DE LA
1° Vésicule de de Graaf. Déjà connues de Vésale et de Fallope qui les ont décrites dans leurs ouvrages , ces vésicules, avant d’être arrivées à leur état complet de développement, sont profondément enfoncées dans le parenchyme de l'ovaire, et invisibles à l’œil nu. Alors leur volume varie beaucoup; toutefois il ne présente jamais moins de 1/4 de ligne de diamètre; mais à mesure que l’œuf qu'elles contiennent grossit, elles se développent proportionnellement, refoulent le tissu cellulaire de l'ovaire autour d’elles, se rapprochent de sa surface, et finissent par devenir saillantes sous l'enveloppe commune de l’organe, qui s’amincit, devient plus rouge et plus transparente. Lorsque les vésicules de de Graaf sont complétement développées, elles présentent un diamètre qui varie de 7 à 8 millim. C’est dans cet état qu’il convient de les étudier.
Le nombre des vésicules contenues dans chaque ovaire varie beaucoup; il est ordinairement de 12, 15 ou 20. Dans un cas, Haller n’en a trouvé que 2, il n’y en a quelquefois que 3 à 4; mais quelquefois aussi on en a observé plus de 20 ; Rœderer, par exemple, en a compté jusqu’à 30 et même 5o.
Lorsque la vésicule de de Graaf est parvenue à la surface de l’ovaire, on reconnait avec Baer qu’elle est constituée par une membrane extérieure, composée de deux feuillets distincts, par une membrane granuleuse qui tapisse sa cavité, et par un
liquide.
L’enveloppe extérieure est composée de deux feuillets; l’externe est considéré comme de nature fibreuse assez dense; sa texture est très délicate. L’interne, nommé tunica propria folliculi par Bischoff, ovisuum par Barry, est lisse en dehors et couvert de granulations en dedans; il est épais, mou et opaque.
La membrane granuleuse tapisse toute la surface interne de la vésicule de de Graaf, mais n’a aucune continuité avec elle. Elle est formée par une multitude de granulations ou de vésicules, d’un blanc jaunâtre, réunies entre elles par un liquide visqueux, albumineux et coagulable. Ces granulations renferment dans leur intérieur des granules. Krause les considère comme des noyaux de cellules d’un diamètre de 1/150 à 1/75 de millim; suivant R. Wagner, elles ont 1 /200 à 1/300, et suivant Huscke 1/113.
La membrane granuleuse présente un épaississement remarquable dans l’endroit où la vésicule de de Graaf correspond à la surface de l'ovaire. C’est dans ce point que se trouvent enchâssés les ovules qui n’ont avec elle aucune connexion vasculaire. Ils se trouvent simplement, suivant la remarque de M. Courty, placés à la manière de grains de sable juxtaposés, et réunis ensemble par une matière plus ou moins humide. C’est à cet épaississement de la membrane granuleuse, au milieu duquel est placé l’œuf, qu’on donne le nom de disque proligère. La largeur de ce disque est de 1/5 à 1/3 de millim. suivant Huschke.
Une moitié de l’ovule, placée dans une fossette creusée à la surface externe de la membrane granuleuse, produit du côté de la cavité de la vésicule une petite saillie qu’on a désignée sous le nom de cumulus proliger, et Vautre moitié soulève un peu l’enveloppe extérieure.
Le liquide contenu dans la cavité de la vésicule de de Graaf est très abondant proportionnellement au volume de la vésicule, principalement dans l’espèce humaine; il est visqueux, clair et