‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 141 sur 373 · ORGANES · texte numérisé non relu

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lonnés, et forment autour d’eux une arcade d’où émanent un grand nombre de ramuscules qui se répandent soit dans la substance tubuleuse, soit dans la substance corticale ; mais le plus souvent elles parviennent sur les limites de la substance tubuleuse et de la substance corticale sans leur fournir aucun rameau; arrivées à ce point, elles se divisent et se subdivisent un très grand nombre de fois, et forment un réseau vasculaire dont les mailles sont de grandeur inégale, mais toutes quadrilatères. Les plus grandes circonscrivent la base des cônes de la substance tubuleuse, et les autres, moins grandes, sont comprises dans ces arcades disposées en sens divers, et envoient des ramuscules dans la substance tubuleuse et dans la substance corticale.

Pour bien voir la disposition que nous venons de décrire, il est nécessaire de faire la préparation suivante : on prend un rein injecté comme il a été dit, on le divise sur son bord convexe, puis on enlève en grattant la substance tubuleuse, qui cède facilement vu son peu d’adhérence; alors on aperçoit le réseau vasculaire artériel et veineux qui a été précédemment décrit; ce réseau est entouré d’une gaine fibreuse assez épaisse, qui semble se continuer avec la membrane fibreuse d’enveloppe du rein, ou membrane externe du bassinet.

On a cherché à poursuivre les ramuscules artériels qui émanent de ce réseau, et à déterminer leurs points de terminaison; voici les résultats auxquels on est arrivé : on a vu un grand nombre de petites artérioles se détacher de la convexité du réseau vasculaire, pénétrer dans la substance corticale en se contournant sur elle-même, et s'arrêter aux granulations de cette subslance qui forment de petits corps arrondis, rougis par la pénétration de la matière à injection dans leur intérieur, comme une forte loupe nous l’a fait voir sur une coupe du rein. Lorsqu'on injecte sur le même rein les différens ordres de vaisseaux, on voit l'injection bleue de la veine circonscrire l’injection rouge de l'artère.

2° Veines du rein. Leurs radicules les plus déliées naissent dans les granulations, et communiquent probablement avec les radicules artérielles ; car une injection, même grossière, poussée dans l'artère, pénètre facilement dans la veine, puis elles forment un réseau analogue à celui des artères, et se réunissent ensuite en rameaux de plus en plus considérables, qui gagnent la grande scissure du rein, où elles forment tantôt plusieurs troncs, tantôt et le plus ordinairement un seul tronc placé au-devant de l'artère correspondante et derrière le péritoine. Ce tronc marche transversalement, passe sur le côté de la colonne vertébrale et parvient à la veine-cave, avec laquelle il s’abouche à peu près à angle droit. La veine rénale gauche diffère dela droite en ce qu’elle est plus longue, et en ce que, pour arriver à la veine-cave qui est placée sur le côté droit de la colonne vertébrale, elle est obligée de passer au-devant de l’aorte abdominale. Lorsqu'il y a plusieurs troncs veineux, il est ordinaire de voir les uns passer au-devant de l’aorte abdominale, les autres passer derrière cette artère.

Les veines rénales reçoivent dans leur trajet les veines capsulaires inférieures et les veines adipeuses. La veine rénale gauche reçoit fréquemment la veine spermatique ou la veine ovarique correspondante. Enfin, quelquefois on a rencontré une communication entre la veine rénale gauche et la veine mésentérique supérieure, qui va se jeter dans la veine-porte.

Les vaisseaux sanguins du rein siégent principalement dans la substance corticale, la substance tubuleuse n’en recevant qu’une

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très petite partie. Cette distribution inégale tient à ce que l’élaboration de l'urine se faisant dans la première, une circulation plus active est nécessaire, tandis que l’autre ne reçoit de sang que pour sa nutrition. On a cru voir que les vaisseaux qui entrent dans la composition d’un lobule du rein ne communiquaient pas avec ceux des autres lobules. Les injections pratiquées dans les vaisseaux sanguins et les conduits excréteurs du rein, prouvent 1° que l'injection poussée par l’artère pénètre dans la veine, mais que celle qui est poussée par la veine ne revient pas par l'artère; aussi lorsqu'on veut injecter séparément les deux vaisseaux, faut-il commencer par la veine. 2° Que l'injection poussée par la veine arrive dans les conduits urinifères et dans l’uretère, tandis que celle qui est poussée par l’uretère ne reflue pas dans la veine.

Vaisseaux lymphatiques du rein. Ys sont divisés en superficiels et en profonds.

1° Les lymphatiques superficiels sont très fins et très difficiles à injecter directement. Mascagni y est parvenu d'une manière indirecte; en poussant une injection très fine dans les artères et dans les veines rénales, il a vu cette matière passer décolorée dans les vaisseaux lymphatiques.

2° On voit d’autres vaisseaux lymphatiques sortir en très grand nombre par la grande scissure du rein, dans laquelle on peut même les suivre assez profondément. Ces vaisseaux vont se jeter dans les ganglions qui sont situés sur la colonne vertébrale, en avant et en arrière de l’aorte et de la veine-cave.

Nerfs des reins. Ts sont constitués par les nerfs petits splanchniques, et par des nerfs très nombreux qui viennent du plexus solaire et qui forment les plexus rénaux.

1° Les petits nerfs splanchniques, aussi appelés nerfs rénaux, sont de chaque côté au nombre de deux ou trois. C’est au plus inférieur que les auteurs donnent spécialement le nom de zerf rénal. W vient du douzième ganglion thoracique. Le plus élevé, qui est le nerf petit splanchnique proprement dit, naît du onzième ganglion thoracique, et quelquefois du dixième et du onzième en même temps. De là ces deux nerfs se portent en dedans et en bas, parallèlement au grand nerf splanchnique en dehors duquel ils sont placés et vont se jeter dans le plexus rénal et dans le plexus aortique. Souvent aussi ils envoient des filets de communication au grand nerf splanchnique; quelquefois même le petit splanchnique supérieur s’anastomose, ou se confond entièrement avec le nerf grand splanchnique. Du reste, ces nerfs présentent de nombreuses variétés qui ont été signalées dans le troisième volume.

2° Les nerfs rénaux qui viennent du plexus solaire constituent une partie du plexus rénal, qui est complété par les nerfs petits splanchniques. Tous ces nerfs réunis entourent l’artère rénale et s'envoient mutuellement des filets qui forment autour de cette artère un réseau à mailles plus ou moins serrées, qui constitue pour ce vaisseau une véritable tunique nerveuse. Ils fournissent le plexus testiculaire chez l’homme, et le plexus ovarique chez la femme. Les filets restant continuent à accompagner l'artère rénale jusque dans l’intérieur du rein, en se divisant comme elle et en fournissant des filets à toutes ses divisions; il est même probable qu’ils parviennent jusqu'aux granulations du rein, et ont une action sur la sécrétion urinaire.

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Développement des reins.

Lorsque les reins commencent à se montrer, ils portent le nom de corps de Wolff, du nom de l’auteur, qui le premier en a donné une description convenable dans son Traité sur la théorie de la génération. Nous allons donc donner une description suc-

cincte de ces corps avant de nous occuper du développement des reins.

Des corps de Iolff.On leur a aussi appliqué le nom de corps d'Oken, parce que cet anatomiste les a étudiés avec soin. Jacobson les a nommés faux reins, reins primordiaux ; et Rathke, reins primitifs.

Ce sont deux corps glanduleux qui existent dès les premiers temps de la vie embryonnaire. Immédiatement après que le tube intestinal est formé, on les trouve placés sur les côtés de la colonne vertébrale. Leur étendue varie suivant l’époque à laquelle on les observe. Au début de leur formation, ils remontent jusque dans la cavité thoracique, tandis qu’un peu plus tard leurs limites ne s'étendent pas au delà de la cavité abdominale, et sont ce que seront plus tard celles du rein, dont ils tiennent alors la place, quoiqu'ils n’aient aucune connexion avec eux et que leur développement en soit tout à fait indépendant. Ces corps ont été étudiés, après Wolff, par Rathke, Müller, Jacobson, Baer, Valentin.

Origine. Suivant Rathke, les corps de Wolff sont simples dans le principe, et se divisent par la suite en deux parties égales. Baer, Müller et Valentin soutiennent qu’ils sont toujours divisés en deux moitiés, quelle que soit l’époque à laquelle on les examine. Bischoff les a toujours vus doubles chez les embryons de lapin et de rat, même à une époque où on ne pouvait les apercevoir qu'avec le microscope, et où ils étaient, par conséquent, à un état rudimentaire. On ne s'accorde pas sur la partie de la vésicule blastodermique qui leur donne naissance. Baer, Burdach et Rathke pensent qu'ils naissent uniquement du feuillet vasculaire de cette vésicule blastodermique, tandis que Valentin croit que les feuillets vasculaire et séreux prennent part à leur formation. Baer a tenté d’expliquer cette formation par les artères vertébrales postérieures qui émettraient des rameaux de distance en distance, lesquels, en se réfléchissant sur eux-mêmes, se convertirajient en rameaux veineux qui formeraient un tronc semblable à celui de l’artère, de façon à établir un double courant sanguin ; alors la substance organique venant à se fluidifier par la conversion d’un courant artériel en courant veineux, on aurait une multitude de petits sacs situés les uns derrière les autres, et dont le contenu se réunirait en un canal commun ; mais c'est là une pure hypothèse.

Voici ce que Bischoff a remarqué dans des embryons de lapins, de chiens, de rats : De chaque côté de l'insertion de l'intestin à la colonne vertébrale partait une languette un peu proéminente de blastème, dans laquelle les canalicules des corps de Wolff se montraient sous la forme de petites vésicules plus claires, qui communiquaient avec le conduit excréteur longeant leur côté externe au moyen d’un pédicule un peu rétréci. Bischoff pense qu'ici les canalicules se formaient dans le blastème ou germe celluleux, précisément de la même manière que dans celui des autres glandes sécrétoires.

La structure des corps de Wolff, examinés chez le poulet, Es Ve

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consiste, suivant J. Müller, dès le principe, en une agrégation de petits cylindres ou de vésicules pédiculées. Bischoff les a vus paraître sous la même forme chez les mammifères. Dès l’origine, ces petits cylindres communiquent avec un canal situé à leur côté externe, et constituant leur canal excréteur. Les vésicules primitives se convertissent peu à peu en canalicules creux, un peu flexueux, qui se terminent, dit-on, en cul-de-sac. Plus tard, elles deviennent plus pressées les unes contre les autres, s’entortillent et forment des pelotons. On est parvenu à les injecter. Valentin, qui a apprécié le diamètre de ces conduits, dit qu’il est toujours plus considérable que celui des conduits urinifères etséminifères. Leur système circulatoire est visible de très bonne heure. Les vaisseaux sanguins pénètrent dans leur intérieur par leur bord interne ; ils sont constitués par un grand nombre de petites branches parallèles qui partent de l'aorte. Ces vaisseaux marchent entre les canalicules, et donnent à leur substance un aspect d’un rouge vif.

Plus tard, la forme extérieure des corps de Wolff devient plus régulière. Au lieu de rester allongés et étroits, et de s’étendre de la cavité abdominale jusqu’auprès du cœur, ils se circonscrivent dans l’abdomen et prennent à peu près la forme d’un haricot, légèrement convexe en dehors et un peu pointu à ses extrémités. Chez plusieurs animaux , ils prennent la forme d’une pyramide triangulaire à angles arrondis, dont le sommet est dirigé en haut et la base en bas.

Le conduit excréteur des corps de Wolff n’a pas été bien observé jusqu’à présent; les auteurs sont peu d’accord sur son origine et sur la manière dont il se comporte. Suivant Reichert, l’allantoide serait un produit du développement des corps de Wolff; mais Bischoff assure avoir vu l’allantoide dans des embryons de lapins où il n'existait encore aucune trace des corps de Wolff. Voici son opinion à cet égard : C’est entre l’intestin et l’allantoïde que les corps de Wolff prennent naissance; c’est sur les deux côtés de la colonne vertébrale que les canalicules et leur conduit excréteur se développent, et en même temps ce dernier conduit entre en connexion avec l’allantoïde, de la même manière que le conduit excréteur d’autres glandes sécrétoires avec le tube intestinal, sans qu’il y ait primitivement communication entre l’un et l’autre. L’unique différence que Bischoff trouve, lui semble tenir à ce que l’origine du conduit excréteur des glandes part réellement du tube intestinal et de ses parois; tandis que, dans les corps de Wolff, ce conduit excréteur naît indépendant le long de la colonne vertébrale, et contracte seulement union par le bas avec la vésicule allantoïde. (Æncyclop. anat., t. var, p. 346.)

Avant de pénétrer dans cette vésicule, ces conduits excréteurs s'accolent l’un à l’autre et semblent se confondre en un seul. Cependant il parait que cette réunion n’est qu’apparente, car Bischoff dit s’être assuré qu'ils s’y ouvrent chacun séparément par une fente oblongue, et que leurs parois sont séparées l’une de l’autre par une cloison.

Quant à la manière dont se comporte ce conduit excréteur à l'égard des canalicules des corps de Wolff, Müller a constaté, chez les oiseaux et les ophidiens, qu'il cotoie le bord externe de ces corps, et que dans ce trajet il reçoit les canalicules. Ce qui prouve qu'il en est ainsi, c’est que cet auteur l’a vu rempli de la matière sécrétée par ces canalicules. Valentin et Rathke ont fait la même observation chez des embryons de couleuvres. Oken et Himly pensent que le conduit excréteur se comporte de la même maniere chez les embryons des mammiféres. Rathke a adopté

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cette opinion, en se fondant sur des expériences dans lesquelles il est parvenu à injecter, chez des embryons de cochons longs de 54 à 81 millimètres, le canal excréteur et les canalicules de l’organe, avec de la colle colorée et avec de l’encre. Bischoff a vu, chez un embryon de brebis, le contenu des canalicules s’échapper par la compression dans le conduit excréteur, tout le long des corps de Wolff. Il est vrai que la partie supérieure seule donne passage à ce contenu, la partie la plus épaisse de ce filament, qui est située au-dessous, étant constituée par le conduit séminal et la trompe.

Müller et Valentin ne pensent pas, avec Oken et Rathke, qu’il en soit ainsi chez les mammifères ; ils croient que chez ces derniers le conduit se plonge dans l’organe à son extrémité inférieure, et que ce qui semble être sa continuation, sur le bord externe antérieur du corps de Wolff, est la trompe et le conduit séminal, ou leurs rudimens; mais les expériences des premiers auteurs nous paraissent suffisantes pour faire admettre leur opinion.

Ces corps de Wolff disparaissent à des époques de la vie intrautérine qui varient suivant les diverses classes d'animaux; il en est même chez lesquels ils persistent toute la vie : c’est ce que la majorité des embryologistes admet pour les poissons. Chez les ophidiens, les sauriens et les chéloniens , ainsi que chez les oiseaux, les corps de Wolff qui paraissent avoir atteint leur maximum de développement vers le milieu de la vie embryonnaire durent jusqu’à la naissance. L'époque de leur disparition est variable chez les mammifères; ce qu'il y a de positif, cependant, c’est que ces corps disparaissent d'autant plus vite dans cette classe, que les animaux ont une organisation plus élevée. En conséquence, ils doivent être absorbés plus promptement chez l'homme : c’est en effet ce qui a lieu. Les plus jeunes embryons humains seuls présentent les corps de Wolff; dès le second mois on n’en trouve plus que des traces; aussi, quelle que soit l’époque à laquelle on les observe dans l’espèce humaine, sont-ils toujours fort petits. Pour les étudier convenablement, il faut les observer chez d’autres animaux, tels que le cochon, la brebis, etc. Toutefois, même chez l’homme, la disparition de ces corps ne se fait pas d’une manière subite et complète; quelques observateurs pensent même qu’ils subissent seulement certaines transformations, et que quelques portions se convertissent en d’autres organes; qu'’ainsi leurs conduits excréteurs forment les canaux déférens, et une partie de leurs canalicules l’épididyme chez les embryons mâles; tandis que chez les embryons femelles de l’espèce humaine, on trouve encore jusqu’à la fin de la grossesse, et même pendant plusieurs années après la naissance, quelques canalicules situés dans l'épaisseur des ligamens larges, marchant parallèlement les uns aux autres, et séparés par de petits corpuscules arrondis.

Usages des corps de Wolff. On admet que ces corps ont pour usage de remplacer les reins avant le développement de ces organes. On s'appuie sur ce que : 1° ils s’en rapprochent beaucoup par leur structure, et sécrètent une matière qui va dans l’allantoïde. 2° On les voit diminuer à mesure que les reins se développent , et disparaître aussitôt que le développement des organes est assez avancé pour remplir la fonction qui leur est dévolue. 3° Chez les oiseaux et les ophidiens, ils sécrètent une liqueur qui présente la plns grande ressemblance avec l’urine des animaux. Enfin, 4° Jacobson a observé que le liquide de l’allantoïde contenait de l’acide urique avant que les

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reins aient acquis un assez grand développement pour pouvoir sécréter de l’urine. Dans l’espèce humaine et dans les animaux supérieurs, les corps de Wolff ont-ils les mêmes fonctions que dans les autres classes d'animaux, ou sont-ils destinés à rester à l’état rudimentaire? C’est là une question qui n’est pas encore Jugee.

Du développement des reins.

1° Avant la naissance, époque de la vie intra-utérine à laquelle les reins commencent à se montrer, varie suivant les animaux chez lesquels on les étudie. On les rencontre plutôt chez l’homme que dans les autres classes; c’est ordinairement vers la septième semaine qu'ils deviennent visibles. Valentin a pu les observer sur des embryons de cochons longs de 11 millimetres; ils avaient la forme de deux petits corps oblongs, lisses à la surface, dont la longueur était de 1 millimètre et la largeur de 1/2 millimètre. (Entvickelungs Geschichte, p. 5og.) Rathke en a vu chez un embryon de cheval long de 18 millimètres. Bischoff n’a pu les rencontrer, chez des embryons de vaches, longs de 16, 18 et 20 millimètres. (Æncyclop. anat., t. vur, pr 550:)

Les reins naissent indépendamment des corps de Wolff; on pense qu’ils doivent leur développement, non pas à des rudimens existant primilivement dans le blastoderme , mais à une masse plastique, constituée par un dépôt secondaire. Dans le principe, ils sont situés sur les côtés de la colonne vertébrale, derrière les corps de Wolff qui les couvrententièrement, mais à mesure qu'ils s’accroissent , ils s'élèvent au-dessus de ces corps, qui finissent par se trouver à leur partie inférieure et externe. Dans un cas observé par Rathke sur un embryon de cheval, long de 18 millimètres, ils étaient placés au côté supérieur et externe des corps de Wolff, auxquels ils adhéraient intimement; dans un autre cas, il les a vus entièrement couverts par ces corps (4bhandlungen, t. 11, p. 97). Chezun fœtus de 22 millim., Bischoff les a trouvés derrière les corps de Wolff, sous la forme d’une paire de très petits corpuscules, qui n’offraient aucun vestige de structure intérieure (Æncyclopéd. anat., t. vit, p. 350).

Dans le commencement de leur formation, les reins ont une forme ovale, et offrent une surface lisse ; mais à mesure que leur développement intérieur se perfectionne, leur bord interne s'échancre, tandis que l’externe reste arrondi ; ils prennent alors la forme d’un haricot, et la conservent désormais pendant toute la vie.

Chez plusieurs espèces d'animaux, et surtout chez les vaches et les brebis, il se forme, à la surface des reins, vers le milieu de la vie embryonnaire, des sillons qui acquièrent peu à peu une profondeur assez grande. Ces sillons donnent à la surface des reins un aspect inégal, bosselé et lobuleux , comme si le rein était composé de plusieurs pièces soudées ensemble. Chez un grand nombre de mammifères, cet état persiste toute la vie, et chez d’autres, au contraire, il disparaît plus ou moins longtemps après la naissance; par exemple, chez les animaux ruminans, le cochon, le crocodile, et l’homme lui-même. Chez ce dernier, au commencement du troisième mois, les reins sont composés de nombreux petits grumeaux qui se réunissent peu à peu. À deux mois et demi, ils se composent de huit lobules ; vers la fin de la vie intra-utérine, ce nombre augmente beaucoup, puis il diminue de manière à se trouver réduit à quinze environ

au moment de la naissance.

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Jusqu'ici, nous n’avons décrit que les changemens quise manifestent dans la forme extérieure des reins , depuis leur origine jusqu’à la naissance, mais en même temps que ces changemens ont lieu, il s’en manifeste aussi dans l’intérieur de ces organes, qu’il est important d’examiner, car ce sont eux qui déterminent l'aspect extérieur des reins. Voici, d’après Rathke, quels sont ces changemens intérieurs : dès le début, on observe dans le blastème un germe qui constitue les reins, de petits renflemens claviformes, dont les culs-de-sac renflés regardent en dehors, et dont les pédicules se confondent ensemble. Ces renflemens sont d’abord au nombre de six ou sept; plus tard, leur nombre augmente et ils sont disposés par séries. Comme tous leurs pédicules convergent vers le milieu du bord interne du rein, il en résulte que le bord externe s’allonge davantage, et qu'il se recourbe sur lui-même, de manière à présenter une forme convexe. Les petits corps claviformes, examinés au microscope et à un fort grossissement, paraissent creux. Ce sont eux qui forment les canalicules urinifères, qui deviennent de plus en plus nombreux, par suite de la formation de nouveaux canalicules à côté, et dans les intervalles de ceux qui existaient déjà. En même temps, l’uretère se développe, et présente une extrémité supérieure renflée et évasée, qui forme le bassinet. Un peu plus tard, on trouve les bassinets divisés dans la profondeur du rein, en canaux larges et courts qui constituent les calices, dans chacun desquels on voit venir s’aboucher quelques canalicules uriniféeres, sous la forme d’un petit pinceau. Peu à peu, de nouveaux canalicules $'ajoutant aux précédents, viennent grossir leur faisceau, et finissent par former un ou plusieurs mamelons criblés detrous, et faisant saillie danses calices. Il vient un moment, dit Rathke, où la disposition claviforme des conduits urinifères change; ils s’allongent beaucoup, et acquièrent un diamètre partout égal ; ils sont d'abord sinueux et contournés dans tout leur trajet, de sorte que, jusqu’à une certaine époque de la vie embryonnaire, toute la portion du rein qu'ils forment, présente l'aspect de la substance corticale de l'organe parvenu à son entier développement, et on ne remarque point chez aucun mammifére, de différence entre la substance corticale et la tubuleuse. Ce n’est que plus tard, que les canaux paraissent droits dans leur portion voisine du calice dans lequel ils s’'abouchent. En même temps, ils s’allongent et se ramifient, Dès lors, les deux substances du rein deviennent de plus en plus distinctes l’une de l’autre. Les vaisseaux urinifères conservent pendant longtemps une ampleur considérable, ce n’est que peu à peu qu'ils se resserrent. Enfin, les corpuscules de Malpighi sont épars dans tout le rein, avant la formation de la substance médullaire et des pyramides de Malpighi, ce n’est que peu à peu, qu'ils se rassemblent vers la périphérie. Ces pyramides résultent du groupement en faisceaux , des portions des conduits urinifères demeurées droites.

Dans le principe, on voit la surface extérieure du rein lisse et sans inégalités. Si plus tard on la trouve inégale, dit Burdach (Physiologie, t. x, p. 574), et présentant l’aspect qu’elle aurait si elle était composée de plusieurs pièces soudées ensemble, c’est que plusieurs vaisseaux urinifères, et aussi les diverses branches de quelques-uns de ces vaisseaux se sont groupés en faisceaux et se sont, par leur accroissement, élevés vers la surface du rein, tandis que le tissu celiulaire ou le blastème primordial ne s’est point accumulé en assez grande quantité, entre ces faisceaux et du côté de la superficie, pour remplir complétement les intervalles qu'ils laissent entre eux.

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Les observations de Rathke ont été confirmées par Müller, par Valentin et par Bischoff.

Suivant Valentin, les canalicules urinifères naissent d’une condensation du blastème. Cet auteur attribue la manifestation de leur cavité à ce que les parois acquièrent plus de consistance, tandis que le contenu se liquéfie.

Henle croit que les vésicules glandulaires primaires se forment isolément dans le blastème des reins, et que parmi ces vésicules, les unes se rangent en séries longitudinales pour représenter des canaux , tandis que d’autres sont mises en communication ensemble, par des vésicules situées en travers, jusqu’à ce que la matière primordiale soit tout-à-fait refoulée par les tubes ({natomie générale, t. 11, p. bo3). Ces opinions sont de pures hypothèses que l’observation n’a pas confirmées.

Les vaisseaux sanguins des reins sont des branches qui naissent des artères et des veines, qui dans le principe sont destinées aux corps de Wolff; après l'absorption de ces corps, les ramifications vasculaires destinées aux reins prennent un développement proportionnel à celui de ces organes, et deviennent par la suite, les artères et les veines rénales.

Chez le fœtus, les reins sont d'autant plus volumineux , relativement, qu’il est moins avancé en âge. Chez le fœtus à terme, leur poids est encore à celui du corps entier, dans la proportion de 1 à 80, tandis que chez l'adulte, la proportion est de 1 à 240. Pendant la vie intra-utérine, on trouve les reins entourés d’une petite quantité de graisse qui a une apparence grenue, et d’un tissu cellulaire mou et rougeâtre. La graisse est beaucoup plus abondante en arrière qu’en avant, où les reins sont en contact presque immédiat avec le péritoine. Les lignes qui sillonnent leur surface sont plus ou moins enfoncées, et les inégalités qui les surmontent, plus ou moins saillantes. Cet état, comme nous le verrons plus loin, persiste encore longtemps après la naissance. Meckel prétend que chez le fœtus à terme, les lobules qui composent le rein ne tiennent les uns aux autres, que par un tissu cellulaire très lâche, de telle sorte qu’on les isole facilement, et que leurs bases sont même séparées à la surface du rein, par des enfoncemens considérables (Manuel d'anat., t. 1, p. 575). Bichat nie que cette séparation existe

réellement à la base de ces cônes , On croirait, dit-il, que d’abord, isolés les uns des autres, les cônes tubuleux recouverts d’une couche corticale mince, se sont rapprochés, mais ne sont pas encore parfaitement réunis. Les choses ne se passent point ainsi : à quelqu'âge qu’on examine le fœtus > On ne voit pas que le rein soit partagé en plusieurs parties ; les bosselures dispersées sur toute la surface, et qui répondent en effet aux bases des cônes tubuleux, dépendent de ce que la substance corticale n’est point encore complétement formée à l’extérieur. Cette couche de substance corticale, quoique mince, est assez dense et assez ferme. Elle est de plus, remarquable par une rougeur beaucoup plus vive que celle qu’elle présentera plus tard (Anat., t. v, p. 150). Enfin, la membrane extérieure adhère si peu à l’organe, qu’on l'enlève avec la plus grande facilité, et qu'elle semble seulement appliquée sur lui.

2° Après la naissance, et dans les premières années de la vie extra-utérine, il survient dans les reins des changemens d'autant plus marqués, qu’on s’éloigne davantage de leur origine. A Ja naissance , les reins présentent encore des bosselures séparées par des sillons, mais qui sont moins apparens que pendant la vie intra-utérine. De plus, les reins sont mieux formés; ils sont

entourés d’une plus grande quantité de graisse, et la couche corticale a acquis plus d’épaisseur.

Ce n’est que dans les premières années de la vie que se manifestent des changemens caractéristiques. Ainsi, les sillons et les inégalités s’effacent, et la surface des reins devient plane et lisse en se revétant d’une couche extérieure plus épaisse de substance corticale. Quelquefois, cependant, la disposition lobuleuse persiste jusqu’à neuf ou dix ans, et même pendant toute la vie. Dans certaines affections pathologiques du rein, et principalement dans les rétentions d’urine, lorsque ce liquide, retenu dans la vessie, s'accumule dans l’uretère, le bassinet et les calices, la disposition lobuleuse reparaît; chaque lobule est alors converti en une poche bien distincte des poches voisines. Les changemens signalés plus haut dans les reins se manifestent dans les trois où quatre premières années; pendant cette période, leur membrane devient aussi plus dense, plus ferme, et s’unit plus intimement au parenchyme. La substance médullaire, qui était proportionnellement plus abondante que la substance corticale, diminue, tandis que l’autre augmente; de sorte que ces deux parties se trouvent réparties dans des proportions plus égales. Les faisceaux de conduits urinifères, faciles à séparer les uns des autres dans le principe, deviennent plus fins, plus serrés et plus difficiles à distinguer. Ici, comme dans tous les autres organes, on voit que la nature procède à grands traits dans la formation des reins, et ce n’est que peu à peu qu'elle perfectionne sa première ébauche.

3 État des reins chez les vieillards. Nous passons immédiatement de l'enfance à la vieillesse, car ce que nous avons dit dans notre description générale se rapporte à l’âge adulte. Dans la période de temps qui s'écoule depuis l'âge mür jusque dans la vieillesse, et durant la vieillesse elle-même, les changemens qui se manifestent dans l’état des reins sont moins marqués que dans l'enfance. Cela n’a rien de surprenant; car nous savons que dans les premières années de la vie, la formation et le développement de certains organes s’opèrent avec une grande rapidité. Toutefois, si les changemens qui s'opèrent dans la structure, la forme et la consistance des reins est moins rapide dans la vieillesse, il n’y en a pas moins d’assez notables que nous allons examiner. Ainsi, leur fermeté diminue; ils sont ordinairement mous et flasques, surtout chez les personnes affectées de rétention d’urine; la plupart du temps, le tissu cellulaire ambiant se dépouille de graisse, et l’on trouve quelquefois des points cartilagineux sur leur membrane extérieure.

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