‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 24 sur 407 · CORDONS OU FAISCEAUX DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

CORDONS OU FAISCEAUX DE LA MOELLE

Si on admet que tous les sillons de la moelle, décrits par les auteurs, existent réellement, et qu’on veuille se baser sur eux pour établir sa division en faisceaux; on sera conduit à partager chacune des moitiés de cet organe en six cordons qui seront d’avanten arrière : 1° un faisceau intermédiaire antérieur, limité par les sillons médian et intermédiaire antérieurs ; 2° un faisceau latéral antérieur, limité par le sillon précédent, et celui des racines antérieures; 3° un faisceau latéral, compris entre les racines antérieures et postérieures, et que la fissure latérale de Bartholin partagerait en deux faisceaux secondaires; 4° enfin, un faisceau postérieur, mesurant l'espace compris entre les racines nerveuses postérieures, et la scissure médiane postérieure, faisceau que divise aussi en deux parties le sillon intermédiaire postérieur. Ce mode de division n’a pourtant été admis par aucun des anatomistes qui se sont occupés de l'étude de la moelle, même par ceux qui ont accepté l'existence de tous les sillons. Ainsi Ash, Alex. Monro, Sœmmerring, et surtout Rolando, n’en reconnaissent que deux : 1° un postérieur, compris entre les sillons médian et latéral postérieur; 2° un antéro-latéral, s'étendant du sillon collatéral postérieur au médian antérieur. Chaussier voyait trois cordons de chaque côté : 1° un postérieur séparé du moyen par le sillon des racines postérieures; 2° un antérieur limité en dehors par les racines antérieures, et un moyen compris entre les deux ordres de racines. Highmore et Vander- Linden auraient, d’après Chaussier , admis quatre faisceaux de chaque côté, mais la citation de cet auteur a paru inexacte à Meckel. Comme Chaussier, Valentin voit dans chaque moitié de la moelle, trois cordons. Le premier est en tout semblable à celui de Chaussier, mais le moyen et l’antérieur n’ont plus les mêmes limites. Ainsi pour Valentin, le cordon moyen s'étend des racines postérieures au sillon intermédiaire antérieur qu’il admet; et le troisième cordon occupe l'intervalle qui sépare ce sillon intermédiaire antérieur du sillon médian antérieur.

Pour nous, prenant pour base de notre division, non les sillons eux-mêmes, mais la séparation des cordons blancs par la substance grise, nous sommes conduit à n’admettre avec Sœm-

merring, Monro, Rolando et M. Longet, que deux faisceaux dans chaque moitié latérale de la moelle : 1° un antéro-latéral pénétré, il est vrai, dans sa partie moyenne par une corne grise, mais qui n'arrive pas jusqu’à sa surface etne peut motiver une subdivision; 2e un postérieur, séparé nettement du précédent, par la corne grise postérieure qui arrive jusqu’à la superficie de la moelle. Cette division repose d’ailleurs sur une raison physiologique

‘établie par les expériences de M. Longet, et qui se résume ainsi :

1° Toute la portion de moelle comprise en avant de la corne grise postérieure, et qui forme les deux tiers d’une moitié latérale de cet organe est totalement privé de sensibilité ; 2° toute la portion de moelle placée en arrière de la même corne griseet qui équivaut au tiers d’une moitié latérale, est pourvue d’une exquise sensibilité ; disons toutefois que, eu égard à la profondeur du sillon intermédiaire postérieur, on pourrait, avec M. Cruveilhier, subdiviser le faisceau postérieur en deux faisceaux secondaires, mais cette subdivision n’est fondée, jusqu'à presént, sur aucune raison physiologique.

Renflemens des faisceaux. X nous reste pour compléter l'étude des faisceaux, à dire quelques mots de leur disposition an niveau des renflemens de la moelle. Si on examine le renflement lombaire, on voit qu'il est dû en grande partie à un grossissement de la portion antérieure du faisceau antéro-latéral, qui correspond au faisceau antérieur de Chaussier. Le renflement supérieur ou cervical doit beaucoup plus à la partie latérale du même faisceau antéro-latéral ou faisceau moyen de Chaussier.

Pour ce qui est de la terminaison des faisceaux de la moelle, que nous continuons inférieurement jusqu'à sa pointe; nous ne parlerons de leur mode de continuité avec le bulbe rachidien , qu’en faisant l’histoire de ce bulbe lui-même.

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