‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 16 sur 407 · PIE-MÈRE CRANIENNE · texte numérisé non relu

PIE-MÈRE CRANIENNE

La pie-mère qui revêt les masses encéphaliques diffère, commeil est dit ci-dessus, de celle qui entoure la moelle par sa texture beaucoup plus vasculaire. Cette membrane se distingue encore des autres enveloppes cérébrales en ce que, au lieu de former simplement une sorte de sac libre, réfléchi autour des masses nerveuses centrales, elle leur est intimement adhérente, suit tous leurs contours, et non-seulement pénètre dans les anfractuosités du cerveau, mais s’insinue jusque dans les cavités intérieures ou les ventricules. On donne le nom de pie-mère extérieure à la portion de cette membrane qui entoure les surfaces périphériques des organes encéphaliques, et le nom de pie-mère intérieure à celle qui pénètre dans les ventricules. Cette dernière portion offre une disposition anatomique spéciale et constituera, ainsi que nous le verrons, ce qu’on appelle la toile choroïdienne et les plexus choroïdes.

1° Pie-mère extérieure.

Examinée sur le cerveau, la pie-mère extérieure entoure exactement toutes les circonvolutions cérébrales et revêt en se réfléchissant chacune des anfractuosités. Par sa surface externe, la pie-mère, libre et baignée par le liquide céphalo-rachidien, se trouve tantôt en rapport médiat avec la lame viscérale de l'arachnoïde et tantôt en rapport avec elle-même par l’adossement des deux feuillets qui pénètrent dans les sillons cérébraux. Toutefois on rencontre des petites brides celluleuses qui unissent ces deux feuillets, et qu’il faut rompre pour apercevoir le fond des anfractuosités. Sur le cervelet, la membrane pie-mère se moule également sur chaque lamelle cérébellense et s’infléchit dans les sillons qui les séparent. Les points de l’encéphale où la pie-mère extérieure rentre pour constituer la pie-mère intérieure sont : 1° entre le cerveau et le cervelet, au niveau de ce qu’on appelle la fente de Bichat; 2° à l’orifice inférieur du quatrième ventricule; 3° à la base du cerveau, entre les pédoncules cérébraux et le chiasma.

Par sa face interne, la pie-mère encéphalique est maintenue adhérente par un grand nombre de vaisseaux déliés qui pénètrent dans la substance nerveuse : ce sont ces filamens vasculaires, artériels et veineux, qui donnent à cette surface de la membrane un aspect tomenteux qui la caractérise. Quand on enlève la piemére, même avec précaution, il arrive souvent que la substance cérébrale s’éraille et qu’il s'en détache une légère couche qui reste adhérente à la membrane. C’est ordinairement chez le vieillard qu'on observe cette particularité, qui ne saurait toutefois constituer un état pathologique, ainsi que certains auteurs l'ont pensé.

Au niveau de l’origine des nerfs encéphaliques la pie-mère se

réfléchit, devient plus dense, et forme à chaque cordon nerveux et même à chacune des fibres qui le constituent, une enveloppe immédiate. Cette gaine n’est autre chose que le névrilème , qui se trouve renforcé à l'émergence des nerfs, hors du crâne, par un feuillet de la dure-mère.

2° Pie-mère intérieure.

On a pensé long-temps que l’arachnoïde, comme la pie-mère, se réfléchissait du dehors au dedans pour tapisser les cavités cérébrales; mais cette opinion est aujourd’hui vivement combaitue. Y a-t-il ou n’y a-t-il pas une seconde membrane différente de la pie-mère qui tapisse les cavités ventriculaires, et cette membrane . existe-t-elle sans dépendance de l’arachnoïde? Ce sont des questions que nous examinerons plus tard, en comparant les opinions des auteurs et nous aidant de tout ce que pourra nous fournir l'examen de la texture par les injections, les réactifs et le microscope. Pour le moment, nous n'avons à nous occuper que des prolongemens propres attribués à la pie-mère. On les divise en deux systèmes de replis, formés chacun d’une lamelle fibro-vasculaire, (toile choroïdienne), de cordons pelotonnés, de petits vaisseaux el de corpuscules grenus, nommés plexus choroïdes. De ces systèmes, l’un antérieur et supérieur, appartient aux ventricules moyens et latéraux, renferme la toile choroïdienne et les plexus choroïdes de ces ventricules ; l’autre, postérieur et inférieur, se compose du repli appelé par M. Valentin toile choroïdienne inférieure et des plexus choroïdes du quatrième ventricule.

PIE-MÈRE DU VENTRICULE CÉRÉBELLEUX. Les plexus choroïdes du quatrième ventricule sont au nombre de deux. Ils procèdent l’un auprès de l’autre de la face antérieure de la languette médiane du vermis inferior, près de l’orificeinférieur du quatrième ventricule, puis sedivisent en deux portions : l’une se porte horizontalement en dehors, s'applique contre la base du pneumo-gastrique, et se termine en s’élargissant dans l’angle latéral du quatrième ventricule; l'autre, qui reste médiane, s'attache d’arrière en avant au nodule et à la luette. La surface nerveuse antérieure du quatrièeme ventricule est lisse et revêtue d’une membrane fine dont la nature partage les auteurs, lesuns la regardant comme une membrane séreuse, et les autres comme une membrane vasculaire.

PiE-MÈRE DES VENTRICULES CÉRÉBRAUX. — J'oile choroïdienne. Tela choroïdea, velum triangulare. Elle a été ainsi nommée par Hérophile à cause de sa texture déliée, comparable à celle du chorion du fœtus. Pour la former, la pie-mère extérieure, entre le cerveau et le cervelet, se réfléchit d’arrière en avant et pénètre par la partie médiane de la fente de Bichat, entre le bourrelet postérieur du corps calleux et les tubercules quadrijumeaux. Parvenue à l’intérieur, la toile choroïdienne représente une lame fibro-vasculaire, tendue horizontalement au-dessus du troisième ventricule et offrant, dans son ensemble, la forme d’un triangle dont la base est tournée en arrière et le sommet tronqué et bifurqué en avant. La face supérieure, appliquée sur la surface opposée de la voûte à trois piliers, de la lyre et du renflement du corps calleux, en forme le revêtement vasculaire, lui envoie et en reçoit un grand nombre de capillaires artériels et veineux. La face inférieure constitue la paroi supérieure ou la voûte du troisième ventricule. En arrière, elle enveloppe presque en entier le conarium auquel elle adhère. Les bords de la toile choroïdienne recouvrent la partie interne des couches optiques etse continuent

avec la partie supérieure des plexus choroïdes; son extrémité postérieure fait suite à la pie-mère extérieure; et son extrémité antérieure se bifurque sur les piliers antérieurs de la voûte pour se continuer par les trous de Monro, avec les plexus choroïdes des

ventricules latéraux.

2° Plexus choroïdes du troisième ventricule, Plexus choroïdeus ventriculi tertii, S. medius sensu strictiori. Pair, peu prononcé, il se compose de deux petits chapelets parallèles de capillaires et de granulations rougeâtres, analogues aux plexus choroïdes des ventricules latéraux et, en raison de ces caractères, présentés par M. Cruveilhier, et décrits par M. Valentin , comme les plexus choroïdes du ventricule médian. Déjà évidentes sur les côtés de la glande pinéale, ces petites traïînées vasculaires et granuleuses, appliquées sur la face inférieure de la toile choroïdienne, la parcourent longitudinalement de chaque côté du plan moyen jusqu'aux piliers antérieurs de la voûte où elles se continuent par les trous de Monro avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux. M. Valentin admet que ce double plexus, en arrière, s'étend au-dessus de la commissure molle, vers laqueduc de Sylvius.

5° Plexus choroïdes des ventricules latéraux , Plexus choroïdei laterales, dexter et sinister. La plupart des anatomistes les font naître de leur extrémité antérieure, en regard de l'arc formant le sommet tronqué de la toile choroïdienne, au contour postérieur des piliers antérieurs de la voûte, où ils se confondent d’un côté à l’autre en continuant les plexus choroïdes du ventricule médian. M. Longet, au contraire, les fait procéder de leur extrémité postérieure et inférieure, trajet qui nous semble mieux compris, puisque c'est de ce point, sur les parties latérales de la fente de Bichat, qu’ils font suite à la pie-mere extérieure, et que leur volume diminue au-delà en parcourant les ventricules latéraux. Peu importe au reste lequel l’on choisisse de ces deux modes de description puisqu'ils montrent également la continuité des plexus choroïdes des ventricules médian et latéral de chaque côté, en une ellipse dont l’anse intérieure est au trou de Monro, tandis que l’anse extérieure est complétée par la pie-mère périphérique à la fente de Bichat. Ceci posé, à partir de son extrémité postérieure et latérale, où sa largeur est de plus de 1 centimètre, il monte d'avant en arrière avec la bandelette frangée et le pied d’hippocampe, se rétrécit, revêt le tænia semicirculaire, contourne en arrière, en y imprimant son trajet par desstries, la couche optique, pour remonter en avant à la partie supérieure du ventricule; il rentre ensuite davs le sillon intermédiaire de la couche optique, et de la voûte à trois piliers, puis en descendant avec leur courbe en avant, s’insinue par son extrémité antérieure effilée, dans le trou de Monro, au-delà duquel il se continue avec le plexus du ventricule médian. Dans ce trajet, le plexus choroïde latéral se continue par son bord interne avec la pie-mère extérieure dans la portion inférieure du ventricule, et avec la toile chorvïdienne, dans sa portion supérieure ; de sorte que la cavité ventriculaire, close par des membranes dans toute la longueur de la fente elliptique de son bord interne, est complétement séparée de la surface extérieure et ne communique avec le ventricule médian que par le trou de Monro. Le bord externe du plexus choroïde, libre et frangé, renferme un

vaisseau d’un assez gros volume.

STRUCTURE DE LA PIE-MÈRE CRANIENNE. La pie-mère extérieure est une gangue celluleuse très déliée qui sert de trame à des my-

riades de capillaires sanguins. Mais comme la membrane elle-même est très peu résistante, les espaces capillaires où elle sert de support sont eux-mêmes très circonscrits. En général dans toute la périphérie de la masse encéphalique, les vaisseaux sanguins, les veines surtout, sont remarquables par leur volume considérable et par leur rapprochement sur des surfaces peu étendues. Les intervalles polyédriques qui les séparent sont eux-mêmes remplis par des vaisseaux secondaires en grand nombre et très courts, car ils se subdivisent après quelques millimètres de trajet à la surface des circonvolutions cérébrales ou des lamelles cérébelleuses en un lacis de capillaires; de sorte que ces gros vaisseaux courts peuvent être considérés comme servant de support à la pie-mère elle-même qui n’est apparente que dans les réseaux intermédiaires. La forme de ces capillaires est remarquable en ce qu’ils sont très flexueux, circonstance qui semble indiquer que les surfaces cérébrales sur lesquelles ils rampent sont susceptibles, jusqu’à un certain degré, de dilatation et d’affaissement, et par conséquent que la trame celluleuse même de la pie-mère est extensible et rétractile. Ces vaisseaux capillaires sont en assez grand nombre pour que, dans les injections fines, la surface en soit entièrement recouverte, de sorte que l’élément cellulaire cesse d’être visible. Les veinules y sont plus abondantes que les artérioles. Toutefois si ces capillaires sont très nombreux ils ne sont pas encore très déliés, car ils sont tous apercevables à l'œil nu ou à la loupe. Les plus fins ont bien encore de 1/5 à 1/8 de millimètre de diamètre. Leur surface externe qui est celle de la pie-mère elle-même, paraît sans subdivisions capillaires nouvelles. C’est sur la surface nerveuse qu'ont lieu ces subdivisions par myriades de capillaires formant un chevelu de petits vaisseaux qui pénètrent partout la substance grise, en général périphérique, dans laquelle ils vont former de nouveaux réseaux véritablement microscopiques, c’est-à-dire de quinze à vingt fois plus déliés, et de volume uniforme. En sorte que la pie-mère, considérée comme membrane nourricière de la substance nerveuse, n’est encore qu'une surface préparatoire, destinée à atténuer le volume des vaisseaux, c’est-à-dire à diviser les artérioles avant qu’elles n’entrent dans la substance cérébrale et à recevoir les veinules quand elles ne sont encore qu’à l’état capillaire.

La pie-mère intérieure ou ventriculaire diffère assez essentiellement de celle qui est périphérique par trois particularités : 1° par le renforcement de l'élément fibreux sur certains points, par exemple, la toile choroïdienne, qui, tout en dégageant des vaisseaux, semble comme une corde ligamenteuse propre à maintenir la courbe de la voûte à trois piliers; et les lamelles intermédiaires des lobules du cervelet et des corps restiformes que M. Valentin a nommées, la toile choroïdienne inférieure, et qui semblent bien une portion de la pie-mère, renforcée pour empêcher l’écartement des organes qu’elle unit; 2° par la présence etla composition remarquable des plexus choroïdes ; 3” par la texture de la membrane sur les surfaces lisses ventriculaires, et qui est telle que l’on reste encore en doute de déterminer le tissu auquel elle appartient.

La structure des plexus choroïdes en particulier est singulière. C’est comme une toile fibro-celluleuse rentrante ou repliée sur elle-même en un amas de duplicatures renfermant des vaisseaux, de sorte que ces plexus, dans leur ensemble, forment des cordons pelotonnés dont la désagrégation s'obtient facilement en les isolant et les laissant flotter dans l’eau. Sur le contour, les bosselures se dilatent en petites franges ou frisures dans lesquelles les capillaires sanguins s’épanouissent en réseaux arborisés. Sui-

ER, de à dis d td

ENVELOPPES ENCÉPHALO-RACHIDIENNES.

vant M. Valentin, de ces réseaux s'élèvent sous forme de grappes des espèces de villosités. Mais une autre particularité qui distingue les plexus, ceux surtout des ventricules latéraux, tient à l'existence de corpuscules diaphanes ou cristallins, les uns microscopiques, les autres du volume d'un grain de millet et audessus, disposés par petits amas ou par traînées longitudinales, et nommés /e sable des plexus choroïdes (acervulus plexuum choroideorum). Ces corpuscules, très variables de nombre et de volume, suivant les sujets, sont les mêmes qui se retrouvent sur les dépendances diverses de la toile choroïdienne, dans les plexus choroïdes, dans la glande pina!e en rapport avec cette toile, et en regard de la commissure postérieure où ils se dessinent en relief. A l'examen physico-chimique, ces corpuscules se sont présentés comme des concrétions irrégulièrement sphériques ou moriformes, tantôt isolées, tantôt agglomérées. Ils paraissent se composer d’une enveloppe inorganique ou d’un magma de carbonate calcaire, et par conséquent soluble avec effervescence dans les acides, et d’un noyau central organisé, formé de couches concentriques et incrusté de phosphate et de carbonate de chaux, dont l'enlèvement par les acides laisse, pour résidu, une gangue microscopique cellulo-vasculaire.

Les vaisseaux lymphatiques de la pie-mère sont beaucoup mieux connus que ceux des autres enveloppes encéphalo-rachidiennes, ce qui tient à ce que cette membrane étant un organe vasculaire, les capillaires Iymphatiques ÿ sont en nombre proportionnel à celui des capillaires sanguins. Toutefois, si on est parvenu à reconnaitre par les injections les réseaux de lymphatiques , loin de décider leurs terminaisons , on n’est pas même encore fixé sur la nature des vaisseaux dans lesquels ils s’abouchent.

Suivant Haller, Collins avait trouvé des vaisseaux lymphatiques dans la pie-mère du veau, du cheval et de l’homme; et Heuermann en aurait vu d’injectés à l’état turgide dans l’encéphale d’un noyé. On ne peut prendre au sérieux ce qu’a dit Pacchioni des gros rameaux lymphatiques, nés des granulations qu’il a décrites, et auxquels il fait suivre un trajet non moins long que bizarre à travers la dure-mère, puis la pie-mère, pour se rendre en sens contraire aux deux surfaces des hémisphères et des ventricules où ils verseraient un liquide particulier. Fantoni, prédécesseur sur ce point de Regolo Lippi, avait cru reconnaître des lymphatiques qui, de la substance cérébrale, se rendaient dans le sinus longitudinal supérieur; mais en réitérant ses observations , il a trouvé que les vaisseaux qu’il avait pris pour des lymphatiques n'étaient que des veinules. aller ne croit point à l'existence des lymphatiques dans la pie-mère et suppose que, pour lencéphale, ces vaisseaux sont remplacés dans leurs fonctions par les veines.

Il était réservé à Mascagni, sinon d'éclairer complétement l’histoire des lymphatiques de la pie-mère, du moins de commencer à en démontrer positivement l'existence par les injections au mercure. Il a découvert des lymphatiques à la surface du cerveau, mais il n’a pu les suivre dans la dure-mere, où ils semblaient se diriger vers le sinus longitudinal supérieur. Il a trouvé des rameaux lymphatiques le long des principaux vaisseaux, les artères méningées, vertébrales et carotides, et les veines jusque dans le golfe de la jugulaire interne; et il croit que c’est dans ces veines que s’abouchent tous les vaisseaux lymphatiques de lencéphale et de la pie-mére.

Fohrnan est, parmi les anatomistes contemporains, celui qui

a le plus étudié les lymphatiques de la pie-mere. 11 a vu des ra- Es ÉNSNT 5 4

dicules lymphatiques former des réseaux dans les feuillets de la pie-mère qui revêtait les surfaces adossées des circonvolutions dans leurs anfractuosités, et il a suivi les rameaux qui en naissent accompagnant les vaisseaux jusqu'aux trous de la base du crâne. Mais les origines et les terminaisons lui ont également échappé ; il n’a pu déterminer si les réseaux naissent de la substance cérébrale et si les troncs principaux se continuent à la sortie du crâne sur les vaisseaux pour se jeter dans les chapelets ganglionaires ; st comme il ne les a vus qu’interrompus, il a été porté à croire qu’ils s’abouchent dans les veines. Mais il est évident que cette opinion, supposée par plusieurs anatomistes, n’a pas d’autre fondement que celle de l'insuffisance des injections, car aucun d’eux n’a démontré cet abouchement dans les veines, qui pourtant serait facile à démontrer pour des troncs d’un volume de 1 millimètre et au-dessus.

M. Arnold (1), dans son atlas, a dessiné des vaisseaux lymphatiques injectés au mercure. La planche figure 1 représente quelques gros troncs rameux et bosselés, noueux et très inégaux, de 2 millim. de diamètre, qui suivent le trajet de plusieurs des circonvolutions occipitales et dont les principaux rameaux pénètrent dans leurs anfractuosités. Entre ces rameaux, le champ est couvert par des réseaux très serrés de lymphaticules. La figure 2 montre également de gros troncs dans le troisième ventricule avec des embranchemens dans les ventricules latéraux. Le gros tronc des ventricules sort avec la veine de Galien. La planche », fig. 1, montre de pareils réseaux avec leurs rameaux qui, de la face inférieure des deux lobes antérieur et sphéno-temporal, se rendent dans un tronc principal, qui suit la scissure de Sylvius pour se rendre vers la grande fente cérébrale. La face inférieure du cervelet est couverte de semblables réseaux dont les troncs d’abouchement accompagnent fidèlement les vaisseaux cérébelleux. Mais nulle part sur ces figures on ne voit où débouchent ces vaisseaux, et le texte de l'explication n’en fait pas mention et ne dit pas si ces injections ont été faites par l’auteur.

Les nerfs de la pie-mère sont encore aujourd’hui complétement inconnus. Aucun micrographe n’en a signalé, et nous aussi, du moins jusqu’à présent, n’avons pas été plus heureux dans nos recherches sur les nervules microscopiques des membranes encéphaliques. Ce n’est donc que pour mémoire que l’on peut rapporter l’observation, très douteuse à notre avis, de Lancisi, qui aurait reconnu et poursuivi dans cette membrane quelques filets émanés de la septième paire. Sauf toute vérification, à préjuger de la pie-mère par la dure-mère, ce serait bien plutôt du trijumeau que l’on devrait s'attendre à voir procéder des nerfs sous une forme quelconque.

Page 1