I. — DES ALLIANCES EN GENERAL
ht» mt'Mtun tm» sodI U» honme« l«s plot verlorax , et le* neilleun Mé» eoot les oBeilleur* gonTerocmeo* , perce ^e lee nu cooMne les aaties sont ■atnrelIeoBeot mieui dispoe^s k renalir leon dcvoin.
On ne saurait contester à une nation le droit de prendre part à la guerre cpii éclate entre deux puissances , soit qu'un traite d'alliance ou un lien fédéral l'obligent à cette démarche , soit que la justice de la cause ou des considérations politiques l'entraînent à se déclarer en faveur de l'une d'elles.
Les alliances ont pour but, ou de faire la guerre en conunun contre une tierce puissance , ou de prêter secours comme auxiliaire à l'une des puissances belligérantes.
Il faut distinguer de ces alliances les simples traites de subside^ par lesqueb an Etat fait passer un corps denses troupes au service d'une autre puissance.
— Dans le langage habituel de la diplomatie, on parle d'alliances naturelles et d'alliances contre nature. Nous pensons qu'il peut y avoir quel qu'utilité à analyser ces deux expressions.
Nous avons déjà dit que l'ambition a produit la crainte , et que la crainte a produit les alliances : elles n'ont jamais eu et n'auront jamais d'autre base. Le principe de la crainte , bien ou mal fondée , c'est le sentiment de sa propre conservation : voilà en dernière analyse le but final de toutes les alliances défensives. Or , tout ce qui tend vers ce but est dans la marche naturelle des choses ; par conséquent , on peut dire , en général , que toutes les alliances défensives sont naturelles , dans le cas même où les parties contractantes auraient d'ailleurs des intérêts contraires résultant , soit de leur position , soit de leurs pré* tentions , soit de leurs vues respectives.
Pour éclaircir ce qui vient d'être dit, posons Fhjpothèse suivante : deu^ nsltions sont Voisines, elles ont des démêlés délimite, d!e comincrce^ etc. ; mais un voisin ambitieux et plus puissant encore, menace l'une d'elles, celle-ci court le risque d'être
subjuguée f efc , 9i cela arrivait , l'autre serait exposée au même danger. Ainsi , leur intérêt' est de réunir leurs moyens de résistance , et de pourvoir en commun à leur salut: assurément il ne saurait j avoir d'aUiance plus naturelle^ quand même, ce qui est probable , elle ne durerait pis au-delà du danger.
Toutefois, ce n'est point ainsi qu'on entend ordinairenùtent le mot alliance naturelle. On donne cette dénomination aux alliances que contractent deux puissances qui , n'ayant aucun contact ^ ne peuvent avoir aucun démêlé direct, entre lesquelles , par conséquent, la bonne intelligence ne saurait être troublée.
Mais il est évident que cette explication est incomplète : en effet, deux puissances , qnolqu'é<> loignées , peuvent avoir des intérêts indirects très opposés ; et Vosk sait que cette espéée d'intérêt a , la l^upartdu temps, et doit avoir autant de poids que les iutéréts les plus directs.. Il faut y dans ce eâs, qu'ils soient conciliés, sinon l'alliance ae serait'.rien moins que naturelle : elle ne s^ait qu'un engagement éphémère , qu'ttu vain simulacre. Le lecteur lui-même fera facilemeàt l'application des deux hypothèses que nous venons de lui pré* senter ; et il eu conclura pejxt-êtxe , que lés puis* sauces européennes offrent peu d'élécâens pour
les alliances naturelles , comprises dans le sens vulgaire , et qu'il n'y en a que trop pour celles qui sont qualifiées y ici , de cette dënominatien.
Quant aux alliances contre nature^ elles sont également difficiles à déterminer. On a donné ce nom à des alliances défensives, parce qu'elles sortaient des arrangemens ordinaires de la politique. — C'est ainsi que les anglais ont nommé unnatunU l'alliance conclue en 1 756 , entre les cours de Versailles et de Vienne. Les Anglais regardaient la rivalité entre la France et la maison d'Autriche , conmie indélébile , comme inhérente à la nature des choses : elle était , en effet j depuis long-temps la base de tout le système politique de l'Europe ; et l'alliance dont il s'agit , changea totalement toutes les combinaisons et tous les rapports : mais considérée dans son motif et dans les circonstances qui l'amenèrent , elle n'était rien moins que contre nature. L'Angleterre avait provoqué la guerre sous de vains prétextes, et la France pouvait méditer l'invasion de l'electorat de Hanovre. A cette époque , la bonne intelligence existait entre les cabinets de Versailles et *de Berlin; on négociait même une alliance et la réconciliation du roi de Prusse avec la cour de St.-Pétersbourg f mais , au milieu de ces négocia-
lions y Frédéric II traita bruâquèment avec celle de Londres j et lui donna , enr secret , un acte de garantie pour Télectorat de Hanovre : voilà le motif originaire de l'alliance de ijS6 ; les intri* gués ^ reprochées à la cour de Vienne ^ ne servii*ent plus qu'à la faciliter , et à en hâter la conclusion.
Pour réduire à sa valeur le mot dont il s'agit, nous disons qu'il n'y a d'alliance contre nature que celles qui sont directement contraires , non à la convoitisc) mais aux véritables int^éréts d'un des contractans ; de même que les alliances offensives, ou qui ont pour objet d'attaquer et de dépouiller un tiers, sans d'autres motifs que ceux que peuvent suggérer l'ambition et la force.
— Nous avons examiné à Tarticle des traités, les différens genres d'alliance ; nous devons donc seulement indiquer ici les conséquences qui eu dérivent dans l'état de guerre.
Gasus fobdebis. —Lorsque des combinaisons politiques ont formé des alliances par anticipation , il s'agit d'abord de décider si le casus fœderîs existe ; et , en général , c'est d'après la diversité des stipulations que renferme le traité qu'il faut juger la question.
Dans l'affirmative, toutes les obligations, énon-
cëes au traité, doivent éti*6 fidèlement acconipUes; mais il n'iest rien dû au-delà.
Cependant , ayant de rempUr les engag^meos rëdamës j k partie requise a dioit dVxaminer deux choses; la première , si sa propre oonserTa* tioa lui permet d aller au secours de son allié ; I0 deuxième, si le cas prëvu par l'alliance, exiflbe réellement.
H se pourrait^ toutefois, qu^uue clause spéeiale ne laissât pas le droit d'examen de cette deniiàre question. -^^ Nous trouvons une stipulation de cette nature dans le traité conau sous le nom de Pacte «le famille , conclu en 1761 entre la France et TEspagne. Il y est dit quHl 8uflb*ait que les se* cours stipulés fussent réclamés, pour que l'autre partie se trouvât dans rohiigation àe les fourair. Cet engageaient est conséquent àTobjet du traîlé: il s'agissait, en quelque sorte, dVmir tellement les intérêts des deux monarchios , qu'elles pussent être considérées comme n'en fi^rmantqift'uneseule, et le but assigné à une union aussi étroite , était d'opposer un contre-poids à la pr^>otence mari^ time de la Grande-Bretagne.
Cependant, en principe, aucune stipulation ne peut anéantir la maxime sacrée salus reipp^* hlicœ. Ainsi, nous pouvons établir que si l'allié re-
quis, est lui-même attaque ou menace', sMl a lui-même une injure à venger , ou s^l a des trou^ blés int^rieurç à craindre ; ou enfin , si la guerre, pour laquelle il est requis , est injuste , il peut dans tous les cas refuser les secours stipules. G^est par cette raison que Ton examine toujours si le casusfœderis existe ou non , et que , dans le doute, la partie requise commence par offrir ses bons offices pour une conciliation entre Les puissances qui refont ou sojgit sur le point de se faire la guerre. Nous avons un exemple remarquaj^le d'une semblable intervention.
— LoEsqu'en 1778, lacour de Vienne eut occupé Pëlectorat de Bavière , et que le roi de Pi^us&e s^y fut opposé à main iarmée , ce^tte Cour requit la France de remplir les lengag^meos stipulés par le traité d'alliance de 17 56. Mais le cabinet 4c Versailles répondif; qu'il ne reconnaissait point l'existence du oasus fçederis ; d'un côté , parce que la Cour impériale^ en oqcupant la Bavière par la force des armes ^ avait elle*méa^ provoqué la guerre ; de l'autre , p$u*ce <pi'il était içnpoç^ible çl'avouer la justice de I4 caçise 4e jU maisoii d'Au-* triche, i^ais^ en revanche,, |jQuis XVI o£Erit sa médiation j et c'est enfin sous se» auspices et ceux de la Russie ) que fut conclu le traité de Teacbeui en 1779.