SURFACE MUQUEUSE, DITE INTERNE ( PI
Cette surface offre en creux la même forme que donne l’autre surface en relief, c’est-à-dire qu’elle traduit par des enfoncemens les saillies que l’on remarque sur la surface séreuse. Elle offre à considérer : d’abord l’orifice æsophagien, à gauche duquel se trouve le grand cul-de-sac. Au milieu est la cavité du corps à laquelle font suite à droite le petit cul-de-sac et la dernière petite cavité pylorique que termine l’orifice de ce nom. Toutes ces parties sont tapissées par la membrane muqueuse stomacale, si remarquable par sa couleur, ses plis et son aspect lisse et velouté ; c’est seulement de la surface et des orifices que nous avons à nous occuper ici, réservant à traiter de la muqueuse lorsque nous parlerons de la structure.
1° Particularités de la cavité stomacale. 1° Dans toute son étendue, la surface de la cavité stomacale , tapissée par la muqueuse, outre les plis de cette membrane, présente les reliefs en saillie des ramifications de ses vaisseaux. Cette disposition n’est bien visible que sur l'estomac distendu et injecté ( PI. 23, fig. 1.) 2° Dans son ensemble cette cavité est subdivisée par la flexion sur sa petite courbure, qui sépare le corps de l’estomac de sa portion pylorique. Ce pli de flexion, où les parois de l’estomac s’adossent sur elles-mêmes et qui n'existe que dans son état de plénitude, forme un éperon saillant de 2 à 3 centimètres , indiquant à l’intérieur un rétrécissement notable du calibre du viscère. Ce rétrécissement est bien senti quand on regarde directement de l’intérieur même de l'estomac divisé en travers sur son milieu (Fig. 2.) Pareille disposition existe pour deux petits éperons moins saillans qui subdivisent la petite cavité avant le pylore (Fig. 1 -h, i.) 3° La grosse tubérosité offre deux enfoncemens , d’abord son sommet et une saillie antérieure (PI. 18), l’un et l’autre fixés dans sa texture par de petits épaississemens fibreux. 4° La portion pylorique se distingue si bien du corps de l'estomac, qu’à l’état de réplétion elle paraît comme une poche implantée reliée avec l’autre ; mais pouvant fonctionner avec plus d'énergie comme il résulte aussi de sa texture.
Orifices de l'estomac. — Orifice æsophagien ( Chaussier ), orifice gauche ou cardiaque , orifice supérieur , ostiumn , introëtus ventriculi. ) I présente 1° un bord frangé et inégal au niveau duquel la muqueuse, qui se continue dans l'estomac, change tout-à-coup d'aspect et de couleur; c’est par ce changement qu'on distingue les limites des muqueuses œsophagienne et gastrique. 2° Des plis radiés qui font suite aux plis qu’on rencontre dans le canal œsophagien et qui disparaissent par la distension. 3° Une largeur ou plutôt un évasement et une dilatibilité plus grande que dans le reste du conduit. 4° Enfin, on n’y rencontre aucun vestige de valvule ou d’un prétendu sphincter œsophagien admis par les anciens anatomistes , et en tout point semblable à l'anneau pylorique, auquel on supposait la faculté de fermer l’orifice œsophagien. Il est toujours libre et béant et
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parait presque aussi bien disposé pour permettre aux alimens de sortir que pour leur permettre d’entrer.
2° Orifice pylorique ou duodénal. (Janitor, sphincter, ostium, exttus ventriculé. ) 11 présente à considérer intérieurement un bourrelet circulaire aplati, correspondant au resserrement circulaire extérieur qui limite à droite la petite extrémité de l’estomac ; c'est à ce bourrelet qu’on donne le nom de vabule prlorique. est situé dans le sens du diamètre transversal de l'intestin , et répond par une de ses faces à la cavité de l’estomac et par l’autre à celle du duodénum. Par sa grande circonférence, qui est épaisse, il est fixé aux parois de l'intestin. Sa petite circonférence, beaucoup plus mince, est libre et flottante dans l’orifice à l’état frais, tandis que sur un estomac distendu par une injection solide, elle est raide et percée d’un trou à son centre, ce qui fait qu’elle forme une lèvre circulaire rigide. Le trou dont elle est percée à son centre forme un orifice ovalaire de 8 millimètres de hauteur sur 6 de largeur ( PI. 25 bés, fig 1.) D'après cette disposition, la valvule pylorique représente une espèce de diaphragme, suivant l'expression de Morgagni ( 7x speciem diaphragmalis qualia sunt in tubis telescopicis. ) Cette ouverture centrale n’est jamais fermée hors le temps de la digestion. On ignore si elle l’est pendant la digestion , mais ce qu'il y a de certain c’est qu’elle n’oppose pas un obstacle bien grand au passage des alimens de l'estomac dans l'intestin ou de l'intestin dans l’estomac. En outre, il faut qu’elle soit très dilatable, car il y a des exemples de corps étrangers assez volumineux aux uels elle a donné issue.
On trouve dans l'épaisseur de cette valvule, à sa base, une substance fibreuse, solide, blanchâtre, placée entre les membranes musculeuse et muqueuse. Cet anneau fibreux de renforcement se voit en enlevant la muqueuse qui passe pour former seule la valvule près de son orifice central. Outre sa valvule propre, l’orifice duodénal est entouré de fibres musculaires en anneaux, plus nombreuses, plus épaisses et plus fortes qu'ailleurs. Elles y jouent le rôle d’une espèce de sphincter, sur lequel nous reviendrons plus loin.
Comparés entre eux, l’orifice cardiaque et l’orifice duodénal présentent de nombreuses différences. Outre celles que nous venons de signaler, nous en trouvons une autre qui mérite d’être remarquée, c’est celle qui se rapporte à leur position respective. Ainsi, l’orifice œsophagien est beaucoup plus élevé que l’orifice pylorique, leur distance, que mesure la petite courbure, n’est pas très grande par rapport au volume de l’estomac. Le premier est tourné en haut et à droite, tandis que le second regarde en arrière et un peu en haut. Enfin, l'intervalle qui existe entre eux n’augmente pas en raison du volume de l’estomac, parce que cet agrandissement se fait bien plus aux déends de la grande que de la petite courbure de l’estomac.