‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 146 sur 373 · TOINE · texte numérisé non relu

TOINE

qui est dû surtout au tissu cellulaire qui le rend plus dense, principalement sur les côtés du bas-ventre, versles régions rénales, etc. Cette lame celluleuse qui renforce le péritoine extérieurement, a été décrite par certains anatomistes, comme un fascia spécial (fascia transversalis ).

Le feuillet externe péritonéal offre sa plus grande minceur vers l'ombilic, l’'appendice xyphoïde et la ligne blanche, et sa plus grande épaisseur, au contraire, dans la région des lombes.

Le péritoine jouit d’une élasticité considérable, ce qui permet, dans l’état normal de santé, de céder suivant l’état de plénitude ou de distension de certains organes, tels que l’estomac, la vessie, etc. Dans certains états maladifs tels que l’ascite, dans la grossesse, etc., le péritoine éprouve une distension considérable, après laquelle cependant, il peut revenir à son état normal.

Dans ces différens états de distension, le péritoine peut acquérir une plus grande épaisseur; c’est particulièrement dans sa portion pariétale que cette épaisseur est plus manifeste, en même temps que la membrane devient demi-opaque. Alors l’élasticité du péritoine diminue souvent, ce qui montre que cette propriété n’est pas en rapport avec l'épaisseur de sa membrane. Il peut survenir dans ces cas des éraillemens ou des gerçures, qui tiennent à ce qu'il s’est formé, en même temps, des adhérences du péritoine avec les parois sous-jacentes. Dans les hernies on rencontre très fréquemment des éraillemens ou des gerçures du sac qui tiennent à ces causes.

Par son feuillet interne, le péritoine est beaucoup plus mince, et sa minceur est surtout extrême au niveau des épiploons.

Dans beaucoup d’endroits, il existe dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, une quantité considérable de tissu cellulaire adipeux et particulièrement au niveau des reins, des épiploons, des mésentères, etc. Toutefois, il faut remarquer qu’on ne rencontre jamais de graisse dans le tissu cellulaire qui se trouve situé sous le feuillet viscéral.

Le feuillet externe du péritoine est beaucoup moins compliqué que le feuillet interne. Il revêt la face interne des parois abdominales, sans former ni plis ni saillies bien marqués, et en se comportant de la manière suivante. Examiné dans ses rapports avec la partie antérieure des parois abdominales, on voit que, de l’ombilic il se porte vers les deux côtés du corps, en s’attachant à la face interne des muscles transverses et de leurs aponévroses, puis, lorsqu'il est arrivéau bord externe, il se réfléchit d’arrière

en avant sur les deux intestins, de manière à leur fournir une enveloppe incomplète qui les fixe aux parois du bas-ventre. De là il monte vers la colonne vertébrale qu’il recouvre, ainsi que les vaisseaux et les nerfs qui se trouvent au-devant d’elle. Alors les deux lames du péritoine venant à se rencontrer, s'élèvent d’arrière en avant pour constituer le mésentère, et c’est à ce point que finit le feuillet externe du péritoine, et que commence son feuillet interne ou viscéral. Outre les parois antérieures et latérales de l'abdomen, le feuillet externe du péritoine recouvre encore tous les autres points de la cavité abdominale où il n’y a pas de visceres. C’est ainsi qu’il tapisse les muscles iliaques en bas, et le diaphragme en haut, en adhérant d’une manière lâche à la portion charnue, et d’une manière solide à la portion tendineuse. De la partie postérieure du diaphragme, le feuillet externe du péritoine descend sur le foie, la rate et l'estomac, pour se continuer avec le feuillet interne ou viscéral. C’est par suite de tous ces rapports que nous venons d'indiquer, que l’on distingue dans les feuillets externes du péritoine, 1° une paroi antérieure ou abdominale ; 2°une paroi postérieure dorsale ou lombaire; 3° une paroi supérieure ou phrénique ; 4° une paroi inférieure ou hypogastrique. Le feuillet externe ne forme des plis que dans ses parois antérieure et supérieure. Ces replis ou ligamens sont : le ligament rond de l’utérus, le ligament suspenseur du foie, le ligament coronaire et triangulaire du même organe, enfin, les ligamens suspenseur et latéraux de la vessie.

Le feuillet interne ou viscéral du péritoine est excessivement compliqué, et très riche en plis et en ligamens qui soutiennent les différens organes abdominaux en rapport avec les parois de l’abdomen, ou en connexion les uns avec les autres. Les différens replis du feuillet viscéral du péritoine constituent les mésentères, les épiploons et les ligamens du péritoine.

Les mésentéres sont de larges et longues duplicatures, qui vont des parois du bas-ventre à l'intestin auquel elles se fixent.

Les épiploons sont des expansions du péritoine, qui unissent les viscères les uns avec les autres, ou les recouvrent en forme de tablier.

Les ligamens sont également destinés à fixer les viscères, soit entre eux, soit aux parois de l’abdomen.

1° Mésentères.

Huschke admet cinq mésentères. 1° Le mésentère proprement dit ; 2° le mésentère de l’appendice vermiforme du cœcum ; 3 le méso-colon ascendant ; 4° le méso-colon transverse; 5° le mésocolon descendant, et le méso-rectum. Tous ces mésentères sont destinés à fixer l'intestin à la colonne vertébrale.

A. Mésentère proprement dit. Ce mésentère a une étendue considérable, et il sert à fixer à la colonne vertébrale le jéjunum et l’iléon. Cette fixité s'opère d’une manière lâche, de telle façon que l'intestin tout en étant maintenu, peut flotter librement sous forme de circonvolutions, sans que les mouvemens soient aucunement gêénés. Ce mésentère est composé de deux feuillets, laissant entre eux un espace triangulaire, dans lequel se trouvent les vaisseaux et une grande quantité de tissu cellulaire graisseux.

Le bord vertébral, ou la racine du mésentère se fixe à la colonne vertébrale. Ce bord a 16 centim. de longueur et s'étend depuis la seconde vertèbre lombaire jusqu’à la symphyse sacroiliaque droite.

À partir de la colonne vertébrale, ce mésentère s'étale en forme d’éventail, et se termine par son bord intestinal convexe, long de 36 centimètres, qui se fixe au bord concave des intestins gréles.

La largeur du mésentère , c’est-à-dire l’espace compris entre la colonne vertébrale et l'intestin peut varier considérablement, en se tenant, toutefois, dans les limites de 3 à ro centimètres (Huschke). C’est dans le milieu de l'intestin grêle que cette épaisseur est le plus considérable, tandis que, en haut et en bas, cet espace est beaucoup plus étroit. 11 résulte de l’insertion de la racine du mésentère, que la partie inférieure de l'abdomen est séparée en deux portions, et que par suite de sa direction de gauche à droite et de haut en bas, la plupart des épanchemens sanguins tendent à se diriger du côté de l’aine droite, côté où se trouve la plus grande portion des intestins.

Les deux feuillets qui constituent le mésentère s’écartent l’un de l’autre à leur insertion vertébrale et à leur insertion intestinale. Au niveau de la colonne vertébrale, le feuillet séreux droit se continue en haut avec le feuillet inférieur du méso-colon transverse, à droite et à gauche, sur les côtés, il s’unit au feuillet interne du méso-colon ascendant et du méso-colon descendant, et en bas, il se continue avec le péritoine de la région lombaire qui descend vers la cavité pelvienne. Du côté de l'intestin, ces deux feuillets s’écartent , pour comprendre entre eux l'intestin grêle, et lui fournir une enveloppe séreuse.

B. Mésentère de l'appendice du cœcum. Ce mésentère est, en quelque sorte, une dépendance de celui que nous venons de décrire. Il a ‘une forme triangulaire et commence par une portion élargie au-dessous de l'insertion de l’iléon, dans legrosintestin. Puisilcontinue, en se rétrécissant, vers le sommet de l’appendice vermiforme. On lui reconnaît trois bords, un antérieur, un postérieur et un inférieur. Le premier qui commence sous Ja forme d’une duplicature fort étroite, au bord libre de la portion terminale de l’iléon, monte de plus en plus, en suivant le bord, jusqu'à l'insertion de l’iléon dans le gros intestin, puis il se recourbe en ce point vers l’appendice vermiforme, pour se continuer avec son petit mésentère triangulaire. Le bord postérieur monte derrière le pli des iléons vers la racine du mésentére, L’inférieur descend dans la direction des vaisseaux iliaques externes. Le mésentère de l’appendice vermiforme a pour usage de se maintenir en place et de leur apporter les vaisseaux et nerfs.

C. Le méso-colon ascendant forme en quelque sorte un mésentère incomplet, en ce que la face postérieure du colon ascendant est presque entièrement dépourvue de péritoine, et se trouve en contact avec les muscles de la région iliaque, par un tissu cellulaire lâche. Plus haut, le gros intestin se trouve encore en rapport directement avec la face antérieure du rein droit. Il résulte de ce qui vient d’être dit, que le colon ascendant est le plus mobile, comparativement à l'intestin grêle, et que sa partie inférieure, particulièrement au niveau du cœcum, ne possède que très incomplétement une enveloppe péritonéale ; le péritoine ne revêt le cœcum que vers son sommet; d’où il suit que, lorsque le cœcum vient à s’abaisser, en raison des excrémens qu'il contient, ou de toute autre cause, il peut descendre jusqu’à l'anneau inguinal, en glissant au-dessous du péritoine, et former ainsi une hernie qui serait dépourvue de sac herniaire. Toutefois cette hernie ne pourra jamais descendre très bas et venir se placer dans le scrotum. Les deux feuillets du méso-colon ascendant

laissent toujours entre eux une grande distance, qui n’est jamais moins de 27 millim., et dans laquelle l'intestin se trouve directement en rapportavec les parois abdominales, de telle sorte, qu’il n'existe pas ordinairement un mésentère réellement libre. Cependant, dans quelques cas exceptionnels, on trouveles deux feuillets du méso-colon rapprochés l’un de l’autre sur la partie moyenne, et en arrière du colon, de sorte qu’il y a dans ces cas, une plus grande mobilité du gros intestin.

D. Méso-colon transverse. Ce méso-colon est beaucoup plus étendu que le précédent, aussi est-ce la partie moyenne du gros intestin qui est douée d’une plus grande mobilité. Le méso-colon transverse a sa plus grande largeur dans son milieu (11 cent.),etsa partie la plus étroite, à droite et à gauche (27 millim.). Cette mobilité du colon transverse lui permet très souvent de s’affaisser dans sa partie muqueuse, soit par l'accumulation de matières fécales, soit par suite de hernies épiploïques, etc., et de contracter des adhérences avec les organes du bassin, tels que la matrice, etc. Dans ces cas, l’estomac se trouve également tiraillé par suite de ses connexions avec le gros intestin, et on a considéré ces adhérences accidentelles, comme étant la cause d’affections gastriques diverses.

Comme tous les autres mésentères, le méso-colon transverse est composé de deux feuillets, un feuillet supérieur et antérieur, l’autre inférieur et postérieur. Ce dernier feuillet se continue sur les côtés avec les feuillets internes des méso-colons ascendant et descendant, et au milieu il descend vers la racine du mésentere. La racine du méso-colon transverse commence sur la ligne médiane, au pancréas, où se trouve sa partie la plus élevée ; il s’infléchit ensuite un peu à droite et à gauche. Dans cet endroit les deux feuillets du méso-colon sont d’autant peu éloignés l’un de l’autre qu’ils se rapprochent d'avantage de la colonne vertébrale, où ils interceptent entre eux un grand espace triangulaire rempli par la portion transverse inférieure du duodénum et par le pancréas. A partir de ce point, les deux feuillets du méso-colon se dirigent en avant et se rapprochent l’un de l’autre jusqu'au moment où ils arrivent au bord supérieur du colon transverse où ils s’écartent pour se rejoindre en entourant cet intes(in.

E. Méso-colon descendant. Tes deux feuillets de ce mésocolon sont beaucoup plus courts que ceux du méso-colon transverse ; ils s’écartent beaucoup l’un de l’autre, comme dans le méso-colon ascendant, de manière à ce que la face postérieure du colon descendant se trouve en grande partie à nue et fixée, par du tissu cellulaire, contre les parois abdominales. Le mésocolon, en descendant, devient plus large, et ses feuillets se rapprochent l’un de l’autre, de manière à constituer un mésentère complet qui donne une assez grande mobilité à la partie inférieure du colon ascendant qui est ordinairement infléchie en S, ce qui lui a valu le nom de S iliaque. Cette mobilité de cette partie inférieure de l'intestin est quelquefois assez considérable pour lui permettre de tomber jusque dans le bassin et de faire quelquefois partie des hernies.

F. Méso-rectum. En descendant vers le rectum le large mésentère de l’S iliaque se rétrécit de plus en plus, en se réunissant au méso-rectum qui est court et triangulaire. Le mésorectum est attaché à la face antérieure du sacrum, puis il descend de gauche à droite, et se termine en se réfléchissant à la hauteur

de la troisième pièce du sacrum, de telle sorte qu’une partie de l'extrémité inférieure du rectum, longue de 9 à 11 centimètres, se trouve tout à fait à nu et en rapport avec la matrice et la vessie. Les deux feuillets du méso-rectum vont, en s’écartant de plus en plus, vers la partie inférieure.

2° Épiploons.

On donne le nom d’épiploons à de larges replis du péritoine habituellement chargés de graisse et s'étendant d’un organe à l’autre pour les unir ensemble. On distingue deux sortes d’épiploons, le petit qui réunit le foie à l'estomac, et le grand qui réunit l'estomac avec le colon.

A. Petit épiploon ou épiploon gastro-hépatique. Ce repli du péritoine forme une espèce de mésentère à l'estomac. Ses limites sont, à droite, le ligament hépato-duodénal, à gauche, le côté droit du cardia, où l’on distingue deux feuillets, un antérieur qui répond au foie, et un postérieur qui forme la paroi antérieure de l'arrière-cavité des épiploons. Il a deux bords, un inférieur, concave, qui est fixé à la petite courbure de l’estomac, un supérieur qui se fixe à la scissure transverse du foie et à la partie du sillon antéro-postérieur située en arrière de cette scissure; de plus, le bord supérieur du petit épiploon se fixe à l’œsophage et au diaphragme. Latéralement, le petit épiploon est borné à droite par les vaisseaux hépathiques et les conduits biliaires, et c’est derrière ce bord droit que se trouve l’hiatus de Winslow; à gauche il est limité par l’œsophage.

Les deux feuillets qui constituent les deux épiploons sont contigus l’un à l’autre, et ils ne s’écartent que quand ils arrivent près de leur insertion stomacale. Étant arrivé vers l'estomac, le feuillet antérieur va tapisser la face antérieure de l'estomac, et le feuillet postérieur la face postérieure de cet organe. Lorsqu’on examine la disposition sur l'estomac des deux feuillets du petit épiploon, on voit le feuillet antérieur collé sur l'estomac descendre vers la grande courbure sans former aucun pli; le feuillet postérieur, au contraire, produit, le long du tronc des vaisseaux coronaires gauches de l’estomac, un large pli falciforme descendant de l’œsophage à droite vers le pancréas, et auquel Huschke donne le nom de ligament gastro-pancréatique ou cloison des bourses épiploiques. Le feuillet inférieur de cette cloison incomplète tapisse ensuite toute la face postérieure de l'estomac jusqu’à la grande courbure, où il se remet en contact avec le feuillet antérieur du petit épiploon.

Il résulte donc de la disposition du petit épiploon qu’il divise la face inférieure du foie, de telle façon que le lobe de Spiegel seul se trouve en arrière du petit épiploon, et répond à l’arriére-cavité des épiploons, tandis que tout le reste de la face inférieure du foie répond à la grande cavité péritonéale. Le petit épiploon tient unis l’estomac avec le foie et conduit les vaisseaux et les nerfs qui vont de l’un à l’autre. Entre les deux feuillets, on remarque des languettes de graisse qui entourent les vaisseaux et les nerfs.

B. Grand épiploon ou gastro-colique. Cet épiploon est fixé d’une part à l'estomac et de l’autre au colon. Il est formé de plusieurs feuillets et il descend comme une espèce de tablier chargé de graisse de la grande courbure de l’estomac au-devant des intestins. Le grand épiploon ne descend ordinairement guère plus bas que l’ombilic, cependant il peut arriver jusque

dans le bassin et former partie des hernies inguinales et même crurales. Ordinairement cet épiploon est largement étendu au-devant des intestins et se termine inférieurement par un bord arrondi; mais dans beaucoup de cas, son bord est irrégulièrement découpé, et quelquefois aussi l’épiploon, au lieu d’être étendu, est comme roulé entre les intestins. La longueur du grand épiploon est généralement un peu plus considérable à gauche qu’à droite, ce qui a servi à expliquer comment les hernies inguinales épiploiques sont plus communes à gauche qu'à droite. Le grand épiploon a donc une forme généralement quadrilatère. On lui distingue une face antérieure et une face postérieure qui toutes deux sont libres, un bord supérieur adhérent à la grande courbure de l’estomac et à l’arc du colon. Son bord inférieur est libre, quoique souvent il présente quelques adhérents. Les bords latéraux n'’offrent rien de remarquable.

Le grand épiploon se compose de quatre feuillets adhérant presque partout les uns aux autres, et dont il est presque impossible d'opérer mécaniquement la distinction. Deux de ces feuillets forment la paroi antérieure et les deux autres la paroi postérieure du grand épipioon ; entre ces deux parois se trouve un espace, en partie libre, mais er plus grande partie rempli de tissu cellulaire, et qu’on appelle le grand sac épiploique.

Les deux feuillets qui constituent la paroi antérieure du grand épiploon partent de la grande courbure de l'estomac. Le plus superficiel de ces feuillets continue la tunique séreuse de la face antérieure de l'estomac, et le postérieur continue la tunique séreuse de la face stomacale postérieure; ces deux feuillets séreux s'appliquent ensuite l’un contre l’autre, comprenant entre eux les vaisseaux gastro-épiploiques, et ils descendent ensemble en formant ce qu’on appelle la paroi antérieure de l’épiploon jusqu’à son bord inférieur libre, où ils se réfléchissent sur eux-mêmes pour remonter et former la paroi postérieure de l'épiploon, et venir s’insérer au colon transverse.

Le grand épiploon contient une quantité de graisse considérable qui s’amasse entre les feuillets de chacune de ses parois, et suit ordinairement le trajet des vaisseaux. Chez les personnes maigres on trouve quelquefois l’épiploon dépourvu de graisse et transparent; quelquefois même il est percé à jour. Dans certains cas, au contraire, tels que l’ascite, le grand épiploon a acquis de l'épaisseur et de l’opacité. Le grand épiploon renferme des artères, des veines, des lymphatiques et des nerfs. Les artéres lui sont fournies par les artères gastro-épiploïques droites et gauches. Elles descendent verticalement entre les deux feuillets de la paroi antérieure du grand épiploon, et, parvenues à son bord inférieur, elles se replient de bas en haut et remontent entre les deux feuillets de sa paroi postérieure jusqu’à l’arc du colon, où elles s’anastomosent avec les artères coliques. Les veines suivent la même direction que les artères et vont concourir à la formation de la veine-porte. On trouve des vaisseaux et des ganglions lymphatiques. Toutefois, les ganglions n'existent que vers l'insertion de l’épiploon à l'estomac. Les nerfs proviennent du plexus solaire et suivent les vaisseaux épiploïques.

Le grand épiploon existe à peine chez l'enfant nouveau-né, et n’a atteint son développement complet que chez l’adulte.

Il résulte de la disposition du grand et du petit épiploon que les deux replis du péritoine forment derrière et au-dessous de l'estomac et au-devant du gros intestin et de l'intestin gréle une

Ta Vs

espèce de sac séreux qui communique avec la grande cavité du péritoine par un point rétréci situé au-dessous du foie auquel on donne le nom de trou ou d’hiatus de Winslow. Cette espèce de sac séreux que forment les épiploons est nommé sac épiploïque. Il peut être démontré en soufflant de l'air entre ses parois qui, de même que celles du péritoine, sont appliquées l'une contre l’autre, sans adhérer ensemble. M. Cruveilhier cependant fait remarquer que la démonstration du grand sac épiploïque ou arrière-cavité des épiploons, facile chez les jeunes sujets, devient à peu près impossible chez les sujets avancés en âge; alors des adhérences se sont établies, et les feuillets mêmes ne peuvent se distinguer les uns des autres.

Arrière - cavité des épiploons ou sac épiploigue. Hiatus de W'inslow.

Il existe, vers la face inférieure du foie, en arrière des vaisseaux biliaires, et entre la veine-porte qui est en avant et la veine-cave qui est en arrière, une ouverture qui fait commuñiquer librement l’arrière-cavité des épiploons et la cavité péritonéale. Cette ouverture, nommée hiatus de Winslow, représente une espèce de collet rétréci qui sépare les deux cavités séreuses. L'hiatus de Winslow, demi-circulaire, quelquefois triangulaire, a 27 millim. dans son diamètre vertical qui est le plus grand. Il est limité en avant par les vaisseaux biliaires et la veine-porte, en arrière par la veine-cave inférieure, en bas par le duodénum, en haut par le col de la vésicule du fiel et par la racine antérieure du lobe de Spiegel.

L'arrière-cavité des épiploons est donc formée par deux lames péritonéales qui, partant du sillon transverse du foie (petit épiploon), s’écartent au niveau de la petite courbure de l'estomac pour entourer cet organe et se réunir après au niveau de sa grande courbure, et suivre un trajet descendant jusqu’à la partie inférieure du grand épiploon où elles se réfléchissent sur elles-mêmes pour se porter verticalement en haut. Parvenues au bord convexe du colon, les deux lames péritonéales s’écartent pour recevoir ces intestins dans leur duplicature, puis se réunissent à son bord concave pour former le méso-colon transverse qui, à son tour, se sépare définitivement en un feuillet inférieur qui se réfléchit en bas pour aller se continuer avec le feuillet droit du mésentére, tandis que le feuillet supérieur se réfléchit en haut pour aller recouvrir la troisième portion du duodénum, le pancréas, le lobe de Spiegel, et enfin se continuer par l'hiatus de Winslow avec le péritoine. La grande cavité des épiploons présente quelques anfractuosités irrégulières, auxquelles Huschke donne le nom de bourses épiploïques qu’il divise en grandes bourses et en petites.

Æppendices épiploïques. Le gros intestin présente le long des bandes longitudinales une multitude d’excroissances coniques et allongées qu’on a comparées à l’épiploon parce qu’elles sont graisseuses , flottent librement comme lui, et n’en diffèrent réellement pas au point de vue de l’origine. Ces appendices épiploïques sont produits par des prolongemens et des replis de la tunique séreuse du gros intestin dans lequel se rendent une artère et une veine sécrétant, chez les enfans et les personnes maigres, une espèce de gélatine rougeûtre qui fait place à du tissu adipeux chez les sujets gras. Ces appendices épiploïques sont généralement disposés suivant deux séries, l’une

interne, l’autre externe.

La série interne est la plus considérable et se trouve en dedans du ligament intestinal de la tunique m usculeuse. La série externe se trouve en dehors du ligament épiploique.

3° Ligamens formés par le péritoine.

Les ligamens que forme le péritoine sont très nombreux. Ce sont les ligamens : 1° de l’estomac; 2° de la rate; 3° du duodénum ; 4° du colon et du rectum ; 5° de la vessie; 6° de l'utérus et des ovaires; 7° enfin, les ligamens du foie, sur lesquels nous ne reviendrons pas, les ayant décrits à l’article foie.

Ligament de l'estomac. — Yndépendamment des épiploons et du ligament gastro-splénique, l'estomac possède encore un autre ligament, court et triangulaire , appelé phrénico-gastrique. Ce ligament descend du côté gauche de la fente œsophagienne, au côté gauche du cardia, et unit cette partie de l'estomac au diaphragme.

Quelques anatomistes ont décrit des fibres musculaires dans ce ligament, et ce n’est peut-être que son hypertrophie, qui produit ce faisceau musculaire phénico-gastrique, décrit par M. Duvernoy, dans les Æntelles, qui unit aussi l'estomac au diaphragme ; quelques anatomistes, Meckel et Krause, admettent deux ligamens phrénico-gastriques, l’un à droite, l’autre à gauche.

Ligamens de la rate. — Le péritoine forme deux ligamens pour la rate, le ligament phrénico-splénique et le ligament gastro-splénique. — Le premier de ces ligamens unit la rate au diaphragme, tandis que le second, qui part de la scissure de la rate, se dirige vers le grand cul-de-sac de l'estomac. Il est composé de deux feuillets, l’un antérieur, l’autre postérieur, dans l'intervalle desquels se trouvent placés les vaisseaux et les nerfs qui s'étendent entre ces deux organes. Quelquefois la rate, par son extrémité inférieure, est également unie avec le feuillet externe de l’extrémité gauche du méso-colon transverse, par un repli du péritoine, qu’on appelle le ligament colico-splénique.

Ligamens du duodénum. — Le duodénum contracte union avec le rein droit, au moyen d’un ligament semi-lunaire ou triangulaire, nommé duodéno-rénal. Ce ligament, placé horizontalement, lie la portion transversale supérieure du duodénum avec l'extrémité supérieure du rein. La partie supérieure du duodénum se trouve encore unie par une couche du péritoine avec la portion droite du colon transverse, qui est située au-dessous d’elle. On appelle encore ligament duodéno-méso-colique deux replis falsiformes du péritoine qui, partant de la racine du mésocolon transverse, se dirigent à gauche l’un vers l’autre, et de telle facon, que le pli supérieur vient du pancréas et l’inférieur de la région de la troisième vertèbre lombaire.

Ligamens du colon et du rectum. Ye commencement du colon droit ainsi que la fin du colon gauche sont maintenus par des replis courts, nommés ligament colique droit et ligamens coliques gauches, inférieur et supérieurs. Le ligament colique droit s'élève du muscle iliaque droit ; convexe en haut, concave en bas, il se continue avec la paroi abdominale (Huschke).

Indépendamment du méso-rectum , il existe de chaque côté de cet organe des ligamens semi-lunaires, appelés plis de Douglas. Ces plis, horizontalement disposés, maintiennent le rectum en position et sont situés, chez l’homme, entre la vessie et le rectum, et entre l’utérus et le rectum chez la femme.

Ligamens de la vessie. On voit au-dessous de l’ombilic, sur la paroi antérieure du bas-ventre, trois saillies formées par la présence de l’ouraque et des ligamens latéraux de la vessie, qui résultent de l’oblitération de l'artère ombilicale. La saillie médiane qui descend de l’ombilic au sommet et à la partie postérieure de la vessie, en suivant la direction de la ligne blanche, contient l’ouraque et se nomme ligament suspenseur de la vessie. Les deux saillies latérales qui partent également de l’ombilic et viennent se terminer également sur les côtés de la vessie, contiennent les artères ombilicales oblitérées, et se nomment ligamens latéraux de la vessie, Entre le ligament supérieur et les ligamens latéraux de la vessie, se trouve de chaque côté une fossette peu profonde, triangulaire, appelée par Scarpa fossettes inguinales internes droite et gauche. -- Entre le ligament latéral de la vessie, ou le bord externe du muscle droit et le bord interne du psoas, on trouve la fossette inguinale externe divisée en deux parties par l'artère épigastrique. Les hernies inguinales internes ont lieu en dedans de ce repli, formé par l'artère épigastrique, et les hernies inguinales externes en dehors de ce même repli.

Ligamens de l'utérus et des ovaires. Ces ligamens sont, les ligamens ronds et les ligamens larges.

Les ligamens larges se portent transversalement de la paroi latérale de l’utérus à la paroi latérale du bassin; ils s'élèvent du fond de la cavité pelvienne, et atteignent jusqu'aux trompes de Fallope. La disposition détaillée de ce ligament a été indiquée dans la description de l'utérus, de même que le repli péritonéal qui accompagne les ligamens ronds et qui s’étend depuis l’origine utérine de ces cordons fibreux jusqu’à l'ouverture interne du canal inguinal.

Le développement du péritoine n'offre que très peu de particularités. Il existe seulement une continuité du péritoine avec la tunique vaginale qui s’oblitère chez le fœtus, de même après la naissance l’oblitération de l'ouverture ombilicale détermine une connexion interne entre le péritoine et le tissu fibreux de l’ombilic. Du reste, nous avons déjà dit que le péritoine était susceptible d’éprouver un grand nombre de modifications, suivant les distensions , les inflammations, les adhérences qui pouvaient survenir par des causes excessivement variées. Une autre particularité assez intéressante, signalée par Huschke, c’est que, encore au moment de la naissance, le pancréas, chez l’homme, serait revêtu, comme cela a lieu normalement chez les mammifères, les carnivores en particulier, à peu près complétement par le péritoine , même à sa face postérieure; plus tard cette membrane séreuse cesse de revêtir la face postérieure du pancréas qui se trouve fixé contre la colonne vertébrale. Enfin, le péritoine descend plus bas dans le bassin chez l'enfant que chez l’adulte , ce qui s’ accorde avec la situation plus élevée de la vessie pendant l'enfance.

Page 1