OPÉRATIONS DIVERSES SUR L’UTÉRUS
rait nier qu’elle fait courir de grands dangers. On s’est demandé si le décollement du vagin était indispensable, et si, en appliquant l’écraseur linéaire près des insertions, on n’obtiendrait pas une guérison aussi sûre tout en évitant une partie des dangers de l’opération. M. Chassaignac a eu ainsi six succès; l’un d’eux persistait encore cinq ans après l’opération. L’écrasement peut aussi être combiné avec le décollement préalable des insertions du vagin, ainsi que M. Huguier luimême l’a fait plusieurs fois dans le cas de col très-volumineux et dans lequel on sentait battre des artères. L’amputation par l’écraseur est plus longue, plus douloureuse, et elle ne donne pas une section conoïde profonde comme le fait le bistouri.
Statistique. Une bonne statistique des amputations du col devrait être divisée d’après la méthode opératoire qui a été suivie, et d’après la nature de la maladie pour laquelle on l’a employée. Les auteurs ne donnent pas tous les renseignements désirables à cet égard; cependant nous pouvons présenter quelques chiffres instructifs, surtout en ce qui concerne la mortalité dans ces opérations.
Sur soixante amputations du col de l’utérus faites par le professeur Jobert, soit pour des allongements congénitaux, soit pour l’hypertrophie accidentelle, il y a eu trois morts. Jobert pratiquait l’excision. Sur i 4 opérations faites tant par excision conoïde que par écrasement linéaire, M. Huguier a perdu deux malades; les accidents auxquels elles ont succombé ne paraissent pas se rattacher directement à l’opération. M. Chassaignac a opéré six fois et n’a pas perdu de malade.
Dans les cas de cancer, la proportion des morts est beaucoup plus considérable ; ainsi, sur un groupe de huit malades, Simpson compte un mort. Sur un autre groupe de huit fourni par divers chirurgiens, Velpeau trouve une mort au troisième jour, une autre au bout de six semaines, quatre récidives, et deux
guérisons durables. M. Bennet déclare qu’il a toujours vu échouer l’opération, la maladie ayant toujours récidivé. D’une étude statistique faite par M. West et portant sur 25 cas d’amputation pour cancer, il résulte que 11 fois la mort a suivi de près l’opération ; les trois autres malades qui ont survécu ont été emportées par l’extension ou la récidive de la maladie au bout de quelques mois.- Presque toutes ces amputations ont été faites par excision. Dans trois opérations faites par M. Demarquay, également par excision, nous voyons les malades mourir en moins de quarante-huit heures; le même chirurgien n’a perdu qu’une malade sur quatre en opérant par écrasement linéaire.
Le docteur Breslau, de Munich, a fait connaître au congrès de Bonn, 1807, quatre amputations du col par écrasement linéaire, pratiquées pour des dégénérescences, et qui ont été suivies d’une bonne cicatrisation. Le docteur Braxton Hicks n’a vu aucun résultat funeste dans vingt-huit cas d’amputation du col pratiquée à l’aide de l’écraseur.
De ces faits il ressort que l’amputation du col faite par l’écrasement linéaire ou ses analogues est beaucoup moins dangereuse que celle qu’on pratique par excision, et en second lieu que cette opération faite contre les hypertrophies est beaucoup moins grave que celle qu’on pratique pour extirper le cancer du col. Il ne faudrait pas croire que les chiffres que nous venons d’emprunter à divers auteurs donnent une idée parfaitement juste de la proportion des morts dans ces opérations, parce qu’il est certain que beaucoup de cas dans lesquels les suites ont été funestes n’ont pas été publiés. D’un autre côté, il est bon d’avoir présent à l’esprit que si M. Huguier et plusieurs autres ont eu très-peu de malheurs à déplorer, cela tient à la fois aux soins qu’ils mettent à ne pas atteindre le péritoine et aux précautions qu’ils prennent avant et après l’amputation pour prévenir le développement des accidents inflammatoires.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
Chassaignac. Traité des opérations chirurgicales, Paris, 1861. — Traité de l’écrasement linéaire. 1855.
Bulletins de la Société de chirurgie de Paris. 1858.
Maisonneuve. Mémoire sur la ligature extemporanée, Paris, 1860, et Clinique chirurgicale, t. II, Paris, 1864.
Marion Sims. Notes cliniques sur la chirurgie utérine. Paris, 1866.
Mayor de Lausanne. De la ligature en masse. Paris, 1838.
Mayor de Lausanne. Mémoire sur la ligature appliquée à l’amputation du col de l’utérus. In-8. Paris, 1832.
Braxton Hicks. On the Amputation of the cervix uteri. Guy’s Hospital reports, 3 e série, vol. XII.
Simpson. On Amputation of the neck of the womh. (Edimb. med. and surg.Journ. Jan. 1841, et Dublin, jour. nov. 1846. Medical Times and Gazette, janv. 1859.)
Kiwisch. Klinik Vortr. Bd. I.
Breslau. Scanzoni’s Beitrcige, III. Würsburg, 1858.
Biefel. Monatschrift für Geburtskunde. March. (1858).
West. On diseases of women. London, 1864.
Wirchow’s, Archiv. t. VII. Prolongement en forme de trompe des lèvres de l’orifice.
Boivin et Dugès. Maladies de l’utérus. Paris, 1833. Atlas, exemples d’hypertropie du col.
Jobert. Sur l’allongement du col et son traitement. Union méd. n° 89,
Aran. Leçons cliniques sur les maladies de l’utérus, Paris, 1860, p. 182 sur les hypertrophies.
Huguier. Mémoire sur les allongements hypertrophiques du col de l'utérus dans les affections désignées sous les noms de descente, de précipitation de cet organe, et sur leur traitement par la résection ou Vamputation de la totalité du col, suivant la variété de la maladie. Paris, 1859, dans les Mémoires de l’Académie de médecine, t. XXIII.
Académie de médecine de Paris : Discussions sur ce sujet en mars, avril, etc. 1859.
Virschow. Verhandl. der Gesellschaft für Geburtshülfe in Berlin, vol. II,
Rumbach. Sur les allongements hypertrophiques du col. Thèse de Strasbourg, 1865, n° 849.
Verneuil. Historique et classifications dans Gazette hebd. de méd. et de chirurg. 1859.
Stoltz. Historique de l’allongement hypertrophique dans Gaz. hebd.
OPÉRATIONS DIVERSES