‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 5 sur 373 · DESCRIPTION COMPLÈTE DES VISCÈRES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION COMPLÈTE DES VISCÈRES

Pour l'exposition anatomique des viscères, j'ai adopté un ordre différent de tout ce qui avait été fait jusqu’à présent dans les traités généraux d'anatomie. Cet ordre qui, sans toucher à leur succession physiologique, fait de leurs descriptions partielles une collection de monographies originales, n’a pourtant rien d’arbitraire. Pour le comprendre il suffit de se placer de prime abord à un point de vue général qui me paraït dominer toutes les études des organes splanchniques, et dont voici l'énoncé.

Chaque viscère , considéré isolément , se présente comme un petit organisme spécial et complet dans sa circonscription, ayant, en anatomie, sa texture particulière, sa circulation partielle, ses nerfs spéciaux; C'est-à-dire, comme on l’a entrevu depuis longtemps, ayant en physiologie sa vie propre, et, par cela méme, fonctionnant à sa manière, dans son lieu, à part de tous les autres, en méme temps qu’il est lié à l'ensemble par la circulation et l'innervation générales.

De cet aperçu il se déduit naturellement que les parties de toute sorte et si variées qui entrent dans la composition d’un

viscère, étant disposées les unes pour les autres et formant un tout harmonique, sont inséparables dans leur description. L’avantage de ce point de vue d’organogénie dont on est frappé tout d’abord, c’est qu'il relie intimement l’anatomie à la physiologie et à la pathologie; mais, comme on peut le prévoir, il ne se montre si fécond que parce qu’il se fonde anatomiquement dans chaque viscère, sur des modifications particulières des organes et des tissus généraux, et sur des spécialités de texture bien tranchées.

Ainsi, comme je l’ai dit dans l'exposé philosophique du système nerveux (tome 111, Discours préliminaire), tout organe viscéral se compose essentiellement d’un tissu spécial plus ou moins complexe, ordinairement accompagné de canaux propres sécréteurs et excréteurs, et aussi de vaisseaux sanguins, de vaisseaux lymphatiques et de nerfs. Les caractères anatomiques spéciaux que présentent ces derniers organes dans chaque viscère, motivent le parti que nous avons pris de séparer leur description de l’angéiologie et de la névrologie générales, pour la rattacher à celle de leurs organismes partiels, comme on le fait dans les monographies. Toutes les parties composantes des viscères, pour être bien connues, doivent être étudiées de deux manières : à l’œil nu pour les masses, et au microscope pour l'infiniment petit. Ce sont comme deux études différentes, nécessairement liées l’une à l’autre, mais ayant chacune ses procédés d'investigation. La première, la seule cultivée jusqu’à ces derniers temps, n’était que très imparfaitement connue. Jai essayé d’ajouter autant que je l'ai pu, à ce que l’on savait à cet égard. La seconde forme une science entièrement nouvelle.

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