‹ Traité complet de diplomatie;Chapitre 10 sur 89 · VII. — DU CÉRÉMONIAL D'AMBASSADE · texte numérisé non relu

VII. — DU CÉRÉMONIAL D'AMBASSADE

Le cër^monial d^ambassade s'est successivement form^ depuis l'ëtablisaement des missions permanentes, et depuis les grands congrès de Westphalie , de Nimègue , de Riswick j où les ministres de tant d'États diffëren», en puissance et en dignité, se trouvèrent réunis. Quelque nombreuses que soient les formes diverses d'ëtiquette, qui subsistent , et que les conventions , les usages reçus ou les règlemens particuliers ont introduites , la plupart des Cours , surtout depuis le congrès de Vienne , ont cependant adopté certains principes et un Inode à peu près uniforme , pour la récep* Uon des agens diplomatiques de toutes les classes.

Db L'AiTDiBiifCB DBS A1IBASSA0BUES. — Il était anciennement d'usage de recevoir les ambassadeurs , à leur arrivée sur le territoire de l'Etat où ils devaient résider, avec les mêmes honneurs que l'on aurait rendus au souverain qu'ils représentaient , et leur entrée était annonJ^ au bruit du canon. Maintenant , ils observent ordî-

nairement rîncognito; mais dans tous lès cas, le cérëmonial, k cet ^ard , est réglé d'avance.

L'ambassadeur fait annoncer son arrivée au Ministre des afibirès étrangàres , et lui envoie , par un secrétaire d'ambassade , la copie authentique de ses lettres de créance pour se légitimer, et pour r^udre toutes les difficultés qui pourraient naître de la forme des expressions et du contenu de ce plein-pouvoir. Il demande ensuite à être admis à l^udience solennelle du souverain. Le jour fixé, ceux qui sont chargés du cérémonial , vont, dans des voitures de la cour , chercher l'ambassadeur à son hôtel et le conduisent au palais ; sa propre voiture le suit inunédiatement à vide ; celles qui font partie du cortège sont occupées par les per* sonnes attachées à la l^ation ; la garde intérieure lui rend les honneurs militaires , et l'Introducteur des ambassadeurs le mène à la salle d'audience , où le souverain le reçoit assis sur son trône , ayant à sa droite les princes du sang , à la gauche les ministres et les grands dignitaires de la couronne ; des deux côtés de la salle sont placés les ministres étrangers et les personnes de la Cour. L'ambassadeur, accompagné des secrétaires, conseillers et cavaliers d'ambassade, s'approche du trône en saluant |rois fois ; le prince se découvre en forme de salut , et désigne à l'ambassadeur le

fauteuil qu'il doit occuper en avant 4u trône ; Fambassadeur s'assied , et la tête couverte (à moins que ce ne soit une souveraine qui le reçoive ) , il prononce un discours solennely qu'il a, suivant l'usage, coninmniqué d'avance. L'ayant achevé , quelquefois aussi ^vant la fin , il remet ses lettres de créance au Ministre des affiûres étrangères , et lorsque celui-ci ou le souverain lui«*mâme ont répondu , l'audience est terminée. L'ambassadeur se lève , et se découvrant , il se retire avec le même cérémonial qu'il a observé à son entrée.

L'ambassadeur demande égsàeïaent audience à l'épouse du souverain^ ainsi qu'aux princes et princesses de la famille régnante. Ces réceptions n'ont lieu ni sous un dais , ni en présence des ministres du pays. L'ambassadeur a la tête découverte et ne présente aucun écrite à moins qu'il n'ait des lettres de recommandation ou de cornplimens de la part de sa cour.

Quant aux audiences durant le cours delà mission , «lies sont publiques ou particulières. Les premières n'ont guère lieu que dans des occasions de cérémonie, et quelquefois lorsque le ministre prend coi|gé. Dans la plupart des cours , le souverain 4onne régulièrement audience une ou deux fois par mois à tous les ministres étrangers réunis j c'est ce qu'on nonune cercle àiplonuUique . Ordi-

nairement, les ministres sont admis à remettre en main propre, dans des audiences particulières, les lettres de leur souverain,' sôit de compliment, soit de notification.

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