C. Reptiles
Le foie des reptiles est étendu ordinairement entre les deux hypocondres , à la partie antérieure de la cavité abdominale, dont il occupe souvent une étendue considérable en recouvrant l'estomac et une portion de l'intestin. Il n’y a que chez les ophi-
diens macrostomes, que le foie est placé à côté de l’œsophage au devant de l'estomac (python, dryiophis, dendrophis). Le foie est maintenu en place par le péritoine ou la membrane séreuse qui remplace à la fois la plèvre et le péritoine. Cette membrane divise la cavité commune des viscères en cellules, dont une est destinée à chaque moitié longitudinale du foie; elle enveloppe complétement le foie, et passe sur l'estomac pour se continuer ensuite dans le mésogasterium. Très souvent un cordon ligamenteux s'étend de l’enveloppe céreuse du foie au péricarde.
La forme du foie, dans les reptiles, varie d’un ordre à l’autre, et même d’une famille à l’autre, avec la forme du corps. Large et court dans les chéloniens, il est long dans les ophidiens et les sauriens serpentiformes. Le foie ne constitue quelquefois qu’une seule masse à peine entamée par de petites échancrures ; tantôt il est divisé en deux, trois lobes plus ou moins complets. Quand il est bilobé, c’est tantôt le lobe droit ( chéloniens ) tantôt le lobe gauche ( batraciens anoures) qui l'emporte en volume.
Ainsi, dans le caïman à lunettes, dans la grande tortue des Indes, le lobe droit est plus grand, un peu fendu en arrière; le lobe gauche, qui est plus petit, est triangulaire, il offre en arrière un petit appendice; ces deux lobes s’écartent en avant, comme dans les oiseaux, pour recevoir le cœur.
Chez la plupart des sauriens, le lézard vert, les geckos, les dragons, les iguanes, le foie n'offre qu’une seule masse ordinairement de forme triangulaire, plate ou convexe en dessous, concave en dessus, et offrant son sommet en avant du côté du cœur, sa base en arrière.
Le foie n’a pas de lobes non plus dans les ophidiens, il est long et cylindrique. Toutefois, dans les amphisbènes, le foie offre à sa partie postérieure une scissure tellement profonde qu’on peut dire que le foie est inégalement bilobé; le droit étant le plus considérable de ces deux lobes.
Parmi les batraciens, les uns, tels que les salamandres, n’offrent qu'un lobe dans le foie; on en trouve deux dans les autres batraciens, ceux, du moins, de la famille des grenouilles ; ils y sont séparés par une scissure qui répond au ligament suspenseur et à la vésicule; le gauche est mème souvent divisé en deux lobules par une autre scissure (grenouilles vulgaires, reinettes vertes ).
La vésicule du fiel existe presque toujours dans les reptiles : elle manque, d’après Muller, chez la testudo nigra et chez quelques sauriens, par exemple, lacerta agilis et vivipara. Elle est arrondie, allongée ou pyriforme; elle est ordinairement libre ou du moins très peu adhérente au foie dans les batraciens ; d'au: tres fois, comme dans les lacerta ocellata et agilis et dans la chelone caouana, elle est pour ainsi dire enfouie dans la substance du foie. Dans les crocodiles a deux arêtes, on la trouve placée en partie sur la portion droite du foie, dépassant le bord de ce viscère et atteignant l’estomac par son fond. Dans les camnéléoniens, elle est grande et placée au fond de l’échancrure qui divise le foie en deux portions.
Dans les reptiles, en général, il y a un canal cholédoque commun, parfois cependant les conduits hépatique et cystique s’abouchent chacun isolément dans l'intestin, par exemple, chez le boa constrictor. Chez un grand nombre d’ophidiens, le canal hépatique offre une longueur remarquable; chez ces reptiles, le canal cholédoque est toujours plus ou moins enveloppé par le pancréas dans une partie de son trajet et se con -
FOIE
fond avec le conduit de cette glande avant sa terminaison. Dans les chéloniens, le canal hépatique envoie une branche de communication au canal cystique, non loin de la vésicule ; ces deux canaux, s'ouvrent séparément dans l'intestin, quoiqu’à une petite distance l’un de l’autre.
Dans la majeure partie des reptiles l’insertion du canal commun, ou des conduits hépatique et cystique, se fait au commencement du duodenum tout près de l’orifice pylorique.
D. Poissons.
Le foie des poissons est ordinairement placé à la base de la cavité abdominale, et s'étend souvent jusqu’à la partie postérieure de cette cavité (c/upea, gadus, gasterosteus), en entourant quelquefois la plus grande partie du canal intestinal (presque tous les cyprins). Le foie est maintenu contre le diaphragme par les nombreux vaisseaux qu’il reçoit de l’estomac et des intestins , et par les replis du péritoine, qui ne sont souvent que de simples filets.
Le foie est ordinairement assez volumineux, au moins relativement, il est remarquable par la grande quantité de graisse qu’il contient. Sa consistance est assez molle et sa couleur varie du jaune au brun noirâtre, avec les nuances rouges intermédiaires. La forme du foie éprouve des modifications très nombreuses, qui dépendent souvent de la forme et des dimensions de la cavité abdominale, et qui paraissent dépendre aussi du régime auquel le poisson est astreint par la forme de son canal alimentaire et par celle de son estomac en particulier.
Le foie des poissons offre, tantôt l’aspect d’une seule masse partagée par un grand nombre d’incisions qui ne sont pas assez profondes pour faire regarder le foie comme divisé en plusieurs lobes; par exemple le foie très petit des muræna, tetrodon, l’osmerus cottus, cobilis malaco ptéryques , apodes, etc., etc. ; mais le plus souvent, le foie est divisé en deux lobes latéraux à peu près égaux (cerniebrun), qui sont entièrement séparés, comme chez les myxinoides, où réunis par une commissure transversale, souvent volumineuse comme dans les squales, le gymnotus, la plupart des gadus, le vomer, le silurus et beaucoup d’autres.
Les raies, les clupes, la plupart des cyprins, les tinnus offrent un foie partagé en trois lobes , l’ammodite tobianus a mème son foie composé de lobules nombreux réunis ensemble par les canaux biliaires.
Lorsque le foie offre deux ou trois lobes, c’est ordinairement le gauche qui est le plus considérable, ainsi, dans les merluches il s'étend jusque dans le fond de la cavité abdominale.
La vésicule du fiel existe dans l’immense majorité des poissons, elle manque néanmoins dans la variole du Nil, dans le /abrus turdus, dans quelques espèces de rougets, dans l’hémilepidote de Tilesius, dans l’ammocætes, etc., etc... Située ordinairement immédiatement au-dessus du foie , elle est quelquefois logée dans la substance même de cet organe, comme chez quelques cyprins, l’accipenser et plusieurs raies; d’autres fois, comme chez beaucoup de squammipennes, les salmosalar, vomer Browniüi,la vésicule est entièrement séparée du foie, et se trouve placée entre cet organe et l'estomac ou l'intestin, ayant son fond dirigé en arrière, et ne tenant au foie que par les vaisseaux hépatiques qui se joignent au canal cystique.
Grande et adhérente à la face concave de la partie droite du foie, chez la perche fluviatile, le bar, la vésicule est oblongue dans l’énoplose, petite et de forme globuleuse dans le grammiste oriental.
Les sparoides et scienoides ont une vésicule très étroite et tellement allongée, que chez le maigre du Cap, elle atteint presque le fond de la cavité abdominale, et que dans l’otolethe royal, elle va presque jusqu’à la fin du rectum.
Dans les malacoptérigiens abdominaux, la vésicule est, tantôt attachée au foie et incrustée même dans ce viscère, comme chez la petite bréme , la bréme commune et le meunier, tantôt libre et détachée, comme dans le saumon et la truite.
La vésicule ne semble pas offrir chez les raies, un volume et une importance considérables, elle manque même dans la mou rine. Elle est pyriforme, de couleur vert-pré et située à droite, entre le lobe droit et le canal intestinal dans la famille des gades et en particulier dans la 770orue; son fond est dirigé en arrière et assez loin de la fin du canal excréteur.
Dans les poissons, le canal cystique est le plus volumineux; les canaux hépatiques sont en nombre assez considérable, ils viennent tous s’insérer successivement quelquefois à la vésicule, mais le plus souvent au canal cystique qui conduit ainsi toute la bile dans l'intestin.
Le canal commun, qui peut donc être considéré comme la continuation du canal cystique, est quelquefois épais et pourvu de parois musculaires (quelques squales); il s'ouvre dans le canal intestinal ordinairement derrière le pylore, et lorsqu'il existe des
appendices pyloriques, à la base de l’un de ces cæcums les plus avancés et les plus éloignés du foie.