‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 83 sur 373 · RH · texte numérisé non relu

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Comme pour tous les viscères creux, c’est sur le trajet des vaisseaux sanguins de l'estomac que se trouvent les chapelets de ses glandes lymphatiques réunies par les trainées de leurs vaisseaux. 1° Glandes lymphatiques. Xe principal amas de glandes lymphatiques se présente sur la petite courbure de l'estomac. De forme elliptique comme le double courant des vaisseaux coronaires stomachiques , il inscrit deux chaînes de glandes et de lymphatiques le long de ces vaisseaux et occupe aussi leurs intervalles. À droite, il se prolonge sur l'extrémité pylorique; à gauche, il est continué par un petit chapelet de glandes qui entoure l’orifice de l’œsophage. À quelque distance de celles-ci succèdent, sur la grosse tubérosité, quelques glandes situées entre les feuillets de l’épiploon gastro-splénique et qui font suite au chapelet des glandes spléniques logées sur les vaisseaux de même nom, dans la scissure de la rate. Le long de la grande courbure est un autre chapelet de glandes lymphatiques aplaties et de petit volume, appliquées avec leurs vaisseaux de communication sur les artères et veines gastro-épiploïques et situées avec ces dernières dans l'intervalle des feuillets du grand épiploon gastro-colique. 2° Les vaisseaux lymphatiques de V'estomac, comme ceux de tous les viscères creux, forment deux plans principaux, l’un sous-séreux et l’autre sous-muqueux.

Ces deux plans forment chacun un réseau très fourni qui, dans les belles injections, couvre toute la surface. Les troncs lymphatiques qui en naissent gagnent avec des trajets plus ou moins longs, dans toutes les directions, les divers chapelets ganglionnaires situés le long des deux courbures et vers la scissure de la rate. Il est à remarquer que ces troncs lymphatiques afférens des glandes ne sont pas astreints, dans leur parcours, à suivre les principaux vaisseaux sanguins secondaires de l'estomac. Beaucoup plus nombreux que ces vaisseaux, ils rampent indifféremment à leur surface et dans leurs intervalles et croisent leur direction dans tous les sens. C’est même un caractère particulier à l'estomac comme aux intestins que cette indépendance des troncs lymphatiques par rapport aux vaisseaux sanguins. Trouvant partout un point d'appui sur les surfaces en général, ils gagnent directement, en rayonnant, les divers chapelets glanduleux dans lesquels ils se jettent. Quelques-uns même parcourent les surfaces dans le sens du grand diamètre de l’estomac, recevant dans leur trajet les vaisseaux d’un volumeinférieur, et se recourbent ensuite pour arriver aux ganglions. Tous ces troncs lymphatiques s’anastomosent fréquemment entre eux en circonscrivant des polyèdres dans les intervalles desquels s’étendent les réseaux de lymphaticules qui recouvrent toute la surface, de sorte que partout la circulation lymphatique est ouverte par des voies innombrables dans toutes les directions. Les chapelets des glandes se vident par leurs troncs afférens qui accompagnent les gros vaisseaux sanguins Ccoronaires stomachiques, spléniques et gastro-épiploïques et vont se jeter dans l’amas des glandes cœliaques à l’origine du réservoir de Pecquet.

NERFS DE L’EsTOMAC. (PI. 22, 22 bis, 20 bis, 42). ? pl 2

L'estomac reçoit deux sortes de nerfs. 1° Des nerfs mixtes émanés des pneumo-gastriques dont il absorbe à lui seul les branches terminales les plus considérables; 2° des nerfs splanchniques émanés du plexus solaire. J'ai fait observer en divers lieux, à propos des terminaisons des pneumo-gastriques, que ces nerfs mélés aux plexus hépatiques, cœliaque, mésentérique supérieur et aortique (t. 111, pl. 48, 100), paraissent apporter une part d'influence nerveuse à tout le système des viscères digestifs; mais l'estomac se distingue de tous les autres par la proportion considérable de ces nerfs qu’il reçoit directement et qui semblent placer en partie ses fonctions sous une influence cérébro-spinale. Ces branches du pneumo-gastrique, comme nous le verrons dans l'anatomie microscopique, y fournissent aussi un exemple éclatant, et bien plus facile à constater ici qu'ailleurs, d'un immense développement de la surface nerveuse capillaire, hors de proportion avec le petit volume des nerfs dont on suppose que cette surface n’est que l'épanouissement.

Mais avant d'entrer dans la description des nerfs de l’estomac, il est utile de rappeler une observation que j'ai faite dans le discours préliminaire sur la différence des dessins que j'en ai donnés. Les planches 22 et 22 bis, préparées à l’ancienne maniere et par la simple dissection à l’état frais, sont loin de donner une idée des nerfs de l'estomac. A cet égard, je répète ce que j'ai dit ailleurs : pour l’étude des nerfs des viscères creux, la première préparation à faire est toute chimique et consiste à laisser les pièces macérer pendant deux ou plusieurs mois dans de l’eau acidulée. Les nerfs se montrent alors d'eux-mêmes et

dans leur véritable aspect plexiforme comme ils sont figurés pl. 29 bis et 42.

Et d’abord, comme dans toutes les études des nerfs splanchniques, la première considération porte sur les variétés individuelles, toujours très nombreuses, et sur le mode de distribution en branches et en rameaux. Mais cette observation étant faite, il importe au moins de donner les caractères généraux de ces nerfs, comme ils se présentent sur tous les sujets.

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