OPÉRATION DE LA FISTULE VÉSICO-UTÉRO-VAGINALE PROFONDE
Ces fistules, plus communes que les précédentes, en diffèrent en ce que dans les fistules vésico-utérines l’insertion du vagin au col est conservée, tandis que dans les vésico-utéro-vaginales, la cloison vésico-vaginale a été détruite à son insertion au col ; souvent même ce col a été détruit aussi et il n’en reste qu’une gouttière. Parfois encore on n’aperçoit plus qu’une ouverture ronde entourée de tubercules inodulaires et livrant passage tout à la fois aux règles et à l’urine ; ce n’est qu’en introduisant une sonde dans cette ouverture qu’on reconnaît une cavité àu-dessüs de l’insertion du vagin, réceptacle du sang et de l’urine. Avec quelques autres variétés dans les dispositions anatomiques, ces fistules ont toujours pour caractère commun une perte de substance qui porte à la fois sur l’insertion du vagin et une partie élevée du col.
Elles peuvent présenter presque toutes les complications indiquées pour les fistules vésico-vaginales; la situation profonde de la lésion fait que ces complications rendent assez souvent la fistule inopérable. Il est d’ailleurs à remarquer que dans presque tous les cas l’utérus et le vagin ont perdu entièrement leur mobilité et qu’il est dangereux de faire des tractions pour les abaisser; on n’oubliera pas non plus que Jobert luimême n’admettait ici les incisions dilatatrices que dans des circonstances très-exceptionnelles. Ce chirurgien a décrit trois procédés; ils ont ceci de commun qu’ils empruntent à L’utérus la pièce réparatice.
Premier procédé . Là où le vagin est encore resté adhérent au col de l’utérus, on le dissèque pour le décoller; en outre, quelques incisions latérales faites de haut en bas aident au relâchement et au rapprochement des lèvres de la fistule, puis on avive les restes de la cloison et le col de l’utérus, et enfin ces deux surfaces largement avivées sont mises en contact et fixées par des points de suture qui traversent la cloison et une grande partie de l’épaisseur du col. S’il existe de la tension, on la fait céder par quelques incisions. Les fils sortt enlevés du sixième au quinzième jour.
Deuxième procédé. On enlève un ruban circonférenciel au pourtour de la fistule, et on avive de même toutes les surfaces qui sont couvertes de tissu inodulaire, sacrifiant tous les tubercules ou tous les lambeaux de membrane qui s’opposent à l’affrontement exact de la fistule. Ceci fait, on met en contact les restes de la cloison et du col par leurs extrémités, sans se préoccuper de la cavité qui existe derrière les lèvres de la plaie. Les fils traversent la cloison et la paroi postérieure du col vers son sommet. Quand on les a serrés, ce lambeau du col vient fermer la fistule à la manière d’un opercule. Dans un troisième procédé, Jobert creusait une rigole sur la partie antérieure
du col, afin d’y maintenir plus facilement la cloison vésicovaginale.
On comprend qu’après ces opérations les règles prennent leur cours par la vessie.
Sur 32 fistules de cette espèce, Jobert annonce 20 guérisons, 5 morts, 4 guérisons imparfaites, et 3 malades non opérées.