‹ Traité complet de diplomatie;Chapitre 48 sur 89 · X.— DE LA PERSONNE ET DE LA FAMILLE DU SOUVERAIN ENNEMI · texte numérisé non relu

X.— DE LA PERSONNE ET DE LA FAMILLE DU SOUVERAIN ENNEMI

Si l'on ne consultait que la loi naturelle pour juger de la conduite à tenir envers le souyerain ennemi , et les princes de sa famille , on dirait qu'ils ne sont point exempts des hostilités auxquelles la guerre autorise ; mais y à cet ^ard y la coutume, introduite depuis long-temps parmi les nations européennes, se fonde sur ce principe , que les chefs des États ne sont pas ennemis personnels , et que s'ils prennent les armes IHin contre l'autre, ce n'est pas pour vider une querelle privée , mais pour défendre la cause et les droits de leurs peuples. Voilà pourquoi on regarde comme une action illicite , de frapper avec préméditation le souverain contre lequel on est en guerre , et de faire même contre lui des tentatives de ce genre dans la mêlée. Lorsque des princes de sa famille , sont surpris , on respecte leur personne comme celle des autres habitans paisibles ; on les éloigpe tout au plus des lieux où leur présence pourrait paraître dangereuse ;

on ne les fait jamais prisonniers de gaerre tant qu'ils n'entreprennent rien contre Tannëe ennemie ; et on les traite avec toute la distinction due à leur rang. liCs souverains ^ à la tête de leurs armées , ont y Tun pour Tautre , des procéda qui caractérisent les mœurs et les coutumes de la chevalerie. Ennemis quant à la cause, amis quant à la personne , ils entretiennent une intelligence affectueuse ; souvent même leur attention mutuelle va jusqu'à s'envoyer , reciproquemept, les objets dont ils peuvent avoir perscHinellement besoin. Lorsqu'un monarque tombe au pouvoir de son adversaire , il est ^ à la vérité , retenu par son vainqueur ; mais celui-ci lui assigne un séjour convenable y en prenant simplement quelques précautions pour prévenir sa fuite ; on tâche , en général , d'adoucir sa situation j en lui accordant tous les honneurs dus à son auguste rang. S'il s'est réfugié en pays étranger ^ il n'est pas poursuivi; et même , eût-on les moyens de contraindre le gouvernement qui lui aurait donné asile à le livrer , on renonce plutôt à son extradition.

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