‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 22 sur 407 · DOUTE · texte numérisé non relu

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substance grise au moins ne semble contenue que par des capillaires en réseaux émanés eux-mêmes de la pie-mère.

2° La seconde fonction de la pie-mère est la sécrétion du liquide céphalo-rachidien. L'opinion de M. Magendie que la piemère est chargée de cette sécrétion n’est pas seulement fondée sur la texture vasculaire de cette membrane et le siége du liquide à sa surface externe : une portion de la pie-mère étant mise à découvert sur un chien vivant, on en voit transpirer un liquide; et si on fait à l'animal une injection d’eau à 38° centig., dans les veines, l’exhalation du liquide devient aussitôt plus abondante.

Le liquide cérébro-spinal se reproduit avec une grande rapidité. Si l’on en fait la ponction entre l’occipital et l’atlas, il s’échappe d’abord en jet continu, puis par intervalles isochrones aux mouvemens d'inspiration et ne tarde pas à paraître épuisé. Fermant alors l’orifice pour faciliter une nouvelle accumulation, une seconde ponction, pratiquée le lendemain, prouve qu’il s’est reproduit en entier. La même expérience peut réussir plusieurs

jours de suite.

Propriétés physiologiques du liquide céphalo-rachidien.

1° Mouvemens. Le liquide céphalo-rachidien obéit à un double mouvement ondulatoire sous linfluence de la respiration. 11 afflue dans la cavité rachidienne par l'effet de l'inspiration, et dans les cavités encéphaliques par l'effet de l'expiration. Ce phénomène se traduit en sens contraire dans le spina-bifida dont la poche non contenue s’affaisse durant l'inspiration et se gonfle au contraire à chaque expiration et pendant les cris et les efforts. M. Magendie a constaté expérimentalement ce double fait sur l'animal vivant. Il adapte à la cavité sous-arachnoïdienne, derrière l’occiput, un tube de verre de 3 à 4 décimètres de hauteur et de quelques millimètres de diamètre, qui contient un peu d’eau colorée. Le liquide, à chaque double mouvement respiratoire, monte et baisse dans le tube avec une force qui atteint souvent jusqu’à moitié de sa hauteur.

L'influence des mouvemens respiratoires sur le flux et le reflux du liquide céphalo-rachidien est facile à comprendre. On sait que, dans l'inspiration , le sang veineux est attiré vers le cœur droit. L’aspiration se faisant sentir de proche en proche, dans les sinus et les veines de l’encéphale et du rachis, un vide s’y produit, et comme l’action est plus intense sur les sinus rachidiens, un vide plus grand s’y opère et le liquide afflue dans les cavités de la moelle; ce qui tient, comme le fait observer M. Magendie, à ce que le liquide est aspiré avec le sang veineux. Le mouvement inverse a lieu par l'expiration, le sang noir qui est refoulé dans les sinus rachidiens, plus dilatables que ceux de l’encéphale, opérant du même coup l’ascension du liquide spinal vers les cavités rachidiennes. Cet échange de liquide, au reste, ne s'exerce guère que du liquide spinal à celui des ventricules cérébraux , la couche extérieure des hémisphères ne témoignant, dans les expériences, que d’une faible oscillation.

2° Fonctions. M. Magendie qui a fait ce que l’on peut appeler l'anatomie du liquide céphalo-rachidien, n’a rien laissé non plus à désirer sur sa physiologie et sa pathologie. Ce fluide exerce, par rapport aux centres nerveux, des fonctions mécaniques très importantes. Comme il remplit tous les vides et revêt toutes les surfaces, il fait équilibre à tout âge par une pression excentrique, ou de dedans en dehors, à la pression concentrique extérieure

de l’eau de l’amnios pendant la vie fœtale et de l'air atmosphérique

dès le premier instant de la vie extra-utérine et pendant toute sa durée. Comme il distend les méninges, sa tension exerce une grande influence sur la formation des cavités ostéo-membraneuses du crâne et du rachis et sur leur configuration à tout âge. C’est lui qui permet à la tête du fœtus de supporter les pressions énormes auxquelles elle est soumise dans l’accouchement, et qui préserve le mieux pendant la vie les organes encéphaliques et la boite osseuse du crâne elle-même des chocs et des pressions extérieurs. L'équilibre de pression entre le liquide cérébro-spinal et l'air atmosphérique, est la condition normale la plus essentielle à l'intégrité des fonctions des centres nerveux. Si la pression intérieure diminue, le crâne s’affaisse chez le jeuneenfant naissant où l’ossification n’est pas encore complète; ou le sang afflue avec violence vers l’encéphale, dans l’adulte. Si la pression augmente, les membranes et leurs cavités se distendent, il y a hydrocéphalie. Dans l’un et l’autre cas se manifestent des phénomènes de compression ou de surexcitation. Ces divers effets se démontrent expérimentalement. L’évacuation artificielle du liquide cérébro-spinal chez les animaux, produit le plus souvent un état de torpeur et de faiblesse avec irrégularité des mouvemens telle qu’ils ne peuvent se soutenir; parfois au contraire elle cause un état d’anxiété, d’agitation et de fureur. L’accumulation du liquide n’a pas des effets moins prononcés. L’injection dans la cavité sous-arachnoïdienne d’une certaine quantité d’eau distillée à 38 degrés centigrades cause aussitôt l’assoupissement et la paralysie.

L’une des conséquences nécessaires de l'équilibre de pression est que le liquide remplisse exactement tous les vides. Aussi, comme il résulte de nombreuses autopsies faites par M. Magendie, le liquide remplace tous les organes absens par vice congénial : l’encéphale tout entier chez certains fœtus où existe néanmoins la boîte du crâne; le cervelet, un lobe cérébral, etc., dont rien dans la configuration du crâne ne trahissait l’absence. Également dans les maladies et chez le vieillard, c’est le liquide cérébro-spinal qui supplée à toutes les pertes de substance. La présence de détritus de la substance cérébrale signalée par M. Couerbe dans le liquide extrait de plusieurs cadavres, donne à ces faits une grande signification pour la pathologie et la physiologie de l’âge avancé.

L'équilibre de pression n’est pas moins important entre les liquides périphérique et ventriculaire. Dans un système dont toutes les parties sont solidaires, l’accumulation sur un point devant naturellement réagir sur l’ensemble, les mêmes phénomènes de compression se manifestent, soit que la turgescence occupe la surface hémisphérique ou les cavités ventriculaires. Une cause assez fréquente de ce défaut d’harmonie est l’oblitération ou l’occlusion accidentelle de l’orifice des cavités encéphaliques.

Le liquide cérébro-spinal qui, dans l’état physiologique, préserve les organes nerveux de toute compression , exerce la même influence sur les vaisseaux sanguins. C’est sur le trajet des principales artères et des nerfs que sont situés les confluens. Le liquide qui baigne ces organes, les isole de la pression des masses encéphaliques ou des parois osseuses. 11 paraît bien que c’est dans le même but que le liquide accompagne les nerfs jusqu’à leur sortie du crâne et du rachis.

Mais pour que le liquide céphalo-rachidien exerce librement ses fonctions il est nécessaire qu’il soit intact dans ses qualités physiques et chimiques. Sous le point de vue physique ses degrés divers de fluidité ou de consistance paraissent exercer une grande influence sur les fonctions. La moindre différence dans sa température suffit même pour causer certains phénomènes morbides. Ainsi en aspirant avec une petite seringue le fluide cérébro-spinal sur un animal, et le réinjectant après avoir pris le soin de maintenir sa chaleur normale, aucun effet ne se produit; mais si avant l'injection on l’a fait un peu refroidir, l’animal est immédiatement pris de frissons et de tremblemens. Sous le point de vne chimique, l’eau pure ne peut suppléer le liquide cérébro-spinal ; toute solution quelconque qu’on y injecte donne aussitôt lieu à des accidens, et celles qui ont des propriétés toxiques manifestent à l’instant leurs effets.

Il resterait pour terminer avec M. Magendie, l’histoire, si intéressante de ce liquide, à montrer le rôle immense qu’il joue dans la pathologie des centres nerveux : mais pour tous ces détails et pour tant d’autres qui nous auraient menés trop loin, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à l'ouvrage original, assurément l’un des plus complets, comme aussi des plus importans qui aient été faits dans la science à notre époque.

CLASSIFICATION DU SYSTÈME NERVEUX ENCÉPHALO-RACHIDIEN OU CÉRÉBRO-SPINAL.

L'ordre dans lequel il convient de tracer l'exposition d’organes aussi importans et qui renferment un aussi grand nombre de parties que le centre nerveux cérébro-spinal, mérite bien l’examen le plus sérieux, par l'influence qu’il peut avoir sur la marche, les progrès et l'intelligence des études. Cet ordre, évidemment, ne peut être que de deux sortes, anatomique ou physiologique. Le premier est précis et certain; mais dépourvu de toute signification, il exige trop d’efforts de la mémoire, sans résultats satisfaisans pour l’esprit. L'autre est moins rigoureux, mais il aide à retenir les faits et, par cela même, facilite les recherches pour des progrès nouveaux. C’est donc la marche naturelle et légitime de la science de substituer peu-à-peu dans l’exposé des faits de l'anatomie, l’ordre physiologique à l’ordre purement topographique à mesure que la destination fonctionnelle des organes devient moins obscure. A la vérité cette méthode n'est jamais si complète qu’elle n’emprunte fréquemment à la première lorsque, dans l’absence de données physiologiques, Vanatomiste n’a pour se guider dans la classification de certaines

parties, d’autre raison que celle de leur voisinage avec des organes mieux connus dans leurs fonctions. Mais si ces irrégularités montrent des lacunes, du moins elles n’établissent pas d'erreurs, et, par les vides mêmes qu’elles indiquent, elles tracent la voie pour de nouvelles recherches.

Ces considérations qui ressortent de l’histoire de toutes les parties de la science, s'appliquent encore plus particulièrement à celle du centre nerveux céphalo-rachidien, où la distinction physiologique des organes offre tant de difficultés. Dans l’état actuel de la science, comme on ne possède de données physiologiques positives que sur les masses, ce n’est que sur elles aussi que peut porter une classification motivée. C’est dans ce sens que nous séparons de l’encéphale proprement dit le prolongement céphalique de la moelle. Quant aux organes encéphaliques, ignorant leurs fonctions spéciales, dans leur exposition nous ne pouvons, comme on le fait, que suivre l’ordre topographique indiqué par leurs connexions.

Conformément à la distinction que nous avons établie dans notre discours préliminaire, la dénomination d'axe cérébrospinal, d’après l’état actuel de la science, non moins que par sa propre signification, ne nous semble pas pouvoir être appliquée, comme l'ont fait quelques-uns des anatomistes les plus modernes , à la totalité de la masse encéphalo-rachidienne, mais doit se restreindre au cordon médian principal, prolongé du canal rachidien à la base du crâne, d’où procèdent des deux

côtés, comme d’une tige commune , tous les organes pairs, les nerfs cérébro-spinaux et les organes encéphaliques eux-mêmes. Il en résulte que l'axe cérébro-spinal se compose de deux parties : 1° la moelle vertébrale proprement dite; 2° son prolongement céphalique que les grands anatomistes des xvr° et xvri° siècles, Vésale, Varoli, G. Bartholin, T. Willis, Malpighi, etc., sous le nom de moelle allongée, faisaient déjà remonter jusqu'aux

couches optiques.

Musnds bayrnç (des Grecs); d'ebtepog éyrépaAoG (GALIEN); MEDULLA SPINALIS, S. DORSALIS (des Latins); CEREBRUM OBLONGATUM (COLLINS); S. CAUDEX DORSALIS, S. FUNICULUS SPINALIS, $. CEREBRUM LONGUM (Nonnulli); SUMMUS CORPORIS HUMANI NERVUS (MONRO, ARNEMANN ); prolongement rachidien (CH AUSSIER).

La moelle est cette portion de l’axe cérébro-spinal, funiculaire, cylindroïde, symétrique, molle et de couleur blanchätre, qui occupe la plus grande partie du canal rachidien.

La moelle est, sous le rapport de la vie fonctionnelle, la partie fondamentale du système nerveux des vertébrés, comme la colonne vertébrale est la partie fondamentale de leur squelette.

Délimitation. La limite de la partie supérieure de la moelle a été établie de diverses manières par les auteurs. Ainsi, nous avons vu que les grands anatomistes, de Vésale à Malpighi, la faisaient continuer jusqu'aux couches optiques. Sœmmerring , Bichat et Chaussier la terminent au niveau du sillon qui sépare la protubérance du bulbe. Pour nous, admettant l'opinion de Haller, Gall, Meckel, et nous conformant à la délimitation à-lafois anatomique et physiologique, aujourd'hui généralement admise, nous la ferons commencer au niveau du grand trou occipital, ou, plus exactement, en regard de l'angle inférieur de la décussation des pyramides antérieures , entre les filets radiculaires voisins du grand hypoglosse et de la premiére paire cervicale, où le cylindre offre un léger rétrécissement circulaire au collet. Quant à sa terminaison inférieure, elle est loin d’être la même dans tous les sujets, et varie, en outre, chez le fœtus et chez l'adulte : 1° Dans l'adulte, elle peut présenter une différence de longueur marquée par l'étendue qui sépare la onzième vertébre dorsale de la troisième lombaire, bien qu'habituellement sa longueur moyenne la fasse terminer à la premiere ou à la deuxième vertèbre lombaire; disons même qu’il est très rare qu’elle atteigne à ces deux limites extrêmes. 2° Chez le fœtus, jusqu’au cinquième mois de la grossesse, et quelquefois, par exception, jusqu’à la naissance, la moelle se prolonge dans l'intérieur du canal sacré.

Situation, direction et moyens d'union. La moelle épinière est située dans le canal rachidien, à la partie médiane du tronc, postérieure dans l’homme, supérieure dans les quadrupèdes, en arrière ou au-dessus des organes digestifs, respiratoires et circulatoires, caractère qui distingue les animaux vertébrés des invertébrés, où le grand cordon nerveux central est antérieur ou inférieur. Protégée efficacement par une quadruple enveloppe osseuse,

fibreuse, séreuse et fibro-vasculaire, la moelle suit les inflexions du canal vertébral, dans lequel elle ne flotte pourtant pas librement, maintenue qu’elle est et véritablement suspendue dans le liquide cérébro-spinal : de chaque côté, par les ligamens dentelés et les origines des nerfs; en haut, par sa continuité avec le bulbe rachidien et celle des membranes pie-mère et arachnoïde encéphalo-rachidiennes ; en bas, par le ligament caudal ou coccygien. Ces moyens de fixité ne sont cependant pas tels, qu'ils empêchent toute espèce de déplacement de la moelle. En effet, elle est susceptible de s’incliner latéralement jusqu’à un certain degré, de s’élever et de s’abaisser, ou du moins de s'étendre et de se reployer ou se refouler sur elle-même dans les mouvemens de flexion ou d’extension du tronc, comme il résulte des observations de plusieurs anatomistes, et notamment de M. Cruveilhier, qui évalue de.3 à 4 centimètres la limite d’allongement et de rétraction.

Volume de la moelle comparé à celui du corps. Les auteurs d'anatomie comparée ont noté que, relativement au volume du corps de l'animal, le volume de la moelle était d'autant plus grand que l’activité vitale était plus considérable. Les oiseaux occupent le premier rang dans cette classification. Chez l’homme, qui vient après, la moelle présente en hauteur, dans l'adulte, de 38 à 45 centimètres; sa circonférence, qui varie suivant les régions, est, dans sa partie la plus étroite, de 26 millimetres, et de 45 millimètres dans sa partie la plus volu mineuse.

Poids et volume de la moelle comparé au poids et au volume de l'encéphale et de ses parties. En comparant le poids et le volume des différentes parties du centre céphalo-rachidien, Sœmmerring a posé une autre loi, qui, sans infirmer la précédente, établit que, de tous les animaux, l’homme est celui dont l’encéphale est le plus considérable par rapport à la moelle épinière. Chaussier, suivant une marche analogue, est arrivé à un résultat qui tendrait à établir que, chez l'adulte, le poids de la moelle est à celui de l’encéphale comme un est à dix-neuf à vingt-cinq, et, chez l'enfant nouveau-né, comme un est à quarante. Meckel, au contraire, prétend que le seul rapport vrai, chez l'adulte, est celui que Chaussier a établi chez l'enfant. Cette différence dans les résultats a paru à quelques anatomistes s'expliquer par la manière

différente dont ces auteurs ont procédé dans leurs expériences, puisque Chaussier a pesé la moelle et le bulbe, tandis que Meckel a retranché celui-ci. Toutefois, d’après mes expériences personnelles, faites en grand nombre, comme on le verra plus loin à propos de l’encéphale, je ne sais comment concilier opinion de ces auteurs; car le poids de la moelle épinière seule, et sans le bulbe, revient bien à-peu-près à un vingt-cinquième de celui de l’encéphale, et avec le bulbe, à un vingtième. Je ne comprends donc pas où Meckel a pu trouver une approximation si différente. Au reste, pour compléter ces rapports, le poids de la moelle, dans l’adulte, est environ le double de celui du bulbe rachidien, avec la protubérance et la moitié correspondante des pédoncules cérébelleux ou cérébraux. Il n’est que la moitié de celui des couches optiques et des corps striés; d’où il suit que le prolongement céphalique pèserait trois fois autant que la moelle. Enfin, le poids du centre nerveux rachidien est un peu plus du cinquième de celui du cervelet et le cinquantième de celui des hémisphères cérébraux. Nous verrons, en traitant de l’encéphale, combien est importante la signification physiologique qui ressort de ces simples rapprochemens.

Quant au volume de la moelle comparé à la capacité du canal rachidien, on voit que cette tige nerveuse est loin de le remplir exactement, les membranes et le liquide sous-arachnoïdien comblant l'espace qu’elle laisse entre elle et les parois osseuses.

Différence du volume de la moelle dans les divers points de sa longueur. Le volume de la moelle n’est pas le même à toute hauteur. Fixée à son extrémité lombaire par le ligament caudal ou coccygien que suit constamment une veine très apparente, la moelle monte en se renflant presque immédiatement d’une manière très prononcée. La zone la plus large de ce renflement se voit à la hauteur de la douzième vertèbre dorsale. A partir de ce point, elle marche en décroissant jusqu’à la partie supérieure de la onzième vertèbre; là, prenant un volume uniforme, et très réduite dans tous ses diamètres, elle s’élève jusqu’à la région cervicale, où se manifeste un élargissement très sensible. Ce second renflement, beaucoup plus considérable dans tous ses diamètres que le précédent, mesure toute la hauteur qui sépare la deuxième vertèbre cervicale de la troisième dorsale; son plus grand développement en tous sens correspond aux cinquième et sixième vertèbres cervicales. C’est au-dessus de ce renflement et au niveau du grand trou occipital que se trouve cette espèce de sillon ou d’étranglement qui, pour nous, termine la moelle, et que les auteurs décrivent sous le nom de collet du bulbe. De ces renflemens, que Desmoulins a démontré correspondre à l’origine des plexus nerveux des deux membres, celui d’où procède la queue de cheval a été désigné par les auteurs sous le nom de bulbe rachidien inférieur, bulbe lombaire ou crural; le supérieur sous celui de bulbe rachidien moyen, cervical ou brachial. Pour nous, ne comprenant pas dans les parties constituantes de la moelle le renflement que les auteurs ont appelé bulbe rachidien supérieur ou occipital, et devant faire de celui-ci une étude à part, nous regarderons le bulbe rachidien moyen comme su-

périeur.

Consistance de la moelle. La moelle, examinée après la mort, présente, d’après Chaussier, une consistance plus grande que celle du cerveau et du cervelet, moindre que celle de la protubérance annulaire, égale à-peu-près à celle du bulbe rachidien proprement dit; mais elle est susceptible d'un ramollissement

beaucoup plus rapide que ces derniers organes et se réduit , après l’ablation de la pie-mère, en une substance pultacée demifluide. Chaussier admet encore que la moelle a plus de consistance dans l'enfant que dans l’homme adulte, et que ses altérations sont plus fréquentes dans le jeune âge.

Forme. La moelle, à toute hauteur, est parfaitement symétrique. Prise en général, sa forme peut être comparée assez exactement à un cylindre aplati d'avant en arrière, lisse et uni à sa surface. La forme du cordon médullaire est cependant susceptible de variations, suivant les points où on la considère; et, sous ce rapport, on pourrait, à l'exemple de certains auteurs, diviser la moelle en trois portions : 1° les deux renflemens cervical et lombaire qui marquent l’origine des plexus brachial et lombosacré; 2° le corps, ou portion dorsale intermédiaire, qui unit les renflemens éntre eux, et dont l’aplatissement d’avant en arrière est beaucoup moins prononcé que celui des deux extrémités, notamment de l'extrémité supérieure ou du renflement brachial, A sa surface, le cylindre médullaire, présente des sillons en long et en travers. Les sillons longitudinaux divisent la moelle en autant de reliefs parallèles, les faisceaux, sur lesquels nous

reviendrons plus loin.

Connexions. Enveloppée dans toute son étendue par la piemère, qui lui forme une gaine propre et exerce sur elle une légère compression, circonsçrite par les autres membranes d’enveloppe, et le liquide sous-arachnoïdien , la moelle présente avec le canal vertébral des rapports médiats : 1° en avant avec le grand surtout ligamenteux postérieur qui la sépare du corps des vertèbres et des disques intervertébraux; 2° en arrière avec les lames vertébrales et les ligamens jaunes ou inter-lamellaires; 3° sur les parties latérales avec les ligamens dentelés, les origines des nerfs spinaux, les pédicules des vertèbres et les trous de conjugaison; enfin, dans tout le contour avec les sinus veineux rachidiens, qui forment un épais réseau dans toute la hauteur du canal.

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