I. — DE LA GUERRE EN GÉNÉRAL
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( Baroo Bioiioii. )
Tel est sur les hommes Tempire de la justice , qu'il se fait encore sentir de la manière la plus Puissante dans cet ëtat même de troubles et de calamités y au milieu duquel les nations, vident leurs querelles ; état, où Tordre de tous les rapports estbouleyersë , mais qui cependant fait naître des droits nouveaux ^ que toutes sont obligées de respecter , si elles ne veulent de toutes parts se condamner à une destruction absolue. C'est à la
rëunioD de ces droits que Ton donne le nom collectif de droit de la guerre.
L'ëtat de guerre est celui dans lequel chacun des ennemis prëtend pouvoir , avec justice, poursuivre par la force la réparation d'un tort ou le prévenir.
Nous avons reconnu que le droit de veiller , de pourvoir à sa sûretë , était un droit propre à une nation comme à un individu , d'où résuite pour elle comme pour l'individu , le droit d'employer tous les moyens qui sont en sa puissance, non-seulement pour repousser une injuste agression , mais aussi pour ae garantir des dangers dont la menaceraient les mauvais desseins d'un ennemi perfide, en l'attaquant et en le mettant hors d'état de lui nuire. Cest dans ce sens que le droit de la guerre devient un droit parfait et rigoureux.
La politique doit toujours regarder la guerre comme un malheur, une triste nécessité, et l'entreprendre seulement lorsqu'elle est l'unique voie de détourner de plus grands maux j c'est-àdire, l'anéantissement de la constitution existante , le morcellement ou la ruine de l'Etat , la perte de l'iionneur et de l'indépendance de la nation. Mais si une impérieuse nécessité le commande, il faut considérer que les Etats sont forcés d'y recourir , parce qu'ils ne reconnais-
fient point de pouvoir coercitif au-dessus d'eux , et qu'ils Fenyisagent comme une sorte de jugement de Dieu.