‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 58 sur 373 · SURFACE EXTÉRIEURE DU PHARYNX · texte numérisé non relu

SURFACE EXTÉRIEURE DU PHARYNX

Le pharynx, encastré dans un espace de l’axe vertical du cou, ne s’isole bien que dans les trois quarts de son contour : en ar-

rière où il forme un plan vertical reposant sur celui de la portion cervicale de la colonne vertébrale; et sur les côtés où il est délimité par les grands sillons vasculaires du cou, sauf les attaches supérieures et latérales de ses muscles qui l’unissent à la base du crâne , à l’os maxillaire inférieur et à la cage cartilagineuse du larynx. En avant, au contraire, où la paroi lui est commune avec le voile du palais, la base de la langue et le larynx, le pharynx ne se présente, en quelque sorte, que comme le revers de ces surfaces communes , et n'existe en propre que par sa membrane muqueuse. C’est surtout dans ses rapports que la surface extérieure du pharynx, assez vague par. elle-même, offre un grand intérêt.

Connexions. Le pharynx, la seconde des cavités ingestives, intermédiaire des appareils dépendant des deux systèmes nerveux cérébro-spinal et splanchnique, offre des rapports aussi importans que nombreux et variés.

1° En arrière, où il est tapissé par son aponévrose propre, ou pharyngienne postérieure, il est en rapport médiat avec la face antérieure de la portion cervicale du rachis recouverte ellemême par son aponévrose prévertébrale. Entre cette aponévrose et les vertèbres s’interposent les divers muscles fléchisseurs de la colonne cervicale, à sa partie supérieure, les grands et petits droits antérieurs de la tête, dans le reste de son étendue le grand droit antérieur dela tête le long du cou, et le grand ligament prévertébral. Une couche de tissu cellulaire très mince et très lâche unit ensemble les deux surfaces aponévrotiques, et sert à favoriser les mouvemens de glissement que doit exécuter le pharynx dans le sens vertical, pendant l'acte de la déglutition. Lorsque à la suite de phlegmons, développés dans cette région, il est survenu des adhérences et des cicatrices fibreuses ces mouvemens de glissement deviennent très difficiles, et il en résulte de la gène dans la déglutition.

2° Sur les côtés. Les rapports qu’affecte le pharynx avec les parties voisines sont très importans. Environné comme il l’est à sa partie supérieure par une ceinture protectrice, entre les deux branches de la mâchoire et entre les deux chapelets des glandes salivaires , il est côtoyé dans toute la hauteur du cou, de chaque côté, par le grand sillon cervical renfermant les gros vaisseaux céphaliques et les grands cordons nerveux.

Dans les deux tiers inférieurs monte l'artère carotide primitive divisée au milieu du pharynx en artères carotide externe et carotide interne. À ces artères se joignent : 1° les vaisseaux thyroïdiens supérieurs et inférieurs, et, dans toute la longueur du cou, la veine jugulaire interne qui se placetout-à-fait en arrière, le nerf pneumo-gastrique, le ganglion cervical supérieur et le cordon cervical du grand sympathique avec les nombreux filets qui en émanent. À la partie supérieure s'ajoutent d’autres nerfs, le glosso-pharyngien, le rameau interne du spinal et l’hypoglosse; le premier destiné en grande partie au pharynx, les autres qui concourent avec le pneumo-gastrique et le grand sympathique à former les plexus nerveux. Tous ces vaisseaux et nerfs, placés au milieu d’un tissu cellulaire séreux très lâche, sont environnés dans autant de gaïînes spéciales réunies elles-mêmes en une vaste gaine commune. Tout-à-fait en haut les parties latérales du pharynx répondent à une petite partie des muscles ptérygoïdiens internes; plus bas ils sont dans des rapports médiats avec les glandes parotides, avec les muscles qui viennent de l’apophyse

styloïde, avec la carotide externe et la plupart des branches qui en émanent, et un peu avec la glande thyroïde.

L'énumération de ces rapports suffit pour montrer, d’une part, combien doivent être dangereuses les blessures qui ont leur siége dans les régions latérales du cou, surtout lorsqu'elles ont été faites par des instrumens tranchans ou piquans, ou bien encore par les projectiles lancés par la poudre; et d’autre part combien le chirurgien doit être prudent, lorsqu'il s’agit d’y pratiquer quelque opération.

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