‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 42 sur 373 · SQUELETTE DE LA LANGUE · texte numérisé non relu

SQUELETTE DE LA LANGUE

On désigne sous ce nom les parties résistantes qui donnent attache aux fibres musculaires de la langue. Ce sont : 1° l'os hyoïde, la portion véritablement squelette commune à la langue, au larynx et au pharynx, et déjà décrit avec l’ostéologie; 2° l’aponévrose Ayo-glossienne, petite languette fibreuse rectangulaire et verticale, née de la lèvre postérieure de l’os hyoïde, et qui fortifie l’attache osseuse de la base de la langue; 3° le cartilage médian de cet organe.

Cartilage de la langue.

Baur avait déjà décrit chez le chien et chez le loup, un cartilage ou une bandelette fibro-cartilagineuse médiane, subja-

cente à la membrane muqueuse de la face inférieure de la langue, s'étendant de la pointe jusqu’à la base de cet organe, et beaucoup plus prononcée en avant qu’en arrière où elle se termine par un simple raphé celluleux. Mais il n’avait point été question de cartilage analogue dans la langue de l’homme, avant que M. Blandin en eût parlé (4rchives de médecine 1823). Celui dont cet anatomiste a donné la description diffère complétement du cartilage observé par M. Baur. Située verticalement sur la ligne médiane, mince, aplatie, lamelliforme, la cloison fibrocartilagineuse de la langue procède en arrière de l'os hyoïde, où elle prolonge l'aponévrose hyo-glossienne sous forme d’un cordon fibreux, va en s’épaississant , et revêt le caractère cartilagineux jusque dans les deux tiers de sa longueur; puis elle s’'amincit, et se termine vers la partie moyenne de la langue, où elle redevient fibreuse. Sa hauteur dans ce trajet atteint, dit-on, jusqu’à 6 ou 8 millimètres. Mais un développement aussi considérable nous parait devoir être très rare; du moins ne l’avonsnous jamais observé. Arnold ne l'a figuré qu'à 2 millimètres (Fasc. IT, tab. x, fig. 3). C’est 4 à 5 millimètres qui nous paraît la dimension ordinaire. Suivant l’observation de Krause elle est percée de trous qui lui donnent quelque ressemblance avec la cloison des corps caverneux. En arrière, le fibro-cartilage lingual, très étroit, est caché dans l'épaisseur de l’organe. Vers son extrémité antérieure , il a plus de hauteur, et son bord supérieur arrive jusqu’au dos de la langue. Par ses faces latérales, il donne attache aux fibres musculaires; celles-ci s’insèrent encore quelquefois sur son bord supérieur. Pour bien voir ce cartilage il faut prendre une langue qu’on à fait bouillir, et la couper par tranches transversales. À partir du milieu de sa longueur il se présente alors, sur la ligne médiane, sous forme d’une lame verticale, grisâtre, épaisse au plus d’un millimètre.

Le cartilage de la langue est considéré comme un indice du squelette hyoïdien ou du prolongement, dans la base de cet organe, de l’appendice antérieur que l’on observe chez beaucoup d'animaux. C’est dans ce sens qu’on y a trouvé l’analogue de l’os pénien. Ce cartilage fortifie la langue, mais en même temps qu’il augmente sa consistance il diminue d’autant l’agilité de ses mouvemens. Sous ce double rapport, comme l’observe Huschke, il aide à la mastication, mais il pourrait nuire à la prononciation, d’autant plus qu’il serait plus étendu et solide. Aussi n'est-ce dans l’homme qu’une lamelle fibro-cartilagineuse,

parfois seulement fibreuse, et dont souvent même on ne trouve aucune trace.

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