‹ Traité complet de diplomatie;Chapitre 9 sur 89 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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sident Jeannin , ayant été envoyé par Henri IV en qualité d'ambassadeur à Philippe H , roi d'Espagne, ce roi lui demanda dans sa première audience : Étes'vous gentilhomme? Oui, répondit Jeannin, si Adam V était. De qui étes^s^ous fils? continua le roi. De mes vertus , réplicjua Fambassadeur. Philippe II , confus de ces réponses , s'empressa de réparer , par son bon accueil , Tinjure gratuite qu'il avait faite au représentant du roi de France.

En 1676, les ministres d'Etat de l'empereur, ayant voulu refuser le titre d'Excellence et le pas dans leur maison à ceux des ambassadeurs électoraux qui n'étaient point nobles , \e grand-électeur de 6randeboiu*g, Frédéric Guillaume déclara « que dans le choix qu'il faisait de ses Envojés , il ne s'inquiétait nullement de leurs dieux, et n'ax^ait égard qu'à leur mérite.

En général , lorsque l'on employait des grands seigneursdans des ambassades passagères et de pure courtoisie , ils étaient plutôt chargés de la représentation qui exige de la dignité , que des affaires qui réclament de l'instruction ; aussi leur donnaiton toujours des hommes de talens pour dirigea* les intérêts dont ils pouvaient être chargés. U faul considérer la naissance et le rang selon le pays auquel appartient l'ambassadeur. La nation qui ne connaît point les distinctions nobiliaires y ne

peut choisir que dans Tordre des citoyens ; mais , dans ce cas , la considération personnelle équivaut à la haute naissance.

Db la famille des ministees. — Ce notait pas

Fusajge ^ avant rétablissement des légations permanentes, que la femme du ministre Faccompagnàt.

Aujourd'hui elle l'accompagne et partage ses droits et son rang. Pour ce qui est de sa présentation , de sa préséance , l'étiquette des cours varie beaucoup ; mais toutes sont d'accord sur ce point , que l'ambassadrice a droit aux honneurs les plus distingués.

Les aulTes personnes de la famille du ministre y participent également aux immunités et aux prérogatives que le droit des gens a consacrées.

— Il nous reste à faire une observation futile , en apparence ; nous devons dire qu'il est d'obligation pour un ambassadeur de tenir un grand état de maison , de vivre avec éclat et magnifîoeoce 9 de donner des fêtes somptueuses j en un mot , de mener un train d'Ambassadeur.

Cependant , il ne faut pas croire que ces démonstrations brillantes, ne soient dictées que par des prétentions orgueilleuses ; loin de là ; elles se rattachent à des considérations graves , à des vues politiques élevées ; et c'est ce que M. le duc de Broglie , ministre des affaires étrangères , a par-

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faitement dânontré , dans un de ses beaux discours ' prononces à la tribune de la Chambre des Dëputës.

VI. — DES SECRÉTAIRES , CONSEILLERS DE LÉGATION , ATTACHÉS , etc.

Dans toutes les missions, les diverses parties du service sont confiées à des secpétaires de Légation; leur degrë d'ayancement , lorsqu'ils sont plusieurs , leur assigne un rang particulier et les fait designer par les noms de premier , second secrétaire , etc.

Ils sont qualifies secrétaires d'ambassade , lorsqu'ils appartiennent à une mission du premier ordre ; on les nomme auditeurs de nonciature , lorsqu'ils sont attachés aux légations papales.

Us sont fonctionnaires de FEtat ; leur nomination est notifiée au ministre des affaires étrangères du pays où ils doivent résider ; ils sont ordinairement présenta au souverain par le ministre

' Moniteur du a3 férrier i833.

auquel ils sont attaches , et ils sont sous la protec-*^ tion spéciale du droit des gens , en vertu duquel ils jouissent de certains droits et d'un rang particulier. C'est ce qui les distingue des secrétaires prives du ministre.

Leurs fonctions sont d'assister en tout l'Envoyé ; de lui faire des rapports détailles ^ s'il les leur demande, ou si les circonstances l'exigent, et même de l'aider de leurs observations. Ils sont particulièrement charges des rédactions que le ministre leur prescrit, et de remplir de vive voix les commissions qui regardent la légation ; ils tiennent un journal et surveillent les archives. En cas d'absence ou de maladie de l'Envoyé, le secrétaire de lotion ; muni des pouvoirs nécessaires , le supplée en qualité de chargé d'affaires.

Plusieurs cours ont aussi coutume de joindre à leurs Envoyés des conseillers de légation, mais aucun usage diplomatique ne fixe leurs attributions ; c'est à leur gouvernement à les déterminer ; toutefois, ils sont assimilés pour les droits et pré*** rogatives aux secrétaires de légation.

Des ATTAC^jÉS , CAVALIBRS D'AMBASSADE , ETC.

Les ambassadeurs et les ministres du second ordre, sont souvent accompagnés de jeunes gens de distinction destinés à remplir , près de la légation , des fonctions honorifiques. S'ils sont nommés en

forme y par lenr cour, et présenté} comme tels , ils sont qualifiés dlattw^'s, de cavaliers d'ambassade, et sont mis au rang des secrétaires de l^atton y qu'ils suppléent en cas de besoin. Les ambassadeurs emmènent quelquefois des pages y surtout dans les pissions de cérémonie.

Plmieurs cours entretiennent des chapelles et des aumâniers pour le service de la mission.

Cest surtout dans les ambassades ottomanes, ou dans les l^ations près la Sublime-Porte que l'on trouve des interprètes, des chanceliers d'ambassade , ou directeurs de la chancellerie d'am-

Indépendamment des pam)nnes distinguées que Ton charge de dépêches di[^(Hnatique3 y et qui voyagent alors en courriers y on confie ordinairement le transport de ces dépÀ^hes diplomatiques à des courriers proprement dits, qui portent un costume particulier et un écusson qui les font connaître comme tels. Partout , en Europe , dans les pays amis , ilsjouissent dans leurs courses officielles , non - seulement de l'avantagé d'une prompte expédition par les postes , mais aussi du plus haut degré d'inviolabilité ; et cette condition a même été stipulée dans un grand nombre de traita de paix. Us sont généralement exemptés de la visite des douanes, et, dans quelques J;>ays ,

des impôts ou des péages auxquek sont soumis les autres voyageurs. La violation de leur sûretë j est regardée comme une l^on du droit des gens* En 1739 , le meurtre commis, près du village de Zaucha en Silësie y sur la personne du major suédois Sinclair , envoyé en courrier de Gonstantinople à Stockholm , fut allégué comme une dés * raisons de la déclaration de guerre , dans le manifeste piihlié, en 174^9 p^ la Suâde contre la Kiissie. Même , entre deis puissances en guerre , Tinviûlabilité des courriers qu^elles s'euvoient réciproquement j ou qui soÉt expédia pour le service d'un congrès , est respectée ; et on Tassure par des escortes ou des passe-ports, ou des con-ventions particulières. Cette dernière mesure précède, en général , tous les arraogemens qui ont pour but d'établir des conférences pour la paix. Hors ces circonstances , on se croit autorisé , eu temps de guerre , à arrâter les courriers de l'ennemi ou de ses alliés.

Quant aux autres personnes qui sont attadxées au service particulier du ministre, comme ses secrétaires , son médecin , etc. , elles jouissent des immunités que l'usage étend sur tout ce qui forme la sujbte du ministre , et dans laqudJle il faut aussi comj^eadre les officiers de sa maison , écuyers , maître d'hôtel, etc.

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