‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome septième bis (volume 3)Chapitre 7 sur 68 · OPÉRATION DES FISTULES VÉSICO-UTÉRINES · texte numérisé non relu

OPÉRATION DES FISTULES VÉSICO-UTÉRINES

Ces fistules sont situées au-dessus de l’insertion du vagin au col ; elles établissent une communication entre la partie susvaginale du col et la vessie. Dans des cas très-rares, les deux parois opposées du conduit utérin sont détruites simultanément et alors on a, outre une fistule vésico-utérine, une fistule vésico-abdominale dont le péritoine forme le fond (Stolz).

Jobert a imaginé deux procédés pour guérir les fistules vésico-utérines :

Premier procédé. 11 a pour but d’oblitérer l’ouverture de communication avec la vessie, en laissant en dehors le conduit utérin ; on l’exécute en faisant d’abord deux incisions du col dans le sens des commissures, jusqu’au-dessus de l’insertion du vagin a ce col. On se sert de ciseaux droits, mousses à leur extrémité; l’instrument pénètre ainsi dans le tissu cellulaire lâche du ligament large. On dissèque le vagin latéralement et en haut avec une grande prudence pour ne pas dépasser les limites. Si, en portant le doigt entre les lèvres de la plaie, on rencontre la fistule, on arrête la dissection ; quelquefois le doigt touche la fistule dès que les deux coups de ciseaux ont été donnés sur les côtés du col et sans qu’on ait besoin de disséquer le vagin. La fistule reconnue, on relève le museau de tanche avec un crochet, et on avive la fistule à l’aide de pinces, de ciseaux et d’un bistouri boutonné, puis on la ferme par des points de suture. La lèvre antérieure du col étant alors abandonnée à elle-même, retombe sur la postérieure, et le contact est assez parfait pour que la réunion puisse se faire entre ces deux moitiés du col. — Ce procédé a déterminé de graves accidents dans le seul cas où son auteur l’ait employé.

Deuxième procédé. Il a pour but d’oblitérer le col, de façon à interrompre toute communication entre l’utérus et le vagin, et à laisser au contraire une ouverture entre l’utérus et la vessie, de telle sorte que l’urine ne passe plus par le vagin, et que le sang des menstrues coule de l’utérus dans la vessie et sort par l’urèthre. On commence par inciser le col à droite et à gauche dans le sens des commissures, puis, la lèvre postérieure du col ou ses débris étant largement avivée, ainsi que la lèvre antérieure de la fistule qui est en réalité une partie de la paroi antérieure du col, on réunit par deux points de suture latéraux et un point médian ; ces fils sont retirés successivement du sixième au dixième jour.

M. Simon a appliqué sa suture à denx rangées à cette fistule ; les figures suffiront pour bien faire comprendre cette modification. Dans ces dernières années on fait aussi la suture par le procédé de M. Sims. Jobert, dans son Traité de la réunion en chirurgie, 1864, nous apprend que sur i 3 fistules vésicoutérines qu’il a observées, 11 ont complètement guéri ; une malade a succombé à une péritonite, une autre a conservé un pertuis. Après une opération faite par M. James Lanne, suivant le procédé de M. Sims, la guérison et l’oblitération du cul pa-

CHEZ LA FEMME

raissaient aussi complètes que possible ; cependant la femme devint enceinte quatre mois après ; on crut à une rétention des règles, et M. James fit une ponction de l’utérus; il s’écoula un liquide aqueux, et deux jours après eut lieu l’expulsion du fœtus, avec déchirure de la cicatrice produite par l’opération de la fistule ; deux mois après on fit de nouveau avec succès l’oblitération du col.

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