‹ Traité complet de diplomatie; (volume 2)Chapitre 63 sur 82 · MÉMOIRE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE

Présenté à la Sublime - Porte par lord Strangford, oothassadeur de S» M* hritannùjue , le lo avril 1824*

Le soussigné , ambassadeur extraordinaire , ministre plénipotentiaire de S. M. britannique , obéit aux ordres exprès du roi son maître , en invitant le ministère ottoman à prendre en mare considération les objets suivans :

Depuis la fatale époque où les relations amicales entre k Sublime-Porte et la cour impériale de Saint-Pétersbourg

furent interrompues par le départ de la missioii russe de Coustantinople , le cabinet de Londres n'a cessé de former des vœux pour le rétablissement de cette bonne intelligence si nécessaire à la tranquillité de l'Europe , si indispensable à la prospérité et à la sûreté de Pempire ottoman.

Mais l'Angleterre ne s'est pas bornée à former des yœuz* Aidée du concours des grandes puissances , ses amis > qui partagent avec elle Tobligation de veiller sur la paix de l'Europe , sa vigilance la plus constante et la plus laborieuse n'a eu d'autre objet que de conserver intact ce précieux dépôt , en travaillant de toutes ses forces à une réconciliation franche et sincère entre la Turquie et la Russie.

Les efforts de l'Angleterre pour ce bat ont été dûment appréciés par la Sublime-Porte > en même temps qu'ils ont été puissamment secondés par l'empereur de Russie. Les sentimens toujours justes et magnanimes de ce monarque ont rendu possible l'aplanissement d'une série de difficultés qui , sous d'autres auspices y eussent été insurmontables.

Enfin y des progrès réels ont été faits dans l'œuvre de la conciliation ; et la cour de Londres s'acquitte avec une véritable satisfaction du devoir de rendre justice aux dispo» sitions dignes d'éloges manifestées par le divan.

Il est permis d['espérer aujourd'hui que la Sublime-Porte » convaincue du désintéressement des conseils que FAngleiterre n'a pas discontinué de lui offrir, désabusée sur lé passé et éclairée sur l'avenir , ne balancera pas d'adopter^ dans l'arrangement final de ses différends avec la Russie ^ l'avis d'un ancien ami et allié qui jamais ne s'est rendu , qui jamais ne consentira à se rendre l'organe d'aucune proposition attentatoire aux droits ou aux intérêts , à la dignité ou à l'indépendance de l'empire ottoman.

Les contestations entre le divan et la cour* de Russie soiit de deux espèces : les unes tirent leur on^wde$ questions

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relniii^es à la navigation et au commerce y et les antres dérivent des événemens politiques*

Les premières ont été heureusement écartées par Farrangement conclu entre le ministère ottoman et Fambassadeur britannique en septembre i8a5; et certes , la cour de Londres est fort éloignée de supposer que la Sublime- Porte puisse vouloir se soustraire à l'obligation péremptoire de remplir ses engagemens dans un véritable esprit de cordialité et de bonne foi.

Aussi } l'empereur de Russie, toujours disposé à tenir compte au divan d'une démarche conciliatoîre y toujours disposé à écouter de préférence les principes d'équité dont jamais il ne s'est départi , et toujours animé du même désir de rétablir ses relations amicales avec la Sublime-Porte sur des bases fortes et solides , n'a-t*il pas hésité d'apprécier les résultats que l'Angleterre et ses alliés se sont empressés de lui annoncer. En envoyant immédiatement à Gonstantinople le conseiller d'État actuel Minciaki , avec ordre de se charger des afbires du commerce russe dans le Levant , S. M. I. a fourni au Sultan , au peuple ottoman et à FEurope entière ,uii nouveau gage de la stabilité des sentin^ens élevés y sages , pacifiques sur lesquels repose sa politique*

Si le divan eût fait un seul pais de plus dans la roie de la conciliation ; si , au lieu de se contenter d'avoir satis&it là Russie sur une partie seulement de ses justes griefs , il se fût hâté da saisir cette conjoncture favorable pour tarir également la source des contestations de la seconde espèce ( celles qui dérivent des événemens politiques ) y nul doate qu'il a'aurait obtenu un témoignage bien plus signalé encore de la bienveillance de l'empereur. Dès lori^', S. M. h , au lieu de se borner' à Penvoi d'un- agent temporairement chargé de la simple geistion des afibires de commerce , eât eoofié à ,un ministre formellement aectédUé auprès de S. H.

la tâche glorieuse de rasseoir sur des fondemens durables l'amitié entre les deux empires. Il était ainsi au pouvoir de la Sufclime-Porte d'arriyer par la plus courte ligne au point duquel ses amis désirent la roir s'approcher , autant que ses ennemis souhaitent de la voir s'en éloigner.

II résulte du parallèle de ce qui a été fait avec ce qui ^ aurait pu être fait ^ qu'il ne dépend plus que de h volonté du divan d'assurer une pleine réussite aux travaux de la cour de Londres et de ses alliés dans la cause de la paix. Puisse cette volonté être dirigée par la sagesse! puisse- 1- elle aussi devenir à la fois le moyen et le garant d'un succès qui couronnera les vœux de l'Europe entière ! Il ne s'agit plus 9 pour conserver à la Porte et à ses amis le fruit de tant de peines j d'assiduités et de sacrifices ^ que de l'adoption d^une seule mesure que les traités prescrivent et que * les intérêts mêmes de l'empire ottoman réclament ; d'utie mesure dont l'utilité , plus ou moins grande , sera déterminée par le plus ou le moins de célérité qu'on mettra à l'exécuter ; d'une mesure enfin que^ dans tous les cas , la Sublime-Porte ne pourra se dispenser d'adopter , si réellement elle est animée du désir d'arriver à une réconciliation franche et sincère avec son puissant voisin y si réellement elle attache du prix à renouer ses anciennes relations politiques avec la Russie ; si , en un mot^ elle préfère réellement des avantages certains à des chances périlleuses.

G^est sur l'adoption de cette mesure que le soussigné a ordre d'insister, et c'est au nom de son auguste cour, au nom de la Russie et de toutes les puissances solidairement intéressées au maintien de la paix , qu'il a l'honneur d'inviter maintenant la Sublime-Porte à procéder enfin , et sans de nouveaux délais , à remettre les principautés de Moldavie et de Valachie, sous tous les rapports , dans la même condition o& elles étaient antérieurement aux trou* blés de iKâit , en réduisant les troupes aujourd'hui staftiôn^

nées dans ces deux provinces ( en contravention manifeste aux traites , et en contradiction ouverte aux engagemens officiellement contractés par le ministère ottoman ) aumêroe nombre de heschlyfs qui s'y trouvaient autrefois dans des temps tranquilles* «

La demande que le soussigné vient d'énoncer an nom de ses augustes commettans est fondée :

i^ Sur les droits et obligations de la cour impériale de Russie de la former ;

2P Sur les droits et obligations de S. M. britannique et det cours alliées de V appuyer ;

Z^ Sur la considération des avantages et des sûretés que la Sublime^Porte retirerait aussitôt iPune adliésion franche et loyale ;

4^ Sur la considération des inconvéniens majeurs et des périls certains qui seraient les conséquences infaillibles d^un refus ou d^un délai»

i^ Kién de plus manifeste , de plus notoire, de plus incontestable que les droits de la Russie sur ce point. Les traités parlent , et parlent sans ambiguïté» Les articles qui investissent la cour de Saint-Pétersbourg du droit d'une intervention tutélaire en faveur de ces infortunées provinces ne sont pas (et le divan ne PIgnore point ) des articles d'une convention récente ou des articles dont l'exécution ait été contestée ou suspendue par des dissensions ultérieures; ce sont des stipulations qui datent d'un demi-siècle , sanctionnées, confirmées par trois empereurs ottomans, en dernier lien maintenant par S* H. le sultan actuellement ré^ gnant»

Le séjour prolongé des troupes turques dans les prînci-» pautés est une infraction manifeste aux traités subsistans , qu'on essaierait en vain de justifier plus long-temps sous le prétexte de la nécessité. Ce serait également en vain que l'i^li nierait l'éiio|:mité de^ sacrifices de toutes espèces > en

irgent ou en corrëes y en fourrages , en denrées , en comestibles et en bois , que le maintien de troupes impose aux malheureuses contrées ; les tableaux des fournitures eflectnées en tous genres portent sur des faits que les autorités locales ne sauraient dérober àh la connaissance du public. Des documens authentiques détruisent par des preuves irrécusables les assertions très hasardées auxquelles elles ser- Tcnt de réponse.

Il serait tout aussi inutile de soutenir ^ comme on Fa fait jnsqu'ici, que les frais d'entretien causés par la présence des troupes sont supportés par la seule caisse privée des hospodars ; car enfin , qui pourrait ne pas savoir que ce sont les Moldaves et les Yalaques , inhumainement dépouillés de ce qu'ils recueillent à la sueur de leur front ^ qni remplissent la caisse privée des hospodars? Directement on indirectement, le coup retombe toujours sur le peuple , qpi est spolié y écrasé , annihilé , sous prétexte de le pro téger contre des périls évidemment imaginaires. La Sublime- Porte doit être indignement trompée si en effet des vérités aassi tristes et palpables lui sont inconnues.

Il y a donc de la fatuité de dire que les habitans mêmes désirent la présence des troupes. Le fait est , et te soussigné peut s'en rendre garant^ qu'ils béniront le jour de leur départ , puisque la force armée n'épuise pas seulement les provinces , mais que , par sa présence seule , elle détourne encore l'une des principales sources de la prospérité publique* Cette prospérité dépend en grande partie du retour des riches propriétaires que les funestes événemens de 1821 jbrcèrent à s'expatrier. Mais comment espérer que ceux-ci se décident à revenir et à ramener l'aisance parmi leurs concitoyens , tant qu'ils croiront l'armée turque seule dé* positaire de toute autorité , tant qu'ils supposeront la volonté absolue d'un gouvernement militaire tenir la place des anciennes lois basées sur les privilèges de l'État, à

Fombre desquelles la propriété était garantie et la liberté indÎTidnelle respectée ?

La prolongation du séjour des troupes turques , onéreuse et fatale aux deux principautés, est encore, sous tous les rapports , d'une inutilité palpable ; car, s'il s'agit de rétablir l'ordre et la tranquillité , ce but doit avoir été atteint au bout de trois années d'occupation , ou bien il ne le sera jamais ; et d'ailleurs la quantité de troupes , plus que suffisante pour achever la désolation des campagnes, serait hors de toute proportion s'il devait être question de l'employer à une opération militaire. C'est ainsi que leur présence ne produit d'autres résultats que de provoquer le mécontentement des habitans , et d'exciter le déplaisir de la Russie, et la Sublime-Porte pourrait-elle raisonnablement supposer que, dans le cas où cet esprit de mécontentement d'une part , et ce sentiment de déplaisir de l'autre seraient poussés aux extrémités, les quatre ou cinq mille hommes qui se trouvent dans les provinces seraient en état d'opposer une résistance quelconque ? Il est clair que , comme simple poste d'observation , les troupes turques seraient aussi avantageusement stationnées dans les garnisons le long du Danube.

Or , la présence des troupes turques , causant la mine du pays , empêchant le retour des émigrés , et ne produisant absolument aucun résultat utile , il est évident que la cour impériale de Russie aie droit et l'obligation d'élever des réclamations contre un pareil état de choses. Le droit , parce que les traités l'autorisent à intervenir officiellement en £)veur des principautés, et à veiller sur le maintien des anciens privilèges. L'obligation, parce qu'elle trahirait ses devoirs, en refusant son intervention à des peuples sur la destinée desquek elle est appelée à exercer une inâuence protectrice, sans empiéter en rien. sur les droits de souve^ raineté de S* H.

C'est donc en vertu de ses droits et de ses obligations que la Russie insiste sur le rëtablissetnent du statu quo antërienr à l'année 1821, Ce n'est pas là une nourelle demande» c^esl la même qui , depuis l'origine de ces prolixes négociations, a continaeilement éié l'objet des représentations pressantes des ministres allies à Constantinople , et pourtant ceax-ci sont encore à l'entrée de la quatrième année des discussions diplomatiques, au même point où ils se trou- Taient au commencement de la première. Ce fait , en luimême presque inconcevable , le devient bien davantage encore par la contradiction qu'il implique avec la déclaration officielle du ministère ottoman , consignée dans la lettre de S. Exe. le reiss-efiendi au secrétaire d'état de S. M. I. de toutes les Russies , en date du 2 5 février iSaS. Il est clairement et explicitement dit dans cette lettre : Que Péuacuation complète des principautés avait déjà eu lieu; non pas que Parmée turque avait été diminuée , mais que Pévacuation complète avait déjà été effectuée. Le soussigné se réfère à cet égard aux propres mots contenus dans la lettre de S. £xc. ({a'il croit de son devoir de citer littéralement ci-après.

Traduction du texte turc.

«t Ceux-ci , c'est-à-klire les princes, ont été envoyés et « installes dans 1m diefii-lienx de leurs juridictions , et l'ét vacoation complète des provinces a eu liep simultanément, c ce qat véritableoiehe doit être considéré comme une nouât velle preuve évidente de l'attention de la Sublim^Porte ff à remplir:ses traités^ »

Qui aurait cru possible que , treize mois après avoir reçu une assurance f^ussi formée , les mintslres alliés se ▼erraient' encore dans la triste nécessité de solliciter cette même év^aeuation complète qaî d^à leur avait été si positivement annoneéè! Il «uf&ra sans doute de signaler à un gouvernement auesî scmpulensement attaché à la fidélité de seai

engagemens qae la Sublime-Forte , une disparate tellenusiit frappante entre ses paroles et ses actions, pour le déterminer à s'occuper sur-le-champ des moyens les plus efficaces^' d'y porter remède. Jusqu'à cette heure y la Sublime-Porte se trouve en contradiction avec elle-même ; et il doit être sous tous les rapports de son intérêt, autant que de sa dignité, de sortir le plus tôt possible d'un position aussi fausse que dangereuse»

a» Les droits de S. M« britannique et des cours alliées, d'appuyer par tous les moyens en leur pouvoir la juste demande de la Russie , résultent de leur obligation commune à préserver contre toute atteinte cette paix générale dont le maintien est à la fois le premier de leurs devoirs et le premier de leurs vœux. Or, il est notoirement vrai quels paix entre la Russie et la Turquie ne sera assise sur des bases durables, et que par conséquent le danger imminent de voir la tranquillité de l'Europe troublée dans le Levant, ne disparaîtra qu'après que la mission de S. M« L sera retournée à Constant! nople. Mais il est également notoire que le retour d'une mission russe ne peut avoir lieu tant que subsistera l'infraction manifeste des traités , causée par la présence de la force armée turque dans les principautés. C'est donc dans la plénitude du sentiment de leurs droits et de leurs obligations , des besoins de l'Europe et des nécessités de l'empire ottoman, que l'Angleterre et ses alliés demandent maintenant l'évacuation complète et immédiate des deux principautés.

L'état d'angoisse produit par les vacillations de la politique orientale n'a duré que trop long-temps déjà. Les alliés ne sauraient consentir à le prolonger. Il dépend maintenant de la Porte de le faire cesser , et à moins qu'elle ne prétende s'opposer elle seule aux vœux réunis de l'Europe entière, elle se hâtera .de terminer radicalement des corn* plications dont aujourd'hui encore il est heureusement en

ion poayoir de sortir arec honneur et sûreté. L'empereur de Russie , de son cote , n'a point balancé de &ire une première démarche décisive vers le but de la conciliation: la SuUime-Porte est dans l'obligation de faire la seconde , toute rEorope s'y attend* Un refusade la part du divan fournirait h triste preuve que son désir de conserver la paix n'est nulkroent aussi sincère , que ses amis y et l'Angleterre la premif^re, l'ont constamment présenté. Dans tous les cas , il est essentiel que la Soblime-^Po^te n'ignore pas que ce point se rattaches! intimement au propre bien- être de l'Angleterre et de ses alliés , que- jamais ils ne se désisteront d'une demande y de la justice et de la convenance de laquelle ils sont tous pieio entent convaincus.

5® Il n'est pas à présumer que les avantages et les sûretés que la Sublime-Porte retirerait aussitôt d'une adhésion franche et loyale puissent échapper à la perspicacité d'une léuDÎon d^hommes d'État aussi éclairé» que ceux qui forment le ministère actuel de S. H.$ ils n'ont qu'à les peser dans la balance du sens commun , contre l'utilité chimérifoe de la présence de quelqi\ps milliers d'hommes dans les frincipautés , et bientôt la vérité l'emportera sur l'erreur. D'ailleurs , à quel progrès la Sublime-Porte peut*elle s'attendre dans l'ajustement des prétentions qu'elle-même compte Géiire valoir auprès du cabinet russe , soit pour des objets de commerce, soit pour des questions politiques, tBQtqa!nn ministre de la Russie ne retournera pas jdans la capitale ottomane? et quelle utilité pourrait-on se pro<- Aiettre de ce retour, tant que durera une violation aussi flagrante et injustifiable de ces mêmes traités , dont Texé- <!utioa la plus scrupuleuse serait sans aucun doute la preffiîère et la plus agréable tâche du nouveau ministre de S.M.L?

La Sublime-Porte compterait-elle pour rien la certitude d'augmenter le nombre et la validité de ses titres , à l'es*-

tîme et à Paffection de ses amis , dans la même proportion qu'elle dëlruîra les folles chimères de ses ennemis ? La Sublime-Porte ignore-t-elle Palarme répandu parmi les insurgés depuis que Tarrivëe d'un agent russe est venu ajouter à la probabilité de la conservation de la paix? Ignoret-eUe les efforts du gouyernement grec, les stratagèmes auxquels il a eu recours pour empêcher la circulation d'one nouvelle si fatale ^ ses projets , si destructrice de tout espoir d'accroître les difficultés et les malheurs de l'empire en le plongeant dans une guerre avec la Russie ? Et , si telle a été l'alarme que Parriyée d'un simple agent russe a donnée aux insurgés y quel effet ne produira pas sur eax la présence d'un représentant de S. M. Fempereur Âlexamlre dans la capitale du sultan , d'un ministre chargé de la tâche honorable de mettre le sceau à l'osuTre de la réconciliation y et d'imprimer aux nouyelles relations entre les deux cours le double caractère de la cordialité et de la stabilité?

4^ Les inconvéniens majeurs et les périls certains qui seraient le résultat d'un refos ou d'un délai de la part de la Sublime-Porte , sont tous si faciles à apercevoir y et ib ont été tant de fois déjà si franchement indiqués au ministère de S* H.> que le soussigné croit pouvoir se dispenser de la pénible obligation de les éniimérer de rechef.

Pourtant , il est de son devoir d'appeler plus spécialement l'attention tout entière de la Soblime-'Porte sur une de ces conséquences inévitables : .il s'en acquitte en déclarant maintenant au nom de 6on auguste cour que , si le divan met du prix à conserver les relations cordiales qui unissent si heureusement la Grande-Bretagne et la Turquie; fl^il désire s'assurer la continuation des 'bous offices employés avec tant de zèle et de constance dans sa faveur; si , en un mot , le divan souhaite que le présent lut soit un gage de l'avenir , il n'hésitera pas d'acquiescer à une de-

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mande de l'admission de laquelle dépend la nature de 'ses relations futures, plus ou moins amicales avec l'Angle* terre.

Après avoir ainsi rempli les ordres du roi son maître , le soussigné a l'honneur d'informer la Sublime-Porte >qu'il est autorise par l'empereur de toutes les Kussies à lui Caire connaître que l'évacuation totale et immédiate des principautés est actuellement la seule et unique condition de laquelle S. M. I* fiiit dépendre le rétablissement de ses rapports diplomatiques avec le gouTemement ottoman ; que cette condition , de tout temps la première y est aussi la der-^ nière; et que dès l'instant où la Sublime-Porte remplira sur ce point essentiel ce que les traitéj^ lui prescrivent , le nouveau ministre de S. M. !• quittera Saint-Pétersbourg pour se rendre à Constantinople , y renouera les relations d'amitié si long-temps interrompues , et prouvera au divan y à l'aide d'une conduite toujours franche et loyale y la disposition du cabinet russe d'ensevelir tous les diflTérends antérieurs dans un profond oubli.

Cette déclaration, aussi noble que bienveillante, constitue une nouvelle époque dans l'importante négociation qui occape la sollicitude de l'Europe. Elle réduit' la question à ses élémens les plus simples. La Sublime-Porte est officiellement informée maintenant que le retour d'une mission russe ne dépend plus que d'une seule condition , de In simple condition d'exécuter les traités , en d'autres mots , de la condition de 'faire ce qui est juste , utile , indispensable.

Le soussigné invite S. Ex. le reiss-effendi ide porter le présent mémoire à la haute connaissance de l'empereur son maître ; et telle est la confiance des cabinets réunis de l'Europe dans la sagesse du sultan, que tous se plaisent à attendre un résultat entièrement satisfaisant de leurs instantes représentations sur un objet 'qui concerne les intérêts les plus chers de l'empereur turc.

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Le soussigné a ordre de son gouyernement de demander une conférence officielle avec les ministres de la Sublime- Porte, afin de recevoir la réponse de LL. EE. aux observations qu'il rient de leur soumettre , aussitôt que celles-ci auront été prises en mûre considération.

Signé Strangford.

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