‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 139 sur 373 · FEMME · texte numérisé non relu

FEMME

albumineux; la chaleur, les acides et l’alcool le coagulent. On y trouve quelques gouttelettes d'huile, sous forme de globules transparens.

Huschke pense que la membrane granuleuse doit étre considérée comme une membrane séreuse à cause de la disposition qu’elle affecte à l’égard de l’ovule.

Les parois de cette vésicule sont parcourues par des vaisseaux qui leur arrivent de la partie profonde de l'ovaire et se ramifient dans la portion qui est enfoncée dans son épaisseur. Le réseau vasculaire qu’ils forment est très considérable, surtout lorsque la vésicule est parvenue à son parfait développement.

2° Ovule ou œuf humain. Baer est réellement le premier qui l'ait découvert en 1827. Pour le trouver, il faut en général le chercher sur une vésicule de de Graaf parvenue à son complet développement. Si alors on la perce, il s’en échappe avec le liquide qu’elle contenait, en trainant avec lui le disque proligère et la membrane granuleuse. On ne peut l’étudier convenablement qu'à l’aide du microscope.

L’ovule est globuleux, sphérique et quelquefois allongé dans l'espèce humaine ; il présente un volume variable : Krause estime son diamètre entre 1/7 et 1/8 de millim., Jones Warton entre 1/5 et 1/12 de millim. Sa couleur est d’un jaune clair. Il est constitué 1° par une enveloppe extérieure, 2° par le vitellus ou jaune, et 3° par la vésicule germinative.

Enveloppe extérieure de l'œuf, appelée aussi membrane vitelline. C’est une membrane tout-à-fait transparente, appelée par cette raison zone transparente (zona pellucida de Bauer). Son épaisseur est très grande; suivant Krause, elle varierait entre 1/45 et 1/24 de millim. ; elle est aussi très dense, très solide et très élastique. Plusieurs auteurs allemands, entre autres Krause, Valentin et Barry, ont cru qu'elle était constituée par deux pellicules concentriques, très minces, séparées l’une de l’autre par une cavité contenant une couche d’albumine très claire et transparente ; mais il est facile de démontrer qu’il n’en est pas ainsi, car si l’on opère une déchirure dans l’œuf, on voit, après que son contenu est sorti, que cette membrane conserve son épaisseur, et qu’il n'apparaît sur les bords aucune matière qui puisse faire soupçonner qu’elle est composée de deux feuillets. L'opinion qui veut que la membrane en question corresponde au chorion futur de l'œuf utérin, opinion émise par Baer, Wagner, Bischoff, Huschke et autres, nous paraît la plus conforme à la vérité.

Vitellus ou jaune. La cavité de la membrane précédente est remplie par le jaune ou vitellus. Plusieurs auteurs, Valentin, Krause et autres, ont admis que le jaune était enveloppé par une membrane particulière, dont ils ont même porté l'épaisseur de 1/533 à 1/88 de millim. Mais cette membrane n’est pas admise en France par MM. Coste et Courty : L'erreur, disent-ils, tient à l’ombre foncée et correcte qui limite la membrane vitelline ; pour détruire cette ombre il n'y a qu’à crever cette dernière membrane, aussitôt le jaune s’en échappe.

Quoiqu'il en soit, le jaune est composé d’une masse épaisse, visqueuse, qui contient des granulations ou globules très petits, ayant un diamètre de 1/133 à 1/80 de millim., d’après Krause.

Ces globules sont égaux en volume dans l'espèce humaine et chez la plupart des mammifères.

Dans l'espèce humaine on rencontre quelquefois deux ovules dans une vésicule dede Graaf; c'est peut-être là, suivant Huschke, une des causes de grossesse double.

Vésicule germinative. Découverte pour la première fois par Purkinge dans l'œuf de l'oiseau, et par Coste dans l’œuf humain, cette vésicule se trouve emboîtée dans l’ovule et placée dans le jaune ; elle répond par un de ses points à cette partie de l'œuf qui est en rapport avec la partie externe ou superficielle de la vésicule de de Graaf. On peut quelquefois l’apercevoir à travers les parois de l’ovule; mais pour cela il est quelquefois nécessaire de le comprimer un peu. Si l’on veut la bien voir, il faut avoir le soin de prendre un ovule sur une femme ou une femelle d’animal récemment morte, et l’ouvrir avec beaucoup de précaution, car elle se déchire et se détruit avec une grande facilité. D'après Krause, son diamètre est environ 1/26 ou 1/30 de millim. Sa forme est sphérique ou allongée, sa transparence est très grande, et son enveloppe très mince contient dans son intérieur un liquide très clair, albumineux, peu consistant, incolore, dé:pourvu de granulations, suivant Huschke, et renfermant, suivant Wagner, 1, 2 ou 3 corpuscules chez quelques animaux, et 20, 30 à 4o chez quelques autres.

Le même auteur désigne ces corpuscules sous le nom de corpuscules germinatifs. On a reconnu que chez les oiseaux et dans les autres classes inférieures du règne animal la vésicule germinative était fixée dans un disque analogue au disque proligère de l’ovule: mais ce disque n’a pas encore été rencontré ni dans l’espèce humaine, ni chez les autres mammiféres.

Tache germinative. C'est une tache particuliére, découverte par R. Wagner dans l’intérieur de la vésicule germinative. Elle est en contact avec un point de la surface interne de son enveloppe, arrondie, plus transparente au milieu qu’à sa périphérie, ce qui, suivant Huschke, pourait faire supposer qu'elle renferme encore une quatrième vésicule emboîitée. R. Wagner attache beaucoup d'importance à cette tache; il la considère comme la portion fondamentale de la vésicule du germe, comme un germe vivant, existant avant la conception, et qui n’a besoin, pour se développer, que de subir l'influence du sperme; mais en France, Coste, Courty et la plupart des embryogénistes sont loin de lui attribuer autant d'importance. Il est certain que cette tache présente des variétés si nombreuses, qu'il paraît difficile de la considérer comme l’élément essentiel de la vésicule germinative. Ainsi il n’y en a qu’une dans l'espèce humaine et les mammifères, il y en a 20, 30 et même plus chez quelques reptiles et chez quelques crustacés ; chez les oiseaux, et surtout chez la poule; tantôt on en a trouvé une seule, tantôt on n’en a pas trouvé du tout, De tout cela il résulte que, dans l’état actuel de la science, on ne peut tirer d’autres conclusions que celle-ci : c’est que la totalité de la vésicule germinative sert à former le germe.

Quelquefois on rencontre des ovaires sans vésicules de deGraaf. M. Cruveilhier qui en a examiné un grand nombre, pour étutudier l'anatomie pathologique de l'ovaire, a vu que, dans le cas d'absence de vésicules, ces organes étaient altérés. Cet auteur considere, avec raison, l’absence des ovules comme une cause de stérilité.

Vaisseaux sanguins et bmphatiques des ovaires. Nous y insisterons peu, car leur origine et leur disposition sont à peu près les mêmes que celles des vaisseaux des testicules.

ORGANES GENITAUX

Les artères de l'ovaire, qui ne sont autre chose que les spermatiques, sont quelquefois au nombre de deux de chaque côté. Nées du même point, elles descendent dans le bassin, parviennent au bord supérieur des ovaires, et leur fournissent un grand nombre de rameaux, ainsi qu’aux trompes utérines. Loin de se consommer entièrement dans ces organes, elles ne leur distribuent que la plus faible partie, et vont répandre le reste sur les côtés et sur le fond de l’utérus, comme il est facile de le voir sur la planche 73, fig. 1°, lettres ff. — Huschke a décrit une autre artère, naissant de l'artère rénale et allant s’unir, après un trajet très compliqué, à la portion utérine de l'artère ovarique, d’où elle envoie quelques branches de bas en haut, vers le point d'insertion de la glande ovarique , à son ligament. La portion de l'artère ovarique qui se répand dans l'utérus, forme des flexuosités nombreuses et considérables, qui prennent surtout un grand développement pendant la grossesse. Les rameaux ovariques n'y prenant alors aucune part, restent petits, de sorte que la portion d’artère qui se répand à l'ovaire, semble bien plutôt n'être qu'une dépendance de la portion qui se rend à l’utérus.

Les veines ovariques naissent de l’utérus, dans lequel elles communiquent largement avec les sinus utérins des ovaires, des ligamens ronds et des trompes utérines ; toutes ces branches diverses se réunissent dans l'épaisseur du ligament large, en un ou deux troncs, qui se portent verticalement en haut, et suivent la direction des artères du même nom. Les racines des veines ovariques qui viennent de l'utérus, prennent part au développement général du système veineux de cet organe pendant la grossesse.

Les vaisseaux lymphatiques des trompes et des ovaires se joignent à ceux de l’uterus, et vont se rendre aux mêmes ganglions que ceux de cet organe (voyez J’aisseaux Drmphatiques de l'utérus).

Usages des ovaires. Ces organes sont de véritables glandes destinées à sécréter, non plus un liquide comme les autres organes glandulaires, mais les vésicules de de Graaf, qui sont des corps solides, contenant tous les élémens des êtres, et n'ayant besoin que de subir l’action fécondante du sperme pour se développer. Cette opinion se fonde sur plusieurs preuves décisives.

1° L’extirpation des ovaires, de même que celle des testicules, entraine à sa suite la stérilité. Cette opération se pratique très souvent sur de jeunes laies, pour les rendreimpropres à la fécondation.

2° Le germe de l'ovaire fécondé se développe quelquefois dans cet organe, c'est là ce qu’on nomme la grossesse ovarique.

Ligamens ronds ou cordons sous-pubiens. On donne ce nom à des cordons musculeux, qui naissent des parties latérales de la matrice, au-dessous et au-devant des trompes, et qui, de là, se portent du bord un peu en haut et en dehors, en marchant au-dessous des ligamens larges dont ils soulèvent le feuillet antérieur. Parvenus vers le milieu de la demi-circonférence, ils suivent le demi-contour antérieur du détroit supérieur, remontent un peu en forme d’aileron, et gagnent l’orifice interne du canal inguinal, qu’ils traversent pour venir se perdre au-devant de son orifice externe, dans le mont de Vénus(voy. planche 63, t. v, lettres B, B', B° et B°). Dans leur trajet, ils sont accompagnéspar un petit prolongement du péritoine, qu'on désigne sous le nom de canal de Nuck, et qui forme autour d’eux une gaîne

cylindrique, qu’on peut suivre jusqu’à l'orifice externe du canal inguinal. Ce prolongement, disposé en cul-de-sac, comme celui que forme la tunique vaginale, lui a été comparé et a été considéré comme pouvant prédisposer à la hernie. Des auteurs, parmi lesquels est M. Roux, disent que ce canal, qui est très petit, nese rencontre pas chez tous les fœtus, et n'existe d’ailleurs que chez ceux qui sont très jeunes, tandis que d'autres auteurs disent qu’on le rencontre presque toujours.

Les ligamens ronds, un peu plus larges à leurs extrémités qu’à leurs parties moyennes, sont un peu aplatis dans toute lear étendue; leur volume varie suivant les sujets, mais jamais il ne surpasse celui de l’uretère. Le ligament rond du côté gauche est généralement un peu plus long que celui du côté droit, à cause de l’obliquité presque constante de l'utérus à droite.

Les ligamens ronds sont formés par des fibres musculaires rougeàtres et ondulées, qui proviennent des faces antérieure et postérieure de l'utérus, et qui convergent vers les trois appendices qui forment les annexes de l'utérus, et surtout vers les ligamens ronds, pour se continuer avec leur tissu. Ces fibres sont bien réellement formées par un tissu musculaire. M. Roux les croit constituées par un tissu cellulaire très dense. Mais ce qui a pu donner lieu à cette erreur, c’est le peu de rougeur du tissu de la matrice, rougeur, du reste, qui est analogue à celle de tous les muscles de la vie organique.

Outre les fibres musculaires qui entrent dans leur composition, les ligamens ronds contiennent un grand nombre de vaisseaux, et surtout de veines qui serpentent dans leur épaisseur. Ces veines deviennent quelquefois variqueuses; le lieu où cet état variqueux a été observé le plus souvent est l’orifice externe du canal inguinal ; on va même jusqu’à dire qu'elles ont quelquefois simulé une hernie dans cet endroit ; c'est surtout pendant la grossesse que le développement de ces vaisseaux est remarquable.

Les ligamens ronds sont entièrement pleins, et ne présentent aucun canal dans leur intérieur, comme le croyait Dionis.

Quant aux usages des ligamens ronds, Dionis pensait qu'ils consistaient à abaisser le museau de tanche, en le contractant lors de l'union des sexes, et à l’amener à la rencontre de la verge ; mais il est évident qu’il n’en est pas ainsi, car, leur insertion à la matrice, étant moins élevée que leur extrémité inguinale, il est évident que s’ilsse contractaient pendant le coiït, ils produiraient plutôtun effet contraire. Ces ligamens ont bien plutôt pour action de maintenir l’utérus dans sa position naturelle, et de l’empècher d’étrerenversé en arrière par la vessie distendue par l'urine. Is la soutiennent aussi jusque vers le milieu de la grossesse. Ould a prétendu qu’ils empéchaient encore la matrice de peser sur le rectum(4ccouch., p.17). Haller, se fondant sur ce qu'ils contiennent un grand nombre de vaisseaux et sur ce qu'ils sont très gonflés pendant la grossesse , pensait que ces ligamens servaient à transmettre dans les vaisseaux fémoraux, une partie du sang qui surcharge la matrice pendant la grossesse ; mais cette opinion est une pure hypothèse qui tombe d'elle-même devant les notions anatomiques. C’est à peine s’il convient de rappeler aussi l'erreur de Spigel qui, pensant que ces cordons étaient creux, croyait que la semence les parcourait pour se rendre au clitoris.

Pendant la grossesse, lorsque la matrice s’élève, les ligamens ronds sont tiraillés et peuvent, dit-on, causer des douleurs assez vives dans les aines et dans les cuisses ; mais comme leur extension se fait graduellement de même que le développement de l'utérus, il n'est pas certain que ces douleurs, que les femmes

éprouvent quelquefois, dépendent du tiraillemenet de ces liga: mens,

Les ligamens larges sont deux replis formés par le péritoine, situés à droite et à gauche de la matrice, et constituant, avec cet organe et le haut du vagin, une cloison transversale qui divise toute la hauteur du bassin en deux cavités, l’une antérieure, qui est occupée par la vessie, et l’autre postérieure; plus profonde que la précédente, où se trouve le rectum. Les deux feuillets qui les constituent s'écartent au niveau de la matrice, pour la recevoir entre eux. En bas et sur les côtés, ils s’écartent aussi, et se continuent avec le péritoine qui tapisse l’excavation pelvienne. Leur bord supérieur et libre qui commence aux angles de l’utérus et se termine aux fosses iliaques, est presque situé au même niveau que le bord supérieur de cet organe.

Les ligamens larges contiennent, entre les deux feuillets qui les composent, souvent un peu de graisse, puis l’ovaire, le ligament rond et la trompe. Ces divers organes sont disposés, entre les feuillets, de façon à les diviser en deux ou trois replis secondaires qu’on appelait ailerons , tandis que les ligamens larges étaient appelés ailes de la matrice.

L'un de ces ailerons, celui qui est situé en arrière, contient l'ovaire et son ligament dans son épaisseur, et est produit parce que cet organe soulève le feuillet postérieur du ligament large correspondant.

L'’aileron moyen répond au bord libre du ligament large, contient la trompe et se trouve un peu plus élevé que le précédent.

Enfin le troisième , situé en avant et un peu au-dessous des deux autres, enveloppe le ligament rond, et est constitué par le soulèvement du feuillet antérieur du ligament large, par le cordon. Dans l’état naturel, ce troisième aileron est très peu marqué, aussi a-t-il été admis par les uns et rejeté par les autres. Au-dessous de ces trois ailerons, les ligamens larges contiennent entre leurs lames une couche ‘plus ou moins épaisse de tissu cellulaire qui les sépare. En bas et en dehors, ce tissu se confond avec le tissu cellulaire sous-péritonéal du bassin et des fosses iliaques.

Développement des organes génitaux de la femme.

1° Développement des ovaires. De même que dans les testicules, ces organes ne commencent à paraître qu'après que les autres organes principaux existent déjà à l’état rudimentaire; ils se présentent d’abord sous la forme de deux bandelettes oblongues, d’une couleur blanche, situées le long du bord interne des corps de Wolff. Ils ressemblent alors parfaitement aux testicules, sous le rapport de la texture et de l'apparence. On s’est fondé sur cette ressemblance, pour dire que, dans les premiers temps ; l'embryon n’avait pas de sexe, et cela avec d’autant plus d’apparence de raison, qu’il n’existe alors, pour ainsi dire, aucun signe propre à faire distinguer les sexes; cependant en examinant les organes génitaux externes des deux sexes, on voit qu’il existe une grande analogie entre eux, et qu'ils paraissent appartenir tous au sexe féminin; ce qui a fait admettre cette autre opinion que tous les embryons commencent par appartenir à ce dernier sexe. Toutefois, la ressemblance n’est qu’apparente, et la plupart des physiologistes modernes admettent queles sexes sontdifférens dès l'origine, quoiqu'ils conservent pendant quelque temps des organes quinesont pasencore distincts. Bischoff fait remarquer à

cet égard que le même phénomène s’observe dans l’état rudimen-

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taire des organes les plus divers. « Ainsi personne, dit-il, ne serait en état de distinguer les premiers linéamens du poumon et du foie. D'ailleurs, cette apparente identité est poussée bien plus loin encore dans les cellules primaires de tous les organes, auxquels nous sommes forcés d'attribuer des forces diverses, en vertu desquelles elles produisent, par leur développement, les tissus les plus différens. Si donc les rudimens des organes génitaux se ressemblent pour la forme extérieure, chez les deux sexes, il est certain qu’ils possèdent déjà les forces qui se déploient plus tard sous différentes formes, et qui produisent ces formes diverses elles-mêmes (Æncyclop. anat., t. vx). »

A une époque un peu plus avancée, il se manifeste, entre l'ovaire et le testicule, des différences qui portent sur leur forme, sur leur situation et sur leur développement histologique luimême. Ainsi, l'ovaire reste plus allongé et plus aplati que le testicule ; il se place simplement dans une situation oblique qui se rapproche peu à peu de la transversale, qu'il finit par prendre. Il descend aussi en même temps, mais beaucoup moins que le testicule, car il ne dépasse pas le milieu de l’excavation pelvienne. La différence de situation et de forme suffit pour faire distinguer les enveloppes des différens sexes, lorsque déjà on a pu les observer.

Le développement histologique de l'ovaire, et principalement des vésicules de de Graaf, est devenu, surtont depuis quelque temps, le sujet de recherches très importantes, parce qu’on a cherché à déterminer en même temps le rôle que jouent l'œuf et la vésicule germinative, dans l'acte de la formation des cellules. Ces recherches ont été faites en Allemagne, par Purkinje, Baer, R. Wagner, Valentin, Barry, Bischoff , et en France, par Coste et Courty.

Les auteurs allemands, Purkinje et Baer, ont pensé que la vésicule germinative était probablement la partie de l’œuf qui se formait la première, en se fondant sur ce qu'on la trouve d'autant plus grosse, d’une manière relative, que les œufs sont plus jeunes. D’autres auteurs ont tâché de résoudre ce problème par l'observation. Nous ne parlerons pas des recherches de Wagner, qui n’ont été faites que sur des œufs d'insectes; mais nous allons donner le résumé des observations que Valentin a faites sur des œufs de mammifères.

Valentin a fait ses recherches sur de jeunes embryons de cochons et de brebis, longs de 11 centim. et plus. Il annonce d'abord (Archives de Muller, 1838, p. 529) qu'il avait observé des lignes parallèles qui se dirigeaient de toute la surface des ovaires vers un axe longitudinal de ces organes. Entre ces lignes il put voir souvent des globules disposés en lignes droites, et situés à peu près à égale distance les uns des autres. Chez les embryons de trois mois, le tissu des ovaires se composait de gros grains, plus ou moins isolés; mais c'était seulement six mois après la naissance, qu’on y découvrait pour la première fois des vésicules de Graaf. En poursuivant ses recherches, il publia plus tard (Archives de Muller, 1840, p. 230), que dans le blastème de l'ovaire il avait observé qu’il se forme d’abord des languettes, qui se subdivisent en d’autres plus étroites, et qu’ensuite il s’y développe une cavité, en suivant absolument le même type que les canalicules séminifères qui se produisent dans le testicule. Ces tubes sont très faciles à voir chez des fœtus de vaches et de brebis, longs de 8 à 10 centim. Peu après leur apparition , les vésicules se développent dans leur intérieur. Valentin croit en avoir vu les premières traces chez des embryons de brebis, longs de 16 centim., et dit qu'il y en avait déjà plusieurs centaines

dans ceux des vaches, longs de 22 à 27 centim. Dans ce cas, les vésicules sont disposées en séries, dans les lignes canaliculées qui disparaissent en raison de leur développement. Le diamètre de ces vésicules lui a paru devoir être estimé de 1 /45° à 1/30° de millim.; elles sont composées d’une enveloppe extérieure transparente, et d’une substance intérieure très riche en granulations. À mesure que la vésicule augmente, son contenu se liquéfie, et les grains, qui depuis la première apparition de ces dernières étaient rangés en lignes régulières, forment, à la surface interne de sa membrane, une agrégation membraniforme (membrane granuleuse de Baer). Ensuite, les diverses parties de l'œuf se développent dans la vésicule, mais il est fort difficile de suivre leur mode de production, à cause de l'abondance des grains qui l'entourent; mais du moment où l’ovule devient visible avec sa membrane vitelline, aiusi que la vésicule et la tache germinatives, on peut mieux saisir ce qui se passe ; ainsi, on voit que chacune de ces dernières parties présente primitivement un volume plus fort, relativement à celui de la vésicule entourante, tandis que quand cette vésicule est parvenue à une plus forte dimension, elle diminue relativement, attendu que les parties entourantes continuent de s’accroître avec d'autant plus d'énergie qu’elles sont plus extérieures. Valentin pense que l'œuf se forme comme les globules ganglionnaires, et que, par conséquent, la tache germinative et la vésicule germinative se développent d’abord, qu'ensuite il se dépose autour de cette cellule nne masse à grains fins, qui bientôt s’entoure d’une enveloppe simple, formée par la membrane vitelline ou la zone transparente. Dans ce système, l'œuf ne serait point une cellule primaire simple, mais bien une formation enveloppante secondaire, dans laquelle la vésicule germinative fonctionnerait elle-même comme noyau (Muller, Archives, 1840, p. 230).

Barry, qui a fait de nombreuses recherches sur le développement de l’œuf dans toutes les classes d'animaux vertébrés et principalement chez les mammifères, a toujours vu la vésicule et la tache germinatives apparaître en premier lieu. Elles sont enveloppées par d’autres vésicules auxquelles il donne le nom d’ovisau, et qui deviennent chez les mammifères les vésicules de de Graaf, Ces ovisaux ont la constitution que nous avons donnée aux vésicules de de Graaf; leur nombre est très grand, mais il y en a beaucoup qui ne parviennent pas à leur entier développement; la plupart même disparaissent, tandis qu'il s’en forme de nouveaux. Pour ceux qui parviennent à se développer, des petits grains où des gouttelettes de graisse se rassemblent autour de la vésicule germinative, afin de constituer les granulations vitellines ou le jaune, autour duquel se forme une membrane fine (membrana vitellÿ) qu’enveloppe ensuite la membrane corticale ou vitelline (zone transparente ou chorion). Plus tard il se forme, autour de la membrane vitelline, une membrane grenue qu'il nome tunica granulosa , c’est le disque proligère de Baer, puis une autre membrane grenue qui tapisse l’intérieur de l’ovisau, puis des espèces de crochets ou retinacles servant à unir la membrane granuleuse avec l'œuf qui nage d’abord dans le milieu de l’ovisau. C’est à l'aide de ces retinacles, dit Barry, que l’œuf s'étend plus tard vers un point de la surface interne de l'ovaire (Phïlosoph. transact., 1838, p. 11.)

Henle admet que la vésicule de de Graaf se forme la première, et la considère comme une vésicule glandulaire primaire (Anat. gén, t.2, p. 560.)

Bischoff, désireux d'approfondir ce sujet, a examiné l'ovaire et les œufs tant chez des embryons que chez des animaux, et

des nouveau-nés du sexe féminin. D'abord il n’a pu apercevoir, ni sur les embryons de femme, ni sur ceux de vache, de brebis, de truie, de chienne, de lapine, de lièvre, etc., les languettes et les tubes dont parle Valentin : cependant, il les a examinés à une époque aussi récente que ce dernier; aussi pense-t-il qu'ils n'existent pas.

Cependant, leur première apparition semble varier dans les divers ordres de la classe des mammifères et, chez tous les animaux, être de beaucoup postérieure au premier développement des canalicules Spermatiques du testicule. 11 n’a pas encore pu découvrir, chez les chiennes et chez les lapines, de trace de vésicule en train de se développer avant la naissance. Il en a été de même pour la majorité des embryons appartenant à l'espèce humaine, tandis qu’il a vu la vésicule se former de très bonne heure chez les embryons de vache et de truie.

Dans le principe, on ne distingue dans les ovaires que des cellules primaires et des noyaux de cellules. Plus tard, les vésicules se montrent sous forme de petits groupes composés de cellules primitives régulièrement rangées et se réunissant ensemble; ces groupes très nombreux sont épars dans l’organe. D'abord difficiles à reconnaitre, ces cellules deviennent faciles à distinguer, parce que celles qui sont périphériques se confondent ensemble d’une manière plus complète et représentent une enveloppe délicate et transparente, tandis que le contenu devient liquide. Bientôt une couche de cellules s'applique sous forme d’épithélium à la face interne de la membrane de la vésicule qui semble alors de nouveau formée de cellules; mais en examinant avec attention, on constate qu'il existe une tunique propre homogène, en dedans de laquelle cette couche de cellules est appliquée. Ce follicule semble donc, à Bischoff, être une vésicule glandulaire primaire qui n’est pas seulement formée, comme toutes les autres, par une membrane cellulaire primaire, mais par une fusion de cellules. Les enveloppes de ces vésicules ne sont point des enveloppes de cellules primaires. De très bonne heure il se dépose autour d’elles, à l’extérieur, une couche de cellules allongées en fibres; au lieu d’être rondes, elles ont le plus souvent une forme ovale. Jamais leur intérieur n’a offert à Bischoff un noyau de cellules, comme on en voit dans une cellule primaire. Leur contenu se compose d’un liquide limpide, dans lequel on remarque des noyaux de cellules et des granulations tout à fait semblables aux futures granulations vitellines ; un peu plus tard, lorsqu'elles sont devenues plus grosses et plus nombreuses, on découvre dans leur intérieur une seconde vésicule limpide, parfaitement sphérique et munie d’un noyau qui ressemble absolument à la vésicule germinative, et qu’on doit regarder comme telle. Cette vésicule a relativement d’autant plus de volume qu’on l’examine plus tôt; il se dépose autour de la vésicule germinative des grains analogues aux granulations vitellines, en abondance d’autant plus grande que le follicule est plus développé.

À une époque plus avancée, Bischoff trouve dans les vésicules les petits œufs avec toutes leurs parties essentielles, savoir : la zone transparente, le jaune, la vésicule et la tache germinative. Les plus petits follicules dans lesquels il a pu apercevoir un semblables ovule avaient 1/4 à 1/8 de millim. de diamètre. Les ovules sont ensuite très gros, proportionnellement au follicule, de sorte que les parois de ce dernier s'appliquent presque immédiatementsur eux. La zone est alors très pâle et ses limites peu marquées.

Bischoff conclut d’après ces résultats, que, par rapport à l’his-

toire du développement de l'œuf, celui-ci n’est point une cellule primaire comme le pensait Schwann ; il pense, au contraire, que c'est une formation secondaire dans laquelle la vésicule germinative joue le rôle d’un noyau. (ÆEncyclop. anat., t. vin, p- 366.)

Toutes ces observations ont beaucoup d’analogie avec celles de Valentin, et parlent en faveur de son opinion. Toutefois, il y a encore beaucoup de points qui n’ont pas pu être observés suffisamment pour être éclaircis ; il est donc important de les étudier encore. Toutefois, le volume des objets est si petit, et ils sont si compliqués dans leur nombre et leur arrangement, qu'il est à craindre qu’on ne puisse encore de longtemps parvenir à en donner une bonne et exacte description.

En France, on pense assez généralement que l'existence de l'œuf précède celle de la vésicule de de Graaf. Voici comment M. Courty en donne l'explication :

Si sur des fœtus femelles plus ou moins rapprochés du terme de leur évolution on étudie des tranches de l'ovaire, on voit dans l'épaisseur de cet organe des points disséminés qui sont autant de vésicules de de Graaf en voie de formation, d'abord vaguement dessinée, se limitant de mieux en mieux, à mesure que le fœtus avance en âge. Dès le principe, l'œuf touche de toutes parts l'ovaire, et lui-même crée la vésicule de de Graaf en produisant autour de lui une irritation qui condense les tissus environnans, et lui construit une véritable loge. C’est donc l'œuf qui apparaît et se développe d’abord (Courty, de l'œuf et de son développement dans l'espèce humaine.)

Tout ce qu’on a dit des ovaires dans les mammifères peut être appliqué au développement des ovaires chez l'embryon humain. Bischoff a vu les vésicules de de Graaf et les œufs s’y produire absolument de la même manière.

Avant que Carus n’eût démontré le contraire, on pensait généralement que les vésicules de de Graaf ne paraissaient qu'après la naissance. Mais cet auteur a démontré qu’on en rencontre déjà avec des œufs dans leur intérieur chez les filles qui viennent de naître, et qu’elles sont plus prononcées et plus nombreuses durant les premières années qui suivent la naissance. Bischoff en a rencontré même chez des embryons. Mais l’époque à laquelle se développent les vésicules de de Graaf varie beaucoup, dit cet auteur, suivant les individus. Chez la grande majorité on ne trouve pas que ces organes soient, avant la naissance, parvenus à un degré de développement suffisant pour être reconnaissables Bischoff a pourtant rencontré des filles nouvellement nées, chez qui les vésicules de de Graaf étaient assez développées, et chez qui les œufs étaient parvenus au point qu'on pouvait les reconnaitre de l’extérieur; mais dans ce cas, le nombre des vésicules complétement formées était toujours peu considérable. En général, les vésicules de de Graaf sont bien développées à l’âge de la puberté, alors que la femme est apte à concevoir , et ce développement continue à se faire sans interruption pendant tout le temps que dure cette aptitude.

Changemens qui se manifestent dans les ovaires à dater de la puberté.

Ces changemens se rapportent à la rupture des vésicules de de Graaf et à la formation des corps jaunes.

1° Rupture de la vésicule de de Graaf. Maintenant, qu'on a décrit la formation et le développement de la vésicule dede Graaf,

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il nous reste à étudier les causes qui amènent sa rupture, et les phénomènes qui accompagnent cette rupture et qui lui succèdent.

Lorsque la vésicule de de Graaf est parvenue à son plus haut degré de maturité, ce qui, pour l'ordinaire, n'arrive pas avant l’âge de la puberté, elle se rompt, soit spontanément, soit à la suite de la fécondation. 11 y a à peine quelques années encore qu’on croyait généralement que cette rupture ne pouvait s’opérer que sous l'influence de la fécondation; mais depuis qu'on a mieux étudié les vésicules de de Graaf, et qu'on a reconnu qu'elles contenaient des œufs presqu'en tout semblables à ceux des oiseaux, comme on savait que chez ces derniers, et surtout chez des oiseaux domestiques, les poules, les canards, etc., les œufs sont pondus tous les jours, sans que la copulation et la fécondation aient eu lieu préalablement, on a dû penser que le même phénomène pouvait aussi s'accomplir chez la femme et chez les mammifères, sans que ces deux conditions aient été remplies.

Dans ses recherches d'anatomie et de physiologie publiées en 1840, M. Negrier d'Angers annonce que dès l’année 1835, ayant observé des corps jaunes sur les ovaires de filles vierges, il eut l’idée qu’un ovule s'échappait spontanément à chaque menstruation. En 1836, dit M. Courty, M. Coste établit dans son cours au Muséum que chez l'homme et les mammifères la chute de l'œuf est spontanée, et que la conception peut avoir lieu à divers points des conduits de l'ovaire à la matrice, selon l’intervalle de temps qui s’est écoulé entre la chute de l’œuf et l’arrivée de la liqueur spermatique auprès de lui, mais que cela n’empéche pas qu’elle puisse se faire jusque dans la vésicule de de Graaf, comme le démontrent les faits de grossesse ovarienne. MM. Bischoff, Pouchet (de Rouen), Raciborski et autres sont parvenus à démontrer cette vérité par des expériences. Sur des chiennes et des lapines, auxquelles ils avaient extrait la matrice en laissant les trompes et les ovaires intacts, ils ont vu des vésicules de de Graaf se rompre et laisser échapper des ovules. Dans ces cas, à l’époque où les animaux entrent en rut, s’accouplent, les vésicules parvenues à leur période de maturité se déchirent, les œufs s’échappent, arrivent dans la trompe et ne se développent pas, parce que le sperme ne peut parvenir jusqu’à eux. Un grand nombre d'observations faites sur la femme, dans des circonstances favorables, prouvent que le même phénomène a lieu à l’époque des règles. A chaque période une ou plusieurs de ces vésicules prennent un accroissement remarquable , et se déchirent tantôt sur un ovaire, tantôt sur l’autre, et quelquefois, mais rarement, sur tous les deux à la fois; ils tombent dans la trompe et parviennent dans la matrice, mais ne s’y développent pas, parce qu'ils n’ont pas été fécondés.

M. Coste a observé ces phénomènes un grand nombre de fois et sur des femmes de tout àge, vierges et autres. M. Courty en rapporte deux exemples, l’un dû à M. Serre, et l’autre à M. Coste; dans le premier cas, les règles coulaient depuis quelques jours, et l’un des ovaires portait une vésicule de de Graaf nouvellement rompue. Enfin, si l’on examine les ovaires quelque temps après la menstruation, on y trouve des corps jaunes plus ou moins avancés dans leur formation. Ces corps jaunes avaient déjà été observés un grand nombre de fois, tant dans l’espèce humaine que sur les animaux, par Malpighi, Vallinieri, Santorini, Bertrandi, Rœderer, Home, Blondell, sans qu’il y eût eu ni fécondation, ni même copulation, puisque, parmi les individus qu'ils ont observés, se trouvent une nonne vierge, et une jeune fille de

20 ans, vierge; une femme de 47 ans, également vierge, leur avait présenté 12 Corps jaunes.

Des génisses, des truies et des mules qui n’avaient jamais été couvertes par le mâle ont aussi présenté à ces auteurs des corps jaunes en nombre variable.

D'après ce qui précède, il est donc parfaitement prouvé : 1° Que la vésicule de deGraaf n’a pas besoin d’être fécondée pour se rompre, qu’elle se rompt spontanément pour donner passage à l’œuf, lorsqu'il est arrivé à un état de maturité complète; 2° Que cette rupture de la vésicule et la maturité de l'œuf coïncident avec le moment du rut chez les animaux, et avec les époques menstruelles chez la femme. On ne sait pas si les phénomènes qui accompagnent le rut ou la menstruation sont dus à une irritation produite sur la matrice par suite de la chute de l'œuf, ou si ce sont ces phénomènes qui hâtent la maturation de l'œuf et déterminent la rupture de la vésicule. S'il est vrai qu’une ou plusieurs vésicules de de Graaf se rompent à chaque époque menstruelle, on devrait rencontrer un beaucoup plus grand nombre de corps jaunes sur les ovaires qu’on n’en 6bserve, à moins d'admettre avec Bischoff qu'ils se résorbent dans l’espace d’une à trois semaines, opinion qui n’est pas celle de Huschke (Æncyclop. anat., t. vx, p. 430). Il conviendrait mieux d'admettre qu'une seule menstruation ne suffit pas toujours pour amener l’ovule au point de développement qui lui permet d’éclater, et qu’à moins qu’à cette cause ne vienne se joindre une vive excitation de l'appétit vénérien , la vésicule se gonfle seulement. Peut-être aussi, un épanchement du sang a-t-il lieu dans son intérieur, et faut-il plusieurs menstruations pour amener la rupture de la vésicule et la formation complète d’un corps jaune. Un temps plus long pour cette évolution se concilierait mieux avec le petit nombre des corps jaunes qu’on rencontre dans les ovaires des jeunes vierges.

Quoi qu’il en soit, aussitôt que la vésicule se rompt, l'œuf qui est situé dans son point le plus superficiel, s'échappe, poussé en dehors par le liquide qui distend la vésicule, et qui tend à sortir par l'ouverture. Il entraîne avec lui une portion de la membrane granuleuse, le disque proligère, et tombe dans le pavillon de la trompe qui est alors béant, et parfaitement disposé pour le recevoir.

Cette rupture de la vésicule est due à sa distension outrée, par suite d’une accumulation de liquide dans sa cavité. Ses parois privées de circulation sanguine s’amincissent dans le point le moins résistant, qui est situé à la surface de l'ovaire, et finissent par se déchirer. Le travail préparateur de cette déchirure, dit M. Courty (Loc. cit., p. 48), est facile à observer, quelque temps avant qu’elle ne soit accomplie. La ligne où s’oblitèrent les vaisseaux de la vésicule, et suivant laquelle elle s'amincit graduellement, prend un aspect blanc-terne et uni, qui tranche avec la rougeur plus ou moins vive, l'injection et la vascularité de tout le reste de la vésicule.

2 Des corps jaunes et de leur formation. On donne le nom de corps jaune (corpus luteum)) à des corps qui se dévelppent sur les vésicules de de Graaf, et succèdent à leur déchirure, à l’expulsion de l’œuf et du liquide qu’elles contiennent. Voici la description que donne M. Courty (Loc. cit., p. 36) de la manière dont se forment ces corps :

Après l’expulsion de l’œuf et du liquide contenu dans la vésicule de de Graaf, le feuillet profond de son enveloppe extérieure s’enflamme; il en est de même du reste de la membrane granu-

leuse, et de toute la surface interne, qui se gonfle et se boursoufle. Alors, le feuillet externe qui ne participe pas à l’inflammation se rétracte, et force l’interne, qui lui adhère par quelques bribes fibreuses, à se plisser sur lui-même, et d’autant plus, qu'il se rétracte davantage. Ce sont ces plis très nombreux, qui forment les élémens de ce qu’on appellera plus tard Corps Jaune.

Ta membrane granuleuse qui se moule sur le feuillet interne de la vésicule de de Graaf, suit toutes ses sinuosités et toutes ses ondulations. Ces sinuosités se tuméfiant de plus en plus, la cavité de la vésicule de de Graaf se rétrécit graduellement, et finit par être oblitérée par un petit bourrelet rougeâtre, qui fait saillie à l'extérieur. La tuméfaction continuant à augmenter, le bourrelet en question peut même traverser l'ouverture de la capsule, et former sur l’ovaire une petite hernie qui, rouge dans le principe, comme toute membrane enflammée, devient plus päle, et prend enfin la couleur jaunâtre, en suivant exactement la marche que suivent les parties ecchymosées,dans leur changement de couleur. Plus tard, toutes les circonvolutions adhèrent ensemble, et l’oblitération de la vésicule de de Graaf devient définitive.

Lorsque la vésicule de de Graaf se rompt, la membrane péritonéale qui l'enveloppe se rompt aussi. En général, cette mem brane devient en cet endroit le siége d’une inflammation très circonscrite, et dont on ne s'aperçoit pas ; quelquefois cependant elle peut s'irradier au loin, et devenir le point de départ d’une péritonite plus ou moins intense.

Lorsque le corps jaune est formé, il subit des transformations nouvelles, l’inflammation cesse, la résorption s’opere, le corps jaune diminue peu à peu, et se réduit à une simple cicatrice, à un noyau trés petit, de couleur jaune, d’où il tire son nom.

On distingue deux espèces de corps jaunes.

1° Les premiers, qu’on appelle faux corps jaunes, sont des produits ou des restes de vésicules qui, rompues où non, quoique n'ayant pas été fécondées, ne s’en sont pas moins affaissées et retirées de la surface de l'ovaire.

2° Les seconds sont des débris de vésicules de de Graaf, qui se sont rompues sous l’influence de la conception, et ont laissé échapper l’œuf de leur intérieur.

Les faux corps jaunes diffèrent des vrais, en ce que les vésicules qui les forment jaunissent tout de suite et se flétrissent avec une grande promptitude; on a voulu à tort en distinguer plusieurs espèces.

Les vrais corps jaunes, avant de se flétrir et de se réduire à un noyau dur, subissent lentement toutes les transformations dont nous avons parlé. La lenteur avec laquelle cette série de changemens s'opère, tient à ce qu'après la conception la matrice devient le siége d’un état de turgescence ou de congestion analogue à celui qui règne dans la vésicule rompue et dans l’ovaire entier. Dans ce dernier cas, on peut suivre, jour par jour, sur les animaux, les degrés de transformation par lesquels passent les élémens qui concourent à la formation de ce corps.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur cet objet, dans la crainte de dépasser les bornes qui sont assignées, dans un ouvrage d'anatomie descriptive.

Après la cessation des règles, les ovaires cessent de sécréter les vésicules de de Graaf, aussi les voit-on peu à peu, à mesure que les femmes avancent en âge, perdre une partie de leur volume, et se réduire presqu’à la moitié de celui qu’ils avaient vers le milieu de la vie, et souvent même devenir encore plus petits. Ils acquierent quelquefois une densité considérable, beaucoup de dureté, et se trouvent comme raccornis; d’autres fois ils sont

Es Fe

flétris, atrophiés, et transformés en corps assez minces. Les vésicules de de Graaf qui persistent après la cessation des règles, s’atrophient, se dessèchent et se convertissent en de petits tubercules durs et compacts, c’est ce qu’on a encore appelé les faux corps jaunes.

Les trompes utérines se développent exactement, comme les canaux déférens, des conduits excréteurs des corps de Wolff, par conséquent, nous n’en parlerons pas ici.

Développement de la matrice et du vagin.

Il règne encore beaucoup de confusion à cet égard dans les descriptions données par les auteurs. Rappelons d’abord ce que c'est que le sinus wro-génital, car c’est de cet endroit que la plupart des anatomistes font procéder la formation de l'utérus et du vagin. Nous avons dit, en parlant du développement de la vessie, qu'il se produisait, au-devant de l'intestin, une issue commune aux organes urinaires et génitaux, nommée par J. Muller, sinus uro-génital, et par Valentin, caral uro-genital.

Cela posé, voilà, suivant quelques auteurs, comment les choses se passeraient :

Chez l’homme, le sinus uro-génital prendrait d’abord la forme d'un canal, représentant le col de la vessie avec le commencement de l’urètre qui entre alors en communication avec les parties génitales externes, tandis que chez la femme, il s’opérerait encore une séparation des tissus des deux canaux réunis dans le sinus uro-génital. Dans cette hypothèse, le conduit excréteur de la portion terminale de la trompe ou de l'utérus se séparerait de la vessie et des uretères, de façon à former, d’un côté le vagin, et au-devant de lui l’urètre, qui seraient réunis par le vestibule qui constitue la dernière partie du sinus uro-génital, et leur forme une partie commune. Muller et Valentin, qui paraissent adopter cette opinion, ne voient dans cette transformation qu’une simple scission, ou séparation des deux parties.

Les idées de Rathke , sur la formation de la matrice et du vagin, différent beaucoup de l’opinion précédente; nous avons dit, en parlant du développement des organes génitaux de l’homme, que cet auteur avait prétendu qu'il se formait vers

l'embouchure des trompes, à l’allantoïde ou au sinus uro-génital, une petite bosselure conique, dans laquelle s’ouvraient les extrémités de ces canaux, par un orifice commun. Cette bosselure augmente considérablement dans tous les sens, de façon qu’elle devient, de très bonne heure, la continuation principale du sinus uro-génital, tandis que la jonction avec la vessie, qui constituait d'abord le principal canal, ne figure plus au bout d’un certain temps qu’un prolongement accessoire de l’autre. Enfin, cette bosselure finit par devenir /a matrice, dans laquelle s'ouvrent les trompes. Le prolongement qu’elle envoie dans le sinus uro-génital devient le vagin, et la partie qui est unie avec la vessie, l’urètre.

Mais ce n’est point cette bosselure seule qui forme la matrice, les deux portions terminales des trompes y prennent aussi une part évidente, et c’est même d’elles que dépendent les différentes formes de cet organe. Lorsqu'il se produit une matrice double oubicorne, comme cela a lieu chez la truie, les trompes prennent la plus grande part à sa formation. Chez la femme, elle émane plus spécialement de la bosselure ; toutefois, les extrémités infé. rieures des trompes prennent aussi part à sa formation, et ne rentrent que plus tard dans le corps de l'organe; aussi la matrice

est-elle bicorne chez le fœtus humain, jusqu’à une certaine épo-

que de la vieintra-utérine, comme l'ont observé un grand nombre d'auteurs, et surtout J. Muller et Meckel. Ces auteurs ont même noté que cet état pouvait persister dans la matrice, par l'effet d'un arrêt de développement, comme nous le dirons plus loin.

Rathke, qui a observé, sur des truies et des vaches, comment s'opère la séparation de la matrice et du vagin, dit qu'elle dépend d’une formation de plis qui servent au développement du col utérin et du museau de tanche, et que, outre cette formation de plis, il survient un épaississement des parois de la partie supérieure de la bosselure, tandis que sa partie inférieure, avec ce qui constituait autrefois le canal uro-génital, conserve des parois minces, et devient le vagin.

Bischoff n'a pu observer positivement la bosselure indiquée par Rathke, et pense qu'il s’agit simplement d’une cloison développée entre les extrémités des trompes qui, chez les animaux à matrice double, deviendraient immédiatement les deux matrices, et dont les orifices dans le canal uro-génital deviendraient les deux orifices utérins, tandis que le canal uro-génital lui-même se métamorphoserait en vagin; mais alors, dit cet auteur, dans les endroits où l’on rencontre un corps de matrice, et où l’orifice utérin est unique, il faudrait admettre que le point d’insertion des trompes dans le canal uro-génital s’allonge, et que l'allongement se transforme en matrice. Ce qu’on voit chez les embryons de truies et de vaches autorise à admettre cette hypothèse', qui a été acceptée par J. Muller, et dans laquelle tout s'explique par l'existence ou à l'absence d’une cloison à la terminaison des trompes, cloison qui n'existe chez les femelles, que dans les commencemens, jusqu’à ce que le point d'insertion se soit allongé.

Il paraît, d’après les observations de Meckel et de J. Muller, que la matrice de la femme est, comme celle de certains animaux, bicorne jusqu’à la fin du troisième mois, et que c’est seulement vers la fin du quatrième que se forme le fond de l'organe. Examinée intérieurement, elle présente pendant toute la vie embryonnaire, et même plus tard encore, des rides transversales ou obliques qui convergent supérieurement vers les orifices des trompes. Dans le principe, le col de la matrice se montre sous la forme d’une saillie à peine sensible dans le vagin, mais cette saillie grossit peu à peu, et finit par acquérir un volume tel, que, dans les derniers temps de la vie embryonnaire, elle est proportionnellement plus grosse qu’elle ne le sera dans la suite. Du septième au huitième mois, le col présente une surface très inégale, et ridée dans le sens transversal; ses bords minces, tranchanset inégaux, sont profondément échancrés; plus tard, il se raccourcit et prend un aspect lisse, en forme de bourrelet. Enfin, son orifice se montre sous l’apparence d'une fente

transversale.

Développement des organes génitaux externes de la femme.

Nous avons déjà dit, en parlant des organes génitaux de l'homme, qu’ils ne commençaient à paraitre que vers le commencement de la septième semaine ; alors on découvre un orifice commun pour l'intestin ; les parties génitales et les organes urinaires, une espèce de cloaque dans lequel aboutissent antérieurement la vessie, le rectum, la matrice, etc. Au-devant de cette ouverture, et un peu au-dessous de l’ombilic, on remarque un tubercule conique, creusé d’unegouttière sur sa partie inférieure. Ce tubercule forme, suivant le sexe , le rudiment du clitoris ou

ORGANES GÉNITAUX

de la verge. Ce n’est que vers la treizième ou la quatorzième semaine que le sexe devient facile à distinguer.

Dans le sexe féminin, la gouttière qui existe entre le tubercule saillant et l'anus, persiste; les deux bourrelets cutanés qui la circonscrivent latéralement deviennent les grandes lèvres, et le tubercule lui-même, le clitoris.

L'orifice du vagin, qui était d’abord petit et tout à fait rond, s'agrandit et s’allonge. Ces changemens ne s’opèrent qu'aux dépens de la longueur du clitoris qui, d’abord d’une grosseur et d’une longueur assez considérables, se raccourcit nécessairement par suite de l’écartement des lèvres, de la fente qui est à sa partie inférieure, et cela à tel point, qu'il finit par être presque complétement caché par les grandes lèvres. Mais ce raccourcissement du clitoris n’arrive guère qu’au moment de la naissance, de telle sorte , que cet organe est proportionnellement d'autant plus gros que le fœtus est plus jeune.

C’est dans le courant du quatrième mois que les petites lèvres commencent à paraître; elles se développent rapidement au point de dépasser le clitoris, auquel elles forment supérieurement un prépuce.

Enfin, ce n’est que vers quatre mois et demi que la membrane hymen commence à se montrer ; elle acquiert promptement tout son développement.

État des organes génitaux de la femme à la naissance.

A la naissance, le mont de Vénus est déjà assez saillant chez les petites filles. Cette saillie est due à l’accumulation d’une assez grande quantité de graisse sous la peau. Le clitoris, quoique plus gros proportionnellement, qu'il le sera par la suite, est cependant moins marqué qu'il ne l'était pendant la vie intrautérine, ce qui tient à ce que les grandes lèvres, déjà bien développées, dissimulent une partie de son volume. Cet état du clitoris a quelquefois fait tromper sur le sexe des enfans.

Les petites lèvres où nymphes paraissent très développées; elles présentent beaucoup de longueur et d'épaisseur, et leur largeur est assez grande pour qu’elles dépassent les grandes lèvres. Leur extrémité inférieure, au lieu de se terminer en pointe, est arrondie.

La fosse naviculaire est très marquée, ce qui dépend de la présence de la membrane de l’hymen, qui permet d'apprécier réellement, l’espace qui sépare la commissure postérieure de la vulve de l'entrée du vagin.

L'orifice du vagin présente des diamètres assez développés, relativement à ce qu’ils seront à l’âge de la puberté, pourvu qu’à cet âge, la membrane hymen n’ait pas été détruite accidentellement. Toutefois à la naissance, ces diamètres devraient être plus petits qu’ils ne sont en réalité, ce qui tient sans doute à ce que la membrane hymen n’a pas acquis tout son développement.

Le vagin est remarquable par sa longueur, relativement beaucoup plus forte que celle de la matrice et de ses annexes. On observe sur sa face interne des rugosités bien marquées, qui ont leur siége dans la membrane muqueuse. Celle-ci est pâle dans toute son étendue, etne présente point, comme on l’observe plus tard, une coloration différente dans les divers points où on l’examine.

Chez l'enfant nouveau-né, le bassin est si peu développé, que la plupart des organes qui doivent plus tard occuper son excavation, comme la vessie, la matrice et ses annexes, sont presque

entièrement situés hors du petit bassin, au-dessus du détroit supérieur. Les choses restent dans cet état pendant les premiers temps de la vie. La matrice, qui à cette époque a très peu de volume, ne présente pas non plus tout à fait la même formequ’elle aura plus tard, lorsqu'elle aura acquis son développement complet. Ainsi, son col est plus volumineux et plus épais que son corps, qui est étroit et allongé, et n’a pas encore acquis, dans sa partie supérieure, la largeur qui lui donne une figure triangu- Jaire. La cavité du col est très petite et exige beaucoup d’attention pour être vue, tandis que celle du corps, quoique très étroite, est facile à découvrir, à cause du peu d'épaisseur de ses parois. L'organisation de la matrice commence déjà à pouvoir être appréciée, elle ne présente rien de particulier, si ce n’est qu’elle est moins avancée qu’elle ne le sera plus tard.

Les trompes sont d’une longueur proportionnée à leur développement; elles sont très minces et très délicates.

Le ligament rond est aussi très petit; quant aux ovaires, ils sont situés sur la face antérieure du muscle psoas, près de la partie postérieure de la marge du bassin; ils sont assez éloignés de la matrice et présentent un développement assez remarquable, dont nous avons parlé en traitant du développement de l'ovaire, à toutes les périodes de la vie.

Changemens qui se manifestent dans les organes génitaux , depuis la naissance jusqu’à la puberté, et à cette époque.

Les changemens qui se manifestent dans les organes génitaux de la femme, dans les premières années de la vie, sont presque insignifians. Toutefois, à mesure qu’on s'éloigne de la naissance, elles acquièrent insensiblement un développement plus considérable. Ce développement est plus marqué dans certaines parties que dans d’autres; ainsi, les grandes lèvres prennent un accroissement plus rapide que le clitoris, ce qui fait que celui-ci, perd en apparence, la prédominance qu’il avait chez le fœtus ; les nymphes deviennent aussi moins proéminentes.

A mesure que le bassin change de forme, le vagin et la matrice changent de positions; ainsi, le vagin est dirigé moins verticalement, la matrice s'élève moins au-dessus du pubis. Cette dernière disposition tient surtout à ce que l’inclinaison du détroit supérieur diminue. L’accroissement de la matrice se fait surtout suivant sa largeur et son épaisseur, mais il marche lentement. Les trompes, les ovaires et les ligamens se développent avec plus de rapidité.

A l’époque de la puberté, qui a lieu chez les femmes de douze à quinze ans, la région du pubis se couvre de poils, et les organes, tantextérieurs qu’intérieurs, acquièrent en très peu de temps, tout le développement dont ils sont susceptibles. Cette époque est, en outre,caractérisée par l'établissement d’une évacuation sanguine périodique. Ce fluide est fourni par la matrice; on ignore son mécanisme positif. Une fois établie, cette évacuation se continue généralement autant que dure l’aptitude à la fécondation.

Quand les organes génitaux ont acquis toutleur développement, ils restent longtemps dans le même état; leurs formes et leurs dispositions sont seulement plus ou moins modifiées par l’union des sexes, la grossesse et l’accouchement. Ainsi, chez les femmes qui ont eu des enfans, la membrane hymen n'existe plus et n’est plus représentée que par ses débris, qu’on nomme caroncules myrtiformes ; la fosse naviculaire est presque entièrement effacée ; le périnée fréquemment déchiré par le travail, se cicatrise vicieusement, ou bien les deux lèvres de sa déchirurese cicatri-

sent isolément ; le vagin, plus large, plus dilaté, est plus court et offre une courbure moins prononcée ; la matrice, plus développée dans son corps, présente aussi un col plus globuleux, plus large, dont les lèvres sont plus épaisses, et dont l’orifice vaginal est plus facile à sentir que chez les femmes qui n'ont pas fait d’enfans ; les ovaires, les trompes et les ligamens ronds sont plus volumineux ; les trompes surtout sont remarquables par le grand nombre de flexuosités qu’elles présentent.

État des organes genitaux dans la vieillesse.

Dans la vieillesse, on remarque dans ces organes, un état de décrépitude analogue à celui des autres parties du corps, plusieurs sont dans un état, pour ainsi dire atrophié, par suite de l’inaction dans laquelle ils se trouvent depuis longtemps. Ainsi, le mont de Vénus presque effacé, est dépouillé d’une grande partie des poils qui le couvraient; ceux qui existent encore sont devenus blancs et raides. Les grandes et les petites lèvres sont flasques et molles, quelquefois même, les petites lèvres sont à peine visibles ; la membrane muqueuse est devenue très pâle, et présente même quelquefois un aspect blanchâtre. Elle est très friable et l’on doit prendre garde, en introduisant le spéculum chez une femme âgée, de déterminer la déchirure de la vulve.

Le vagin est plus ou moins étroit, suivant que les femmes vivent depuis plus ou moins de temps dans un état de continence absolue.

La matrice est moins volumineuse; toutefois la diminution de volume de cet organe, paraît moins porter sur l’étendue de sa cavité qui est toujours à peu près la même, que sur l'épaisseur de ses parois, dont la substance est devenue plus ferme et plus dense. Quant au col, son volume diminue en général, au point que, chez beaucoup de vieilles femmes , il est presque entièrement effacé, et réduit à un tubercule placé au niveau de l’insertion du vagin et perforé au milieu. Il est, comme le reste de l'organe, très dur et très consistant.

Les trompes utérines et les ligamens ronds n’ont relativement perdu qu’une petite partie de leur volume.

Disons quelques mots des anomalies qu’on rencontre assez souvent dans le développement des organes génitaux, et qu'on a désignées sous le nom d’hermaphrodisme.

On entend par hermaphrodite, un étre qui réunit en même temps les organes des deux sexes. Ce nom vient, dit-on, de ce que Æermaplhrodite, fils de Mercure et de Vénus, fut condamné par les dieux à réunir son corps à celui de Salmacis, pour avoir méprisé les charmes de cette nymphe.

De l’aveu des auteurs, on n'a point encore rencontré dans l'espèce humaine la réunion complète des deux sexes, tels qu'on les observe chez divers mollusques , l’huître, le limaçon, etc. Il est vrai que Tiedemann, admettant que dans l’embryon le sexe n’est d’abord ni mâle ni femelle, reconnaît la possibilité de l’androgynie. Cette opinion est aussi professée par Meckel et la plupart des physiologistes allemands. Mais, nous le répétons, jusqu'ici la science ne possède aucune observation, dans laquelle on ait vu la totalité des organes génitaux de l’homme et de la femme développée sur le même individu. L'erreur qu’ont commise les auteurs tient à diverses causes. Ainsi, un développement considérable du clitoris a pu faire croire qu’un individu du sexe féminin portait les organes mâles et femelles, et pouvait alternativement féconder et être fécondé, ou bien une verge peu développée et une fente plus où moins profonde du scrotum, où un

hypospadias situé tout à fait en arriére, ont pu faire croire à l'existence d’une vulve et d’un clitoris ; mais dans ces cas, il est le plus souvent facile de reconnaître l'erreur, car alors on trouve les testicules dans les grandes lèvres, et l’on voit que le prétendu vagin se termine en un cul-de-sac , et n’aboutit pas à un utérus.

Voici quelques-uns des cas curieux observés :

Mayer a rencontré sur un enfant de six mois, les testicules, une verge parcourue par l’urètre, et une matrice.

En 1734, un garçon maréchal, nommé Jean Dupin, mourut à l’Hôtel-Dieu. 11 présentait en même temps une vulve et un pénis avec hypospadias , un testicule et une vésicule séminale à droite, puis une matrice, une trompe, un ovaire, un ligament rond et un ligament large à gauche (.fcadémie de Berlin, t. vn, appendice, p. 153).

Pinel a consigné dans les Mémoires de la Société méd. d’émulation (t. 1v, p. 340) l'observation, d'un militaire observé par Petit de Namur; ce militaire présentait des testicules sortis de l'abdomen, des vésicules séminales , une matrice, des trompes et deux organes analogues aux ovaires.

ORGANES

On comprend sous ce nom les organes destinés à la sécrétion et à l’excrétion de l’urine.

1° Les organes qui sécrètent l'urine sont les reins, ordinairement au nombre de deux. Ceux qui sont chargés de la recevoir provisoirement sont les calices et le bassinet.

2° Les organes excréteurs de l’urine, ou qui servent à la conduire au dehors, sont constitués par les wretères, la vessie et l’urètre.

Les capsules surrénales, quoique n’ayant d’autres connexions avec les reins que des connexions de rapport, et quoique leurs usages soient totalement inconnus, sont cependant décrites avec les organes urinaires. Les uns, comme Bichat, les décrivent avec les organes du fœtus. M. Cloquet les décrit, de prime abord, avant tous les autres organes urinaires, et M. Cruveilhier, au contraire, ne les décrit qu'après les organes urinaires. Quoique rien n’oblige à agir d’une manière plutôt que d’une autre, nous adopterons cette dernière manière, afin de ne pas intercaler un sujet, pour ainsi dire étranger , dans la description des organes destinés à la sécrétion et à l’excrétion de l'urine.

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