COLON
On désigne sous ce nom la portion du grosintestin qui s'étend depuis le cœcum jusqu’au rectum. On fait dériver ce mot de K%+, creux, ou bien du verbe Käw, j'arrête, parce que cet intestin retient longtemps les matières stercorales dans son intérieur par ses replis. Il forme à lui seul la partie la plus considérable du gros intestin; bien qu'aucune ligne de démarcation bien tranchée ne sépare le colon du cœcum, il commence immédiatement au-dessus de la fosse iliaque; de là il monte à peu près verticalement dans la région lombaire droite, jusqu’au niveau de la face inférieure du foie, qui présente sur son lobe droit une empreinte correspondante. En ce point la direction du colon change, il se porte transversalement jusqu’au-dessous de la rate, et alors sa direction redevient verticale, pour descendre le long du flanc gauche jusqu’au niveau de la fosse iliaque gauche, où il se contourne en S romaine avant de se conti-
nuer avec le rectum auquel il se termine. Sa longueur et les fréquens changemens de direction qu’éprouve le colon , ont conduit les anatomistes à le diviser en quatre portions : savoir 1° en colon ascendant ou lombaire droit ; 2° en colon transverse ou arc du colon; 3°en colon descendant ou lombaire gauche; 4 en colon iliaque gauche ou S iliaque du colon. Cette division , généralement adoptée dans les ouvrages classiques , mérite d’être conservée. Si dans ces parties le colon présente des caractères extérieurs analogues, il offre des rapports qui diffèrent essentiellement.
l° Caractères analogues des diverses portions du colon. — 1° Toutes les portions qui constituent le colon présentent des bosselures plus où moins nombreuses, plus ou moins prononcées et séparées les unes des autres par des sillons plus ou moins profonds, dirigés perpendiculairement à l'axe de l'intestin. 2° I] règne sur la surface externe, dans le sens de sa longueur, trois brides longitudinales parallèles à son axe et constituées par des fibres musculaires. Ces trois brides, étant moins longues que l'intestin, l’obligent à se froncer sur lui-même : c’est là ce qui détermine ces bosselures et ces sillons alternatifs qui sont dispo sés sur trois rangées longitudinales. Si l’on coupe ces brides, ou bien si une distension forcée du gros intestin amène leur déchirure, ce tube membraneux se déplisse, sa longueur devient deux ou trois fois plus considérable qu’elle n’était avant la division; ses bosselures et les plis qui les séparent disparaissent sinon entiérement, du moins en grande partie, et il prend la forme d’un cylindre régulier analogue à celui de l'intestin gréle. On cite comme preuve du rapport qui existe entre les brides et les bosselures l'absence des unes et des autres chez plusieurs classes d'animaux. 3° Les brides et les bosselures diffèrent beaucoup entre elles, suivant la région du gros intestin. Ainsi, dans le colon lombaire gauche et l’'S iliaque on ne rencontre que deux séries de bosselures et deux bandelettes qui les séparent.
Il Caractères particuliers des diverses portions du colon. (4) Colon ascendant ou lombaire droit.
Le colon ascendant ou lombaire droit s'étend depuis le cœcum jusqu’à la partie inférieure du foie, immédiatement en dehors de la vésicule du fiel, où il se continue avec le colon transverse. Le léger enfoncement qui résulte de ce rapport sur la face inférieure du foie porte le nom d’empreinte colique. Une lame du péritoine passe au-devant de lui, se réfléchit sur ses faces latérales et l’assujétit dans cette position. Quelquefois cette lame se prolonge jusque sur sa face postérieure, et forme un repli qu’on nomme méso-colon lombaire; mais le plus souvent la face postérieure du colon en est complétement dépourvue et se trouve dans des rapports immédiats avec les parties situées derrière elle. Dans ce dernier cas, le colon a plus de fixité que dans le premier ; cette fixité est telle qu'elle a été comparée à celle du duodénum.
En arrière, il est en rapport immédiat, c’est-à-dire sans interposition de péritoine, avec le rein droit et le muscle carré des lombes; il n’en est séparé que par du tissu cellulaire très lâche qui les unit ensemble; aussi voit-on quelquefois des abcès du rein s'ouvrir dans le colon et se vider par les selles. C’est en se
fondant sur la possibilité de parvenir à cet intestin sans toucher FAITS
au péritoine, que Callisen proposa d’ériger en méthode générale l'établissement d’un anus artificiel dans la région lombaire gauche. Dans ces derniers temps, où l’on a mieux étudié les causes qui peuvent nécessiter la création d’un anus artificiel, MM. Amussat et Baudens ont repris en sous-œuvre la méthode de Callisen ; le premier surtout, par les nombreuses applications qu'il en a faites avec succès, est parvenu à appeler lattention des chirurgiens sur cette méthode, et à lui faire donner la préférence sur la méthode de Littre.
En avant, il est recouvert par le péritoine, et répond aux parois abdominales, dont il est souvent séparé par l'intestin grêle.
En dedans, a lame péritonéale qui passe au-devant de lui, se continue avec le feuillet droit du mésentère, et il est en rapport avec les circonvolutions de l'intestin grêle.
En dehors, il répond aux parois abdominales.
Le volume du colon ascendant surpasse celui de l'intestin grêle ; si on les insuffle pour les comparer, on observe beaucoup mieux leurs différences respectives.
(B) Colon transverse ou are du colon.
Des quatre portions qui composent le colon, le colon transverse est la plus longue et la plus volumineuse ; il commence à l’extrémité supérieure du colon lombaire droit avec lequel il forme un angle droit, immédiatement en dehors et au-dessous de la vésicule du fiel, marche transversalement de droite à gauche, et va se terminer au-dessous de la rate au colon descendant; ainsi il va de l'hypocondre droit à l’hypocondre gauche, et est situé immédiatement au-dessous de l'estomac dans la par tie inférieure de la région épigastrique, et un peu au-dessus de l'ombilic. Quelquefois, par suite du relâchement du méso-colon transverse, on le trouve placé au niveau de cette cicatrice, et même au-dessous. Le colon n’est pas dirigé en droite ligne : il est un peu convexe en avant et concave en arriére; ce qui lui a valu le nom d’arc du colon.
Dans la grande majorité des cas, sa longueur est mesurée par la distance qui sépare l’hypocondre droit de l’hypocondre gauche. On rencontre cependant à cet égard quelques variétés remarquables; ainsi, on a trouvé sa longueur double et quelquefois triple de ce qu'elle est dans les cas ordinaires. Alors la position et les rapports de l’arc du colon ne sont pas les mêmes que dans l’état normal, et il subit sur lui-même des inflexions plus ou moins nombreuses, ou bien il n’en éprouve qu’une seule dans laquelle sa partie moyenne forme une anse à concavité supérieure descendant jusque dans la région hypogastrique et quelquefois jusqu’au détroit supérieur du bassin.
Un méso-colon appelé méso-colon transverse, parce qu’il est destiné à soutenir l’arc du colon, est formé par les deux lames du péritoine qui constituent les feuillets postérieurs du grand épiploon ; ces deux feuillets, parvenus vers le bord inférieur du colon transverse, se séparent : l’un passe en avant, l’autre en arrière; etils se réunissent au niveau de son bord supérieur, marchent pendant un certain trajet, et se terminent Pun dans l'arrière cavité des épiploons, et l’autre en se réfléchissant inférieurement, pour aller se perdre dans le mésentère. Le repli qu'ils forment est assez étendu en largeur; c’est à son
développement qu'est due la mobilité du colon, mobilité qui est telle qu’on le trouve flottant dans la cavité de l’abdomen, et qu’il fait souvent partie des hernies. Ce repli établit encore une cloison horizontale dans l'abdomen entre l’estomac, le foie, la rate, le pancréas, le duodénum, organes situés au-dessus de lui, et l’intestin grêle qui est placé au-dessous.
Rapports. On considere au colon transverse deux faces, une supérieure et l'autre inférieure, et deux bords, dont l'un regarde en avant, et l’autre en arrière.
La face supérieure répond : 1° à la face inférieure du foie, 2° quelquefois à la vésicule du fiel dont elle est néanmoins souvent séparée par la portion pylorique de l'estomac ; dans des cas d’obstruction du col de cette vésicule, on l’a vue s'ouvrir dans le colon transverse; 3° à la grande courbure de l'estomac qui se prolonge plus ou moins sur elle, suivant qu'il est plus ou moins dilaté, et qui s’en éloigne lorsqu'il est vide; 4° à la partie inférieure de la rate; et >° enfin aux deux feuillets antérieurs du grand épiploon qui viennent de la grande courbure de l'estomac.
Sa face inférieure est en rapport avec les circonvolutions de l'intestin grêle.
Son bord antérieur convexe correspond aux parois abdominales dont il est seulement séparé par les deux feuillets antérieurs du grand épiploon. Chez des personnes maigres, on peut sentir, à traversles parois, les bosselures du colon, lorsqu'il est distendu par des gaz ou par des matières fécales, comme cela arrive dans le cas de rétrécissement d’une portion d'intestin située au-dessous de lui. Enfin il donne insertion aux deux feuillets postérieurs de ce grand épiploon.
Son bord postérieur concave donne attache au méso-colon transverse dont nous avons déjà parlé plus haut.
(GC) Colon descendant ou lumbaire gauche.
Le colon lombaire gauche, profondément caché dans la région du même nom, présente la plus grande analogie avec le colon lombaire droit, quant à ce qui regarde sa fixité et ses rapports; seulement il est plus profondément silué et son calibre est un peu plus petit; il forme un angle droit avec l'arc du colon et descend verticalement dans le flanc gauche.
Rapports. En arrière il répond directement au muscle carré des lombes et au rein droit, dont il est seulement séparé par un tissu cellulaire lâche. Ce que nous avons dit, en parlant du colon lombaire droit, des abcès du rein qui s'ouvrent quelquefois dans sa cavité, et de l’opération de l'anus artificiel par la méthode de Callisen , est parfaitement applicable au colon lombaire gauche; on préfère même agir sur le colon descendant, parce qu'étant plus voisin de l’anus, les matières alimentaires ont plus de temps à séjourner dans les intestins.
Le péritoine se comporte exactement à son égard comme à l’égard du colon ascendant. Après avoir tapissé le flanc gauche, il se réfléchit sur son côté gauche, passe sur sa face antérieure, sur
son côté droit, et se continue avec le feuillet gauche du mésentère.
(D) S iliaque, on portion iliaque gauche du colon.
La portion iliaque du colon fait suite au colon descendant et se termine au rectum, à peu près au niveau de la sym physe sacroiliaque gauche. Comme la position du rectum est assez fixe en ce lieu, quoique dans quelques circonstances l’S iliaque plonge un peu dans le bassin, cette limite se trouve assez peu variable; l'S du colon occupe la fosse iliaque gauche, comme le cœcum occupe la fosse iliaque droite, mais ces deux portions du gros intestin n’ont aucune analogie entre elles. La portion iliaque du colon est très mobile, plus mobile que toutes les autres portions, et présente sous ce rapport plus d’analogie qu’elle avec l'intestin gréle. Cette mobilité tient à l’étendue et à la laxité du repli du péritoine appelé méso-colon iliaque, destiné à la maintenir dans sa position. C’est en raison de cette mobilité que l'S iliaque change de place, et se rencontre fréquemment dans des rapports différens de ceux qu’elle occupe dans l’état normal. Aussi l’a-t-on vue quelquefois occuper la région ombilicale, et aller jusque dans le voisinage du foie; mais le plus fréquent de ses déplacements se fait dans le bassin, où on la rencontre quelquefois tout entière.
Direction. — Cette direction présente quelques variétés. Le plus souvent la portion iliaque du colon se recourbe de dedans en dehors, en formant un angle plus où moins obtus avec le colon descendant; et après un certain trajet, se recourbe encore de haut en bas, puis de dehors en dedans et de bas en haut, jusqu’à ce qu’elle ait atteint le rectum. En sorte qu’elle présente tantôt la forme d’une S romaine dont la convexité moyenne regarde en dehors et la concavité en dedans et en haut; tantôt celle d'une S dont les courbures sont irrégulières et flexueuses. Parmi ces variétés on peut signaler la suivante : après avoir décrit sa courbure à convexité externe, au lieu de se diriger de suite vers le rectum, elle se recourbe de haut en bas, puis de bas en haut.
M. Cruveilhier a signalé une disposition particulière de la portion iliaque du colon, qui peut être considérée comme le résultat d’un déplacement, d’une transposition, ou d’une disposition congéniale. Dans cette dernière supposition, ce serait une variété remarquable et rare de la direction que cette portion du gros intestin peut affecter. À partir du colon lombaire gauche, l'S iliaque se portait transversalement de gauche à droite, au niveau du détroit supérieur jusque dans la fosse iliaque droite, au-dessous du cœcum qu'elle refoulait en haut dans un cas, et au-devant d’elle dans un autre. L’S iliaque décrivait ensuite ses deux courbures, tantôt dans la fosse iliaque droite, et tantôt dans le bassin.
Le volume de la portion iliaque du colon est un peu moindre que celui du colon descendant; quelquefois cependant il peut présenter des dimensions considérables : tels sont les cas dans lesquels un obstacle s'oppose à l'issue des matieres fécales, et les oblige à s’accumuler et à séjourner dans sa cavité. C’est ordinairement ce qui arrive chez les personnes qui ont un rétrécissement du rectum : alors tous les gros intestins remplis de matières laissent sentir leurs bosselures en palpant les parois abdominales.
Rapports. — V'S iliaque est tapissée par le péritoine dans toute son étendue. Celui-ci se comporte à son égard comme à l'égard de l'intestin grêle : après avoir revêtu sa face antérieure, ses faces latérales et sa face postérieure , le péritoine s’accole à
luimême et forme le mésocolon iliaque qui fixe l'intestin dans la fosse iliaque. Zn avant, il répond aux parois abdominales, dont il est presque toujours séparé par quelques circonvolutions de l'intestin grêle, excepté dans le cas où il est distendu par des matiéres. Ce rapport avec les parois abdominales et le voisinage de cet intestin du rectum, ont conduit les chirurgiens à choisir le colon iliaque pour pratiquer un anus artificiel dans les cas où cette opération est nécessaire. Zn arrière, le colon iliaque répond à la fosse iliaque, et s’y trouve retenu par le méso-colon. Sa position superficielle permet de le sentir à travers les parois abdominales, et de distinguer s’il y a des matières dans son intérieur. En dedans, il est en contact avec les circonvolutions intestinales et le bord externe du muscle psoas gauche.
On observe sur toute l'étendue du colon, un grand nombre d’appendices adipeux dont il a déjà été question en parlant du cœcum. Ces appendices sont des replis particuliers formés par le péritoine, replis qui contiennent une plus ou moins grande quantité de graisse jaunâtre et demi-fluide. Leur nombre et leur disposition n'est pas la même sur toutes les portions; elles sont tellement multipliées sur les portions lombaires que l'intestin en parait souvent entièrement recouvert ; sur le colon transverse, elles sont moins nombreuses et se montrent souvent isolées les unes des autres sous la forme de petits globules aplatis. Elles sont rares et peu volumineuses sur le colon iliaque. Partout où elles existent, elles forment autant de folioles adhérents par un pédicule vasculaire et flottant à la surface de l'intestin.
Surface interne du colon.
On observe sur la face interne du colon trois saillies longitudinales correspondant aux trois brides musculaires de la surface externe. Dans les intervalles qui existent entre ces bandelettes on trouve des enfoncemens, des vacuoles plus ou moins profondes, qui répondent aux bosselures extérieures, et en sont exactement le moule en creux et forment trois séries: les enfoncemens qui constituent chaque série sont séparés les uns des autres par des saillies ou reliefs qui correspondent aux sillons ou dépressions qui séparent les bosseleures de la surface externe. Ces saillies ne sont point des valvules, car elles ne sont pas seulement constituées par les replis de la muqueuse, mais bien par toutes les membranes qui concourent à former les parois de l'intestin. Pour bien distinguer les particularités dont il vient d’être question, il faut non seulement examiner un intestin à l’état frais, mais encore un intestin insufflé et desséché qu'on incisera sur un de ses côtés.
Nous avons déjà fait remarquer ailleurs que la section des fibres musculaires qui constituent les bandelettes fait disparaître les bosselures et les enfoncemens. Toutes les particularités qui existent à la surface interne du gros intestin sont représentées sur la planche 30.
Comme les trois bandelettes musculaires se réduisent à deux sur le colon descendant et sur l'S iliaque, il n’existe aussi sur eux, le plus ordinairement, que deux séries de demi-cellules et de saillies intérieures. De plus on remarque que les bosselures et les enfoncemens qui leur correspondent, sont beaucoup moins prononcés sur cette dernière partie du colon que sur les autres portions.
Structure du gros intestin comprenant le cæcum et le colon.
Les parois du gros intestin sont constituées par quatre tuniques comme celles de l'intestin grêle : ce sont les tuniques péritonéale, musculeuse, fibreuse et muqueuse. Parmi ces tuniques, les unes se comportent de la même manière dans toute l'étendue du gros intestin, et les autres se comportent différemment suivant qu'on les étudie dans telle ou telle partie de son trajet.
1° Tunique péritonéale. Le péritoine n’est pas disposé d’une manière semblable sur le cœcum, et sur les diverses autres portions du colon. Il passe ordinairement au devant du cœcum, tapisse ses faces latérales et se réfléchit pour se continuer en dehors sur les parois abdominales et en dedans pour se continuer sur la fosse iliaque et avec le mésentère, sans tapisser la face postérieure de cet intestin qui est en contact direct avec le tissu cellulaire de la fosse iliaque. Ordinairement il enveloppe presque en totalité son extrémité inférieure; mais ce n'est que par exception qu’il enveloppe toute la partie supérieure et qu'il forme un méso. Cette disposition du péritoine à l'égard du cœcum fait qu’il est moins mobile que les autres intestins, et que, sous le rapport de la solidité des attaches, il présente quelque analogie avec le duodénum.
Quant aux colons lombaires droit et gauche, le péritoine se comporte, à leur égard, à peu près comme pour le cœcum ; ainsi il ne fait que tapisser leur face antérieure et leurs parties latérales droite et gauche, puisse réfléchit pour se continuer en dedans avec le mésentère, et en dehors sur les parois abdominales. Leur face postérieure en est complétement dépourvue, et se trouve directement en contact avec le rein et le muscle carré des lombes correspondans. Quelquefois cependant, ces deux feuillets se rapprochent beaucoup en arrière, enveloppent presque toute la circonférence des colons descendants, et ne sont séparés que par une couche de tissu cellulaire ; le repli qui en résulte dans ce cas est appelé m#és0-colon lombaire. Cette disposition existe plus particulièrement chez les enfans que chez les adultes ; c'est pour cette raison que l'opération de l'anus artificiel dans Ja partie postérieure de la région lombaire, pour les cas d’imperforation de l'anus, présente plus de difficultés chez les premiers que chez les derniers. M. Amussat a cependant réussi plusieurs fois chez les enfans.
l'arc du colon est enveloppé tout entier par deux feuillets séreux qui sont les deux feuillets postérieurs du grand épiploon ; au niveau de la convexité ou du bord antérieur du colon transverse, ils laissent entre eux et cét intestin un espace triangulaire, analogue à celui qui règne le long des courbures de l’estomac, passent l’un en avant, l’autre en arrière de lui, laissent entre eux et l’arc du colon un nouvel espace triangulaire au niveau de sa concavité. Ces espaces ont les mêmes usages là que dans les autres endroits où ils existent. Alors ils se mettent en contact, forment le repli transversal qu’on appelle méso colon transverse, et se séparent ; le supérieur passe, au-devant du duo: dénum et du pancréas, dans l’arrière cavité des épiploons, et va ressortir par l’hiatus de Winslow, tandis que l’inférieur se réfléchit de haut en bas, et va se continuer avec le mésentère, Enfin, dans la fosse iliaque gauche, l'S iliaque du colon est environnée de toute part par le péritoine qui forme à sa partie postérieure un repli assezgrand, composé de deux feuillets séreux, qui l'assujettissent à la fosse iliaque, ce qui lui permet de jouir
d'une mobilité presque aussi grande que celle de l'intestin grêle; je méso-colon iliaque offre, comme les autres, un petit espace triangulaire dans l’endroit où les feuillets s’écartent pour se por-
ter sur l'intestin.
2° Tunique musculeuse. Elle est constituée par des fibres circulaires et par des fibres longitudinales. Les fibres circulaires ne présentent rien de particulier. Elles forment la couche profonde et se comportent exactement comme celles de l'intestin grêle. Les fibres longitudinales qui sont placées superficiellement, diffèrent de celles de l'intestin gréle de deux manières. Au lieu d’être distribuées d’une façon uniforme tout autour de l'intestin , elles sont réunies en trois bandelettes ou brides très distinctes et parfaitement circonscrites ; et ensuite, elles ont moins de longueur que l'intestin lui-même. Les fibres de ces bandelettes font suite à celle de l’appendice vermiculaire; celle qui est placée en avant est plus large et plus apparente que les autres. Lorsqu'elle arrive au niveau de l’arc du colon, elle change de direction, devient inférieure, et redevient antérieure sur le colon ascendant et sur VS iliaque du colon. Les deux autres sont situées l’une en dehors et l’autre en dedans; en arrivant sur l'arc du colon, l'externe devient supérieure et antérieure, et l'interne supérieure et postérieure. En arrivant sur le colon descendant, elles reprennent leur direction première qu’elles conservent jusque sur l'S iliaque; quelquefois cependant elles se confondent en une seule bandelette sur le colon descendant qui, au lieu d'en présenter trois, n’en présente plus que deux. Lorsqu'on examine ces bandelettes à travers le péritoine, elles présentent un aspect nacré analogue à celui des ligamens. Lorsque le péritoine est enlevé, elles se présentent sous l'aspect de fibres longitudinales blanchätres.
De ce que les fibres longitudinales sont plus courtes que lintestin lui-même, il en résulte un froncement de ses tuniques par lequel sont déterminés les bosselures et les replis intermédiaires qui règnent dans sa longueur. Nous avons déjà dit que la preuve qu’il en était ainsi, c'est, qu’en les incisant en travers, on rendait à l’intestin sa longueur , et on faisait disparaitre ses bosselures et ses replis; il n’y a point de fibres longitudinales dans les intervalles qui existent entre les bandelettes.
3° Membrane fibreuse. Elle n'offre rien de particulier sur le gros intestin ; peut-être y présente-t-elle un peu plus d'épaisseur que dans l'intestin grêle. Cette membrane peut du reste s’hypertrophier, et acquérir dans certains cas une épaisseur Consi-
dérable.
4° Membrane muqueuse. Nous avons déjà fait remarquer que les plis saillans, qui séparent les demi-cellules qui existent à l'intérieur du gros intestin, n'étaient point des valvules, ou replis formés par la muqueuse seule; ils sont à la fois constitués par toutes les tuniques de l'intestin, et disparaissent lorsqu'on lui rend sa longueur par la section des fibres longitudinales, ou bien par l'insufflation. On a remarqué que la muqueuse faisait quelquefois hernie à travers les fibres de la membrane musculeuse, ce qui donnait lieu à la formation de petites cavités à goulot étroit, et remplies par une ou plusieurs boulettes de matières fécales endurcies. M. Cruveilhier dit que ces petites tumeurs présentent l’aspect d’une varice, se rencontrent spécialement chez les vieillards, et peuvent être le résultat d’une constipation habituelle.
Si, après avoir débarrassé la membrane muqueuse du gros intestin des mucosités qui couvrent sa surface par l’un des procédés que nous avons indiqués, on l’examine avec une loupe, en la plaçant sous l’eau et en l'exposant aux rayons solaires, on n’y observe plus de villosités, où du moins, s’il y en à, elles sont infiniment moins nombreuses que sur la muqueuse de l'intestin grèle, et par conséquent très disséminées; leur nombre est d’autant moins considérable qu’on s'éloigne plus de l'intestin grêle. Ce qui y prédomine, ce sont les follicules qui s’y trouvent en très grand nombre; ils présentent à leur centre une légère dépression, et une ouverture qui est souvent caractérisée, surtout chez les vieillards, par une couleur noire. Ces follicules sont toujours solitaires, et jamais agminés ou réunis par plaques, présentant un aspect gauffré, comme nous l'avons vu en traitant de l'intestin grêle. Ces follicules sécrètent là comme ailleurs une humeur destinée à lubréfier l'intestin. Outre ces follicules, on observe sur toute l'étendue de la muqueuse des enfoncemens réguliers séparés les uns des autres par des lignes, ce qui fait qu'elle présente quelque analogie avec les rayons d’une ruche à miel. Ces enfoncemens sont parsemés d’une multitude de pores ou petites ouvertures.
Cette description de la muqueuse du gros intestin indique qu'il y a beaucoup de différence entre elle et la muqueuse de l'intestin grêle. Les changemens commencent au bord de la valvule iléo-cœcale; la face de cette valvule, qui regarde du côté de l’iléon, partage tous les caractères de sa muqueuse, tandis que la face qui regarde du côté du cœcum présente les caractères de la muqueuse du gros intestin.
L’appendice cœcale est tapissée intérieurement par une muqueuse qui présente des plaques gauffrées analogues à celles de l'intestin gréle; et quoiqu’on ait considéré l'appendice ellemême comme un follicule très développé, sa muqueuse en présente un grand nombre qui sécrètent de l'humeur qu’ils versent dans sa cavité.