‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 73 sur 373 · VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES DE L'OESOPHAGE · texte numérisé non relu

VAISSEAUX SANGUINS ET LYMPHATIQUES DE L'OESOPHAGE

(a) Les artères de l’œsophage sont très nombreuses, mais généralement peu développées. Dans la région cervicale, elles sont fournies par l'artère thyroïdienne inférieure; dans la cavité pectorale par l'aorte, les artères bronchiques et les intercostales ; dans la région abdominale , par l’artère coronaire stomachique et par les diaphragmatiques inférieures.

1° Artères de l'æsophage dans la région cervicale. Ce sont seulement de petits ramuscules fournis en bas par la thyroidienne inférieure, et qui se ramifient sur les parois de l’œsophage. 2° Artères de l'œsophage dans la cavité pectorale. (a) Les artères bronchiques fournissent toujours quelques rameaux à ce conduit. (b) L’aorte descendante fournit les artères œsophagiennes, dont le nombre varie depuis trois jusqu’à sept. Elles naissent de sa partieantérieureà la suite les unes des autres, et s’en détachent à angle droit. Aussitôt après leur origine, elles se portent d’arrière en avant, de haut en bas et de gauche à droite, au devant de l’œsophage, et se divisent à angle droit en rameaux ascendans et en rameaux descendans. Les premiers, très minces, se ramifient sur cette paroi antérieure ; les seconds, aussi très minces et très longs, fournissent successivement un grand nombre de ramuscules qui se ramifient également sur cette paroi antérieure. Les rameaux ascendans de l'artère œsophagienne supérieure s’anastomosent avec les artères émanées des bronchiques, et avec les branches que l'artère thyroïdienne inférieure fournit à l’œsophage. Ses rameaux descendans s’anastomosent avec les rameaux ascendans des œsophagiennes intermédiaires et ainsi de suite par une succession d’anastomoses entre les œsophagiennes antérieures et les ramuscules postérieurs des intercostales. Quant aux rameaux descendans de l’œsophagienne inférieure, ils s’anastomosent avec les rameaux œsophagiens fournis par l'artère diaphragmatique inférieure gauche et par la coronaire stomachique. On peut suivre les ramifications des artères œsophagiennes , dans l'épaisseur de la couche musculeuse qu'elles traversent, et les voir qui viennent se terminer en réseau dans l'épaisseur de la muqueuse et dans le tissu cellulaire ambiant. (c) Les artères intercostales gauches, en passant derrière l’œsophage , envoient sur toute la hauteur des rameaux très fins à sa face postérieure. Il en reçoit aussi quelquefois de l’artère mammaire interne.

3° Artère de l'æsophage dans la région sous-diaphragmatique. ? nl . 7 x $ A 1° L’artère coronaire stomachique fournit par sa convexité des

rameaux œsophagiens ascendans qui remontent sur l’œsophage à travers l’orifice diaphragmatique de cet organe, se répandent sur ses parois, comme le font les artères œsophagiennes aortiques, et s’anastomosent avec les rameaux descendans de l’artère œsophagienne inférieure. — 2° L’artère diaphragmatique inférieure gauche, envoie à l’œsophage un rameau qui pénètre par l’orifice œsophagien du diaphragme, et s’anastomose, sur ce conduit, avec les branches œsophagiennes qui viennent de la coronaire stomachique et de l’aorte.

(b) Jeines de l'æsophage. La plupart d’entre elles marchent en sens inverse des artères et vont se rendre dans les veines thyroïdiennes inférieures, dans la veine cave inférieure, dans les bronchiques, les mammaires internes , les diaphragmatiques et les coronaires stomachiques .Mais les veines œsophagiennes et la bronchique droite suivent une marche qui diffère complétement de celle des artères qui leur correspondent; elles se dirigent du côté droit de la poitrine, et vont se jeter dans la grande veine azygos.

(c) Vaisseaux lymphatiques. Très nombreux et peu étudiés jusqu'ici, ces vaisseaux lymphatiques vont se rendre dans la poitrine à la chaine des ganglions qui entourent l’œsophage, et au cou dans les ganglions jugulaires et trachéaux.

NERFS DE L'OESOPHAGE (PI. 16 bis, ett. 111, pl. 42 , 43, 49, 100.)

Ces nerfs, qui forment des plexus si remarquables , sont fournis par les nerfs pneumo-gastriques et par les ganglions thoraciques du grand sympathique. C’est en commun et dans les plexus formés par les pneumo-gastriques et les filets splanchniques du grand sympathique qu'il convient d'étudier les nerfs œsophagiens. Suivons-les d’après nos recherches.

Les deux modes d’origine et de distribution des nerfs de l’œsophahe sont très différens dans les deux portions de ce canal situées au-dessus et au-dessous des plexus pulmonaires (vor. PI. 16 bis.) Au point de vue de l’appareil nerveux, dont la signification physiologique est si grande, l’œsophage se divise donc en deux moitiés de longueur inégale : l’une supérieure , correspondant à la longueur de la trachée artère et que nous nommerions volontiers pharyngienne , dont l’appareil nerveux , formé presque en entier par les nerfs mixtes pneumogastriques, semble, comme le pharynx lui-même, plus directement ou en plus grande proportion, sous l'influence du système nerveux cérébro-spinal; l’autre inférieure, étendue des plexus pulmonaires à l'estomac , et qu'on pourrait appeler, par opposition à la première , la moitié stomacale de l’œsophage, qui semble plus essentiellement soumise à l'appareil nerveux splanchnique.

Dans la portion supérieure, pharyngienne ou trachéale de l’œsophage, les nerfs sont fournis par les nerfs laryngés inferieurs ou récurrens des pneumo-gastriques, anastomosés avec un ou plusieurs rameaux émanés des ganglions cervicaux moyens. C'est déjà, comme on le voit, une grande analogie avec l’appareil nerveux du pharynx; mais il va s’en présenter d’autres.

Le nerf récurrent droit , qui s’accole à l’œsophage à-peu-près à distance moyenne entre le pharynx et les bronches , se divise par cela même en deux branches plexiformes principales : l’une

OESOPHAGE

supérieure et l’autre inférieure, anastomosées en arcade à peu de distance de leur origine ( PI. 16 bés. ) Élaguons de cette description tous les rameaux qui n’ont point rapport à l’œsophage pour nous en tenir à ceux de ce canal. La branche supérieure du nerf récurrent monte sur le côté droit de l’œsophage, et lui fournit une multitude de rameaux et de filets plexiformes, épanouis eux-mêmes en filamens dont quelques-uns s’anastomosent sur le plan moyen avec ceux du côté opposé , puis tous s’insinuent entre les fibres longitudinales. A la partie supérieure ses derniers rameaux se mélent avec le plexus pharyngien. La branche inférieure du récurrent descend en sens contraire de la précédente en formant une chaîne plexiforme avec le tronc de continuation du pneumo-gastrique droit jusqu’à son ganglion pulmonaire. Dans ce trajet, elle se conduit comme la précédente, c’est-à-dire que partie de ses filets s’anastomosent avec ceux du côté opposé sur le plan moyen, et que tous s’insinuent dans la membrane musculaire.

Le nerf récurrent gauche , par son émission plus inférieure, se trouve, au-dessous de la crosse de l’aorte, tout près du plexus pulmonaire de son côté auquel il envoie des rameaux. Quant à la portion trachéale de l’œsophage, il s’y conduit dans le mode d'émission de ses filets , de la même manière que le récurrent droit jusqu’au pharynx, où il mêle également ses rameaux avec les plexus de cet organe. Cette circonstance qui montre la liaison nerveuse du pharynx et de l’œsophage, est le complément de ce que nous avons dit plus haut de l’analogie de leurs appareils d’innervation.

La portion inférieure ou gastrique de l’æsophage va montrer un appareil nerveux un peu différent (T. mr, pl. 42, 43, 49, 100.) Nous y voyons concourir de chaque côté; d’une part, de nombreux filets plexiformes émanés du ganglion cervical inférieur et des quatre ou cinq premiers ganglions thoraciques du grand sympathique ; et d’autre part, le tronc de continuation du pneumo-gastrique. Mais les pneumo-gastriques devenus ici ganglionaires et anastomosés en plexus, l’un avec l’autre et avec le grand sympathique, ont beaucoup perdu de leur caractère mixte , etse sont encore plus rapprochés des nerfs splanchniques. Tous deux environnent l’œsophage dans la chaîne de leurs plexus, en avant (PI. 42 ), en arrière ( PI. 49 ) et sur les côtés ( PI. 43.) On a dit qu’à la partie inférieure, le gauche devient antérieur et le droit postérieur. Cela est vrai, sans doute, d’un ou deux cordons principaux de chaque côté; mais tel est l’enchaînement des deux pneumo-gastriques en réseaux plexiformes, et leur fusion dans des ganglions lamelliformes étalés à la surface de l’œsophage, qu’il est évident qu'il doit se faire un mélange et un échange entre eux, et que les branches inférieures de continuation doivent retenir une portion de chacun d’eux. C’est cette chaîne plexiforme œsophagienne des deux nerfs pneumo-gastriques que nous avons considérée comme le grand plexus extra-viscéral thoracique intermédiaire des plexus cardio - pulmonaires aux ganglions solaires. ( 7oy. le grand sympathique, t. nr, pl. 100 ).

Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne l’œsophage, des branches, rameaux, filets et ganglions des pneumo-gastriques émanent, chemin faisant, par myriades, des filamens nerveux qui s’insinuent entre les fibres longitudinales de l’œsophage. Nous verrons plus loin ce qu’ils y deviennent.

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