TRAITEMENT DES GRANDES DESTRUCTIONS DE LA PAROI AÉSICO-VAGINALE
Il peut arriver qu’au lieu d’une fistule proprement dite, la gangrène ou l’ulcération aient produit une telle perte de substance que toute la paroi antérieure du vagin soit détruite; il en résulte que les cavités du vagin et de la vessie n’en font plus qu’une et que l’urèthre même n’existe plus. Il ne faut pas confondre avec cette perte de substance les longues fistules antéro-postérieures qui peuvent s’étendre depuis l’urèthre jusqu’au col de l’utérus; ces dernières ont quelquefois été guéries par l’opération ordinaire appliquée avec persévérance. Les grandes destructions dont nous parlons sont généralement considérées comme incurables, et il ne reste à choisir qu’entre l’abandon de la malade à sa triste infirmité ou l’oblitération du conduit vulvo-utérin.
Cette oblitération peut être obtenue de deux manières ; l’une nommée épisioraphie, espèce d’infibulation orientale, a été proposée et exécutée par Vidai de Cassis, puis modifiée par A. Bérard ( Bulletin de l'Acad, de méd., tom. X, 1 845 , p. 4 ° 7 )■ Cette opération a été jugée sévèrement à la page 3i2 de l’ouvrage que nous complétons; plusieurs fois depuis cette époque elle a été faite avec un plein succès ; toutes les prévisions de Vidal se sont trouvées vérifiées. On a même fait l’épisioraphie dans un cas de fistule recto etvésico-vaginale, les matières fécales et l’urine étaient conservées et expulsées volontairement par le rectum (M. Baker Brown, in tlie Lancet, 19 april 1862).
L’autre manière d’obtenir l’oblitération est la suture transversale du vagin au-dessous de la fistule, préconisée surtout par M. Simon, qui a fait connaître quatre succès. Cette opération a pour résultat, comme celle de Vidal, de faire de la vessie et du vagin une seule cavité qui reçoit à la fois l’urine et le sang des menstrues dont l’urèthre devient le conduit excréteur commun. On la dit moins grave que l’épisioraphie, et faisant obtenir plus sûrement l’oblitération ; cependant une observation de M. Simon nous montre deux tentatives infructueuses sur la même malade. Voici comment on l’exécute : le vagin étant aussi largement ouvert que possible à l’aide d’un ou de deux spéculums, un crochet saisit la lèvre antérieure de la fistule, la tend et permet de pratiquer un avivement de 2 centimètres ou même 2 centimètres i/îde largeur; souvent cet avivement porte sur la portion uréthrale de la paroi vaginale ; puis 011 en fait autant sur les côtés et sur la paroi postérieure du vagin ; on a ainsi un anneau parfaitement cruenté, dans lequel on fait passer huit ou dix points de suture avec des fils de soie ou des fils métalliques, modérément serrés, et disposés sur deux rangs, l’un de rapprochement, l’autre de réunion. Du sixième au huitième jour les sutures sont enlevées. Il ne faut pas s’attendre à trouver alors une occlusion parfaite, il reste toujours une ou plusieurs fistulettes, qu’on est obligé de traiter plus tard par la cautérisation ou par la suture, suivant leur étendue ; on a dû dans plnsieurs cas opérer plusieurs fois ces petits pertuis pour en triompher. Ce que nous venons de dire a dû faire comprendre que l’oblitération transversale du vagin ne se fait pas toujours sur la même section de ce conduit : suivant le siège de la fistule, on peut la faire trèsprès du col de l’utérus, ou au contraire très-près de l’urèthre;
il n’est pas nécessaire non plus d’employer deux rangs de suture. M. Sims fait cette opération avec 9 ou 10 fils métalliques placés sur la même ligne.