DE L'ISTHME DU GOSIER OU DE L'OUVERTURE POSTÉRIEURE DE LA
BOUCHE (pl. 16).
L'isthme du gosier, ou l’orifice bucco-pharyngien, circonscrit par le cintre du voile du palais et la base de la langue, est une ouverture plus ou moins étroite, destinée à établir une commu-
nication entre la cavité de la bouche et celle du pharynx. Sa forme, demi-elliptique au repos, devient rectangulaire en travers, à angles arrondis, lorsque le voile du palais est élevé et tendu. Cette ouverture, comme un détroit charnu entre deux cavités, est limitée en bas par le plan de la base de la langue; en haut par le bord libre et mince du voile du palais, que la luette sépare en deux parties cintrées; en dehors par les piliers du voile, et par les amygdales.
Quoique l’orifice postérieur de la bouche soit susceptible d’une grande dilatation et d’un resserrement porté jusqu’à l’occlusion complète, l'étendue de son aire, comme aussi l'énergie des mouvemens qui en mesurent les dimensions, ne peuvent être portés au même degré que ceux de l'ouverture antérieure. La dilatation surtout, nécessairement limitée en dehors par les apophyses ptérygoides , ne peut non plus être portée très loin de haut en bas, car il est rare que le voile du palais s'élève, tandis que la base de la langue s’abaisse ; ilest plus ordinaire de les voir s'élever ou s’abaisser en même temps. Le vomissement est un des cas dans lesquels cette dilatation est la plus grande. Quant au rétrécissement, qui peut être porté jusqu’à l’occlusion complète, il se fait dans le sens vertical, par l'élévation de la base de la langue, coïincidant avec l’abaissement du voile du palais, et transversalement, soit par la contraction des piliers du voile, qui élèvent la basedela langue, soit parle gonflementaccidenteldes amygdales. Ces différences danslesdimensionsdel’isthmedugosiers’ observent dans toutes les circonstances où son enceinte contractile est mise en jeu, et, par exemple, dans les actes de la déglutition, du vomissement, du chant, de l'expulsion des crachats, etc. Enfin cet isthme, étant l’orifice par où passe l'air, concourt par son plus ou moins d'étendue aux diverses modifications d’éclat ou de timbre de la voix, dont nous avons parlé à propos du voile du palais.