‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 27 sur 407 · MOELLE · texte numérisé non relu

MOELLE

longueur du canal marche plus vite que celui de l’organe qu’il renferme, et, d’après certains auteurs, à l'atrophie de l’extrémité inférieure de la moelle, atrophie portée assez loin pour amener dans ce point, en contact ou à-peu-près, les différentes parties de la membrane d’enveloppe, et former ce cordon fibreux, dénommé le ligament coccygien. Quant à nous, cette atrophie d’un organe qui doit rester en permanence dans l’économie, et marchant progressivement en sens inverse de l’accroissement plus marqué des parties inférieures, quoique destiné à leur fournir l’animation et la vie, nous paraît tout-à-fait inacceptable. Évidemment, ce n’est pas la moelle qui se rétracte ou s’atrophie, mais la partie inférieure du corps qui s’allonge.

D’après Tiedemann encore, c'est vers la fin du sixième et au commencement du septième mois que la capacité du canal, ou mieux, des canaux médullaires, commence à décroître. On y voit apparaître alors la matière grise, qui se développe de maniere à revêtir leur surface interne et à les remplir de la partie inférieure à la partie supérieure. La moelle n'arrive plus qu’à la cinquième vertèbre lombaire, et il existe une queue de cheval assez apparente. La présence de la substance grise dans les canaux paraît due, selon M. Serres, à la conversion du liquide contenu dans leur cavité, dont il regarde l’oblitération comme complète au sixième mois. Tiedemann, au contraire, affirme la persistance du canal au huitième mois et nie la conversion du liquide primitif en matière grise; il regarde la formation de la substance grise comme une élaboration du sang par la membrane pie-mère. Pour le même anatomiste, cette substance est postérieure, dans son développement, à la substance blanche, et ne peut, comme Pont dit Gall et Spurzheim qui admettaient sa préexistence, engendrer et nourrir la substance blanche. Au neuvième mois, la moelle a parcouru les phases de son développement, le canal médullaire a disparu, et ce n’est plus, dit-on, qu’accidentellement et par anomalie qu'on rencontre un ventricule, quelquefois trois, comme l’a dit M. Foville, les deux latéraux séparés du médian par des cloisons très minces. Ces ventricules considérés comme accidentels, au moins dans l’exagération de leur développement, nese montrent le plus souvent que dans une partie de la longueur dela moelle, et c’est presque toujours à la partie supérieure; circonstance qui indique encore l’obstruction des canaux de la partie inférieure vers la supérieure. Pour Tiedemann, l'occlusion du canal médullaire n’est point telle, au neuvième mois, qu’il n’en existe encore des traces; mais alors ses dimensions sont extrémement réduites. C’est encore vers la fin du neuvième mois que la moelle a accompli tout-à-fait sa progression ascensionnelle; elle ne se prolonge plus alors que vers la deuxième ou troisième vertèbre lombaire; aussi, pour atteindre les parties auxquelles ils sont destinés, les nerfs qu’elle fournit dans ce point doivent-ils parcourir un assez long trajet dans le canal rachidien. De là le développement très prononcé de la queue de cheval.

Variétés de consistance de la moelle aux divers âges. En dehors de l'influence qu’exercent sur elle les maladies, la moelle, dit M. Blandin, est susceptible de présenter aux divers âges des variations dans sa consistance. Ainsi d’abord, à l’état de fluidité et encore très molle dans les premières périodes de la vie intrautérine, elle se durcit peu-à-peu jusqu’à la naissance et pendant le développement du sujet, et n’arrive au sammum de sa consistance qu’à la fin du jeune âge. Plus tard, dans la vieillesse, par une progression décroissante, elle cesse d’être aussi ferme, sans

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