ORGANES DE L'OUIE ET APPAREIL DE L’AUDITION
Les organes de l’ouie recueillent les vibrations sonores, les renforcent et les précisent, les transmettent à la partie essentiellement percevante qui les conduit au cerveau, où elles deviennent sensations. Placées de chaque côté de la base du crâne, les oreilles internes sont creusées dans la partie la plus dure du temporal, que sa consistance à fait nommer le rocher ; double condition de protection et de transmission, à laquelle nul organe ne se pouvait mieux prêter. Blainville admet une partie essentielle ou fondamentale : le vestibuleetle labyrinthe, une partie de perfectionnement acoustique, les canaux et le limaçon, une partie accessoire d’unisson et de renforcement, la cavité du tympan, et une partie accessoire de recueillement, l'oreille externe. Cette division ainsi que celle de Breschet, en une partie sensitive ou labyrinthe, et une partie accessoire, oreilles externe moyenne s'accorde avec l'ordre naturel.
Mais Huschke, fait observer que la membrane du tympan limite l'oreille externe et moyenne, et doit être comptée avec l’externe, parce qu’elle est originairement l’opercule et la membrane brancheostège, que, par conséquent, elle appartient à l'épiderme, tandis que les osselets et le tympan correspondent à l’appareil branchial lui-même.
DES SENS
Oreille externe.
C’est une sorte d’infundibulum à base évasée et à sommet tubuleux.
On a nommé pavillon de l'oreille la première partie, et conduit auditif externe, la seconde.
Pavillon de l'oreille.
Chez l'homme il est placé en arrière de la face, derriere l’articulation temporo-maxillaire, sur les limites les plus reculées, de manière à rester étranger à l'expression de la physionomie. Le pavillon de l'oreille manque aux cétacés, à la taupe. Les animaux nocturnes ou faibles ont un pavillon plus développé. Dans quelqueschauves-souris, ildépasse le volumedela tête. Tantôtparallèle, tantôt incliné sur la tête, sa position influe indirectement, sur la physionomie surtout en l'absence des cheveux.
La forme générale est ovalaire, à grosse extrémité supérieure, fixée en avant; le pavillon est libre en arrière.
La surface externe ou antérieure présente des saillies et des dépressions alternatives.
La première saillie, l’Aélix est formé par un repli de la circonférence du pavillon. Il part de la cavité du pavillon ou conque, se dirige obliquement d’arrière en avant, de bas en haut; puis verticalement, puis se coudant presque à angle droit d’avant en arrière horizontalement, se recourbe une troisième fois de haut en bas, un peu obliquement, puis verticalement, et se perd dans le lobule; il a décrit ainsi un arc de cercle dont la branche postérieure descend plus bas que l’antérieure.
Au niveau de la terminaison de l’hélix naît l’anthélix, à rebord plus mousse, moins saillant. Il suit d’abord le trajet de l'hélix, bientôt en se recourbant il se bifurque, la branche supérieure est très peu saillante, l’inférieure l’est bien davantage.
Le tragus est une saillie triangulaire obtuse, faisant suite à la région parotidienne d’une part, et au pavillon de l'oreille de l’autre. Sa face postérieure, qui fait l'office d’opercule, bouche le conduit auditif externe, et à l’aide de poils qui y sont implantés elleest un organe protecteur à la façon des cils, etc.
L’antitragus est une éminence moins prononcée que la précédente, à l’opposite de laquelle elle est placée. Séparée de l’anthélix, naissant par une petite échancrure, elle est séparée du tragus par une échancrure semi-elliptique, oblique de haut en bas, et qu'on nomme l’échancrure de la conque.
La cavité de la conque est cette excavation de profondeur variable, de forme irrégulière, limitée en arrière par l’anthélix, en avant par le tragus, en haut par ia branche inférieure de l’anthélix; entre celle-ci et le tragus, naît l’hélix, qui partage en deux parties inégales l'extrémité supérieure de la conque; en bas, elle est limitée par l’antitragus en arrière, le lobule en avant. Au niveau de la continuation de la conque avec le conduit, celui-ci est bouché par une saillie du pavillon, qu’il faut tirer en arrière et en haut pour en découvrir l’orifice.
La gouttière de l’hélix suit cette saillie et ses accidens, c’est-àdire que sa profondeur est plus ou moins considérable, suivant que le replis est plus ou moins saillant.
On a donné le nom de fossette scaphoïde à l’excavation qui sépare les deux branches de l’anthélix.
SENS DE L'OUIE. 531
Les saillies et dépressions de la face externe de l’oreille offrent de très grandes variétés individuelles. Presque déplissé chez quelques personnes, le pavillon offre des saillies et dépressions très profondes chez d’autres.
Dans le premier cas il est comme étalé, l'oreille alors paraît plus grande. D’autres fois replié et resserré, l'oreille paraît plus petite.
Les différences entre les oreilles dépendent, par conséquent, suivant la judicieuse observation de M. Sappey, surtout du plus ou moins de déplissement de celle-ci. — Boerhaave a montré comment ces plis réfléchissent les sons. — Savart a fait voir comment l’inclinaison variable, l’élasticité de ces replis, favorisaient singulièrement le recueillement des ondes sonores.
La face interne du pavillon adhère aux parois du crâne par son tiers antérieur ; sa configuration représente, en sens inverse, celle de la face antérieure: 1° saillie correspondant à la gouttière de l’hélix; 2° au devant, une rainure profonde, répondant à l’anthélix; 3° une seconde saillie presque hémisphérique, répondant à la conque.
La plus grande partie de la circonférence du pavillon est constituée par la saillie du rebord, nommée hélix. La partie inférieure de la circonférence est formée par un repli cutané qui recouvre le tragus et l’antitragus, ainsi que leur sillon de séparation ; le repli cutané se continue en avant et en haut, sur la région parotidienné, en arrière avec l'hélix. Libre dans le reste de son étendue. Sa consistance molle le distingue du reste des parties du pavillon.
La partie antérieure de la circonférence du pavillon est la moins régulière. Elle est formée de haut en bas : 1° par une saillie arrondie qui appartient à l’hélix; 2° par un sillon descendant qui sépare l’hélix du tragus; 3° par la saillie du tragus; 4° par la fossette répondant au condyle de la mâchoire, fossette qui augmente avec l’abaissement de la mâchoire; 5° par l'angle rentrant, formé par le lobule et la région parotidienne.
Les cartilages de l’oreille diffèrent peu de la description donnée du pavillon, qu'ils forment en majeure partie.
Le bord concave de l’hélix est crénelé. Il forme un repli qui se termine un peu au-dessous ou au niveau de l'extrémité de la conque. L'hélix présente en avant une forte saillie qui porte le nom d’apophyse.
La partie du cartilage qui répond à l’anthélix est lisse et unie chez les jeunes sujets, rugueuse et inégalement mamelonnée chez l'adulte. Dans le point où l’anthélix s’unit à l’hélix, s'étend une languette qui est séparée de l’antitragus par un sillon.
Les ligamens du pavillon sont extrinsèques et intrinsèques. Les premiers sont antérieurs et postérieurs. Antérieurs, ils sont bifurqués à leur insertion au muscle temporal et au tubercule zygomatique; de là, ils se dirigent en croisant leurs fibres, vers l’apophyse de l’hélix et vers le tragus. Postérieurs, ce sont des fibres irrégulières, partant de l’apophyse mastoïde, pour se diriger vers la partie postérieure de la conque et la paroi supérieure du conduit auditif.
Parmi les ligamens intrinsèques, se trouvent: 1° un ligament allant de la languette de l’hélix à l’antitragus; 2° un ligament allant de l’hélix au tragus; 3° un ligament allant de la convexité de la fossette de l’anthélix à la convexité de la conque; 4° un dernier ligament se portant de la convexité de l’hélix à celle de la fossette de l’anthélix.