ce que l'influence de S. M. l'empereur de Russie peut feire , et tout ee qu'on est en droit d'attendre de tontes h nobles qualités qui le distinguent ; persuadée enfin qu'il ne faut jamais désespérer d'une cause juste , n'a point dé- Kspëré de celle de la fiante* Elle en désespère moins enoore^ en apprenant que S% M* l'empereur d'Autricbùe, par une détermination digne de lut ,.en a pris bautement la défena«i , et déclaré qu'il ne l'abandonnerait jamais.
Signé j-le prince de Tallbtrano.
— LETTRE — i
Pu prince d<: Tàllkyranû, à lord Cagtxvreàgh,
du^^ déeendfre i8i4-
MtLORD^
Qaoique V. E. ait lu chez moi la lettre que j'écrivis, 1<^ 19 de ce mois , à M., le prince de Metternicb, je ne me
Vers lai doivent donc se rëanir les efforts de chacun , ^t les mesures de tous ceux qu'un même principe et un même intérêt rëanissent* Les /élëmens combustibles qui étaient prépares depuis long-temps se sont enflammt^s de 18173 1820* La marche fausse que le ministère français a suivie durant ce période , la tolérance qu'on a accordée en Allemagne aux doctrines les plus dangereuses , Pîndnigenoe pour d'audacieux réformateurs , la faiblesse h réprimer les obas de la presse y enfin la précipitation avec laquelle elle a donne aux Etats du midi de l'Allemagne des constitations représentatives j toutes ces causes ont imprimé la plus fatale direction )i l'égiard des partis que rien^ne peut contenter. Il «nffit I pour se convaincre de l'insposibilité de satisfaire ces partis , d'observer que les menées les.pius actives ont en liea précisément dans l'État où l'on a montré le plus de çopde^cendance à leurs prétentions*
Le mal était parvenu ^ avant la réunion de Garlsbad , à an tel degré qu'il aurait suffi de la mpiadre complication politique pour renverser entièremeOit l'ordre i^ocîal.. La ;$agess^ ,d« système que les |^a&des cours omX adopté , nous a prér* serves de ce Jauger , qui , encore dans ce moment, pourrait être fatal. Quel doit donc être , dans cet état de choses, la marche d'un gourernemenl éclairé ? En posant cette qaesr tioi»5 on suppose préalablement la possibilité du salut, et nous nous crojrQi^^ parfaitement antorisés à un pareil espoic* En examiiKint les moyens par lesquels on pourrait atfeinr dre un but a«ssi élevé y iious nous voyons ras^nés au même point d'eu nous étions partie* Po^r réparer peu à peu , mais complètement^ un édifice qui menace de s'écrouler) il faut ^voir«vant tout un (ondrasent 8(o]ide, Aitisi, ppur travailler è un avenir phit heureux , il faut du moins être s^r du pré* sent: le maintien de ce qui subsiste doit par conséquent êtrejie premier eomme ^eplu$ important de nos soins. Par pi nous n'entendons pas seulement l'ancien ordr^ de ch.o^Cf
qui a été respecte dans qaelcpespajs, mais encore tontes les nonvelles institutions légalement créées.
L'importance de les maintenir arec fermeté et constance se reconnaît par les attaques qu'on leur a livrées avec un acharnement peut-être plus fort que contre les anciennes institutions. Dans les temps actuels , le passage de l'ancien an nouveau est accompagné d'autant de dangers que le retour du nouveau à ce qui n'existe plus. L'un et l'autre peut également amener l'explosion des troubles, qu'il est essentiel d'éviter à tout prix*
Ne dévier d'aucune manière de Tordre existant y de quelque origine qu'il soît ; n'entreprendre des changemens , s'ils sont jugés absolument nécessaires qu'avec une entière liberté et après une résolution mûrement réfléchie ; tel est le premier devoir d'un gouvernement qui veut résister aux malheurs du siècle. Sans doute qu'une pareille résolution , quelque juste , quelque naturelle qu'elle soit, excitera des combats opiniâtres; mais l'avantage d'être placé sur une base connue et avouée , est évident, parce que , de ce point d'appui, il sera Sicile de prévenir et d'arrêter dans toutes les directions les mouvemens nécessairement incertains de l'ennemi* Nous regardons l'objection qu'on pourrait faire, « que , parmi les constitutions données à l'Allemagne , il y en a qui ne reposent sur aucunes bases , et qui , par conséquent , ne présentent aucun point d'appui, » comme non fondées. S'il en était ainsi , les démagogues^ toujours infatigables, n'auraient cessé de miner les constitutions. Tout ordre légalement établi , contient en soi le principe d'un meilleur système^ à moins qu'il ne soit l'œuvre de Tarbitraire, ou d'un fanatisme aveugle (comme l'ensemble de la constitution des cortès en 1812). D'ailleurs, une charte n'est pas encore une constitution proprement dite : celle-ci ne se forme que par le temps , et il dépend toujours des lumières et de la volonté du gouvernement de donner âa
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dëyeloppement du rëglme constitutionnel une direction propre à séparer le bien du mal, à rafferoûr l'autoritë pabiicpie et à préserver le repos et le bonheur de la masse de la nation de toute entreprise hostile* Deux grands moyens desalut sont assurés aujourd'hui à tout gouvernement qnî , dans le sentiment de sa dignité et de son devoir , n'est pas décidé à se perdre lai-même.
L'un de ces moyens repose sur la conviction satisfaisante qu'entre le s puissances européennes il n'existe aucune mésintelligence , et que d'après les principes invariables des monarques , on n'en saurait prévoir* Ce fait y qui est au-dessus de tous les doutes , raffermit et garantit notre position et notre force.
L'autre moyen est l'union formée dans le cours des neuf derniers mofs entre les États allemands : union qu'avec l'aide de Dieu , notre courage et notre fidélité rendront indissoluble.
Les conférences de Carisbad et les résolutions qui y ont été préparées , ont agi plus puissamment et plus salutaire-^ ment que peut-être nous n'osons nous l'avouer à nous-mêmes , dans un momept où nous avons encore le sentiment des embarras qui nous agitent, et où nous ne pouvons calculer que superficiellement tous les avantages que nous avons obtenus.
Des mesures aussi importantes que celles-ci ne peuvent être appréciées dans toute leur étendue que lorsqu'on con* naîtra tous leurs résultats* Or, l'époque qui les suit immédiatement ne saurait noqs les offrir tous; néanmoins nous pouvons trouver dès. à présent la mesure des effets qu'ont produit les résolutions du 20 septembre, si nous calculons les progrès probables que les ennemis de l'ordre auraient faits sans elles. Les résultats des conférences de Yieime, bien que dVn ordre plus élevé, seront d'un effet immédiateinent moins brillant , majis d'autant plusprofond et durable*
La consolidatidn de l'alliance germanique offre aa|oDrd'hai à chacun des Etats qui la composent une garantie efficace ; avantage inajpprécîable dans les circonstances actuelles , et dont on n^ pu s'as^lirer avec quelque certitude que par la voie qu^on a suivie* La bonne foi et la m^ëratron afVec les^ ipielles on a conduit cette oeuvre importante. peuvent > d'un côté , nous avoir arrêtés sous de certains rapports , et nous avoir empêchés de prendre des mesures plus hardies et plus énergiques ; mais de l'autre , en supposant qu'une telle mar« che eût été possible , il eût manqué à cette oeuvre une des premières conditions, celle de la libre cônticlîon et delà confiance sincère de tous les contractans.
Rien n'aurait pu compenser un pareil déÊiut , lorsqu'il aurait fallu mettre à exécution des arrêtés pris sous de pareils auspices. En général , la force morale de k confiai* ration lui était aussi nécessaire que la force législative , et les progrès que la conviction de l'utilité et la nécessité de cette union ont faits , sont , dans notre opinion , le résultat le plus important et le plus heureux*
Les. règles que les gouvernemens allemands ont dorénavant à observer peuvent être tracées en peu de mots :
1** Confiance dans la durée de la paix de l'Europe ^ et dans l'unanimité des principes qui dirigent les hautes puissances alliées;
2,** Attention scrupuleuse sur leur propre système d'administration ;
5° Persévérance dans le maintien des bases légales des constitutions existantes , et ferme résolution de les défendre avec force et prudence contre toute attaque indfvi-
doelle ; 4° Amâioratiofi des déi^uts. essentiels de cesconstitutiops^
faite par le gouvernement et motivée, par des rai^nssuf'^
fixantes ; 5? Enfin, en cas d'insuffisance de moyens , appel à.Pas-
nstanoéde la confëdëration , assistance qae chaqne membre a le droit le plas sacre d'exiger , et cpi , d'après les stipulations présentes , pent moins que jamais être refusée.
Telle est , suivant nous , la seule marche yraiment salutaire , légale et conserratrice. C'est sur de semblables principes que repose le système politique de Sa Majesté l'empereur : et l'Autriche , tranquille dans son intérieur , possédant une masse imposante de forces morales et de ressources physiques , n'en fera pas seulement usage pour sa propre conservation , mais elle saura toujours en disposer pour Payantage de ses confédérés , dès que le devoir et la sagesse le demanderont.
Je désire que Votre Excellence trouve dans cet exposé sincère.l'occasiond'offirir à Monseigneur le Grand'-Duc une nouvelle preuve de nos véritables intentions , et du vif intérêt que la cour impériale prendra % la satisfaction person* nelle de S* A. R» , ainsi qu'au bien-être et à la sûreté de ses Etats*