DES CALICES, DU BASSINET ET DES URETÈRES
Le bassinet et les calices peuvent être étudiés par leur surface externe et par leur surface interne. 1° Pour les étudier dans le premier sens, il faut enlever la graisse qui remplit la scissure du rein et détacher une partie de la substance corticale, jusqu’à ce qu’on soit arrivé dans le lieu où l’un des calices embrasse la base d’un mamelon. 2° Pour les étudier à l’intérieur, il faut diviser le rein en deux moitiés égales, en allant du bord convexe vers la scissure.
Pour plus de simplicité dans la description, nous commencerons par celle des calices, parce que leur réunion forme le bassinet qui leur fait suite.
1° Des calices. On donne le nom de calices à des petits con-
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duits membraneux qui, ayant la forme d’entonnoir ou de petits cylindres, viennent s'ouvrir dans le bassinet, dont ils ne sont qu’une dépendance; ils se continuent avec lui par une de leurs extrémités, tandis que par l’autre ils embrassent la base des mamelons, qui font une saillie plus ou moins prononcée dans l'intérieur de chacun d’eux. On peut se faire une juste idée de leur disposition à l'égard des mamelons et du bassinet, en se rappelant la manière dont le col de la matrice est entouré par l'extrémité supérieure du vagin, et proémine dans l’intérieur du canal , comme les mamelons dans les calices. Le nombre des calices est très variable, il varie plus que celui des mamelons; ce qui tient à ce que plusieurs de ceux-ci viennent souvent faire saillie dans le même calice, ou plutôt à ce que les calices de deux ou trois mamelons se réunissent et s’abouchent dans le bassinet par une ouverture commune. Il y à de cinq à douze calices; leur diamètre est proportionné au nombre des mamelons que chacun d’eux embrasse; leur longueur n’est pas non plus la même, ce qui dépend de ce que le trajet qu'ils parcourent est plus ou moins long; ainsi pour les uns il est de quelques millimètres, tandis que pour les autres il est si court que les mamelons qu’ils embrassent répondent dans le bassinet lui-même. Les calices, après s'être réunis en un nombre de troncs variables, mais qui se réduit souvent à trois, s’ouvrent dans le bassinet, soit à ses extrémités, soit vers le côté qui regarde la convexité du rein. Jusqu'ici nous n'avons étudié les calices que par leur surface interne; nous allons examiner leur surface externe en étudiant celle du bassinet. Disons par avance qu’en dedans ils sont séparés les uns des autres par du tissu cellulaire.
2° Le bassinet mérite véritablement le nom d’entonnoir membraneux, car il en a la forme; il est allongé dans le sens du grand diamètre du rein, aplati d'avant en arrière, et se trouve placé dans la grande scissure du rein, derrière l'artère et la veine rénale.
La paroi postérieure du bassinet s'élève jusqu’au niveau de l'échancrure profonde du bord postérieur de la scissure du rein, et tapisse le fond de cette scissure qui représente une cavité assez profonde. L’antérieure a les rapports que nous venons d'indiquer ; la postérieure se laisse apercevoir dans une étendue plus considérable que l’antérieure, parce que la grande scissure est plus échancrée en arrière qu’en avant. Le bassinet se continue en haut avec les calices, et en bas avec l’uretère, dont il n’est que l’origine. En enlevant la membrane externe des reins, et un peu de la substance corticale à partir de la grande scissure, on ne tarde pas à découvrir le point où les calices viennent aboutir au bassinet, et celui où ils embrassent, par leur autre extrémité, la base des mamelons.
En divisant le rein en deux moitiés égales, on met à découvert la surface interne du bassinet, qui présente une couleur blanchâtre chez les jeunes sujets; on distingue vers sa partie supérieure les embouchures des calices, et vers sa partie inférieure son orifice de communication avec l’urètre, orifice qui est bien circonscrit, et auquel on a donné le nom d’infundibulum. On ne remarque aucune valvule à cette ouverture. Le bassinet est quelquefois multiple; deux fois Haller l’a trouvé double. Lorsque cette anomalie existe, elle tient à ce que les deux ou trois troncs qui résultent de la réunion des calices, au lieu de se réunir dans le rein et de former une poche unique qui représente le bassinet, se réunissent en dehors à une distance plus ou
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moins grande de la scissure rénale. Enfin , le bassinet est susceptible d'acquérir une grande dilatation lorsqu'il y a rétention d'urine, ou dans les cas de calculs dans le rein.
3° Les uretères (ows, urine) sont des conduits cylindriques destinés à conduire l'urine des reins à la vessie; ils font suite au . bassinet, à la partie interne et inférieure duquel ils commencent, par l’orifice évasé qu’on appelle ifundibulum, et vont de là se terminer au bas-fond de la vessie. Il y en a ordinairement un pour chaque rein, quelquefois cependant il y en a deux, tantôt d'un seul côté, tantôt des deux côtés. M. Roux a rapporté un cas d’uretères doubles. (Bichat, 4nat., t. v, p- 134.) Cette anomalie se rencontre dans plusieurs circonstances bien différentes, savoir : 1° lorsque les deux reins réunis en un seul n’en forment plus qu’un; 2° quand les deux reins existent et sont dans leur position normale, et que l’un de ces organes est divisé en deux portions distinctes. Dans ce cas, les deux uretères se réunissent ordinairement, après un trajet plus ou moins long ; souvent alors il n'existe pas de bassinet , et ce cas est l’analogue de ceux dans lesquels les troncs qui résultent de la jonction des calices, au lieu de se réunir dans le rein ne se réunissent qu’à l'extérieur de cet organe. Enfin les uretères peuvent être doubles dans les cas de reins multiples, parce qu’alors chaque rein a son uretère spécial.
L'uretère à la forme d’un canal cylindrique dont le volume est égal en moyenne à celui d’une plume à écrire; toutefois, vers son extrémité inférieure, c’est-à-dire dans la portion qui rampe dans l'épaisseur des parois de la vessie, il est plus étroit que dans les autres parties de son étendue, où son calibre est généralement régulier; quelquefois cependant il présente, de distance en distance, des dilatations circonscrites et séparées par des parties qui sont dans leur état normal. L’uretére et le bassinet jouissent de la propriété de pouvoir se dilater et s'étendre beaucoup, comme on l’observe dans les cas de rétention d’urine causée surtout par un calcul engagé dans ce conduit. Cette élasticité est due à son organisation ; elle est telle, qu’il est très rare, ainsi que l’a remarqué Haller, de voir l’uretère ou le bassinet se rompre.
Les uretères marchent obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, depuis leur origine jusqu'au devant des symphyses sacro-iliaques, où ils ne sont plus séparés que par la base du sacrum; de là ils descendent en avant, et un peu en dedans, pour gagner les parties latérales du bas-fond de la vessie, croisent à angle aigu chez l’homme les conduits déférens derrière lesquels ils se trouvent, et parviennent bientôt en dehors, et un peu au-dessus de la vésicule séminale; là ils s'engagent entre la membrane musculaire et la membrane muqueuse de la vessie, font ainsi, dans l’épaisseur de cet organe, un trajet oblique en avant et en dedans de 2 centimètres 1/2 environ, et vont se terminer aux angles postérieurs du trigone vésical par un orifice très étroit.
Rapports. Pendant leur long trajet, les uretères ont des rapports très complexes, depuis les reins jusqu'aux symphyses sacro-iliaques ; ils sont situés derrière le péritoine, derrière les vaisseaux spermatiques qui les croisent très obliquement, et au devant du muscle psoas, dont ils longent le bord antérieur. En pénétrant dans le bassin, ils croisent les vaisseaux iliaques primitifs, puis les vaisseaux iliaques externes en passant au devant d’eux, et parviennent dans l’excavation pelvienne toujours pla-