DU TRONC
A. DE LA COLOJVirE VERTÈBUALE.
* Dans r Homme.
La Colonne vertébkale, quon appelle aussi Échine, Épine , ou Colonne épinière, que M. Chaussier a nommée Rachis , et que les Latins connaissaient sous le nom de Spina dorsiy est une sorte de tige osseuse, flexueuse, placée à la partie postérieure et centrale du tronc (pi. xi, g^, i , i , et pi. xiii, fig. a, b, e), étendue de la tête (pi. XI, a) au sacrum (pi. xi, 2) flexible en tous sens, et cependant trèssolide , creusée par un canal nommé Canal vertébral , qui lui donne de la légèreté sans diminuer sa force , et qui la parcourt dans toute sa longueur (pi. xxiii, fig. a). Arrondie en avant ( pi. xxii , fig. 3 ) , elle est hérissée d'éminences en arrière (pi. xxii , fig. 2) , et percée , sur les cotés (pi. xxm, fig. i ) , d'un grand nombre
de trous.
Vingt-quatre os courts , très-anguleux , placés de haut en bas , les uns au dessus des autres , et appelés f^ertèbres, composent cette partie du tronc. C'est par eux que nous allons commencer l'étude détaillée du squelette.
a. Des Vertèbres en général.
Toute Vertèbre ( Spondylos, Vertebra) est un os symétrique formé par diverses
« Sous ce rapport , quelques Holothuries sont dans le même cas que les Étoiles de mer.
( 9^ ) portions très-anguleuses de chaque câté , et dont la condition la plus constante est d avoir une forme annulaire.
Les anatomistes distinguent en elle un corps , sept apophyses , quatre échancrures et un trou , toujours très-considérable en proportion de la masse solide qui le circonscrit.
Le Corps (Corpus) (pi. xxiv, fig. ii , i), toujours droit et transversal^ occupe la partie moyenne et antérieure : il représente une tranche épaisse et large d'un cylindre à base plus ou moins arrondie ou ovalaire. En haut et en bas, il correapond à des iSbro-cartilages placés entre les vertèbres ; convexe transversalement en devant, il fait, en arrière, partie du trou vertébral (pi. xxiv, fig. 9, 6), et offre, dans ces deux sens , mais surtout dans le dernier , plusieurs ouvertures vasculaires prononcées. Â une seule exception près, il est la portion la plus forte et la plus volumineuse de Tos.
Les sept apophyses de chaque vertèbre , dont Tensemble constitue ce qu'on appelle Yj4rc (j4rcus)j sont :
I® 1J apophyse épineuse. Processus spinosus (pi. xxiv , fig. 4 > 7 5 fig« 9> ^ ï > ^^9 S ; fig. 10 et fig. 8,4), située en arrière et sur la ligne moyenne , terminée en pointe le plus souvent, et se bifurquant à sa base pour se réunir, à Taide de deux plans osseux (pi. xxiv, fig. ^, i^i)^ aplatis , quon nomme les Zame5 vertébrales j avec
2^ Les deux Apophyses transi^erses , Processus transy^ersi, (pi. xxiv , fig. 1 1 , a, a) , dirigées de chaque c6té en dehors , et donnant attache à des muscles ;
3° Les quatre Apophyses articulaires. Processus obliqui. Processus articulares, P. condyloîdes (pi. xxiv, fig. 4/ a, a, 6, G), dont deux sont supérieures et deux inférieures : encroûtées de cartilage , elles servent à unir les vertèbres les unes avec les autres.
Ces diverses apophyses , qui naissent uniquement de lare, sont jointes entre elles de manière à former une sorte d'anneau des parties postérieure et latérales de la vertèbre -, cet anneau est uni au corps par une espèce de pédicule sur lequel sont creusées, en haut et en bas, les Échancrures , Incisurœ vertébrales (pi. xxiv, fig. 8, a,a), plus profondes dans le dernier sens que dans le premier, et formant, par leur jonction, les Trous de conjugaison, Foramina inten^ertebralia (pi. xxni , fig. I et 2).
Le Trou des vertèbres ou le Trou raçhidien (Chaussier), Foramen vertébrale, Fo^ ramen medullare, ovale (pi. xxiv, fig. 9, 6) ou triangulaire (fig. 6, 7), concourant à former le canal , est placé entre le corps et les apophyses.
Toutes les vertèbres , en général, s'articulent les unes avec les autres. Celluleuses dans leur corps, elles sont presque entièrement formées de tissu
( 93 ) compacte dans leurs apophyses, qui ne sont spongieuses que dans leur milieu et aux endroits où elles se renflent. Quelquefois, et cette particularité a été notée par Texact Bertin, la substance spongieuse du corps de ces os est trës-molle et même se trouve remplacée par trois ou quatre grandes cavités , que séparent des cloisons, et qui viennent aboutir aux ouvertures de la face postérieure du corps.
Le développement des vertèbres s'opère, généralement, par trois points d'ossification, l'un pour le corps, les deux autres pour les parties latérales et postérieure», pour les deux moitiés de l'arc. Chez les enfans nouveaux-nés , l'apophyse épineuse n'existe point encore \ elle présente quelquefois un point d'origine propre. Â un âge assez avancé déjà , le sommet des autres apophyses est encore cartilagineux , et Ton voit se développer dans son intérieur des points accessoires ou des épiphyses , de même qu'aux faces supérieure et inférieure du corps.
Ainsi donc, chaque vertèbre doit naître, à proprement parler, par six ou huit pièces, et cet état de choses a été même observé par Ungebauer' , par J. F. Meckel ', €t par plusieurs autres anatomistes , au nombre desquels je puis citer mon excellent ami Béclard , et moi-même , sur des cadavres d'individus âgés de dix-huit à vingt ans. Au moment de la naissance , les divers noyaux osseux sont encore très-distincts.
Le corps des vertèbres , comme quelques savans estimables paraissent disposés à le croire , n'est pas le résultat de la réunion de deux moitiés latéi*ales développées isolément; cette opinion est une erreur dont Béclard a trouvé la source en démontrant qu'on avait examiné des sujets trop jeunes , et où l'on avait pris pour le commencement du corps le pédicule de chacune des masses apophysaires ^ Et cela doit être ainsi, car dans les animaux qui ont une position horizontale, le corps de la vertèbre, en étant la partie la moins importante, se développe en dernier lieu, tandis que dans l'homme, c'est l'inverse, surtout pour les vertèbres lombaires et dorsales inférieures.
Les vertèbres, avons-nous déjà dit plus haut, occupent au tronc trois régions, . le cou (pi. xni, fig. i et a, b, b), le dos (pi. xi,/, k) et les lombes (pi. xm , fig. I et 2 , E, e). C'est ce qui les a fait distinguer en cervicales ^ au nombre de «ept ; en dorsales , au nombre de douze \ en lombaires , au nombre de cinq. Dans chacune de ces régions, elles se distinguent par des caractères spéciaux, mais ou les y désigne le plus habituellement par leur nom numérique , en comptant de haut en bas.
' Episiola osteolagiea de ossium ^runci corp, hum,, etc. Lips. , 1737.
^ Manuel ^Aruitomie gâuraU , descript. et pathal* , tradaction françabe, Paris» i8a5| iii-8<>, tome I*', page 570.
* Nouveau Journal de Médecine, i8ao, tome VIII , page 83.
Il est cependant bon de remarquer que chaque vertèbre est dans iin rapport assez exact avec celle qui la suit et avec celle qui la précède , tant pour la: forme que pour, les dimensions. En conséquence , les caractères des vertèbres , dans chaque région ^ sont beaucoup plus tranchés dans la partie moyenne de celle-ci qu à. ses extrémités , qui semblent prendre ceux des régions voisines. Cest ainsi que la dernière vertèbre cervicale forme le passage à la première dorsale , et que la dernière dorsale a la plus grande analogie avec la première lombaire.
En général , chez THomme , les corps des vertèbres sont plus surbaissés , les apophyses transverses plus fortes et plus droites , le trou rachidien et les trous de conjugaison plus amples que chez la Femme, où les apophyses transverses sont d'ailleurs un peu inclinées en arrière.
b. Des Fertèbres cervicales en particulier, Vertebrœ Colli.
Plus petites que les autres, ces vertèbres (pi. iv, fig. 6 et 7), sont remarquables par Falongement transversal de leur Corps (>» 1), un peu plus épais en avant qu'en arrière , et sur les cotés qu'au milieu -, concave en haut ( fig. 6 , i ) et surmonté latéralement de deux petites lames saillantes , il est convexe et offre latéralement en bas (fig. 7? i) deux échancrures superficielles qui correspondent aux petites lames saillantes ; un caractère particulier encore au corps de ces vertèbres , c'est que sa face supérieure ( fig. 6 ) est plus étendue que l'inférieure ( fig. 7 ) , ce qui est le contraire dans les autres, où celle-ci est plus large : ce corps a aussi moins de hauteur que celui des vertèbres suivantes.
Leur apophyse épineuse ( fig. 6 et 7, 8, 8) est bifurquée , horizontale et courte.
Il y a un trou (fig. 6 , 3, 3 et fig. 7, 5, 5) , qui laisse passer l'artère vertébrale à la la base de leurs apophyses transverses (fig. 6 et 7, ai»), qui sont courtes et qui présentent à leur sommet une bifurcation et supérieurement une gouttière , dont les bords servent à l'attache des muscles intertransversaires. En raison du trou dont nous venons de parler, ces apophyses semblent prendre naissance par deux racines, dont l'une vient du corps même.
Leurs Apophyses articulaires inférieures (fig. 7, 3,3) sont ovales^ un peu concaves , dirigées en avant et en bas.
Les supérieures (fig. 6, 4»5i4>5), ovales aussi, présentent des caractères opposés.
Les Lames des vertèbres cervicales (fig. 6, 6,6 et fig. .7, 7, 7) , plus longues et moins larges que dans les autres régions, concourent à donner au Trou (fig. 6, 7 et fig. 7, 6) une étendue proportionnément plus grande et la figure d'un triangle à an-
(95) gle$ arrondis. La circonférence supérieure de la sorte d^anncau qui le circonscrit ( fig. 6 y, est formée par un bord tranchant et est moins grande que rinférieure ( fig. 7 ) , qui seipble embrasser la vertèbre située au-dessous.
Les Échancrures (fig. 7, 4, 4) sont antérieures aux apophyses articulaires.
Ces vertèbres se développent par neuf points d'ossification , un pour la partie moyenne du corps -, deux pour les parties supérieure et inférieure de ce même corps ^ deux pour les masses latérales -, deux pour les apophyses transverses et un pour chacun des tubercules du sommet de Fapophyse épineuse.
c. Des J^ertebres dorsales en particulier^ Veriebrœ Dorsi. ( Planche xxiv,
figures 8 et 9. )
Ces vertèbres vont en diminuant de grosseur depuis la dernière jusqu'à la quatrième ou cinquième, et ensuite en augmentant jusqu'à la première (pi. xxii , fig. 1 et a, pi. xxiii, fig. I et 3)^ en sorte que la quatrième et la cinquième sont constamment moins volumineuses que les autres.
Leur Corps (pi. xsnwj fig. 8 et 9, i, 1)^ plus étendu d*avant en arrière que transversalement, plus épais postérieurement qu^antérieurement , aplati en haut et en bas , ayant sa face supérieure ( fig. 9 ) plus étroite que l'inférieure ( fig. 8 ) , trèsconvexe à sa partie moyenne et antérieure , présente sur ses côtés ^ dans le plus grand nombre (pi. xxiii, fig. i ), deux demi-facettes revêtues de cartilage , l'une supérieure y plus grande, l'autre inférieure y plus petite, lesquelles s'articulent avec la tête des côtes. Dans les neuf premières , les faces supérieure et inférieure de ce corps sont cordiformes -, mais ensuite elles s'arrondissent.
Leurs Apophyses épineuses sont longues y en prisme triangulaire y tuberculeuses au sommet (pi. xxiv, fig. 8, ^ et fig. 99^); inclinées en bas et en arrière (pi. xxiii , fig. 1 ) et imbriquées.
IaGmt^ Apophyses transs^erses (pi. xxiv, fig. 8 et 9, 3, 3), très-longues et fort grosses , sont un peu déjetées en arrière -, leur sommet présente , excepté dans les deux dernières , un tubercule raboteux , surmonté d'une facette concave et cartilagineuse ( pi. xxiii , fig. T , 9 , B, 8, 8 ) , qui se joint à la tubérosité des cotes ( pi. xxvi , fig. 4 > B , c ). Cette facette est tantôt plus haut , tantôt plus bas , suivant les vertèbres ^«mais , en général , dans les vertèbres supérieures , elle est dirigée en bas ^ le contraire a lieu pour les inférieures.
Leurs Apophyses articulaires supérieures (pi. xxiv, fig. 9 , 4, 4) sont dirigées en arrière -, les inférieures (fig. 8 , 6,6 ) regardent en avant : elles sont , du reste , verticalement situées les unes au-dessus des autres , et toutes ovalaires et aplaties.
Leurs Echancrures ( a, a, a, a ) sont plus grandes qu au cou , et placées devant les apophyses articulaires.
Leur Trou ( fig. 8 , 5 et fig. 9,6), ovale d'avant en arrière , n est plus triangulaire et est aussi moins grand qu au cou.
Leurs Lames, enfin , sont plus larges et plus épaisses.
d. Des Vertèbres lombaires en particulier, Vertehrœ Lumborum. ( Planche xxiv,
figure 1 1 et 12.)
Remarquables par leur volume considérable , ces vertèbres ont un Corps ( if t } plus large que haut , plus étendu transversalement que dans tout autre sens , plus épais en avant qu'en arrière, plat en haut et en bas , sans facettes latérales , concave de haut en bas antérieurement , ou plutôt bordé par deux espèces de crêtes supérieurement et inférieurement.
Leur Apophyse épineuse ( 5, 5 ), très-large , horizontale , aplatie transversalement, est quadrilatère.
Leurs Apophyses transverses ( a, a, a, a ) , minces , longues , horizontales aussi , sont placées sur un plan antérieur aux apophyses transverses dorsales ( pi. xxiii , fig. i).
Leurs Apophyses articulaires y très-grosses et très-alongées , sont , les supérieures (pi. XXIV9 fig. la, 3,3) écartées, concaves^ ovales, tournées en dedans*, les infé^ rieures (fig. 11 , 4,4) rapprochées, convexes, ovales, dirigées en dehors.
Leurs Echancrures sont très-grandes , surtout en bas.
Leurs Lames , épaisses et larges , sont moins longues que dans les autres régions de la colonne vertébrale.
Leur Trou (6,6), plus large qu'au dos^ est triangulaire comme au cou, à peu près.
Les apophyses transverses des vertèbres lombaires, comme Tont, entre autres, notéMorgagnietBéclard, sont sssez souvent remplacées par une épiphyse prolongée et pointue , quelquefois long-temps mobile si^r le corps de Tos , et qui simule ainsi plus ou moins bien une petite cote. Cette disposition peut leur mériter jusqu'à un certain point le nom ai Apophyses costiformesj par lequel plusieurs anatomistes les désignent.
Dans les enfans, les apophyses articulaires supérieures de ces mêmes os sont toutes aussi surmontées d'une épiphyse lenticulaire.
e. De certaines Vertèbres qui, dans chaque Région , méritent d!être distinguées des
autres.
De celles de ces Vertèbres qui appartiennent à la Région cervicale.
De la première Vertèbre , ou Atlas ' , ou Atloïde, (PI. xxiv, fig. i et 2. )
Elle ne ressemble en rien à aucune autre vertèbre , et Ton n'y rencontre ni Corps ni Apophyse épineuse : elle se présente seulement sous l'apparence d'une espèce d'anneau elliptique un peu plus épais sur les cotés que dans les autres sens , et formé en avant par un petit Arc^ Arcus anterior, comprimé, qui n'occupe guère que la cinquième partie de la circonférence. Convexe et tuberculeux antérieurement ( i, 1 ) , cet arc est concave dans l'autre sens^ où l'on voit une facette ovalaire, articulaire (fig. 1,9), qui s'unit avec l'apophyse odontoïde de la seconde vertèbre (pi. xxiv, fig. 5 , > ) : mince en haut et en bas , il y sert à des insertions ligamenteuses.
En arrière , l'anneau est complété par un Arc osseux plus grand , donnant aussi attache à des ligamens en haut et en bas , et tuberculeux postérieurement pour l'insertion des muscles petits droits postérieurs de U tête ( a, ^ ). Cet arc est arrondi et épais tout-à-fait en arrière \ mais antérieurement , en se confondant avec le reste de la vertèbre , il est déprimé et creusé d'un sillon * pour l'artère vertébrale et le nerf sous-occipital en haut ( fig. i ) et pour le second nerf occipital en bas ( fig. 2 ). Le tubercule qui le tern^ine en arrière est par fois bifide.
L'Atlas a en outre un Trou vertébral ( 7, 7) considérable, divisé par un ligament en deux portions , dont la postérieure seule concourt à la formation du canal : deux tubercules irréguliers , en dedans des apophyses articulaires supérieures , donnent attache à ce ligament.
• Les Échancrures sont ici situées derrière les Apophyses articulaires, qui sont presque horizontales et très-larges, et dont les supérieures (Rg, i, 4^4)^ concaves, ovalaires , inclinées en dedans^ s'articulent avec les condyles de l'Occipital (pi. xxxvi, fig. ij d, d)y tandis que les inférieures ( pi. xxiv, fig. 2 ) , presque planes , inclinées en dedans également , se joignent à l'Axis (pi. xxiv, fig. 4 » a» » ).
' On a donne ce nom a la première Vertèbre , parce qu'à une ëpoque où la mythologie ingénieuse des Grecs jouissait d'une grande faveur, on a supposé qu'elle supportait la tête, comme le géant Atlas soutenait le monde sur ses épaules.
' Il n'est point rare de roir ce sillon convcrii en un trou par une languette osseu-c.
Enfin , les Apophyses transverses (3,3,3,3) sont très-longues , se terminent en une pointe plus ou moins obtuse , et semblent naître par une double racine , dont la branche antérieure est plus grêle , dont la postérieure est plus longue et plus forte. Le trou qui perce leur base est plus grand que dans les autres vertèbres cervicales.
L'Atlas qui , chez Fadulte , est presqu'entièrement formé de tissu compacte , et qui s'articule avec l'Occipital et avec l'Axis , peut se développer par cinq points d'ossification , savoir : un pour l'arc antérieur, deux pour le postérieur, et un pour chacune de ses parties latérales. Mais , le plus ordinairement , cette vertèbre ne prend naissance que par trois ou quatre centres , savoir : un point médian ou deux latéraux pour l'arc antérieur, et deux autres points pour les masses latérales et l'arc postérieur.
De t Axis y ou Axoïde , ou seconde Fertèbre, (Planche xxiv , figures
L'Axis *, que quelques anatomistes ont aussi appelé Épistrophée , en latin Epis-» tropheus ^ , parce qu'il présente une apophyse sur laquelle roule l'Atlas , a une circonférence presque triangulaire (fig. 4) ^^ ^° volume assez considérable.
Son Corps , beaucoup plus haut que large , présente en devant une crête moyenne (fig. 3) qui correspond au tubercule antérieur de l'Atlas, et deux enfoncemens pour les muscles longs du cou , et en haut une apophyse très-saillante au-dessus des parties articulaires , ( fig. 3 , fig. 4 > fig* 5 , » ) , arrondie , verticale , nommée Apophyse odontoïde ' ; cette apophyse est articulée , en devant , par une facette ovalaire, peu convexe , encroûtée de cartilage, avec l'Arc antérieur de l'Atlas ( fig. i , 9 ) t et oBre , en arrière , une autre facette plus convexe ( fig. 4 9 ' j fig* 5 , i ) pour glisser sur le ligament transverse ; elle donne attache par son sommet , terminé en une tête acuminée , obtuse, aux ligamens odonto!diens, qui vont gagner les condyles de l'Occipital. Au-dessus de sa base, elle présente un rétrécissement, une sorte de col , plus marqué sur les côtés qu'en avant et en arrière.
Son Apophyse épineuse ( fig. 4,7, fig. 5 , ^ ) , est fort considérable et est creusée inférieurement d'une large et profonde gouttière.
1. Ce mot est dériy<^ du grec £^«9 , aare, essieu , et est devenu le nom de la seconde vertèbre parce quelle représente une sorte de pivot sur lequel roulent tout à la fob et la première vertèbre et la tête. Axoide a évidemment la même origine.
a. Deiir) (dessus) et 9\^w^ (je tourne).
3. O^ovç , ô^^yloç , d nt , Ji^o<, ayant Paspect, l'apparence : comme qui dirait : en forme de dent.
Ses Èchancrures supérieures sont beaucoup plus en arrière que les inférieures^ elles manquent même quelquefois, et paraissent constamment peu marquées.
Ses Apophyses articulaires supérieures sont presque horizontales ( fig. 3, 4,4 , fig. 4» ^»^)\ elles sont convexes, un peu dcjetées en dehors et beaucoup plus larges que les inférieures ( fig. 3 , 5, 5 , fig. 4 > ^> ^) > q^î ^^^^ tournées en avant et en bas, et situées non au-dessous , mais tout-à-fait en arrière des supérieures ^.
Ses Apophyses transverses ( fig. 3 , 3,3 et fig. 4 ? ^1 5) sont très-courtes et ne sont ni bifurquées , ni canaliculées : elles semblent naître , pour ainsi dire , des apophyses articulaires supérieures, et le trou qui traverse leur base (fig. 5 ) est dirigé obliquement , bien différent en cela de celui des autres vertèbres cervicales.
Ses Lames sont très-épaisses , très-fortes.
Son Trou (fig. 4 > ^) est cordiforme.
Dans le Fœtus , FAxis a , de plus que les autres vertèbres de sa région , et cela pour Tapophyse odontolde, un centre d'ossification qui naît quelquefois par deux germes distincts ^ symétriques , adossés et visibles jusque vers le huitième mois de la vie utérine.
Cet os est articulé avec TAilas d'une part , et avec la troisième Vertèbre cervicale de Tautre. Il a de plus des connexions médiates avec TOccipital.
De la septième Vertèbre cen^icale ou Vertèbre proéminente. ( Planche xxiv,
figure 10.)
La SEPTIÈME Yertèbee cervicale difière des autres os de sa région par sa grandeur et par la longueur de son Apophyse épineuse , non bifurquée ordinairement ( fig. 10, 4) , ainsi que par ses Apophyses transi^erses , très-longues et dont , le plus souvent, k base n'est point percée d'un trou. On voit d'ailleurs se fondre en elle les caractères des vertèbres certicales et des vertèbres dorsales tout à la fois.
Cette vertèbre présente constamment un point d'ossification de plus que les autres, excepté FAxis ^ c'est une sorte d'osselet costiforme situé en travers au-devant du pédicule de la masse apophysaire , et qui ne s'unit à ce pédicule et au corps de la vertèbre que vers Fâge de cinq à six ans. Quelquefois , son extrémité externe dépasse de quelques lignes et même d'un pouce le sommet de l'apophyse transverse , de manière à former une cote rudimentaire , analogue aux cotes cervicales de quel-
4. n r^oltc de ceUe disposition , que le poids de l'Atlas et , par consëqucnt, celui de la télé, portent sur le corps et non sur les parties latérales de la yertèbre.
ques animaux ' . Cette disposition , dans laquelle Hunauld ne voyait qu'une simple variété ^, doit être , avec Sue ^y Nesbitt ^ et J. F. Meckel ^, considérée comme Télat normal ^.
* * Des Vertèbres quil faut isoler des autres dans les Régions dorsale et
lombaire.
De la première Vertèbre dorsale , Attfûx y Ao<p& des Grecs.
Cette Vertèbre est remarquable par son Corps, dont l'étendue est plus grande transversalement que d'avant en arrière et qui présente , sur ses câtés , une facétie costale complète en haut , et en bas seulement une demi-cavité qui se réunit à une demi-cavité analogue pratiquée sur le corps de la vertèbre suivante ; par son ^po^ physe épineuse épaisse , longue , à sommet tuberculeux , et dirigée presque horizontalement \ par ses Apophyses articulaires , enfin , qui sont obliques.
De la dixième Vertèbre dorsale.
Celle-ci ne diffère des autres que parce qu'elle présente en haut , de chaque côté du Corps, une facette articulaire entière pour son articulation avec la dixième côte. Son Apophyse épineuse est courte et terminée par un tubercule.
De la onzième Vertèbre dorsale.
D'un volume considérable , la onzième Vertèbre du dos a un Coips presque rond , qui approche beaucoup , pour l'aspect général , de celui des Vertèbres lombaires , et qui présente , de chaque côté , vers le pédicule des Apophyses iransyerses et articulaires , une seule Êicette entière pour la onzième côte.
' BÉCLARD, Mémoire sur tOstéose, dans le Nouveau Journal de Médecine ^ janyîer> 1819. ' Mémoires de V Académie royale des Sciences, annde 1740 y page 879. ^ Mém. des Savans étrangers, tom. 3 , pag. 57a.
* Human Osteogeny, London, 1763, in-8<», pag. 66. ^ Ubisupràf pag. 584*
* J. F.. Meckel a va cette épiphyse rester diilincte toute la vie et s'alonger en manière de côte. (Z. c., pag. 585. )
( loi ) Son Apophyse épineuse est courte , large et horizontale.
Ses Apophyses transyerses ne présentent point de facette articulaire à leur sommet.
De la douzième Vertèbre dorsale , AeaÇoxjT^ïp des Anciens.
Elle offre absolument les mêmes caractères que la précédente , mais ses Apophyses transverses sont plus courtes , et ses Apophyses articulaires inférieures, convexes , sont tournées en dehors. Le sommet de ses apophyses transverses est , de plus , muni de trois petites éminences dont Tantérieure donne attache à un ligament qui va se fixer à la partie postérieure du col de la dernière cote et dont la seconde donne insertion à des fibres du muscle transversaire épineux » tandis que la troisième y plu3 volumineuse et alongée, a des connexions avec Tapophyse articulaire inférieure de la onzième vertèbre dorsale.
De la cinquième Vertèbre lombaire , ou AdcpaAeTvjç de quelques Anciens * .
Cette Vertèbre , la seule que Ton distingue dans la région des lombes , a la face inférieure de son Corps coupée obliquement , de manière que la portion de cylindre qu'il représente est beaucoup plus épaisse en avant qu en arrière.
Son Apophyse épineuse , courte et étroite , manque parfois antérieurement.
Son Apophyse transverse est courte , mais forte et arrondie.
Elle est articulée en bas avec le sacrum , en haut avec la quatrième vertèbre lombaire.
Dans le fœtus , les apophyses transverses de cette vertèbre , ainsi que celles des autres vertèbres lombaires , qui , pour la situation , font suite aux côtes , sont quelquefois remplacées par une épiphyse prolongée et pointue , assez long-tems mobile sur le corps de Fos et qui simule ainsi plus ou moins bien une petite côte. Quant aux apophyses articulaires supérieures , elles sont toutes surmontées d'une épiphyse lenticulaire '.
' Le yerbe grec ha^Xi'C^tXt vent dire affermir^ et en effet la cinquième vertèbre des lombes soutient la colonne vertébrale et lui sert de l>asc.
* BÉCLARD, Nouveau Journal de Médecine y tom. viii, pag. 8i.
/. Du Caractère le plus saillant des dii^erses Ferièbres chez FJBomme.
i^ Vertèbres cervicales. Apophyse épîneiwe bifurquée •, base de» apophyses transverses percée d'un trou ;
2" Vertèbres dorsales. Des facettes articulaires sur les cotés du corps et au sommet des apophyses transverses ;
3* Vertèbres lombaires. Apophyses épineuses quadrilatères , comprimées , horizontales j tuberculeuses au sommet \ apophyses articulaires concaves en haut , convexes en bas \
4® Atlas. Pas d'apophyse épineuse -, pas de corps 5 figure annulaire \
5° Axis. Corps surmonté d'une grosse apophyse arrondie , dentiforme 5
6*^ Vertèbre proéminente. Apophyse épineuse très-saillante \
'j^ Première Vertèbre dorsale. Une facette articulaire entière en haut , une demifacette seulement en bas des parties latérales du corps.
8*^ Dixième Vertèbre dorsale. Une seule facette entière de chaque coté du corps •,
g^ Onzième Vertèbre dorsale. Une seule facette aussi sur le corps -, pas de facette sur l'apophyse iransverse \
10^ Douzième Vertèbre dorsale. Mêmes caractères, mais apophyses articulaires inférieures convexes et tournées en dehors ;
11^ Cinqidème Vertèbre lombaire. G)rps beaucoup plus épais en avant qu'en arrière.
g. De la Colonne Vertébrale en général. ( Planches xxii et xxiii. )
Nous savons déjà que les vingt-quatre vertèbres réunies constituent la CoLovirE vERTÉBBALE. Il uous rcstc à décrire dans son ensemble , cette sorte de tige osseuse dont la longueur est à peu près la même chez tous les individus , à moins qu'elle ne soit courbée par suite de quelque vice de conformation. En général , elle égale, dans son étendue entière , à peu près le tiers de la hauteur totale du corps , et les dimensions métriques les plus ordinaires pour la longueur de chacune de ses régions, sont de six pouces environ pour la cervicale , de douze à treize pour la dorsale , et de six pouces et demi pour la lombaire.
Son épaisseur va en augmentant de la partie supérieure à l'inférieure , en sorte qu elle représente une pyramide générale dont la base est en bas ^ mais cette augmentation d'épaisseur n'est point parfaitement graduée : aussi cette première pyra-
( io3)
mide semble-t-elle être le résultat de trois pyramides secondaires , dont Tinférieure a sa base au sacrum et son sommet à la cinquième vertèbre dorsale , qui est aussi le sommet de la moyenne , dont la base répond à la première vertèbre dorsale: Quant au sommet de la troisième , il se trouve au niveau de F Axis ( pi. xxii , fig, 3 , â ) , et est surmonté par FAtlas , beaucoup plus large que les autres vertèbres.
£n avant, la colonne vertébrale est convexe au cou (pi. xxiii , fig. i, D), concave au dos ( E ) , convexe de nouveau aux lombes ( F ) 5 en arrière , on observe des courbures opposées. Cette disposition tient manifestement aux divers degrés d'épaisseur que les corps des vertèbres présentent en avant et en arrière dans cbacifhe des régions de répine.
On rencontre le plus ordinairement une courbure sur les c6tés de la région dor^sale : cette courbure est beaucoup plus fréquente à gauche qu^à droite. On Ta attribuée à la présence de Tartère aorte \ mais Bichat avait présumé qu elle dépendait beaucoup plutôt de ce que la plupart des efforts se font avec le bras droit. Par des observations dont Béclard m'a communiqué les résultats plusieurs années avant sa mort , ce célèbre anatomiste a confirmé cette dernière opinion ^ chez des gauchers, qu'il a eu occasion d'examiner, la courbure latérale s'est trouvée du coté droit , et par conséquent en sens inverse de ce qu'elle est chez le plus grand nombre des autres individus.
Dans l'état sain, la colonne vertébrale ne penche ni à droite ni à gauche (pi. XXII, fig. 2 et 3 ), en sorte qu'une ligne verticale peut très-bien la diviser en deux moitiés latérales , et qu'elle est parfaitement symétrique. On ne parviendrait pas de même à la partager en deux moitiés dans le sens transversal , en raison des courbures, des inflexions qu'elle offre et en avant et en arrière , et de la disposition spéciale de chacune des deux parties qui , tout en la composant ; restent néanmoins distinctes par leur structure et par leurs usages ] la série des corps des vertèbres , très-solide, servant, en avant, de support au tronc*, et' celle des anneaux formés par les masses apopliysaires constituant , en arrière , un canal protecteur pour la moelle épinière.
Considéré dans son ensemble, cet appareil osseux présente une face antérieure ou pré spinale, on face postérieure ou spinale, deux faces latérales, une base et un sommet.
La Face antérieure ( pi. xxii , fig. 3) , au cou , où elle est large et comme aplatie, mérite le nom spécial de face trachélienne , qu'elle porte dans la nomenclature anatomique proposée par M. Chaussier : elle se rétrécit au dos , pour s'élargir de nouveau aux lombes et , dans ces deux régions , on l'appelle successivement prédorsale et prélombaire. Elle est, du reste, considérée dans le sens de sa longueur, convexe au cou et aux lombes et concave au dos.
Telle est la disposition de ces trois courbures qu'une ligne verticale qui traverserait le
milieu du sommet et de la base de la colonne vertébrale « passerait devant le corps des vertèbres dorsales , et derrière celui des vertèbres cervicales et lombaires.
Une suite de gouttières transversales , concaves de haut en bas , convexes en travers , plus ou moins profondes suivant les régions , mais d'autant plus marquées qu'on les examine plus bas , formées par les faces antérieures des corps des vertèbres (pi. XXII ^ fig. 3) bornées chacune en haut et en bas, par des rebords sail* lans , percées dans leur fond de plusieurs trous pour le passage des vaisseaux , et s'étendant vers les parties latérales au dos et aux lombes (pi. xxiii , fig. i ), occupe toute la longueur de «ette face, qui est recouverte par le ligament vertébral antérieur, depuis le haut jusqu'au bas , et qui répond , dans la région du cou , aux muscles grands droits antérieurs de la tête et longs du cou ; dans celle du dos , à ces derniers d abord, puis à la veine azygos à droite, à l'aorte pectorale à gauche; et, dans celle des lombes , aux piliers du diaphragme , à Taorte ventrale , à la veinecave abdominale , aux ganglions nerveux lombaires.
La Fiice postérieure de la colonne vertébrale ( pi. xxii , fig. a ) , qu'on peut appeler, avec M. Chaussier, cervicale au cou , dorsale au dos et lombaire aux lombes , et dont les flexuosités sont inverses de celles qu'on observe a la face antérieure , présente, sur la ligne médiane, la rangée des apophyses épineuses, horizontales en hant (pi. XXIII , fig. I, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 7), inclinées et imbriquées dans la partie moyenne, et de nouveau horizontales aux lombes (pi. xxiii , fig. i, 9, 10). Leur sommet est assez constamment sur une même ligne (pi. xxii, fig. 2) : cependant, assez souvent , l'un est incliné à droite , l'autre à gauche , et réciproquement. Les intervalles qui les séparent sont plus larges au cou et surtout aux lombes , qu'au dos (pi. xxiii , fig. i et 2). Les apophyses épineuses des cinq dernières vertèbre^ dorsales diminuent graduellement de longueur et deviennent de plus en plus horizontales ; c'est ce qui fait que , dans le lieu qui leur correspond , le rachis peut mieux se courber en arrière qu'à la partie supérieure du dos. Vers le sommet de la colonne vertébrale , à la place d'une de ces épines , on trouve deux petits tubercules podr lattache des muscles petits droits postérieurs de la tête.
Sur les cotés de la série de ces apophyses épineuses , sont les Gouttières 'vertébral les (pi. XXII, fig. a), larges en haut, rétrécies au milieu, très-étroites en bas, formées par la suite des lames vertébrales , et moins profondes au cou qu'au dos et aux lombes-, commençant en haut au-dessous de l'Occipital , elles se continuent inférieurement avec des gouttières analogues de la face postérieure du sacrum ; elles sont remplies par les muscles long dorsal , sacro-lombaires , transversaires épineux , et laissent apercevoir une rangée d'ouvertures résultant de la séparation des lames ; celle de ces ouvertures qui est située entre l'Axis et l'Atlas est fort grande ; dans le reste de la région cervicale et en haut du dos , les autres sont à peine apparentes .
( io5 ) mais , plus bas et surtout aux lombes , elles deviennent très-prononcées ; toutes sont feimëes par les ligamens jaunes dans Fétat frais ; la dernière se trouve entre la cinquième vertèbre lombaire et la partie supérieure du canal sacré.
Au côté externe de ces gouttières , la face postérieure de la colonne vertébrale présente , dans le cou et aux lombes , la rangée des apophyses articulaires, et dans le dos, celle des apophyses transverses.
Las Faces latérales de la Colonne vertébrale ( pi. xxiii , fig. i ) , sont droites en général; on y observe les apophyses transverses ^ qui ne se trouvent point toutes posées dans la même direction. Ainsi , au cou et aux lombes , elles sont placées sur un plan antérieur à celui quelles occupent au dos; en outre, dans la première région , elles se distinguent encore par Tespèce de petit canal que forme , pour Tartère vertébrale, la suite des trous dont est percée leur base, et, dans la région dorsale, par les facettes articulaires (pi. xxiii, fig. i , 8, 8, s» ) qu'elles offrent aux côtes. L'apophyse transverse de la seconde vertèbre lombaire est plus longue que celles de la première et de la quatrième ( pi. xxii , fig. 2 et 3 ) , mais plus courte que celle de la troisième. Dans toute retendue de Fépine , ces apophyses donnent attache à un grand nombre de muscles ^ et elles présentent entr'elles des trous qui résultent de la réunion des échancrures vertébrales , et qu on nomme Trous de conjugaison ; ces trous, qui donnent passage aux nerfs vertébraux, et qui, par leur diamètre, sont proportionnés au volume de ces nerfs, se trouvent, au dos et aux lombes, situés au-devant des apophyses transverses , et pas seulement entr'elles comme au cou. Leur forme est ovalaire et leur trajet très-court; ils sont d'autant plus grands qu'on les observe plus inférieurement ; dans la région dorsale y on remarque au-devant d'eux , la série des facettes qui reçoivent les têtes des cotes.
La Base de la Colonne vertébrale est coupée obliquement pour s'unir au sacrum , avec lequel elle forme une espèce d'angle nommé Promontoire par les accoucheurs , mais qu'il est plus convenable d'appeler Angle sacro-vertébral. Cet angle , saillant en avant et rentrant en arrière , est droit sur les cotés.
Le Sommet, articulé avec l'Occipital , forme avec cet os deux angles droits latéralement, et offre un grand trou qui est le commencement du canal vertébral.
Le Canal vertébral ou rachidien, règne depuis l'occipital jusqu'au sacrum, dans tonte la longueur de l'épine, dont il suit les courbures, sans en occuper le centre , et plus près de sa partie postérieure que de l'antérieure; il se continue en haut avec la cavité du crâne , en bas avec le canal sacré. Large au cou et à la partie supérieure du dos , il se rétrécit ensuite pour s'élargir de nouveau aux lombes ; triangulaire en haut et en bas, il est arrondi au milieu.
Antérieurement , il est formé par la partie postérieure du corps des vertèbres , I. 14
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que revêt le ligament vertébral postérieur; en arrière , les lames vertébrales et les fentes qui existent entr'elles , et y sur les càtés , la partie interne des apophyses transverses et les trous de conjugaison ^ sont les objets qu il présente. Il loge le prolongement rachidien, et les méninges qui enveloppent celui-ci, les artères spinales, les nerfs de Willis^ l'origine de ceux du cou, du dos et des lombes , un tissu cellulaire lâche et humide, et, comme les apophyses épineuses s'étendent en arrière bien au-delà du niveau des lames vertébrales , ces divers organes se trouvent protégés par elles à une distance presque égale à celle par laquelle les corps les séparent de la face antérieure du rachis. Un prolongement de la dure- mère le tapisse.
A. Usages , Développement et Variétés de la Colonne ^vertébrale aux divers âges
de la vie.
Réunissant la légèreté à la solidité et à la souplesse , la Colonne vertébrale sert de soutien à la tête et à la poitrine -, elle est le centre de tous les mouvemens du tronc dont elle transmet le poids au bassin \ elle loge et protège la moelle vertébrale ; elle donne passage aux nerfs du même nom et à beaucoup de vaisseaux. Une foule de muscles et de ligamens y trouvent des points d'insertion , tant en avant qu'en arrière ; tels sont le diaphragme , le grand dorsal , le sacro-lombaire , les inter-ëpîneux cervicaux , etc. , pour les muscles ; et , pour les ligamens , ceux qui unissent les deux premières vertèbres à la tête , la dernière vertèbre au bassin y etc.
Dans le Fœtus et dans l'Enfant , la colonne vertébrale n'est point ce qu'elle sera dans l'Adulte, et elle diffère beaucoup chez le Vieillard de ce qu'elle a été aux époques antérieures de la vie. Peu de parties dans le squelette , éprouvent des modifications plus marquées par les progrès successifs de l'ostéose.
Peu de tems après le moment de la conception , à trois semaines de la vie intrautérine , par exemple , le rachis est au corps entier dans la proportion de trois à quatre , tandis que vers le trente-cinquième jour, il n'est plus que dans celle de trois à cinq , et que vers la sixième semaine , il demeure dans celle d'un à deux , en sorte qu'à deux mois , époque où le fœtus a environ quatre pouces trois lignes de longueur, le rachis a deux pouces d'étendue , et qu'à trois et à six mois , momens ou le fœtus atteint la taille de neuf à douze pouces , cette partie du squelette est au corps entier comme deux et deux tiers est à six , dans le premier cas , et comme cinq est à douze dans le second.
A rëpoque de la naissance , la taille du fœtus est de seize à vingt pouces , et elle «e trouTe à la longueur de la Colonne vertébrale dans la proportion de dix-huit à sept trois-quarts.
Ces proportions ont été établies par Béclard , et j'ai eu occasion de les vérifier avec lui , sur les termes moyens de la mesure de cinquante à soixante squelettes de fœtus de tous les &ges , abstraction faite du rappetissement produit par la dessiccation et du raccourcissement plus ou moins grand déterminé par le mode de préparation.
Eu égard à la plupart des autres parties du squelette , et spécialement au bassin et aux membres abdominaux, la Colonne vertébrale a une longueur beaucoup plus marquée dans le premier âge de la vie qu'aux autres époques de Texistence -, ce qui donne au tronc une hauteur proportionneUe plus grande et ce qui influe d'une manière évidente ^ur la stature générale des epfans nouveau-nés , dont la taille est d'autant plus élevée que cette tige centrale du corps est plus longue , tandis que chez Tadulte , après la terminaison de l'accroissement , les difierences de stature dépendent plutôt des dimensions des membres que de celles du tronc» Cette disposition se trouve , du reste , tout-a-fait en rapport avec ce que l'on observe à la tête , où le crâne a 9 chez le fœtus , un diamètre vertical bien plus considérable que celui qu'il présente chez Fadulte , et Ton peut concevoir qu'il en devait être ainsi , puisque l'uniformité de fonctions , dans ces deux parties , exigeait une égalité de développement , une uniformité de dimensions.
Le canal vertébral offre pareillement dans l'enfonce une largeur supérieure à celle qui le distingue dans les autres âges de la vie , et le &it immédiatement exposé eiq>lique suffisamment cette particularité. Les portions qui , dans chaque vertèbre , doivent concourir à sa formation , sont plus développées que celles où doivent se fixer des muscles et des ligamens : les lames ont plus d'étendue transversale \ le corps , rétréci en devant , est proportionnément plus large en arrière ; les pédicules sur lesquels se trouvent pratiquées les échancrures sont plus longs, et les trous de conjugaison sont plus évasés et plus vastes, parce que les nerfs ont un plus grand volume (pi. XXV, fig. i et a).
Au contraire , comme nous venons de le faire pressentir, tout ce qui , dans cette partie du tronc est relatif à la locomotion et à la station , est peu développé dans les premières périodes de la vie. Les apophyses épineuses manquent ( pi. xxv, fig. 2), et c'est là une des raisons qui rendent la station si difficile chez l'enfant , comme l'ont démontré tous les auteurs de myodynamie. Les corps des vertèbres, formés seulement dans leur partie postérieure , n'étant encore que cartilagineux dans la portion antérieure de leurs bords supérieur et inférieur, ne paraissent , quand ils sont desséchés que des espèces de tubercules arrondis et saillans , séparés les uns
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des autres par des rainures , et ne s'articulent , en conséquence y les uns avec les autres que par de petites sur&ces , peu propres à maintenir Taplomb et la aoUdilé du rachis. Les apophyses transverses sont peu marquées aux lombes , et là, en effet, elles ne se trouvent en rapport qu-avec des muscles : au dos , où elles soutiennent les câtes déjà fort développées , et au cou ou elles constituent un canal traversé par Tartëre vertébrale , d'un calibre si fort chez les enfans , elles sont incomparablement plus saillantes et plus robustes.
Dans le premier âge de la vie encore , la figure de la colonne vertébrale n'est point , à proprement parler, celle d^une pyramide très-alongéé et dont la base , ainsi que cela a lieu chez les adultes , reposerait sur le bassin. Par une disposition contraire à ce qui existe chez l'adulte , sa portion cervicale est manifestement plus grosse que la lombaire, ce qui parait tenir surtout au développement des apophyses transYeraes. On distingue bien dans le fœtus trois pyramides partielles , une cervicale , une dor^ sale, une lombaire ; mais elles sont entr'elles dans un rapport tout autre que chex l'adulte , et tel que la région lombaire a le moins de volume , ce qui ne contribue pas pour peu à l'impossibilité de la station dont l'effort porte spécialement sur elle.
La colonne vertébrale est , d'ailleurs, droite dans le Foetus^ à peine présente-t-eUe le principe des courbures alternativement inverses qui, par la suite, doivent la dessiner (pi. zxv , fig. a), et cela vient de ce que les corps des vertèbres, non encore entièrement développés, n'ofirent point encore ces variétés d'épaisseurs antérieure et postérieure plus ou moins grandes qui , plus tard , en caractérisant les diverses régions du rachis , déterminent ses inflexions opposées. Aussi les vacillations nécessitées par l'action musculaire pendant la station et pour les divers mouvemens exécutés pendant cette attitude , deviennent-elles beaucoup plus sensibles en raiscm de cette rectitude même , et le centre de gravité est-il plus susceptible d'abandonner la base de sustentation.
D'autre part , la disposition des points d'ossification dans le Fœtus et dans le jeune Elnfant , établit des modifications nécessaires dans l'aspect général , dans l'ensemble de cette partie centrale du tronc. Sa face antérieure est remarquable par son peu de largeur, surtout au dos et aux lombes*, elle semble ne consister qu'en une série de tubercules arrondis ; la postérieure n'est point hérissée de la série des apophyses épineuses-, les latérales sont caractérisées par la grandeur des trous de conjugaison. Sa base n'est point coupée sur un plan aussi oblique que dans l'adulte , en sorte que le promontoire est moins saillant en avant.
En avançant en âge et par suite des progrès de l'ossification , toutes ces particularités disparaissent peu à peu , et la station de même que la progression s'assurent davantage.
( IÛ9 ) Mais, chez le Vieidard , la colonne vertébrale ne demeure plus ce qu*elle est chez r Adulte; le corps des vertèbres diminue manifestement de hauteur, et les &ces par lesquelles il est en rapport avec les deux vertèbres voisines s'affaissent de manière à déborder son niveau de plusieurs lignes. Par suite de cette diminution de hauteur> les courbures de la colonne entière augmentent considérablement , et cela contribue certainement à la diminution de la stature du corps chez les personnes d*un âge avancé.
De la Colonne vertébrale dans les Animaux des quatre premières Classes.
a. Dans les Mammifères autres que t Homme.
Dans les animaux de cette classe , la colonne vertébrale varie par le nombre et la forme des os qui entrent dans sa composition , parles proportions respectives de diacune de ses régions , par sa courbure totale.
1° Nombre des Vertèbres.
Excepté TA! , Bradypus tridactylus de Linnsus ( pi. xvi, D ) , qui en a neuf, tous les mammifères , comme TÉléphant en particulier ( pi. xv, C ) , possèdent constamment , ainsi que FHomme , sept vertèbres cervicales , et quand , dans certains céta« ces , tels que les Dauphins et les Marsouins , les deux premières , ou tels que les Cachalots , les six dernières sont soudées ensemble , on voit toujours les traces de leur séparation, et il n'existe , à proprement parler, qu'une ankylose.
Dans les cétacés , où il n'y a point de bassin , on ne saurait distinguer les verte* bres des lombes de celles de la queue , et ces dernières manquent dans un très-petit nombre d'espèces, en particulier dans la Roussette (JPteropus edulis, Geoffiroy ).
Du reste , il n'y a aucun rapport marqué entre les espèces et les Ëimilles pour le nombre des vertèbres dorsales , lombaires et coccygiennes. Le tableau suivant , composé en très-grande partie d'après les observations de M. le baron Cuvier, nous parait propre à convaincre le lecteur de cette vérité.
( iio )
NOMS des
ESPÈCES DB HAHMIFÈllBS
Orang-oulaDg ,
Jocko ,
Coàïla,
Bonnet-Chinois ,
Mandrill,
Loriy
Chaoye-souris ,
Hérisson 9
Tanrec ,
Taupe ,
Blaireau ,
Belette ,
Lion,
Chat,
Chien ,
Phalaoger,
Lapin,
AgouU ,
Castor,
Campagnol
Lérot,
Fourmilier ,
Tatou,
Eléphant , Rhinocéros , Dromadaire , Bouc ,
Bœuf et Brebis , Cheyal.
a* Dimensions des dii^erses Régions de la Colonne épinière chez les Mammifères.
Ces dimensions ne varient pas moins que le nombre des vertèbres , et ne sont point toujours en rapport avec celui-ci. C'est ainsi que la longueur du cou , par exemple , ne saurait dépendre de la quantité des os qui entrent dans la composition de la colonne cervicale , puisque cette quantité est , à une exception près , constamment la même ^ et que retendue de cette portion du rachis offre cependant de notables différences suivant les espèces.
Chez rOrang-outang , par exemple , elle se trouve avec celle de toute la colonne vertébrale dans le rapport de 0,04 à o,!i6 \ dans la Chauve-souris, chez celui de 0,01
à o, 1 1 ^ chez le Saï , dans celui de o,o3 à 0,66; chez la Taupe , dans celui de o,oi5 à o,i35 ^ chez l'Ours blanc, dans celui de o,3i à 1,89 -, chez le Dromadaire, dans celai de 1,00 à 2,98 ^ chez la Girafe, dans celui de 1^82 à 4?^^ 9 chez le Dauphin y dans celui de o,o4 à i,a6 , etc. , etc.
Eîn général, la longueur du cou est telle ^ que, jointe à celle de la tête , elle égale la hauteur du train de devant , afin de permettre à Tanimal quadrupède de paître et déboire. Toutes les fois qu'il en est ainsi , la grosseur de la tête est en raison inverse de la longueur du cou , comme dans TA! ( pi. xvi ) , par exemple , sans quoi les muscles auraient éprouvé trop de difficulté à la soulever.
Cependant , il est des animaux chez lesquels on n'observe point la disposition qui vient d'être signalée ; ce sont ceux qui portent leur nourriture vers leur bouche au moyen des membres thoraciques, ceux qui , comme TÉléphant (pi. xv), suppléent à ces membres au moyen d'une trompe , et enfin , les Cétacés qui vivent au sein des eaux où nagent leurs alimens.
La longueur du dos ne varie pas moins que celle du cou. Elle se trouve , avec celle de la colonne vertébrale, chez l'Orang-outang, dans le rapport de 0,11 à 0,26; chez la Chauve-souris, dans celui deo,oaào,ii^ chez la Taupe, dans celui de ô,o3 à o, 1 35*, chez le Phoque, dans celui de 0,24 ^ o»?^ ] chez le Lièvre, dans celui de 0,12 à 0,48^ chez l'Ai (pi. xvi ) , dans celui de o,23 à o^54^ chez l'Éléphant (pi. xv), dans celui de i,o5 à 2,85 ; chez le Rhinocéros , dans celui de i,4oà i,85; chez le Dromadaire , dans celui de o, 85 à 2,98 ; chez la Girafe , dans celui de 0,88 à 49^^) chez le Cheval , dans celui de 0,64 à 2,01 , etc., etc.
Il en est de même de l'assemblage des vertèbres coccygiennes , qui soutient la queue chez un grand nombre de Mammifères , puisque cette partie se trouve , avec la <x>lonne vertébrale considérée dans toute sa longueur , chez le Sa! , dans le rapport de 4^ ^ 66; chez la Taupe, dans celui de o,o3 à 0,1 35 *, chez le Raton, dans celui de o,3o à o,54 9 chez le Sarigue , dans celui de o,4o à 0,68 ; chez le Cochon-d'Inde , dans celui deo,o2ào,2o; chez la Girafe , dans celui de 0,93 à 4; 22 ; chez le Cerf, dans celui de o,i5 à i,5o.