ANATOMIE MICROSCOPIQUE DU PHARYNX ET DE L'OESOPHAGE
J'ai réuni, pour en traiter d’un même coup, ce que j'ai à dire de l’anatomie microscopique de ces deux organes si semblables de structure et de fonctions. Toutes les particularités que je vais indiquer, ajoutées à celles que nous en connaissons déjà, vont les montrer, en quelque sorte, comme un seul organe intermédiaire de la vie animale à la vie organique , et qui se modifie graduellement de haut en bas pour passer de l’une à l’autre, Nous avons déjà reconnu les analogies et les différences de la membrane musculaire. C’est sur la membrane muqueuse et sur les appareils sécréteurs , circulatoire et nerveux que vont porter nos observations.
Les glandules sécrétoires sont en très grand nombre sous la membrane muqueuse. Celles du pharynx sont les plus considérables et si nombreuses qu’elles laissent à peine entre elles l'étendue de leurs diamètres (PI. 16 ter, fig. 5). Elles se divisent en lobules foliacés et offrent un aspect granuleux. Celles de l’œsophage sont plus petites et oblongues en grains d’avoine. Les unes et les autres s'ouvrent par des pertuis à la surface de la muqueuse.
Les capillaires sanguins, très nombreux, rampent d’abord en gros réseaux arborisés entre les glandules auxquels ils fournissent de nombreux ramuscules, et finalement vont former, comme dans toutes les membranes de même nature, un réseau de capillaires à la surface de la muqueuse ( PI. 16, fig. 4 ) entre les mailles duquel viennent s’ouvrir les orifices des glandules. Mais dans les injections microscopiques un fait se présente qui n'est pas sans intérêt. Au pharynx tout le système de capillicules s’injecte par les artères aussi bien que par les veines. Ce caractère, comme je l'ai indiqué dans un mémoire spécial à l’Institut, est celui des organes mixtes placés sous l'influence des deux vies organiqueetanimale. A la partie inférieure de l’œsophage, ce réseau capillaire ne s’injecte bien que par les veines, caractère des appareils splanchniques. La partie supérieure de l’œsophage tientle milieu. Ainsi sur une pièce que j'ai donnée au Musée de la Faculté de médecine , le pharynx se trouve injecté en rouge, l'extrémité inférieure de l’œsophage en bleu, et l’espace intermédiaire offre tous les dégrés de violet intermédiaires du rouge au bleu.
L'appareil nerveux microscopique n'offre pas moins d’intérêt. En général les filamens nerveux s’éparpillent en nervules. Une portion de ceux-ci se distribuent dans les fibres musculaires. Les autres vont dans le feuillet celluleux et se distribuent aux glandules et à la muqueuse. Au pharynx l'intervention des filets du grand sympathique mélés aux rameaux des nerfs mixtes pneumo-gastriques et glosso-pharyngiens se traduit, dans l’infiniment petit, par l'interposition entre les glandules de petits ganglions. Dans ces ganglions etles filets gris qui en émanent, j'aipu distinguer, à de très forts grossissemens, sous le microscope, de véritables globules ganglionaires. Cette disposition anatomique explique très bien les sympathies avec l'appareil splanchnique dont le pharynx est le siége. Je ne sais si le même fait se pro-
duit à l’œsophage. Dans les points que j'ai soumis au grossis-
sement, je n’y ai vu qu'une toile nerveuse, surface d’émergence des derniers nervules musculaires , comme je l’indiquerai plus au long en traitant du tube gastro-intestinal.