DE LA VESSIE
La vessie est un réservoir musculo-membraneux destiné à recevoir l’urine en dépôt.
Situation. La vessie est située dans l’excavation pelvienne, derrière le pubis, au-dessus duquel elle s’élève dans l’état de plénitude pour se mettre en contact avec la face postérieure de la paroi abdominale antérieure, tandis que dans l’état de vacuité elle ne dépasse pas le bord supérieur de la ceinture osseuse du bassin, par laquelle elle est efficacement protégée contre l’action des corps extérieurs. Elle est, jusqu’à un certain point, maintenue en place par la membrane péritonéale, dont nous indiquerons bientôt les rapports avec elle, et par l'ouraque, qui dans les premiers temps de la vie est un canal creux qui se transforme plus tard en un cordon plein passant par l’ombilic et servant à l’assujettir. Tous les organes qui entourent la vessie étant susceptibles de se déplacer en divers sens, suivant les circonstances, et étant doués d’une grande élasticité, on comprend que la vessie puisse aussi augmenter ou diminuer de volume, à la condition de changer momentanément ses rapports.
La forme de la vessie a été comparée à celle d’un ovoïde dont la grosse extrémité serait dirigée en bas et le sommet en haut; mais cet ovoide n’est point parfaitement régulier, car lorsqu’on la distend en l’injectant avec du plâtre liquide pour obtenir sa véritable forme, comme nous l'avons fait sur les sujets modèles des planches 51 et 52, on voit qu’en avant elle présente une concavité dans laquelle se trouve logé le pubis, ce qui fait qu’elle offre l'aspect réniforme. Un autre enfoncement analogue se montre au niveau de la prostate, et sert à loger la face supérieure de cette glande; de sorte qu'entre ces deux enfoncemens on aperçoit, sur la figure de la planche 51, un prolongement triangulaire de la vessie qui a de la tendance à s’insinuer entre le sommet de l’arcade pubienne et les corps caverneux. A la vérité, sur cette figure le prolongement est très prononcé, et l’est beaucoup moins dans les cas ordinaires. Du reste, la forme de la vessie présente beaucoup de différences, suivant qu’on l’examine aux différens âges de la vie, ou bien chez l’homme, ou chez la femme qui a eu des enfans. La forme que nous venons d’indiquer est celle qui existe chez l’homme adulte; chez la femme elle est moins élevée, mais son diamètre transversal est plus considérable ; ce qui tient, d’une part, à ce que les dimensions du bassin sont plus grandes dans le sexe féminin que dans le sexe masculin, et à ce que le vagin et la matrice la repoussent un peu en avant. Cette diminution dans son diamètre vertical, et cette augmentation dans son diamètre transversal, font que la vessie a chez la femme une forme moins allongée et plus arrondie. M. Cru-
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veilhier croit que les différences sexuelles ne sont pas primitives, mais elles lui paraissent être le résultat de la compression à laquelle la vessie de la femme est soumise pendant la grossesse. On peut aussi penser avec raison, que l'habitude qu'ont les femmes de conserver leur urine plus longtemps que les hommes, doit être une cause dans l’accroissement de l'étendue de sa cavité. |
Direction. Celse à dit, et on a répété depuis, que la vessie dans l’état de distension paraît un peu inclinée à droite. Cette disposition n'est qu’apparente, et tient, comme le dit Bichat (Ænat., t. v, p. 139), uniquement à la direction du rectum, qui la fait légèrement basculer sur son axe. Une autre inclinaison, qui est réelle, est son inclinaison en avant; cette obliquité tient manifestement à celle du bassin, dont l’axe du détroit supérieur est, comme on sait, dirigé de haut en bas et d’avant en arrière, Lorsque l’urine s’est accumulée dans ce réservoir de manière à s'élever au-dessus du bord supérieur des pubis, l’obliquité de la vessie devient beaucoup plus prononcée, et sa courbure antérieure beaucoup plus manifeste, parce que la paroi de l’abdomen, contre laquelle elle s'appuie, lui oppose moins de résistance que les os; alors elle est exactement dirigée suivant l’axe du détroit supérieur du bassin.
Dimensions de la vessie. Elles varient beaucoup}, suivant que la vessie est dans l’état de vacuité ou dans l’état de plénitude, et se mesurent par la quantité d’eau qu’on peut y introduire; du reste, la vessie est susceptible d’une extension considérable. On cite dans les ouvrages de pathologie des observations dans lesquelles, à la suite de rétention d’urine, la vessie occupait une grande partie du bas-ventre et contenait plusieurs litres d’urine. Les dimensions de la vessie varient aussi suivant le sexe. On s’accorde généralement à dire que la vessie a plus de capacité chez la femme que chez l’homme. Get excès d’étendue tient, suivant les uns, aux dimensions du bassin, et suivant les autres, parmi lesquels se trouve M. Cruveilhier, exclusivement à l’habitude que la femme, plus esclave que l’homme des bienséances sociales, a de garder son urine dans la vessie un temps plus ou moins prolongé. Les deux causes peuvent être invoquées, car il est certain que les personnes qui s’habituent à conserver longtemps leurs urines présentent une vessie plus étendue que celles qui urinent fréquemment. Toutefois, il est possible que les femmes urinent moins souvent, parce qu’elles ont primitivement une vessie plus spacieuse que celle des hommes.
Les dimensions de la vessie sont encore variables suivant l’âge. Selon les auteurs, la vessie paraît être proportionnellement plus grande avant qu'après la naissance; mais, en général, elle a proportionnellement moins de capacité chez l'enfant que chez l'adulte, et chez celui-ci que chez le vieillard.
Enfin, les maladies influent aussi sur la capacité de la vessie. Dans certains cas, sous l’influence de l'hypertrophie de la membrane musculeuse ou d’une irritation longtemps prolongée, on voit la vessie se racornir et devenir incapable de contenir audelà de quelques gouttes de liquide; de même que, par opposition dans certains cas de paralysie de l’organe, ou de rétention d'urine, quelle qu’en soit la cause, on voit celle-ci redevenir apte à admettre plusieurs litres d’urine.
Surface de la vessie. Pour étudier convenablement les rapports de la vessie avec les organes circonvoisins, on a coutume
de la diviser en deux surfaces, l’une externe et l’autre interne.
La surface externe, convexe dans la majeure partie de son étendue, et concave seulement en quelques points, a été divisée en six régions : une antérieure, une postérieure, deux latérales, une supérieure et une inférieure. Quoique ces régions n'aient pas de limites tranchées, il est néanmoins utile de les admettre, afin de pouvoir mieux préciser les rapports de la vessie avec les parties voisines.
1° Région antérieure. Cette région, qui est une des plus étendues et qui n’est point recouverte par le péritoine, est en rapport avec la face postérieure de la symphyse pubienne, avec celle des corps des os pubis et des muscles obturateurs internes, dont elle n’est séparée que par un tissu cellulaire séreux et lâche, qui se convertit en un tissu adipeux plus ou moins abondant chez les sujets gras. Inférieurement, dans cette région prennent naissance des faisceaux fibreux qui marchent horizontalement, et vont de là s’insérer au-dessous et sur les côtés de la symphyse; ces faisceaux sont connus sous le nom de ligamens antérieurs de la vessie ; ils sont très voisins de la prostate, sont traversés par beaucoup de veines, et forment une dépendance de l’aponévrose pelvienne. Par suite de l’absence de la prostate, cette région s'étend un peu plus bas chez la femme que chez l’homme, et dépasse la partie inférieure de la symphyse. Dans l’état de plénitude de la vessie, ses limites sont beaucoup plus étendues que dans l’état de vacuité; elle répond alors à la face postérieure de la paroi antérieure de l’abdomen. Dans les cas ordinaires, elle s'élève à trois ou quatre centimètres au-dessus des pubis; mais aussi il arrive quelquefois qu’elle monte jusqu'auprès de l’ombilic. On a profité de ce rapport avec les parois abdominales pour pratiquer la taille hypogastrique et la ponction de la vessie au-dessus des pubis, et pour explorer la vessie par l’auscultation. Lorsqu'il s’agit de pratiquer la symphysiotomie , la connaissance de ce rapport fait éviter de blesser le réservoir urinaire.
2° Région postérieure. En haut cette région n’a pas de limites fixes, mais en bas elle se termine au cul-de-sac que le péritoine forme derrière elle, et sur les côtés elle est limitée par deux replis de la même membrane auxquels on donne le nom de ligamens postérieurs de la vessie ; ces replis s'étendent jusqu’au rectum chez l’homme, et jusqu’à la matrice chez la femme. Cette région est revêtue par le péritoine dans toute son étendue, ce qui lui donne un aspect lisse et poli; elle répond au rectum chez l’homme, et à la matrice chez la femme. Il est rare que des circonvolutions de l'intestin grêle ne s’interposent pas entre la vessie et ces organes.
3° Régions latérales. Recouvertes par le péritoine dans une partie de leur étendue, elles correspondent dans le reste au tissu cellulaire du bassin, puis elles sont cotoyées dans l’état de plénitude de la vessie et dans les deux sexes, d’une part, par les artères ombilicales ou par les cordons fibreux qui les représentent après la naissance, et d’autre part, chez l’homme, par les conduits déférens. Dans l’état de vacuité de la vessie, au contraire, ces organes se trouvent situés à quelque distance d'elle.
4° Région supérieure ou sommet. Elle est recouverte en grande partie par le péritoine. Dirigée en avant et en haut, elle supporte les circonvolutions intestinales. C’est de sa partie la plus sail-
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lante, et par conséquent la plus élevée, que naït l’ouraque, cordon fibreux ou d’apparence musculeuse (Cruveilhier) qui monte le long de la ligne blanche jusqu'à l’ombilic, où il se perd en se confondant avec les aponévroses de l’abdomen. Ce cordon adhère assez intimement au péritoine, qui forme en l’embrassant un repli falciforme. Suivant M. Cruveilhier, ce repli peut entraîner l'ouraque lorsque le péritoine se déplace; car dans un cas où l’ouraque avait été attiré par le péritoine, la vessie l'avait suivi et avait pénétré dans l’un des anneaux inguinaux.
Bichat et M. Roux pensent que l’ouraque n’a d’autre usage que de servir à maintenir la vessie dans une situation fixe, car ils n'ont jamais trouvé, à aucune époque de l'existence de l'homme, qu'il fût creux comme on le rencontre dans le fœtus de quelques quadrupèdes, chez lesquels il sert à transporter l'urine de la vessie dans une poche formée par une membrane qu'on appelle allantoide. M. Cruveilhier l’a également vu toujours plein chez l’adulte et même chez le fœtus; toutefois, il avoue avoir trouvé dans un cas une petite concrétion dans son épaisseur. Bischoff (Æncyclop. anat., t. vi, p.370) dit que l’ouraque demeure fréquemment ouvert jusqu’à la naissance, depuis l'extrémité de la vessie jusqu’à l’ombilic, et même un peu audelà; nous y reviendrons en traitant du développement de la vessie.
Pendant la station debout, une partie des circonvolutions intestinales repose sur le sommet de la vessie, et le déprime légerement vers sa partie inférieure.
5° Région inférieure, aussi appelée base de la vessie. Ses rapports sont trés importans à étudier, à cause des opérations qui se pratiquent sur elle, tant à travers le périnée qu’à travers le rectum et le vagin. Comme ils différent dans cette région, chez l’homme et chez la femme, il importe de les examiner séparément dans l’un et l’autre sexe.
1° Chez l'homme, la région inférieure de la vessie qui se continue, sansligne de démarcation bien tranchée. avec sesrégions latérales, présente un espace triangulaire dont le sommet répond en avant, à la base de la prostate, et qui est borné de chaque côté par les vésicules séminales , et le canal déférent qui les accompagne en cotoyant leur bord interne , puis par les uretères. Cet espace est en rapport direct avec la partie moyenne du rectum; un tissu cellulaire graisseux plus ou moins abondant, suivant l’'embonpoint des sujets, une aponévrose mince, nommée par M. Denonvilliers, prostato péritonéale, et des veines qui forment des plexus plus ou moins considérables suivant les individus, servent tout à la fois à les séparer et à les unir. Sur les côtés de cet espace, la vessie n’a plus que des rapports médiats avec l'intestin, car elle en est séparée par les vésicules séminales qui lui sont unies par un tissu cellulo-fibreux, d'autant plus dense, qu'on se rapproche plus de leur sommet. C’est dans ce triangle, qui forme le bas-fond du réservoir de l’urine, qu'on incise cet organe dans la taille recto-vésicale, pratiquée suivant le procédé de Vacca-Berlinghieri , et qu’on exécute la ponction de la vessie par le rectum.
Il est important d'examiner jusqu’à quel point le cul-de-sac recto-vésical du péritoine s'étend inférieurement. Suivant M. Cruveilhier, la disposition du péritoine serait identiquementla même chez tous les individus, et les variétés dans la profondeur du cul-de-sac de réflexion, indiquées par les chirurgiens modernes, ne lui paraissent devoir être interprétées que par les variétés de
capacité dans la vessie des individus chez lesquels ces observations ont été faites. Ainsi, dans l’état de vacuité de cet organe, le cul-de-sac séreux tapisse tout son bas-fond, jusqu’auprès de la base de la prostate, et le sépare du rectum qui, de la sorte, n’a que des rapports indirects avec lui, tandis que si la vessie est dilatée par l’urine, le cul-de-sac péritonéal qui n’est uni à la paroi inférieure de la vessie et au rectum, que par un tissu cellulaire lâche, se retire en haut, et laisse à découvert une partie du bas-fond de la vessie qui se met en rapport direct avec l’intestin. 1l est certain que l’état de plénitude ou de vacuité de la vessie a une grande influence sur l'étendue du bas-fond de cet organe que recouvre le péritoine, mais ce qu'il y a de certain, c'est que dans l’état de plénitude, comme dans l’état de vacuité, il ya des individus chez lesquels il se prolonge plus en avant que chez d’autres.
Les rapports du rectum avec la base de la vessie peuvent être mis à profit dans le diagnostic des calculs vésicaux; mais pour que le toucher rectal puisse être de quelque utilité dans ce cas, il faut le pratiquer dans la position horizontale.
Sur les côtés du rectum, la base de la vessie est en contact avec du tissu cellulaire, et donne insertion à l’aponévrose pelvienne supérieure , et à quelques fibres des muscles releveurs de l'anus.
2° Chez la femme, la région inférieure de la vessie n’a plus de rapports avec le rectum, c’est avec la paroi antérieure du vagin tout entière, et avec la moitié supérieure du col de l'utérus qu’elle est en contact; elle n’a que des rapports médiats avec sa partie inférieure. Les moyens d’union du vagin et de la vessie sont si solides, qu’il est très difficile de les séparer sans intéresser la paroi correspondante de l’un ou l’autre organe. L'adhérence du réservoir urinaire à la matrice, estau contraire, lâche et facile à détruire.
On a donné le nom de cloison recto-vésicale, et celui de vésico-vaginale, à la cloison qui résulte de l'union de la paroi inférieure de la vessie avec la paroi antérieure du rectum et du vagin.
Il résulte des rapports de la vessie avec cet intestin, non-seulement qu’on peut explorer la vessie par le rectum, mais aussi que cette cloison recto-vésicale peut être rompue, d’où peut résulter une fistule recto-vésicale ; de même, d’après les rapports de la vessie avec le vagin et le col de la matrice; on voit qu’il peut aussi s'établir une communication entre la vessie et le vagin, ou bien une fistule vésico-vaginale; on voit encore qu'il est possible de faire la taille vésico-vaginale, dans le cas de pierre, d'explorer et de ponctionner la vessie par le vagin. — Enfin, les rapports immédiats de la matrice avec le réservoir de l’urine, expliquent pourquoi le cancer du col de l'utérus se propage si facilement à cet organe.
Le cul-de-sac du péritoine, qui existeentre la vessie et la matrice, ne descend pas au-delà du point où le vagin embrasse le col utérin ; en sorte que, dans la taille vésico-vaginale, on ne court aucun risque de blesser la séreuse.
Surface interne de la vessie.
Cette surface est tapissée dans toute son étendue, par la membrane muqueuse dont nous étudierons la structure , en traitant de l’organisation de la vessie. Lorsque cet organe est plein d’urine, sa surface interne est lisse et polie, tandis que lorsqu'il est revenu sur lui-même, il présente des plis et des rides, qui
ORGANES
tiennent, comme nous l'avons dit, pour l'estomac, à l'inégalité de contraction des membranes qui entrent dans sa composition. Quelquefois on y observe des saillies allongées , plus ou moins volumineuses, qui sont dues à ce que des fibres de la tunique charnue proéminent dans l’intérieur de la vessie; ces saillies qui sont tapissées par la muqueuse, sont séparées par de petites cavités, dans lesquelles on voit quelquefois des calculs se développer et acquérir un volume plus ou moins considérable. Ces calculs sont enkystés, et les vessies dans lesquelles on observe cette disposition, sont appelées vessies à colonnes. — Si la muqueuse s'insinue dans les aréoles interceptées par ces colonnes, elle y forme des cellules plus ou moins nombreuses, qui s’agrandissent par suite de l'accumulation de l'urine dans leur intérieur: ces sortes de vessies portent le nom de vessies a cellules.
On observe encore dans l’intérieur de la vessie les orifices des uretères et l'orifice de l’urètre. Ces trois ouvertures sont disposées de manière, qu’en les réunissant par des lignes fictives, elles forment un triangle équilatéral dont les angles postérieurs répondent aux orifices des uretères, et l’antérieur à l’orifice de l’urètre. Ils sont séparés les uns des autres par une distance d'environ 4 centimètres. Ce triangle est connu généralement sous le nom de trigône vésical, ou de Lieutaud. Sa surface est lisse, blanche, et ne présente point de rides et de colonnes comme les antres parties de la vessie ; ses paroïs présentent un peu plus d'épaisseur dans ce point qu'ailleurs ; on a prétendu que la vessie était plus sensible à l'endroit du trigône, que dans ses autres points, mais cette opinion ne repose sur aucun fondement solide, car la douleur qui fait naître au périnée la présence d’un calcul, ne dépend pas de ce qu’il est en contact avec cette partie, mais de l’irritation qu'il cause dans le lieu quelconque où il repose.
Le trigône vésical existe chez l’homme et chez la femme, par conséquent, il n’est pas, comme on l’a dit, formé par la saillie de la prostate, car cette glande n'existe pas dans le sexe féminin.
On appelle ordinairement bas-fond de la vessie cette partie de la base qui est située immédiatement en arrière du trigône ; quelquefois cependant on applique ce nom à toute la paroi inférieure.
L'ouverture des uretères dans la vessie correspond aux angles postérieurs du trigône; ces ouvertures, allongées et obliques en avant et en dedans, sont quelquefois couvertes par un petit repli muqueux, qui ne permet de la bien voir, qu’à l’aide de l’introduction d’un stylet dans les conduits qu’elles terminent. Cette disposition, jointe au long trajet oblique que parcourt l’urètre sous la muqueuse, avant de s'ouvrir dans la vessie, fait que l'urine arrive facilement des uretères dans la vessie, mais ne peut pas refluer dans les uretères.
L'ouverture qu’on aperçoit à l'angle antérieur du trigône est l'orifice de l’urètre, qu’on appelle aussi co/ de lu vessie. Cet orifice, situé un peu au-dessus du trigône, présente un contour épais et arrondi. La forme de croissant qu’on lui a attribuée n’est pas très manifeste. On aperçoit quelquefois , vers la paroi inférieure de cet orifice, un tubercule saillant que, depuis Lieutaud, on décrit dans tous les livres d'anatomie sous le nom de /ette vésicale (uvula vesicæ). Ce tubercule n'existe pas toujours, mais lorsqu'il existe, ce qui n’arrive que dans le cas de maladie, il résulte du développement hypertrophique de cette partie de la Prostate, que Home a désignée sous le nom de lobe moyen de
cette glande, et peut alors obstruer l'ouverture urétrale, T,. V.
URINAIRES
et produire une rétention d'urine plus où moins complète. Structure ou organisation de la vessie.
Bichat , M. Cloquet et autres anatomistes disent que la vessie est constituée par quatre membranes , une péritonéale, une musculeuse, une celluleuse , et enfin une muqueuse; d’autres , au contraire, parmi lesquels se trouve M. Cruveilhier , n’en considérent que trois, une séreuse, une musculeuse et une muqueuse ; ils n’admettent pas comme membrane la couche de tissu cellulaire, parce que ce tissu n’a pas la même épaisseur partout, et qu'il y a des points où il est presque nul. Outre ces membranes, on trouve parmi les parties constituantes de la vessie des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et des nerfs qui se distribuent dans ses parois.
Membrane séreuse ou péritonéale. C'est la membrane externe. Voici comment elle est disposée: lorsque le péritoine qui tapisse la face postérieure de la paroi antérieure de l'abdomen est parvenu près du pubis, au lieu de continuer à descendre, il se réfléchit d’avant en arrière, et parvient d’abord sur la face supérieure de la vessie, dont il est écarté par l’ouraque et les artères ombilicales oblitérées, puis sur sa face postérieure qu'il tapisse entièrement, et sur ses parties latérales qu'il revêt en partie, de là il parvient sur son bas-fond dont il ne tapisse qu’une partie, et se réfléchit de bas en haut sur le rectum ou sur la matrice, suivant le sexe. Ainsi, toute la face antérieure de la vessie, une grande partie de sa face supérieure, de ses faces latérales et presque toute sa face inférieure en sont complétement dépourvues, ce qui permet d’arriver à cet organe par l’hypogastre, par le périnée, par le rectum et par le vagin, sans courir le risque de pénétrer dans la cavité du péritoine. Du reste, comme le tissu cellulaire qui unit cette membrane à la vessie est très lâche vers les points où elle s’en sépare, il en résulte que, dans l’état de plénitude, une plus grande partie de l'étendue du réservoir urinaire reste à découvert. Enfin, en quelque point qu'on l’examine, on trouve que le péritoine est plus lâchement uni à la membrane musculeuse que la séreuse de l’estomac ou des intestins à la membrane sous-jacente,
Couche celluleuse. On entend par couche celluleuse le tissu cellulaire qui entoure la vessie dans tous les points où la séreuse n'existe pas; sans cette couche, la membrane muqueuse paraitrait à nu entre les fibres de la musculeuse qui laissent entre elles des places vides, excepté au bas-fond et dans le voisinage de l’ouraque. Cette couche a pour but de remplir les espaces vides, de fortifier les parois de la vessie, et d’empécher la muqueuse de faire hernie à travers les écartemens des fibres musculaires. Son épaisseur n’est pas la même partout, et sa consistance présente de nombreuses différences , suivant les lieux où on la considére. Ainsi elle est très lâche, trés abondante et contient beaucoup de graisse, entre le pubis et la face antérieure de la vessie ; un peu plus ferme dans le voisinage du bas-fond où elle est traversée par un grand nombre de vaisseaux sanguins, surtout veineux , elle devient très dense, serrée et blanchâtre , entre la prostate, les vésicules séminales et la vessie. Elle est plus mince au-dessus de la séreuse qu'ailleurs, et sert seulement à l’unir à la vessie.
Membrane musculeuse. Pour étudier convenablement cette
membrane , il faut commencer par distendre la vessie avec de l'air ou de l’eau, et enlever la membrane séreuse et le tissu cellulaire ambiant; alors les fibres musculaires paraissent à nu. En général cette membrane est très mince, et présente une épaisseur inégale dans les vessies très développées, tandis que dans les vessies qui sont petites, elle présente plus d'épaisseur, existe sur toute la surface de la vessie, d’une manière continue, et se trouve constituée par plusieurs couches ; quelquefois même, on l’a vue acquérir 18 à 22 millim. d'épaisseur, mais alors elle est dans un véritable état d’hypertrophie. Les vessies dans lesquelles cet état se rencontre sont très bonnes pour étudier la disposition des fibres musculaires, qui sont disposées suivant plusieurs plans; selon M. Cruveilhier , le plan le plus extérieur présente des fibres longitudinales qui semblent toutes partir du col de la vessie, ainsi que cela a été remarqué depuis longtemps, et vont s'épanouir sur toute la surface de l'organe. La couche qui est placée au-dessous de celle-ci est composée de fibres circulaires, dont les unes marchent parallèlement, et dont les autres s’entrecroisent irrégulièrement. Les fibres circulaires parallèles existent surtout au bas-fond de la vessie; elles font suite aux fibres circulaires du col. Les fibres circulaires irrégulières existent surtout à la paroi postérieure de cet organe.
MM. Thomson et Velpeau ont étudié avec soin la disposition des fibres musculaires de la vessie, et sont arrivés aux résultats suivans. Ils reconnaissent deux ordres de fibres musculaires; les unes sont annulaires et les autres obliques. Les plus nombreuses forment des anses et suivent la direction du grand axe de l’organe. En résumé , ces auteurs ont observé que toutes les fibres de la vessie semblent venir de l’ouraque et du muscle droit abdominal , aux environs de l’ombilic. Elles se présentent sous forme de grandes plaques irrégulières, qu'on peut diviser en six éventails, dont trois à droite et trois à gauche.
De ces plaques, l’une, placée d’abord en avant, descend en se contournant peu à peu sur le côté, pour gagner la face externe du bas-fond, en passant en grande partie entre les deux uretères. Là, ses fibres s’entrecroisent pour se porter sur les côtés du col, de manière que celles de droite se placent à gauche, et celles de gauche à droite. On les voit dès lors se rassembler en deux faisceaux de plus en plus proéminens, épais de quelques millimètres, et qui vont se fixer sur la partie postérieure et inférieure de la symphyse pubienne, aprés s'être entrecroisés de nouveau.
La seconde de ces plaques descend presque perpendiculairement sur la face antérieure de la vessie. L'entrecroisement de ce second ordre de fibres commence dès le milieu de la hauteur de l'organe, et continue jusqu’en bas. Après s'être entrecroisées inférieurement, plusieurs d’entre ces fibres se réfléchissent, pour aller se fixer à la partie postérieure de la symphyse, en constituant le ligament antérieur de la vessie. Les autres passent sur les côtés du col, en s’entrelaçant avec une partie des fibres de la plaque précédente, pour se réfléchir entre le bas-fond de la vessie et le rectum, et aller concourir à la formation de l’aponévrose pelvienne , en s’entremélant avec les fibres du releveur de l’anus.
La troisième plaque descend à la manière d’une spirale, du côté gauche sur la partie postérieure, puis sur la partie latérale droite; ses fibres passent en partie sur le côté externe des ure tères, se rapprochent près du col, et forment un faisceau proéminent, qui semble se plaquer contre la face externe du premier plan indiqué, de manière à se prolonger jusqu’à la face posté-
ORGANES URINAIRES
rieure, inférieure et externe de la symphyse du pubis, en s’entrecroisant de nouveau.
De plus en plus multipliées à mesure qu'elles se rapprochent des uretères, les fibres des plans précédens se serrent encore davantage en arrivant dans le trigône. Là, on les voit d’abord converger, puis s’entrecroiser au commencement de l’urètre, et enfin, se diviser de nouveau en trois plans : l’un qui s’épanouit dans l’aponévrose ano-pubienne, au-dessous des fibres musculaires qui vont à la prostate; l’autre qui s’étale en avant du muscle de Wilson, pour aller se fixer au détroit inférieur; et le troisième qui se prolonge jusqu’au gland.
Les fibres longitudinales de la vessie, arrivées près de l’urètre, se réfléchissent en divergeant, pour s’entrelacer en dehors de la bandelette ischio-pubienne, avec la portion sacro-pubienne du muscle releveur de l’anus, en même temps que d’autres s'étendent jusque dans l’aponévrose pelvi-coxale qu'elles concourent à former, comme pour aller se fixer au détroit supérieur. Des fibres semblables s’échappent du plan longitudinal du rectum, pour s’entrelacer avec la portion coccy-pubienne, et concourir à la formation de la même aponévrose, en se fixant, comme les précédentes, sur le détroit supérieur.
La disposition anatomique des fibres musculaires de la vessie, que nous venons de tracer, d’après MM. Thomson et Velpeau, n’est pas encore généralement admise. Cette description, qui est trés exacte , offre, de prime-abord , une trop grande complication.
Charles Bell a décrit un faisceau transversal épais, étendu entre les orifices des uretères, qu’il a considéré comme un muscle spécial à ces organes, ayant pour fonction, d'élargir leurs orifices et de favoriser l’abord de l’urine dans la vessie. D’un autre côté, M. Cruveilhier a vu qu’au niveau du trigône la couche musculeuse était formée par des fibres transversales, juxtaposées , parallèles et formant un plan parfaitement régulier.
Du sphincter de la vessie. On désigne sous ce nom des fibres musculaires disposées en forme de faisceau, de chaque côté. Les fibres de la portion membraneuse de l’urètre et celles du sommet de la prostate, qui se croisent en dessus et en dessous, s’intriquent et se confondent, de manière à former un anneau musculeux ; ces deux faisceaux sont connus sous le nom de muscles de Wilson. Le vague et l’incohérence des descriptions de ce sphincter, dit M. Cruveilhier (Znatom., tom. 11, pag. 714), prouvent assez qu’il n'existe aucune disposition musculaire bien évidente au col de la vessie.
Cependant, ce qu'il y a de certain, c’est qu'on trouve au col vésical une couche extérieure mince, formée par les fibres musculaires longitudinales de la vessie, et une couche profonde très épaisse , formée par les fibres circulaires de ce même organe ; les unes et les autres semblent se continuer dans la portion prostatique du canal de l’urètre. Dans la description donnée par Thomson, les muscles de Wilson et le sphincter de la vessie sont constitués par les fibres de la première et de la seconde plaque que nous avons décrites; au reste, beaucoup d’anatomistes n’admettent pas l'existence d’un sphincter. Haller partageait cette opinion, et se fondait pour cela, sur ce que ceux qui l’ont admise ne sont pas d’accord sur le lieu qu’il occupe, car les uns l'ont placé au-devant de la prostate, les autres à l’orifice même de l’urètre.
ORGANES
Membrane muqueuse de la vessie. Elle tapisse la surface interne de la vessie, et se continue par les orifices des uretères, avec la muqueuse qui les tapisse et avec celle de l’urètre. Elle est assez mince, et blanchâtre surtout vers le col. Dans l’état de vacuité, elle est parsemée de rides nombreuses qui, en s’entrecroisant, emprisonnent de petites loges plus où moins profondes ; cesrides et ces loges disparaissent dans l’état de plénitude, Elle se moule exactement sur toutes les saillies de la membrane musculeuse; dans les points où ces fibres sont peu nombreuses et séparées par des espaces remplis de tissu cellulaire, on voit quelquefois ces points céder, la muqueuse s’enfoncer dans ces espaces, entre les fibres musculaires, et constituer des cellules, où se logent parfois des calculs qui grossissent et se trouvent par la suite enkystés ou enchatonnés. On a vu ces cellules devenir tellement étendues, qu’elles constituaient, pour ainsi dire, une seconde vessie. Une de ces grandes cellules se rencontre assez souvent au-dessous du col de la vessie et survient dans les cas de rétrécissement de l’urètre, quand des valvules bouchent l’orifice de ce canal ; alors l'urine, en pressant la paroi vésicale qui correspond au-dessous de ce point, finit par la faire céder, et par déterminer une dilatation dans laquelle s’accumule l’urine; des calculs peuvent s’y loger, et se soustraire ainsi au contact de la sonde.
La membrane muqueuse vésicale a été considérée comme dépourvue de glandes ou follicules muqueux, parce qu’il est difficile de les apercevoir et de les démontrer dans le plus grand nombre des sujets. On dit, toutefois, que les affections catarrhales auxquelles cette membrane est exposée les y développe d’une manière assez sensible pour qu’on les voie à l’aide seulement d’une bonne loupe, surtout au voisinage du col et sur le trigône vésical.
La membrane muqueuse est unie à la musculeuse par un tissu cellulaire assez lâche, séreux et très délié; en sorte qu’on peut les séparer avec assez de facilité.
Vaisseaux de la vessie.
(a) {rtères. 1° Les artères ombilicales fournissent quelques rameaux à la vessie lors de leur passage sur ses parties latérales ; mais ces artères et leurs rameaux vésicaux ne sont perméables
0 x PR . .
que dans le fœtus. 2° Les artères vésicales, qui sont fournies par des branches de l’hypogastrique, ou par l’hypogastrique ellemême, sont les principales ; on les divise en vésicale antérieure, vésicale postérieure et vésicale inférieure.
1° Artère vésicale antérieure. Tantôt elle naît de l’ombilicale, tantôt de l’obturatrice, et quelquefois de la honteuse interne, Lorsqu'elle vient de l’ombilicale, elle en naît sur les côtés de la vessie et se porte en bas et en dedans le long de la face antérieure. Lorsqu'elle est fournie par la honteuse interne ou par l’obturatrice, elle traverse le ligament antérieur de la vessie, et vient se porter de bas en haut sur la face antérieure de cet organe. Au lieu de naître de la honteuse ou de l’obturatrice, on la voit quelquefois venir de l’épigastrique. M. Cruveilhier l’a vue venir d’un tronc commun avec l'artère du corps caverneux.
2° Vésicale postérieure. Chez l’homme cette artère vient souvent de l’hémorroïdale moyenne, tandis que chez la femme elle nait souvent par un tronc commun avec l'artère utérine. Immédiatement après son origine, elle se porte sur les côtés de la base de la vessie, marche de bas en haut sur la face postérieure de
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cet organe et gagne son sommet. Dans son trajet, elle fournit un grand nombre de ramuscules qui se répandent en arrière et sur les côtés de la vessie, ainsi que dans l'épaisseur de ses parois, jusque dans la muqueuse. On les voit quelquefois fournir un rameau à l'ouraque.
3° Artère vésicale inférieure. Le plus souvent elle se détache directement de l’hypogastrique, se porte de là sur la paroi inférieure de la poche urinaire, et y jette de nombreux rameaux qui vont se ramifier jusque dans le commencement de l’urètre chez la femme. Les vésicules séminales, le canal déférent et la portion prostatique de l’urètre, chez l’homme, en reçoivent aussi un grand nombre de rameaux. M. Cruveilhier a vu cette branche fournir l'artère dorsale de la verge. (Ænat., t. nr, p: 190.) La partie inférieure de la vessie est constamment pourvue d’un réseau artériel et veineux beaucoup plus abondant que ses autres parties.
(b) eines vésicales. Les veines de la vessie sont trés nombreuses ; il ÿ en a toujours au moins deux pour chaque artère; de plus, elles forment de nombreux plexus qui portent, chez l’homme, le nom de plexus vésico-prostatique, et celui de plexus vésical, ou vésico-urétral, chez la femme. Toutes les veines de la vessie vont se jeter dans les troncs hypogastriques.
1° Plexus vésico-prostatique. Ce plexus, qui est très complexe et composé d’un grand nombre de veines qui s’entrelacent dans tous les sens, et qui s’anastomosent fréquemment entre elles, enveloppe le col de la vessie et la prostate. Il est susceptible d'acquérir un grand développement sous l'influence des inflammations chroniques de la vessie. C’est dans ce plexus que viennent se Jeter les veines superficielles de la verge, et c’est lui qui fournit les veines vésicales. Plusieurs veines le mettent en communication avec les plexus hémorroïdaux. Inférieurement , il est soutenu par une lame fibreuse très épaisse, qui se continue avec l’aponévrose pelvienne; on attribue à cette lame le pouvoir de limiter la dilatation de ce lacis veineux.
Outre le plexus vésico-prostatique, on rencontre encore chez l’homme un grand nombre de veines disposées sous forme de plexus autour des vésicules séminales.
2° Plexus vésical ou vésico-urétral. Chez la femme, ce plexus est beaucoup moins développé que chez l’homme : cela tient à ce que les veines qui le forment sont moins nombreuses que les veines superficielles de la verge. En avant, il reçoit les veines qui viennent du clitoris, et il communique en arrière avec le plexus vaginal.
Les veines et les plexus vésico-prostatiques deviennent quelquefois le siége de dilatation variqueuse; on y a souvent rencontré des concrétions osseuses qu’on a désignées sous le nom de phlébolites.
Outre les veines et plexus dont nous venons de parler, on rencontre constamment, sur le corps de la vessie, plusieurs veines plus ou moins développées. Sur la face antérieure, par exemple, il en existe une qui du voisinage de l’ouraque s'étend Jusque dans les plexus vésico-prostatiques; une autre part de ces plexus et va concourir à former la veine sacrée moyenne.
(c) J’aisseaux lymphatiques de la vessie. Ces vaisseaux lymphatiques, de même que ceux qui partent des organes situés dans
le bassin, se rendent aux ganglions pelviens; mais avant d'y parvenir, ils traversent les ganglions qui appartiennent en propre au réservoir urinaire, sur lequel ils forment un réseau qui est beaucoup plus abondant en arrière qu’en avant, En effet, le plus grand nombre des vaisseaux lymphatiques de la vessie se trouvent Sur sa région postérieure, au-dessous du péritoine. On en trouve encore une quantité assez considérable sur sa base, mais ils sont difficiles à découvrir dans quelques circonstances. Dans les péritonites puerpérales, par exemple, on les a trouvés remplis de pus. M. le professeur Cruveilhier dit les avoir rencontrés plusieurs fois dans cet état. (Anat., t. 1, p. 374.)
Nerfs de la vessie.
Les nerfs de la vessie viennent de deux sources, savoir : des nerfs rachidiens (plexus sacré), et des nerfs ganglionnaires
(plexus hypogastrique).
(a) Les nerfs de la vessie qui viennent des nerfs rachidiens, sont fournis par la troisième, la quatrième et quelquefois la cinquième paire sacrée. Ces branches sont au nombre de trois ou quatre ; elles marchent de haut en bas et d’arrière en avant, passent sur les côtés du rectum chez l’homme, du rectum et du vagin chez la femme, et vont se distribuer à la membrane musculeuse de la vessie. Il y en a une grande quantité qui parviennent Jusqu'au col de cet organe et président à la sensibilité dont est doué cet orifice,
(b) Werfs de la vessie qui sont fournis par les nerfs ganglionnaires ou le plexus hypogastrique. Ces plexus, qui sont situés sur la partie latérale et inférieure du rectum et de la vessie chez l’homme, du rectum, du vagin et de la vessie chez la femme, se partagent en un grand nombre de plexus secondaires qui prennent le nom des organes auxquels ils se distribuent ; ainsi ceux de la vessie sont appelés plexus vésicaux. Ces plexus sont constitués par un grand nombre de filets très minces; on les trouve placés sur les côtés de la vessie, en dehors des uretères. Parmi les filets qui en émanent, les uns, qu’on désigne par le nom de filets vésicaux ascendans, se portent verticalement en haut, sur les côtés de la vessie, et se partagent en rameaux antérieurs et en rameaux postérieurs qui s’anastomosent ensemble et se perdent sur les parties antérieure et postérieure de cet organe; les autres, qu'on nomme filets vésicaux horizontaux, parce qu’ils marchent horizontalement, se portent sur les côtés de la base de la vessie et s'épanouissent en un grand nombre de filamens très fins qui se partagent en deux ordres : les uns pénètrent à travers les parois de la vessie, surtout dans la région du col, et s’y perdent, ce sont les plus nombreux; les autres, qui sont encore assez abondans, marchent vers la prostate et pénètrent dans son épaisseur, où ils se terminent; quelques-uns parviennent jusqu’à la portion membraneuse de l’urètre.
Développement de lu vessie.
La plupart des embryologistes actuels font provenir la vessie de la vésicule allantoïde ; rappelons brièvement ce que c’est que cette vésicule. Son origine est pleine d’obscurité; les uns, avec Reichert, prétendent qu'elle se développe primitivement dans le poulet sous forme de deux petites éminences qui communiquent avec les conduits excréteurs des corps de Wolff, et se confondent bientôt en formant une vésicule aplatie. M. Coste (Embryro-
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logie, p. 117 et 135) la fait naître de la vésicule biastodermique. Suivant lui, aussitôt que la tache embryonnaire est produite par cette vésicule, et qu'elle s’est divisée en embryon et en vésicule ombilicale, on en voit sortir, à l'endroit où celle-ci se continue avec l'extrémité inférieure déjà détachée de lembryon, un prolongement creux qui est l’allantoide. Selon cette opinion, l'allantoïde se trouverait constituée par autant de feuillets que la vésicule blastodermique et que l'embryon ; par conséquent, le feuillet externe se continuerait avec la peau de l'embryon, et l'interne ferait corps avec le feuillet interne de la portion embryonnaire de la vésicule blastodermique qui se développe en intestin, et ce serait par cette raison que l’allantoide communiquerait par la suite avec l'intestin; mais la théorie de M. Coste est combattue en partie par Bischoff. Quoi qu'il en soit, lorsque cette vésicule est formée, elle communique réellement avec l’intestin et le conduit excréteur des corps de Wolff, sans qu’on ait encore pu démontrer, d’une manière positive, comment cette communication s'établit.
Lorsque la vésicule allantoïde est une fois bien formée, elle sort par l’ombilic, et les vaisseaux qui l’accompagnent prennent par cette raison le nom de vaisseaux ombilicaux.
C’est en ce moment que la vessie se forme et voici comment : les parois du ventre qui se développent de trés bonne heure marchent l’une vers l’autre; lorsqu'elles se rencontrent à l’ombilic cutané, la vésicule allantoïde est étranglée en ce point; la constriction qu'elle éprouve ne tarde pas à être suivie de l’oblitération complète et de la disparition de toute sa portion qui excède la surface de l'embryon. Quant à la portion de cette vésicule qui se trouve placée dans l’intérieur du ventre, c’est elle qui formera la vessie. D'abord très allongée et de forme à peu près cylindrique, cette portion s'étend depuis l'intestin Jusqu'à l’ombilic. C'est surtout la région inférieure qui continue à se développer et à se distendre ; peu à peu ses parois s’épaississent, eu il devient possible d’y distinguer une couche mince composée de fibres musculaires etune membrane muqueuse à l’intérieur; la région supérieure reste étroite et même se rétrécit de plus en plus; elle affecte d’abord la forme d’un cône allongé qui se termine au sommet de la portion qui s’est développée, et finit par se réduire en un véritable cordon imperméable, qu’on nomme l’ouraque.
Maintenant, il est facile de comprendre ce que c’est que l'ouraque. En remontant à son origine, on voit que dès le principe c’est, dans l’espèce humaine comme dans les animaux, un appendice creux qui unit les deux portions de la vésicule allantoïde et se réduit en un cordon fibreux par suite de la diminution graduelle de la cavité qui finit par s’oblitérer. 11 n’est donc plus permis de douter que l’ouraque soit creux pendant la vie intra-utérine. Quelques cas d’oblitération tardive de la cavité de cet organe, qui ont été observés, sont en faveur de cette opinion. Ainsi, 1° On à pu faire pénétrer dans l’ouraque, à la hauteur de près de 3 à 4 centimètres et même plus haut, du mercure injecté dans la vessie; 2° On à vu des enfans nouveau-nés rendre les urines par l’ombilic, lorsqu'il y avait oblitération de l’urètre; 3° On a rencontré des calculs dans l'épaisseur de l’ouraque : Haller et M. Cruveilhier en rapportent chacun un cas, mais le plus curieux est celui qui a été observé par Boyer, qui rapporte ( {natom. splanchnologie , P. 477) qu'il trouva sur la vessie d’un homme de vingt-six ans que l’ouraque formait un canal de 4 centimètres de long et contenait douze pierres nrinaires de la grosseur d'un grain de mil-
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let; une d'elles, plus grosse que les autres, ressemblait à un grain d'orge. L'embryologie est donc d’un grand secours pour expliquer la formation de l’ouraque; tandis qu’il serait indispensable d’y recourir pour comprendre la formation d’un grand nombre d'organes qui , chez l’adulte, ne présentent plus aucune analogie avec ce qu’ils ont été à l’origine. En étudiant la tunique vaginale chez un adulte, par exemple, qui pourrait croire que dans le principe elle a appartenu au péritoine.
Mais revenons à la vessie : Celle-ci, d’abord hors de la cavité pelvienne , n’y entre que peu à peu ; dans le principe, ainsi que nous l'avons dit, elle communique avec l'intestin, et représente chez l’homme et chez la plupart des mammifères un véritable cloaque analogue à celui des oiseaux, chez lesquels il persiste toute la vie, tandis que chez les premiers cette communication de la vessie avec l'intestin n’est que temporaire, et cesse même à une époque assez peu avancée de la vie intra-utérine par suite du développement précoce d’un canal excréteur qui s’ouvre à l'extérieur au-devant du tube alimentaire à travers le périnée. On a beaucoup discuté sur la manière dont s’accomplit la séparation de la vessie avec l'intestin. Rathke (44Aandlungen, t. 1, p. 57) pense qu’il se développe dans le cloaque des plis qui viennent à la rencontre les uns des autres, de droite à gauche et de haut en bas, et qu’ils finissent par se souder ensemble, Valentin (Æntwicklungs-Geschichte, p. 417) n’a jamais pu observer les plis indiqués par Rathke, et pense que la portion commune à l’allantoïde et à l'intestin, c’est-à-dire le cloaque, se raccourcit et finit par disparaître entièrement lorsque le canal excréteur de chacun de ces organes est développé. L'opinion de Valentin est adoptée par Bischoff. Le canal produit au-devant de l'intestin est commun aux organes urinaires et génitaux, Muller l’a nommé sinus uro-génital, et Valentin canal urogénital.
Lorsque la vessie est développée et forme un organe particulier destiné à recevoir l’urine sécrétée par les reins, elle subit encore des changemens notables dans la forme et dans ses rapports. Encore très allongée, elle s’élève en pointe et se termine à l’ouraque, à peu de distance de l’ombilic; elle est aussi presque complétement située au-dessus du bassin et en rapport avec la paroi antérieure de l’abdomen. Cette disposition persiste fort longtemps. Ce n’est guère que dans les derniers temps de la gestation qu’elle descend dans le bassin. Cela tient d’abord à ce que le détroit supérieur est dirigé très obliquement, et à ce que le bassin est très petit, puis aussi à ce que le rectum, rempli de méconium, occupe beaucoup de place, et maintient la vessie soulevée.
Dans le fœtus, l'examen de l’intérieur de la vessie nous montre que le col de cet organe ou bien l’orifice de l’urètre en occupe la partie la plus déclive. Cela tient à ce que la vessie n’a pas encore acquis, vers son bas-fond, l’évasement qu’elle aura plus tard. En d’autres termes, jusqu’au moment de la naissance la vessie est très petite, ordinairement resserrée sur elle-même, et contient peu d’urine; ses parois sont très épaisses, et sa tunique musculeuse très bien formée.
2° État de la vessie à la naissance et dans les premières années de la vie. À la naissance on ne remarque pas encore beaucoup de différence entre l’état de la vessie et celui dont nous venons de parler; mais dans les premières années de la vie, il survient de nombreux changemens dans ses dimensions et dans
ses rapports avec les parties voisines. Ainsi, son diamètre ver- Te. Ve
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tical diminue, tandis que sa base s’élargit. On la voit aussi s'enfoncer peu à peu dans le bassin, par suite de l’agrandissement de son détroit supérieur et de la diminution de son obliquité antérieure qui résulte de l'élévation du pubis. En même temps aussi l'étendue de ses rapports avec la paroi antérieure de l’abdomen diminue dans la même proportion, si bien que dans l’âge adulte elle est entièrement contenue dans la cavité pelvienne, et que ce n’est que dans l’état de plénitude qu’elle s’élève au-dessus du pubis. Toutefois, ces derniers changemens ne s’opèrent que très tard ; ils marchent avec beaucoup de lenteur dans les premières années de la vie, et vers l’âge de huit à dix ans, la vessie est encore très élevée au-dessus du pubis. A cette époque de la vie, il n’y a, pour ainsi dire, encore aucune différence en rapport avec le sexe. On sait, en effet, que chez les enfans les dimensions du bassin sont à peu près les mêmes, quel que soit le sexe auquel ils appartiennent, et que ce n’est que vers l’âge de puberté que des différences notables se manifestent. Malgré sa capacité apparente, la vessie des enfans est encore très petite, et son bas-fond plus élevé que le col ; elle est aussi trèsirritable. De ces diverses circonstances il résulte que leur vessie se contracte fréquemment, et qu'ils ne peuvent conserver longtemps leurs urines. L'élévation de la vessie au-dessus du pubis et le développement incomplet du bassin chez les enfans sont deux dispositions qui, chez eux, rendent la taille hypogastrique très facile à pratiquer.
L'état de la vessie chez l'adulte, ayant été examiné dans notre description générale, nous passerons immédiatement à l'état de la vessie chez les vieillards.
3° État de la vessie chez les vieillards. Une fois que la vessie a atteint son développement complet , elle n'éprouve pas de changemens bien remarquables, par suite des progrès de l’âge, sous le point de vue de sa position et de ses rapports; les changemens qu'elle éprouve portent plutôt sur sa capacité et sur sa structure. Sous le rapport de la capacité, on a observé, par suite de l’âge, la diminution de sa sensibilité et le séjour plus longtemps prolongé de urine dans sa cavité; elle devient plus grande chez quelques-uns, tandis que chez d’autres elle se raccornit et diminue de capacité soit spontanément, soit à la suite d’irritation ou d’inflammation plus ou moins répétées, et acquiert plus d'épaisseur dans ses parois. Cette dernière disposition est en général très ficheuse et souvent même un obstacle difficile à vaincre lorsqu'il devient nécessaire de pratiquer la
taille hypogastrique.
De la sécrétion et de l'excrétion de l'urine.
Les reins sont chargés de sécréter l’urine. Aujourd’hui personne ne conteste cette vérité, tandis qu’au temps d’Haller beau coup de médecins doutaient qu’ils fussent destinés à cet usage; aussi ce célèbre physiologiste a-t-il écrit assez longuement en faveur de l’opinion qui leur attribue cette fonction.
Toutefois, la rapidité avec laquelle on voit, dans certaines circonstances, les boissons parvenir dans la vessie, et avec laquelle certains agens introduits dans l'estomac passent dans lurine, où l’analyse chimique les fait découvrir, a fait supposer que les reins n'étaient pas les seuls organes chargés de la sécréter, et que les liquides parvenaient à la vessie par d’autres voies qui mettaient l'estomac en communication directe avec ce réservoir. On a cité, à la faveur de l'opinion qui veut que les
liquides admis dans l'estomac puissent arriver dans la vessie sans passer d’abord dans le sang, des expériences chimiques à la suite desquelles des sels, ingérés dans l’estomac, ont été retrouvés dans l’urine et non dans le sang; mais 1° on n’a jamais pu démontrer l’existence des conduits indiqués primitivement par Hippocrate; 2° d’autres chimistes, Tiedeman et Gmelin, par exemple, ont retrouvé dans le sang et dans les urines des sels qu'ils avaient fait avaler à des chiens. Fodéré a obtenu le même résultat, en ayant le soin d'analyser le sang aussitôt que les urines présentèrent quelques traces du sel qu’il avait administré. 3° Haller, ayant établi que les artères rénales ont un calibre qui est le huitième de celui de l’aorte, prouva que, d’après la vitesse avec laquelle le sang circule, trente-un kilogrammes de sang traversaient le tissu rénal dans l’espace d'une heure; alors il ajoute, qu’en supposant que la dixième partie seulement soit convertie en urine, cela en donnerait un peu plus de trois kilogrammes; or, comme nulle boisson n’est assez diurétique pour faire uriner autant, et comme dans la maladie appelée diabetès elle-même, les malades ne rendent jamais autant d'urine, il ne parut pas nécessaire à Haller de rechercher des voies différentes de celles des reins pour expliquer la promptitude de l’arrivée de l’urine dans la vessie. 4° enfin, une dernière expérience qui semble prouver d’une manière certaine que les reins seuls ont pour fonction de fabriquer l'urine, est la ligature des uretères, après laquelle on voit que les urines ne peuvent parvenir à la vessie, qui reste complétement vide, Richerand a pratiqué cette ligature deux fois, sur un chat et sur un lapin. Lorsque ces animaux eurent succombé, il trouva la vessie vide; et les uretères , dilatés par l’urine au-dessus de la ligature, égalaient en grosseur le volume du doigt annulaire; les reins eux-mêmes, pén'trés d'urine, en étaient gonflés, ramollis et comme macérés.
Comment se fait la sécrétion urinaire. On sait que cette sécrétion s’opère dans les granulations de la substance corticale, mais on ignore tout-à-fait suivant quel mécanisme elle se fait. Là comme dans toutes les glandes, il faut admettre des propriétés spéciales de tissus en vertu desquelles telle glande sécrète de la salive, une autre de la bile, celle-ci du sperme et celle-là de l'urine. « Les reins, dit Bichat, jouissent d’une sensibilité « plus obtuse et d’une activité moins énergique que les autres « glandes; l'action vitale a moins de part dans la sécrétion « qu'ils opèrent, et leurs fonctions se prêtent plus facilement «aux explications chimiques et hydrauliques.
Les organes urinaires séparent, avec beaucoup de facilité, du sang, un liquide tellement complexe, que les anciens le considérait comme une sorte d'extrait de la substance animale, et pensaient que la séparation de l'urine était une véritable lessive par laquelle passait tout ce qu’il y avait d’impur dans l’économie. Il est certain que les reins sont le plus puissant émonctoire du corps humain. Haller a rassemblé un grand nombre de faits dans lesquels on voit qu’on a quelquefois trouvé mélés avec l’urine de la bile, de la graisse, du lait, du sang, du pus, etc.
Lorsque l’urine a été fabriquée dans la substance corticale, elle doit être excrétée. Pour arriver jusqu'au bassinet, il faut qu’elle subisse une espèce de filtration dans les conduits uriniféres; et si on l’exprime de Ja substance tubuleuse sur un cadavre, on voit qu’elle est trouble. Après avoir traversé ces conduits pendant la vie, lorsqu'elle apparaît à la surface des
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mamelons sa sécrétion est achevée; de là elle coule dans les calices qui la versent dans le bassinet, d’où elle est reçue par les uretères qui la transportent dans la vessie. C’est surtout par l’action des uretères, qui sont doués d’un certain degré de contractilité, que l’urine est poussée dans la vessie. On ne peut donner pour cause de cette accumulation dans la vessie le poids de l’urine elle-même, car dans la station horizontale, lors même que la tête est plus basse que les pieds, elle s’y accumule avec presqu’autant de rapidité que dans la station debout. On attribue aussi une certaine action aux battemens des artères rénales qui impriment des secousses au bassinet qui est situé derrière elles, et de même aux pulsations des artères iliaques, au-devant desquelles passent les uretères avant de s’enfoncer dans la cavité du bassin. Ce ne sont là toutefois que des causes accessoires ; ce qui a une action bien plus manifeste, c’est la pression alternative des viscères abdominaux dans l’acte de la respiration; ce sont les secousses imprimées au tronc par les sauts, la course et surtout l'équitation.
L'urine coule continuellement et goutte à goutte dans la vessie, comme il a été possible de le voir sur les individus atteints de division congéniale de la partie inférieure de la ligne blanche et de la paroi antérieure de la poche urinaire, ou d’absence d’une portion de la paroi antérieure de l’abdomen et de ce viscère, ce qui permettait de voir son intérieur à nu. Dans ces cas, on n’observe point les alternatives d’action et de repos si fréquentes dans le travail des autres organes sécréteurs, dans le pancréas, par exemple, dont la sécrétion est loin de couler constamment dans l’intestin. En supposant que la vessie soit vide et revenue sur elle-même au moment où l’on commence à observer l’arrivée de l’urine dans sa cavité, on voit que ce liquide écarte graduellement les parois de ce viscére, qui se dilate peu à peu, s’élargit, s'élève, et contracte insensiblement de nouveaux rapports avec les parties voisines. Quoique l’ampliation de la vessie ait lieu en tout sens, c’est néanmoins surtout de bas en haut qu'elle s'agrandit; ainsi, d’une part, elle presse par son basfond dilaté sur le rectum, chez l’homme, et sur le vagin chez la femme; tandis que, d’autre part, elle s’élève au-dessus du pubis en soulevant les circonvolutions de l’iléon et le feuillet du péritoine, qui, dans l’état de vacuité, est interposé entre elle et la paroi antérieure de l'abdomen ; tandis que, dans l’état de plénitude, elle se met en contact, ce qui permet de l’attaquer par cette paroi. Dans ce changement d’état de la vessie, la tunique charnue se distend, les rides de la muqueuse s’effacent, et les parois de l’organe s'amincissent en raison du degré auquel sa dilatation est portée. Si l'allongement des fibres charnues était porté trop loin, les parois de l’organe deviendraient inaptes à se contracter pour expulser l'urine qui y serait contenue, et la rupture pourrait en être la conséquence; on connaît plusieurs exemples de cet accident. L’urine une fois arrivée dans la vessie ne peut pas rétrograder par les uretères, elle en est empéchée par l’insertion oblique de ces conduits, qui marchent quelque temps entre les tuniques musculaire et muqueuse de la vessie, avant de l'ouvrir à son intérieur, par des orifices plus étroits que leur cavité. Cependant, lorsque la vessie se remplit outre mesure, les orifices des uretères participent à la dilatation de ses parois. Desault les a vus acquérir 1 centimètre de diamètre; l'angle de leur insertion s’efface alors, et l'urine reflue dans les conduits que l’on a trouvés sur quelques cadavres dilatés jusqu'aux reins, et offrant le calibre d’un intestin grêle.
Les causes qui empêchent l'urine de sortir de la vessie,
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malgré la réaction continuelle de ses parois, sont dues à la résistance organique du col ou sphincter qui garnit l’orifice vésical de l’urètre, et aussi à l’action des fibres antérieures des muscles releveurs de l’anus, qui embrassent le col de cet organe.
La durée du séjour de l'urine dans la vessie, et la quantité plus ou moins grande qui s’y accumule avant qu’on éprouve le besoin de l’évacuer, varient suivant plusieurs circonstances, suivant que l’organe a plus ou moins d’ampleur normale, suivant que ses parois sont plus ou moins extensibles et irritables. Aïnsi les vieillards, dont la vessie a perdu une grande partie de sa sensibilité et de sa faculté contractile, conservent plus longtemps leurs urines; ce n’est que lorsqu'elles déterminent une sensation d’irritation par leur accumulation, qu'ils éprouvent le besoin de les rendre.
Suivant les qualités du fluide, qui peut être plus ou moins irritant, et suivant la quantité qui en est sécrétée dans un temps donné, l'usage des boissons diurétiques et de certaines substances, telles que les cantharides, donne aux urines des qualités plus stimulantes que dans les cas ordinaires; aussi agissentelles vivement sur les parois de la vessie, et l’obligent-elles à se contracter fréquemment. D’autres substances , telles que les boissons diurétiques, activent la sécrétion rénale ; alors la vessie est promptement distendue, et sous l'influence de cette dilatation, elle est obligée d’expulser fréquemment l'urine. Une température froide et humide, pendant laquelle la transpiration de la peau est presque nulle, nécessite aussi une fréquente émission d'urine; c’est le contraire qui arrive lorsqu'il fait chaud et qu’on iranspire beaucoup; aussi la sécrétion urinaire est-elle plus active dans les pays froids que dans les pays chauds.
Mais la cause qui sollicite le plus fréquemment l'émission de l'urine, est une irritation siégeant dans la vessie elle-même ou dans les organes voisins, comme cela se voit dans les cas où il existe un calcul dans sa cavité, des hémorroïdes, une blennorragie, etc. Les enfans sont aussi obligés d’uriner très souvent; cela tient à la petitesse de leur vessie et à l'élévation de son bas-fond.
On admet assez généralement que la sensation qui excite à expulser l'urine à son siége dans la muqueuse vésicale, principalement vers l’angle antérieur du trigône; les filets de nerfs que la vessie reçoit du grand sympathique et des dernières paires sacrées, sont destinés à la transmettre aux centres nerveux.
Mécanisme suivant lequel se fait l'expulsion de l'urine de la vessie.
La présence d’une certaine quantité d'urine dans la vessie, fait éprouver un sentiment de pesanteur dans le bassin, et une sensation de chatouillement et de ténesme au col de la vessie et le long de l’urètre. C’est cette sensation qui avertit du besoin d’uriner. Pour satisfaire à ce besoin, il survient la contraction de la vessie. La force avec laquelle agissent ses parois, aidée de celle du diaphragme et des muscles abdominaux, suffit pour vaincre la résistance du sphincter; une fois que le premier jet d’urine est sorti, on cesse de faire agir le diaphragme et les muscles de l'abdomen, et les contractions de la vessie seule, pressée par les intestins qui descendent à mesure qu’elle se vide, suffisent pour que l’excrétion s'achève ; ce qui le prouve, c’est qu'il est possible de respirer ou de chanter pendant qu’on urine, sans que
pour cela le liquide cesse de couler. Il est même assez difficile de se retenir alors qu’on a commencé d’uriner. Ce n'est que dans le cas où l’on veut accélérer l’expulsion, qu’on répète la contraction des muscles; une autre espèce de preuves que la vessie est le principal agent de l'expulsion de l’urine, et que les muscles en question n’agissent qu'accessoirement, c’est qu’on a beau contracter ces organes, si la vessie ne se contracte pas en même temps, on ne peut expulser l’urine; c’est ce qui arrive aux personnes qui sont atteintes de paralysie du réservoir urinaire.
La distance plus ou moins grande à laquelle l’urine est projetée en sortant de la vessie, dépend de la force et de l'épaisseur plus ou moins grandes de la tunique musculeuse, et de ce que l’urine passe d’une cavité plus étendue dans un canal plus étroit. Si chez les adultes elle est projetée loin, c’est que ces deux conditions existent, tandis que, si chez les vieillards l’urine tombe goutte à goutte et à très peu de distance, ce qui tient à ce que la tunique musculeuse est très affaiblie, et le canal ordinairement rétréci.
CAPSULES SURRÉNALES.
Les capsules surrénales, qu’on appelle encore capsules atrabilaires, reins succenturiaux, sont deux petits organes situés dans l'abdomen, au-dessus des reins dont ils embrassent l'extrémité supérieure ; ils ont à peu près la forme d’un casque, et sont placés en dehors de la cavité du péritoine.
Nous nous sommes suffisamment expliqué au commencement de la description des organes urinaires, sur le peu d'importance que nous attachons à placer la description des capsules surrénales à tel endroit plutôt qu’à tel autre, par conséquent, nous n'y reviendrons pas.
Depuis Eustachi qui a décrit le premier ces organes, et qui les appelait glandulæ queæ renibus incumbunt, la plus grande partie des anatomistes ont pensé qu'il existait quelque rapport entre les reins et les capsules surrénales, précisément à cause de la position qu’elles occupent à l'égard des reins, mais un fait qui semble bien prouver qu’il n’y a pas de liaison intime entre ces deux organes, c’est que la situation des capsules surrénales, au-dessus des reins, n’est pas constante; ainsi, dans les circonstances où l'on voit les reins ne pas occuper leur place ordinaire, les capsules surrénales conservent la leur, et ne les accompagnent pas dans leur déplacement. Ainsi, quand les reinssontsitués dans le bassin, les capsules n’ont aucune connexion avec eux, parce que leur situation n'a pas varié, et lorsqu'ils sont plus élevés que de coutume, ces capsules sont placées en dedans d’eux, au niveau de la scissure rénale.
Du reste, l’existence des capsules surrénales est {constante ; ordinairement il n’y en a qu’une de chaque côté ; cependant, dans quelques circonstances, on en a rencontré deux quoiqu'il n’y eût qu'un seul rein.
Leur volume présente beaucoup de variétés, même chez les personnes de même âge. En général, elles sont d’autant plus grosses, par rapport au rein, qu’on les examine chez des individus moins avancés en âge. Dans les premiers mois de la vie intra-utérine elles sont plus volumineuses que les reins euxmêmes ; ensuite elles continuent à croître jusqu’au terme de l'accouchement, et se développent même encore durant plusieurs années après la naissance ; c’est là une différence entre elles etle thymus, qui n’est jamais plus gros qu’au moment où l'enfant
vient au monde. Toutefois, bien qu’elles continuent de croître, méme après la naissance, leur accroissement n'étant pas proportionnel à celui du rein, il s'ensuit qu'elles perdent la supériorité relative qu’elles avaient sur ces organes. Chez l'adulte, elles sont plus petites que chez le fœtus, parce que, après la naissance, tantôt elles diminuent peu à peu et finissent même par disparaître, tantôt elles conservent le volume qu'elles avaient acquis. Les deux capsules surrénales sont à peu près aussi volumineuses l’une que l’autre, quoique Eustachi ait prétendu que la droite était plus volumineuse que la gauche, et que de nos jours, M. Cruveilhier dise, qu’en général, la gauche lui a paru plus volumineuse que la droite. Leur poids est très variable, on l’a estimé à 4 ou 5 grammes.
Forme. Boyer leur a assigné celle d’un casque aplati d'avant en arrière ; on peut aussi les comparer à un cône aplati dont le sommet est arrondi, et dont la base présente une dépression étroite, oblongue dans le sens transversal qui embrasse l'extrémité supérieure du rein correspondant.
Rapports. Le sommet des capsules est en rapport, à gauche avec le diaphragme, et à droite avec le foie.
La face antérieure de la capsule droite est presque constamment en rapport avec le foie , auquel elle adhère par un tissu cellulaire assez dense et serré, pour qu’on ne puisse enlever le foie, sans enlever en même temps la capsule; elle y est plus solidement fixée qu’au rein.
La face inférieure du foie présente , à droite de la veine-cave ascendante, une petite empreinte qui est destinée à recevoir cette capsule, et c’est en ce point qu’elle adhère à l'organe hépatique.
La capsule gauche est en rapport en avant, avec le pancréas, la grosse extrémité de l’estomac et la rate.
La face postérieure de ces organes répond à la partie supérieure des piliers du diaphragme, à peu près à la hauteur de la dixième vertèbre dorsale ; les grands nerfs splanchniques et les ganglions semi-lunaires placés près de leur bord interne, leur envoient un nombre considérable de rameaux.
Les capsules surrénales présentent deux bords, l’un, convexe, mince et un peu inégal regarde en dedans et en haut, l’autre, concave, est plus épais que le précédent, et présente presque toujours une gouttière plus ou moins profonde.
Cavité. La plupart des anatomistes admettent que les capsules surrénales contiennent une cavité intérieure. Cependant, pour quelques-uns , tels que M. Cruveilhier, la question n’est pas encore résolue. Il est pourtant certain que si on les fend sur leur partie moyenne, on trouve qu’elles contiennent intérieurement, une cavité de forme triangulaire et transversale, qui est très petite, à cause de l'épaisseur des parois appliquées l’une contre l’autre. Cette cavité, lisse, sans issue connue , présente dans sa partie inférieure, une éminence en forme de crête de coq, qui semble formée par la réflexion de ses parois de bas en haut, et contient un fluide particulier, qui chez le fœtus est assez abondant, visqueux , rougeâtre, et se coagule par son mélange avec l'alcool. Chez les enfans, ce fluide est jaunâtre, et chez les adultes et les vieillards il est brun el en petite quantité. Sa nuance varie, et est quelquefois d’un brun-marron, ou couleur de bistre. D'autres fois, il est très épais, glutineux, et sert à réunir les deux parois de la cavité, comme si c'était une fausse membrane. Ces parois présentent à leur surface interne, une couleur analogue
ORGANES URINAIRES
à celle du fluide que contient la cavité qu’elles circonscrivent. Il semble, dit M. Cruveilhier, qu'il y a eu du sang déposé. Lorsqu'on râcle les capsules surrénales, on en détache une espèce de boue jaunâtre, ou brunätre. On en voit quelquefois naître de petites éminences arrondies et molles, sous forme de végétations.
Structure. Les organes dont nous faisons l’histoire, sont formés par un tissu propre composé de deux substances, l’une externe ou corticale, et l’autre interne ou centrale, d’une membrane propre et d’une couche de tissu adipeux.
Tissu propre. 1° La substance corticale qui constitue une grande partie de l'épaisseur de la capsule, présente une teinte jaunâtre mêlée de stries.
2° La couche centrale, beaucoup plus mince que la précédente, est molle, et d’un brun-marron foncé. Examinée extérieurement, le tissu propre des capsules surrénales paraît composé de lobules, mais ces lobules ne sont qu’apparens et simulés par des sillons qui se croisent, et qui logent des vaisseaux.
Les auteurs qui considèrent ce tissu comme glanduleux, admettent qu’il est constitué par des granulations; mais cette disposition est loin d’être démontrée.
La membrane fibreuse offre la plus grande analogie avec celle qui revêt le tissu propre des reins, et le tissu adipeux qui environne le tout, est très adhérent aux capsules, parce que celles-ci envoient dans son intérieur des prolongemens fibreux et vasculaires très multipliés.
Vaisseaux des capsules surrénales.
(a) Artères capsulaires. Ces petits organes reçoivent un nombre d’artères considérable, par rapport à leur volume. On distingue ces artères en supérieures, en moyennes et en inférieures. 1° Les capsulaires supérieures sont fournies par la diaphragmatique qui, parvenue au-devant du pilier correspondant du diaphragme, fournit quelques rameaux à la capsule surrénale. 2° Les capsulaires moyennes viennent directement des parties latérales de l’aorte; elles sont très grosses en comparaison du volume de l'organe; elles naissent au-dessus des artères rénales, fournissent quelques rameaux au tissu cellulaire ambiant et aux piliers du diaphragme, longent le bord concave de la capsule surrénale, donnent des rameaux qui vont à la surface antérieure et à la surface postérieure de l’organe, se logent dans les sillons qui y sont tracés, pénètrent dans son tissu et se terminent en s’y divisant à l'infini. 3° Les capsulaires inférieures sont très petites, et sont fournies par les artères rénales ; elles montent obliquement de dedans en dehors, et vont se terminer dans le tissu des capsules.
(b) Veines capsulaires. Elles sont très grosses et très nombreuses. Ces veines ne se comportent pas tout à fait de la même manière à droite et à gauche. 1° Les capsulaires supérieures accompagnent les artères correspondantes, et se jettent soit dans les veines diaphragmatiques, soit dans la veine-cave. 2° Les capsulaires moyennes, qi sont les plus grosses et les principales, naissent dans l'épaisseur de l'organe, se placent dans les sillons creusés à sa surface, se réunissent en un ou deux troncs, la gauche allant presque toujours dans la veine rénale de son côté, et la droite se rendant directement dans la veine-cave ascen-
ORGANES
dante. 3° Enfin les veines capsulaires inférieures se rendent dans les veines rénales.
Une injection d’air ou de liquide faite par les veines distendent si facilement la capsule, qu’on a cru qu’elles s’ouvraient directement dans leur cavité centrale. M. Cruveilhier croit qu'il y a simplement déchirure des veines et infiltration de la matière injectée dans leur tissu.
(c) Vaisseaux lymphatiques des capsules surrénales. On les divise en superficiels et en profonds. Quoique peu connus, ils sont très remarquables par leur volume et par leur nombre; ils s’unissent à ceux du rein et vont se terminer avec eux dans les ganglions lymphatiques situés devant et derrière l’aorte et la veine-cave.
Nerfs des capsules surrénales.
Les uns viennent directement des ganglions semi-lunaires et du plexus solaire, et les autres des plexus rénaux, et forment les plexus surrénaux.
1° Nerfs capsulaires qui viennent des ganglions semi-lunaires et du plexus solaire. \s naissent directement des ganglions semilunaires par un nombre considérable de petits filets réunis sous forme de pinceau qui se dirigent de dedans en dehors, vers la face postérieure de la capsule. Les plexus diaphragmatiques abandonnent plusieurs filets qui accompagnent les artères surrénales supérieures, se joignent aux précédents et se perdent avec eux dans les capsules. Les plexus surrénaux sont très remarquables par leur volume qui est considérable par rapport à la petitesse de ces organes.
2° Nerfs capsulaires venant des plexus rénaux. Au moment où les artères capsulaires se détachent du plexus rénal, un petit plexus secondaire, nommé plexus surrénal, se sépare aussi du plexus rénal, et les accompagne dans le tissu des capsules où il se distribue en plus grande partie.
Beaucoup d’anatomistes, dans le but de connaitre les fonctions des capsules surrénales , et de savoir à quel ordre d’organes il fallait les rapporter, se sont efforcés de chercher leur canal excréteur , mais jusqu’à présent leurs efforts ont été sans résultat. Des auteurs ont admis son existence, et ont supposé, les uns, qu'il se rendait dans le bassinet, les autres, au testicule chez l’homme, et à l’ovaire chez la femme.
Usages des capsules surrénales.
Ce que nous venons de dire plus haut des vaines recherches qui ont été faites pour trouver un canal excréteur aux capsules surrénales nous prouve assez que les usages et les fonctions de ces organes sont encore inconnus. L'absence du canal excréteur ne permet pas qu'on range leur tissu parmi celui des glandes, et le peu d’analogie qu'il présente avec celui des autres organes fait qu'on ne sait à quel tissu le rapporter. On a remonté au temps le plus rapproché de leur origine et de leur formation, pour chercher si elles n'auraient pas eu pendant la vie intra-utérine quelque usage qui cesse après ou avant la naissance; on n’a découvert rien de positif. Mais quelles que soient les fonctions des capsules surrénales, il faut constater qu’elles reçoivent un grand nombre d’artères et de nerfs, c’est là une raison de
croire que ces organes ne sont point inutiles. A
URINAIRES
Bartholin pensait que les capsules surrénales étaient destinées a] Là . . 0 . . Q à séparer du sang le suc atrabilaire qu’il nommait sanguis niger, sucCcus atrabilaris, et qu’on désignait sous le nom d’atrabile,
mais c'est là une simple hypothèse à laquelle il n’y a pas lieu de s'arrêter.
Développement des capsules surrénales.
Dés le deuxième mois de la vie intra-utérine les capsules sur» rénales se voient distinctement ; alors leur volume et leur poids sont supérieurs à ceux des reins; vers la fin du quatrième mois l'équilibre se rétablit entre ces organes qui deviennent égaux en volume. Durant la seconde moitié de la vie intra-utérine, les reins s’accroissent plus rapidement, de sorte qu’au sixième mois ils ont à peu près un volume double de celui des capsules surrénales, et qu’à la naissance il est à peu près le triple. La cavité admise, dans les capsules surrénales par la plupart des anatomistes, présente, comme les capsules elles-mêmes, un dévelop pement un peu plus considérable chez le fœtus que chez l'adulte, toutefois sa démonstration n’est pas facile, et il y a encore quelques anatomistes qui n’en admettent pas positivement l’existence.
Les changemens que subissent les capsules surrénales pendant le cours de la vie portent surtout sur leur volume, de sorte que chez les vieillards elles sont ordinairement très petites. Toutefois, M. Cruveilhier les a trouvées encore très volumineuses sur le cadavre de plusieurs vieilles femmes.
Anatomie comparée des capsules surrénales.
À. Mammifères. Tous les mammifères ont des capsules surrénales. Ces capsules sont situées tantôt en dedans des reins, à peu près au niveau du tiers supérieur de ces organes, tantôt en avant, soit en dedans, soit en dehors. Leur volume et leur forme sont très variables. Il y a plusieurs espèces, telles que le lama, les cétacés, chez lesquelles les capsules surrénales restent très peu développées pendant la vie intra-utérine et peu après la naissance; ce n’est qu'à une époque assez avancée de la vie qu’elles acquièrent un certain volume. Chez tous les mammifères, ces capsules sont composées de deux substances distinctes : l’une corticale, l’autre médullaire, et offrent une cavité centrale.
B. Oéseaux. Les capsules suürrénales sont constantes aussi chez les oiseaux. Elles sont toujours au nombre de deux ; ce n’est que par une exception très rare qu’on les a trouvées confondues en une seule. Leur volume est variable; il n’est, du reste, jamais considérable. Leur couleur est grise, mais le plus souvent d’un jaune doré. Elles sont toujours en dedans des reins, etsouventappliquées directement sur la veine-cave inférieure, en contact avec les testicules chez les mâles, avec les ovaires chez les femelles. On n’y rencontre jamais de cavité centrale.
C. Reptiles. Les capsules surrénales existent chez la presque totalité des reptiles; les seuls exceptés sont les céciliens, les perennibranches et les dérotrémes. Leur forme et leur volume sont très variables ; tantôt, comme l’a vu Rathke, sous la forme d’un petit amas de granulations d’un jaune doré, disséminées à la face inférieure des reins, comme chez les salamandrines : elles sont tantôt, au contraire, attachées aux veines rénales et se présentent sous la forme de stries ou d’arcs, comme chez
les batraciens anoures. Les capsules surrénales sont situées sur le bord interne du rein chez les chéloniens, chez les ophidiens, elles sont au voisinage des veines rénales ou de l'aorte, et à côté du canal déférent chez les sauriens.
D. Poissons. Les capsules surrénales existent chez tous les poissons osseux et chez tous les poissons cartilagineux supérieurs. Chez les premiers elles se présentent sous la forme de corpuscules arrondis, blanchâtres ou de couleur grise ; elles sont doubles ou triples et ont une membrane propre, finement