‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome septième bis (volume 3)Chapitre 14 sur 68 · SUR LA VULVE · texte numérisé non relu

SUR LA VULVE

la vulve et l’anus étaient confondus. Ces deux femmes, qui forment une catégorie distincte, quant à l’origine de leur affection, ont eu le même sort : elles ont succombé.

« Mes quinze autres opérées avaient dû leur mutilation à un accouchement plus ou moins laborieux. Une seule présentait une déchirure incomplète du périnée; la division sur toutes les autres était complète et empiétait même sur la cloison recto-vaginale; deux d’entre elles seulement n’étaient pas primipares. De ces quinze opérées, une seule a succombé, et c’est précisément celle qui, n’ayant qu’une déchirure incomplète, avait subi l’opération la moins grave; aucune des autres n’a couru le moindre danger. Parmi les quatorze femmes de cette dernière catégorie, il en est dix qui ont été guéries dès la première opération. La périnéoraphie a échoué une première fois sur les quatre autres; deux d’entre elles ont consenti à se soumettre à une deuxième opération , et ont reçu le prix de leur courage, qui n’avait pas été ébranlé par un premier insuccès.

« Alors même que l’opération a réussi et que le périnée est reconstitué, il n’y a pas toujours rétablissement complet de la cloison recto-vaginale; il est rare que cette cloison soit consolidée de prime abord. Dans le plus grand nombre des cas, une ouverture s’établit à la partie inférieure, et laisse passer en quantité plus ou moins considérable, du rectum dans le vagin, des gaz, des mucosités intestinales et des matières fécales. Tantôt cette communication entre le rectum et le vagin diminue par degrés et finit par cesser complètement ; tantôt, sans disparaître entièrement, elle devient plus petite et ne produit que des incommodités légères ; mais on l’a vue s’agrandir dans l’acte de la parturition, tandis que, à en juger par les faits que j’ai recueillis, il n’est encore jamais arrivé que le périnée se soit rompu de nouveau après avoir été reconstitué. » Des renseignements postérieurs à la mort de M. Roux ont appris qu’une de ses patientes a eu le périnée détruit de nouveau par ulcération, à la suite d’un troisième accouchement.

La suture simple a été pratiquée par M. Maisonneuve d’une manière un peu différente; il a réuni par une suture en surjet les trois bords, rectal, vaginal et périnéal, de la plaie; puis il a passé un fil double près de la commissure vaginale, un autre près de l’anus, et, avec ces deux fils, il a fait une suture enchevillée. ( Clinique, t. IL)

Pour soutenir les sutures, M. Nélaton applique par dessus des bandes de diachylon , qui vont de l’épine iliaque , d’un côté, à celle du côté opposé, en suivant les plis des fesses.

III. La suture avec incisions libératrices, destinées à faciliter le rapprochement des surfaces avivées, lorsqu’il y a eu perte de substance, ou simplement rétraction considérable, a été imaginée par Dieffenbach, dont le procédé a été succinctement indiqué à la page 3oi et figuré à la planche 69 . L’expérience a montré que ces incisions ont l’avantage de faire cesser le tiraillement qu’exercent sur la suture les tissus qui l’entourent. A peine sont-elles pratiquées qu’on voit un écartement considérable se produire entre leurs bords; la partie qui leur est intermédiaire se déprime quelquefois de 2 centimètres, et la malade peut alors faire des mouvements sans risquer de rompre la suture. L’idée de Dieffenbach a été réalisée d’une manière un peu différente par Jobert de Lamballe, qui, sous le hom de périnéoplastie, a décrit le procédé suivant :

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