‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 143 sur 373 · PRE · texte numérisé non relu

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cée derrière le péritoine, et séparée des parois du bassin par beaucoup de graisse, au milieu de laquelle ils sont même souvent plongés; là ils croisent plus ou moins obliquement la direction de l’artère ombilicale, les vaisseaux obturateurs, le canal déférent chez l’homme, et la partie supérieure et latérale du vagin chez la femme. Chez l’homme, l’uretère longe encore les parties latérales du rectum, dont il est assez éloigné chez la femme. La partie qui marche dans l’épaisseur de la vessie n’est séparée du col de la matrice que par la paroi antérieure du vagin. Ce rapport, dit M. Cruveilhier, explique pourquoi les cancers du col utérin sont si souvent accompagnés de rétention d’urine. Ce professeur dit aussi avoir observé, que chez toutes les femmes mortes par suite de couches, ou dans les derniers temps de la grossesse, les uretères sont dilatés d’une manière très manifeste.

La surface interne des uretères est blanche et plissée dans le sens de leur longueur ; mais ces plis s’effacent par la distension ; elle ne présente de valvules en aucun point de son étendue; cependant à l'embouchure des uretères dans la vessie, la membrane muqueuse de cette poche forme une espèce de repli mince en se réfléchissant dans l’uretère. C’est à cette disposition de la muqueuse vésicale, ainsi qu’au long trajet que parcourt le canal dans cette muqueuse, qu'on doit attribuer l'impossibilité du reflux de l'urine de la vessie dans l’uretére.

Cette même disposition avait fait croire que, dans les cas de plénitude un peu considérable de la poche urinaire, les conduits étant comprimés, l'urine éprouvait de la difficulté à y pénétrer; mais les nombreux exemples de distension extraordinaire de la vessie prouvent qu’elle y parvient, jusqu’à ce que la vessie soit devenue le siége d’une tension considérable. D'ailleurs, comme nous le verrons plus loin, on peut en donner une explication facile.

Organisation des calices du bassinet et des uretères. EMe est à peu près la même pour ces trois organes. Bichat considère leurs parois comme formées par trois membranes : l’une interne et de nature muqueuse; une autre externe, qui serait une continuation de l'enveloppe extérieure du rein, et une troisième moyenne, ou intermédiaire aux deux autres, qui constitue la tunique propre du bassinet. M. Cruveilhier n’en admet que deux : une muqueuse interne, et une externe, sur la nature de laquelle on n'est pas très d'accord.

1° Membrane externe. En admettant, comme Bichat (Anat., t. V, p. 132), une membrane externe faisant suite à la membrane du rein, voici comment elle se comporterait, d’après cet auteur. Après avoir revêtu le fond de la grande scissure, la membrane du rein se réfléchit de toutes parts sur le bassinet, et forme ainsi, autour de la portion correspondante de cette cavité, un cul-de-sac assez profond qui s'étend quelquefois jusque sur le commencement de quelques calices, auxquels cette membrane, dans tous les cas, ne correspond que dans une très petite étendue. Du reste, cette membrane adhère assez intimement à la tunique propre, et parait se prolonger sur l’uretère. Haller admettait aussi trois tuniques dans l’uretère, mais il regardait l’extérieure comme celluleuse.

2° Membrane interne ou muqueuse. Elle est très mince et se continue avec celle de la vessie dans l’uretère; elle a plus d'épaisseur là que dans les calices, et y présente mieux les caractères

des autres muqueuses. Dans les calices, en effet, elle offre plutôt l'aspect d’une membrane séreuse. Lorsqu'après avoir tapissé l’uretère et le bassinet elle parvient dans ces petits conduits, à la base des mamelons, elle abandonne la tunique propre et se réfléchit sur eux ; on admet même qu’elle se prolonge dans les conduits urinifères de la substance tubuleuse ; mais elle est si mince sur les mamelons que les recherches anatomiques n’ont pas encore pu la démontrer.

3° Membrane propre ou moyenne. C’est cette membrane qui donne aux uretères, aux bassinets et aux calices, la couleur blanchâtre et opaque qui les distingue et qui constitue leur véritable squelette. Cette membrane ne se termine pas dans le lieu où les calices embrassent la base des mamelons, mais au contraire se prolonge au-delà dans la substance du rein, où elle disparaît insensiblement. Les anatomistes ne sont pas parfaite ment d’accord sur sa nature; les uns, pensant qu’elle est une continuation de la membrane externe du rein, la regardent comme fibreuse; d’autres l’ont considérée comme musculeuse, à cause de la faculté qu’elle possède de se rétracter, M. Cruveilhier la croit formée par un tissu analogue à celui du dartos. C’est là l'opinion la plus vraisemblable; car ce tissu est assez répandu dans l'économie, et les parties que nous venons d’étudier sont douées de propriétés contractiles qui président à l’ex pulsion du fluide urinaire.

Les uretères reçoivent des vaisseaux sanguins; On pense qu’ils reçoivent aussi des vaisseaux lymphatiques et des nerfs; mais au point de vue descriptif, on a jugé inutile d’en faire une étude et une description particulière.

Usages des calices du bassinet et des uretères. Les premiers de ces organes ont pour usage de transmettre dans le bassinet l'urine sécrétée par les reins, et le bassinet et les uretères de la conduire dans la vessie.

Développement des uretères.

D'après Rathke, les uretères n’existeraient pas dès le début, ils ne commenceraient à se développer que vers l’époque où les reins, déjà assez avancés dans leur formation, sont obligés de se recourber sur leur bord externe, et ont déjà la forme caractéristique d’un haricot. Mais Valentin ne partage pas cette opinion ; cet auteur a toujours trouvé l’uretère uni au rein, même chez les plus petits embryons de cochon qu’il a pu observer, et qui n’avaient que 11 millim. environ. Ce canal présentait une cavité cylindrique bien prononcée, qui disparaissait peu à peu à mesure qu’on l’approchait du rein. Lorsqu'il comprimait doucement cet organe, il apercevait le bassinet affectant la forme d’un triangle dont la base regardait vers le rein et le sommet était tourné vers l’uretère; mais ce bassinet n’avait aucune communication, soit avec l’uretère, soit avec l’intérieur du rein. De là Valentin a tiré cette conséquence, que l’uretère , le bassinet et les conduits urinifères se développent indépendamment les uns des autres, et qu'ils n’entrent en communication que dans le cours de leur développement histologique, lorsque leurs parois ont acquis déjà beaucoup de consistance, et que leur liquide s’est accumulé dans leur intérieur. Bischoff dit n’avoir jamais rencontré le rein sans l’uretère ; en sorte qu’il pense qu’il existe toujours, et que si on ne le rencontre pas c’est qu’on le cherche mal. Dans le principe, en effet, l’uretère est si délicat

ORGANES URINAIRES

et si peu distinct du blastème qui l'entoure, qu'on ne peut le reconnaitre qu’à la lumière transmise, et par sa différence de couleur. Bischoff croit encore que l’uretère, le bassinet et les canalicules urinaires ne font de suite qu’un tout continu; qu'ils ne sont point creux d’abord , et que la cavité intérieure ne s’y produit que par les progrès du développement. (Æncyclop. anat., t. vin, p. 354.) De tout ce que nous venons de dire sur le développement de ces parties, il résulte qu’on n’est pas bien certain encore de la manière suivant laquelle il se fait, et qu'on a besoin de faire de nouvelles observations sur ce point d’embryogénie.

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